Résumé
- En français, les fruits dont le nom commence par E sont très rares : l’épine-vinette (Berberis vulgaris) et l’emblique ou myrobolan emblique (Phyllanthus emblica) sont les deux réponses les plus solides.
- L’églantine est, selon le Larousse, la fleur de l’églantier ; son fruit s’appelle le cynorhodon.
- D’autres « fruits en E » ne fonctionnent que par leur nom scientifique (Eugenia uniflora, la cerise de Cayenne ; Eriobotrya japonica, la nèfle du Japon ; Elaeagnus, l’olivier de Bohême) ou anglais (elderberry, la baie de sureau).
- Selon la table Ciqual 2025 de l’ANSES, la baie de sureau crue apporte 7 g de fibres et 36 mg de vitamine C pour 100 g ; l’ANSES rappelle que ses fruits mûrs sont laxatifs crus et qu’on les consomme cuits.
- Escarole et endive ne sont pas des fruits ; « escampe » et « entawak » n’ont pas de nom français attesté et ont été retirés de la liste.
Mise à jour : 30 octobre 2026
Chercher un fruit en E est l’un des casse-tête classiques du petit bac : la langue française ne compte que très peu de noms de fruits commençant par cette lettre. Les deux réponses les plus sûres sont l’épine-vinette, petite baie rouge et acidulée d’un arbuste des haies présent dans presque toute la France, et l’emblique (ou myrobolan emblique), un fruit d’Asie du Sud très riche en vitamine C. L’églantine, souvent citée, désigne en réalité la fleur de l’églantier : son fruit est le cynorhodon.
Au-delà de ces noms, plusieurs fruits commencent par E dans leur nom scientifique ou dans leur nom anglais. Cet article présente une liste vérifiée dans des sources botaniques et lexicographiques (Larousse, Tela Botanica, PROTA, PROSEA), des fiches détaillées avec la composition nutritionnelle issue de la table Ciqual 2025 de l’ANSES lorsqu’elle existe, puis les faux amis à éviter.
Quel fruit en E connaître ? La liste vérifiée
Le tableau ci-dessous ne retient que des noms français attestés par un dictionnaire ou une flore de référence. La disponibilité en France n’est indiquée que lorsqu’une source la documente.
| Nom français | Nom scientifique | Origine | Présence ou disponibilité en France |
|---|---|---|---|
| Épine-vinette (vinettier) | Berberis vulgaris | France, Europe, Asie occidentale, Inde | Arbuste spontané des haies et coteaux ; fruits utilisés en confitures, boissons et liqueurs |
| Emblique (myrobolan emblique, emblique officinale) | Phyllanthus emblica | Népal, Inde, Sri Lanka, Asie du Sud-Est, sud de la Chine | Cultivé à La Réunion (Mascareignes) et aux Antilles |
| Eugénia (genre de la cerise de Cayenne) | Eugenia spp., dont Eugenia uniflora | Amérique tropicale ; E. uniflora du Suriname et de la Guyane au sud du Brésil | Espèce indigène en Guyane |
| Églantine (à nuancer : c’est la fleur) | Rosa canina (églantier des chiens) | Europe | Églantier spontané en France ; le fruit est le cynorhodon |
Le Larousse définit l’épine-vinette comme un « arbuste épineux des haies, au fruit rouge comestible » (Larousse). Le mot désigne donc à la fois la plante et, par extension, sa baie, ce qui en fait la réponse la plus défendable au petit bac. Tela Botanica recense aussi les noms « vinettier » et « berbéris commun » (Tela Botanica).
Quels fruits commencent par E en latin ou en anglais ?
