L’impact environnemental de l’alimentation à l’échelle mondiale
L’actuelle chaîne d’approvisionnement alimentaire engendre environ 13,7 milliards de tonnes métriques d’équivalents CO2 (CO2eq), soit 26 % des émissions anthropiques de GES. Une synthèse visuelle des émissions moyennes (en CO2eq) par kilogramme ou litre d’aliments a été réalisée pour mieux comprendre ces impacts.Pourquoi utiliser l’unité de 1kg d’aliments comme référence ?
L’étude publiée dans Science repose sur l’approche ACV. Selon l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), l’analyse de cycle de vie est un outil permettant de compiler et d’évaluer les intrants, les extrants et les impacts environnementaux potentiels d’un produit tout au long de son cycle de vie. Elle offre une vision globale des impacts environnementaux générés par les biens, services ou procédés, en tenant compte de différentes simulations. Les études ACV définissent clairement les fonctions des produits étudiés, l’unité fonctionnelle choisie, les frontières du système et les limites de l’étude. Dans cette analyse, les limites du système, détaillées à la page 4 du Supplementary Material (figure S1), excluent par exemple la séquestration du carbone dans les prairies. Les unités fonctionnelles retenues varient selon les produits :- 1 kg pour les aliments,
- 1000 kcal pour les céréales,
- 100 g pour les produits d’origine animale, les légumineuses, les fruits à coque, et les fruits de mer/poissons.
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Quel est l’impact des consommations alimentaires sur les émissions de GES en France ?
En France, environ 300 millions de tonnes (Mt) de végétaux sont produites ou importées chaque année. Parmi celles-ci, 110 Mt sont destinées à l’alimentation animale et 70 Mt sont exportées, principalement sous forme de céréales et de