Certains jeux acceptent les noms scientifiques ou étrangers. Ils permettent d’allonger la liste, à condition de connaître leur équivalent français.
| Nom en E | Type de nom | Nom français | Origine |
|---|---|---|---|
| Eriobotrya japonica | Scientifique | Néflier du Japon, bibacier (fruit : nèfle du Japon) | Probablement sud-est de la Chine ; cultivé en Chine et au Japon depuis l’Antiquité |
| Eugenia uniflora | Scientifique | Cerise de Cayenne, cerise à côtes, cerise carrée | Amérique du Sud (Suriname, Guyanes, sud du Brésil, Uruguay, Paraguay) |
| Elaeagnus angustifolia | Scientifique | Chalef, olivier de Bohême | Europe du Sud et Asie (fruits comestibles, farineux) |
| Elderberry | Anglais | Baie de sureau (sureau noir, Sambucus nigra) | Europe |
| Emblic | Anglais | Emblique, myrobolan emblique | Asie du Sud |
Pour le chalef, Tela Botanica donne « chalef » et « olivier de Bohême » comme noms français de Elaeagnus angustifolia (Tela Botanica). Une revue publiée dans la revue Fruits (Cirad/EDP Sciences) indique que les petits fruits oblongs du genre Elaeagnus sont comestibles, riches en lycopène, et que les baies séchées d’E. angustifolia sont consommées en Turquie en hiver (Patel, Fruits, 2015). Le nom « éléagnus » n’apparaît en revanche ni dans le Larousse ni comme nom vernaculaire chez Tela Botanica : il s’agit du nom de genre francisé.
Fiches détaillées des principaux fruits en E
L’épine-vinette, la vraie réponse française
L’épine-vinette est un arbuste caduc à semi-persistant, épineux, de 1,5 à 3 m, qui pousse dans les haies, les bois et les coteaux de presque toute la France. Ses fleurs jaune d’or éclosent d’avril à juin et ses fruits sont des baies rouges de 7 à 12 mm de long, groupées par grappes de 8 à 15 (revue Phytothérapie, 2019).
Dans son avis de 2019 sur les plantes à berbérine, l’ANSES indique que les fruits de Berberis vulgaris sont utilisés en France pour confectionner des confitures, des boissons rafraîchissantes et des liqueurs. Compte tenu de leur faible teneur en berbérine et de leur très faible consommation, l’agence juge cette source d’exposition négligeable par rapport aux compléments alimentaires (ANSES, avis 2018-SA-0095, 2019). Les compléments sont fabriqués à partir des racines, tiges et écorces, bien plus riches en berbérine.
Actualité 2026 : le 29 janvier 2026, le groupe scientifique NDA de l’EFSA a validé un projet d’avis sur la sécurité des préparations de plantes contenant de la berbérine, soumis ensuite à consultation publique. Pour Berberis vulgaris, ce projet vise la racine et l’écorce, pas les baies (EFSA, 2026). Les personnes qui prennent des compléments à base de berbérine avec un traitement médicamenteux doivent en parler à leur médecin ou à leur pharmacien, comme le recommande l’ANSES.
L’emblique, ou myrobolan emblique
Le nom français de Phyllanthus emblica est « emblique officinale » ou « myrobolan emblique » ; « emblic », « aonla » et « amla » sont des noms anglais (PROTA, Pl@ntUse). L’arbre est indigène d’une vaste zone allant du Népal, de l’Inde et du Sri Lanka jusqu’à l’Asie du Sud-Est et au sud de la Chine. Il est cultivé pour ses fruits, notamment en Inde, aux Mascareignes (Réunion, Maurice), aux Antilles et au Japon.
Selon PROTA, le fruit est une source particulièrement riche de vitamine C : 100 g de jus en contiennent entre 600 et 1 300 mg, parfois davantage. Les tanins du fruit retardent l’oxydation de cette vitamine, ce qui permet de le conserver en saumure ou en poudre séchée. Les fruits sauvages pèsent environ 5,5 g, contre 28 à 50 g pour les fruits cultivés. L’emblique ne figure pas dans la table Ciqual.
Églantine ou cynorhodon : quel est le fruit ?
La distinction est nette dans le Larousse : l’églantine est la « fleur de l’églantier » (Larousse), tandis que le cynorhodon est le « fruit charnu de l’églantier, rouge-orangé », riche en vitamine C et parfois mis en confiture, aussi appelé gratte-cul (Larousse). L’églantier est un rosier sauvage aux fleurs simples blanches ou rosées (Larousse) ; l’espèce la plus courante, Rosa canina, porte en français les noms d’églantier des chiens, rosier des chiens ou rosier des haies (Tela Botanica).
Sa teneur en vitamine C varie beaucoup. Une revue de 2024 situe les fruits mûrs et durcis entre 400 et 1 500 mg pour 100 g (Negrean et al., Heliyon, 2024). Une étude roumaine a mesuré 274 mg pour 100 g de pulpe fraîche de R. canina récoltée à 630 m d’altitude et environ 450 mg à 830 m (Oprica et al., Iranian Journal of Public Health, 2015). À titre de repère, la table Ciqual donne 47,5 mg pour 100 g d’orange crue (Ciqual 2025). Au petit bac, « églantine » reste donc contestable ; « cynorhodon » ne commence pas par E.
La cerise de Cayenne (Eugenia uniflora)
Le Larousse définit l’eugénia comme un arbre ou arbuste de la famille des myrtacées, des régions tropicales d’Amérique, dont plusieurs espèces donnent des fruits appréciés ; les clous de girofle sont les boutons floraux d’une autre espèce du même ensemble (Larousse). Eugenia uniflora s’appelle en français cerise de Cayenne, cerise à côtes ou cerise carrée. Originaire d’Amérique du Sud, du Suriname et des Guyanes au sud du Brésil, à l’Uruguay et au Paraguay, elle est aujourd’hui cultivée dans tous les tropiques et subtropiques (PROSEA, Edible fruits and nuts).
PROSEA indique pour 100 g de partie comestible : 85 à 90 g d’eau, 0,8 à 1 g de protéines, 8 à 12 g de glucides et 20 à 30 mg de vitamine C. Le fruit se mange frais ou en confiture, gelée et condiments. Les graines, très résineuses, sont qualifiées de toxiques par la même source : on ne les consomme pas.
La baie de sureau (elderberry)
Le sureau noir (Sambucus nigra), aussi appelé grand sureau (Tela Botanica), ne commence par E qu’en anglais (elderberry). L’ANSES précise que ses baies apparaissent vertes à partir de fin juin et mûrissent entre août et septembre. Elles sont comestibles cuites en confiture ou en gelée, mais les fruits mûrs sont laxatifs consommés crus. Il ne faut pas les confondre avec les baies du sureau hièble ou yèble (Sambucus ebulus), toxiques et responsables de troubles digestifs sévères (ANSES). Le centre antipoison de Lille ajoute que les fruits pas tout à fait mûrs, les feuilles et les tiges peuvent provoquer des diarrhées sévères (CAP de Lille).
En cas d’ingestion de baies sauvages mal identifiées, surtout par un enfant, il faut appeler un centre antipoison sans attendre l’apparition de symptômes, comme le recommande l’ANSES.
La nèfle du Japon (Eriobotrya japonica)
Ce fruit ne commence par E que par son nom scientifique. Le néflier du Japon, ou bibacier, est probablement originaire du sud-est de la Chine. Il est aujourd’hui cultivé commercialement, entre autres, dans la région méditerranéenne (PROSEA). Sa chair sucrée et acidulée se mange fraîche ou en confiture.
Que contiennent les fruits en E ? Composition Ciqual
Parmi les fruits cités, seuls la baie de sureau et la nèfle du Japon figurent dans la table Ciqual 2025 de l’ANSES (Ciqual 2025). L’orange est ajoutée comme point de comparaison. Un tiret signale une valeur absente de la table.
| Pour 100 g | Sureau, baie, crue | Nèfle du Japon, crue | Orange, crue |
|---|---|---|---|
| Énergie (kcal) | – | 48,1 | 42 |
| Eau (g) | 79,8 | 86,7 | 87,3 |
| Glucides (g) | 11,4 | 9,9 | 8,03 |
| dont sucres (g) | 6,52 | 6,1 | 7,6 |
| Fibres (g) | 7 | 1,7 | 2,7 |
| Potassium (mg) | 280 | 266 | 180 |
| Calcium (mg) | 38 | 16 | 66 |
| Fer (mg) | 1,6 | 0,28 | 0,57 |
| Vitamine C (mg) | 36 | 1 | 47,5 |
| Bêta-carotène (µg) | – | 162 | < 5 |
La baie de sureau se distingue par sa teneur en fibres, la plus élevée des trois. La nèfle du Japon apporte peu de vitamine C mais du bêta-carotène. Ces valeurs concernent le fruit cru ; or la baie de sureau se consomme cuite, ce qui modifie sa composition.
Quels faux fruits en E faut-il éviter ?
- Escarole : autre nom de la chicorée scarole, un légume-feuille (Larousse).
- Endive : bourgeon de la chicorée de Bruxelles, également un légume (Larousse).
- Escampe : aucun dictionnaire ni aucune flore consultés ne connaissent ce fruit ; le mot a été retiré.
- Entawak : nom malais d’Artocarpus anisophyllus, un arbre de Bornéo et de Sumatra parent du jacquier ; aucun nom français n’a été trouvé dans les sources de référence, il n’est donc pas retenu.
- Éléagnus : nom de genre et non nom courant ; les noms français sont chalef et olivier de Bohême.
Quel fruit en E donner au petit bac ?
Par ordre de solidité, les réponses défendables sont :
- Épine-vinette : nom français, fruit comestible attesté par le Larousse et l’ANSES.
- Emblique (ou myrobolan emblique) : nom français donné par PROTA, moins connu mais exact.
- Églantine : souvent acceptée, mais le Larousse la définit comme une fleur ; le fruit est le cynorhodon.
- Eugénia : nom de genre recensé par le Larousse, dont plusieurs espèces donnent des fruits comestibles.
Si les règles de la partie l’autorisent, les noms scientifiques (Eriobotrya, Eugenia, Elaeagnus) et anglais (elderberry, emblic) offrent des solutions de secours. Il vaut mieux convenir avant de jouer si ces noms sont acceptés.
Sources
- Table de composition nutritionnelle des aliments Ciqual 2025, ANSES, 2025 : doi.org/10.57745/RDMHWY (fiches 13126, 13564, 13034)
- Dictionnaire de français Larousse, entrées épine-vinette, églantine, églantier, cynorhodon, eugénia, escarole, endive
- Tela Botanica, base eFlore (BDTFX), fiches Berberis vulgaris, Rosa canina, Sambucus nigra, Elaeagnus angustifolia
- Phyllanthus emblica, Ressources végétales de l’Afrique tropicale (PROTA), Pl@ntUse : uses.plantnet-project.org
- Eugenia uniflora et Eriobotrya japonica, Plant Resources of South-East Asia n° 2, Edible fruits and nuts, PROSEA : cerise de Cayenne, néflier du Japon
- Avis relatif à la sécurité d’utilisation de plantes contenant de la berbérine dans les compléments alimentaires (saisine 2018-SA-0095), ANSES, 2019 : anses.fr
- Targeted stakeholder meeting on EFSA’s draft opinion on plant preparations containing berberine, EFSA, 2026 : efsa.europa.eu
- Cet été, à quelles plantes faire attention pour éviter les intoxications ?, ANSES : anses.fr
- Sureau noir, plante à baies toxique, Centre antipoison de Lille (CHU de Lille), 2021 : cap.chu-lille.fr
- Berberis vulgaris L. (Berberidaceae), épine-vinette, revue Phytothérapie, 2019 : cairn.info
- Negrean OR et al., Recent advances and insights into the bioactive properties and applications of Rosa canina L. and its by-products, Heliyon, 2024 : PMC11101839
- Oprica L et al., Ascorbic acid content of rose hip fruit depending on altitude, Iranian Journal of Public Health, 2015 : PMC4450003
- Patel S, Plant genus Elaeagnus: underutilized lycopene and linoleic acid reserve with permaculture potential, Fruits (Cirad/EDP Sciences), 2015 : doi.org/10.1051/fruits/2015014





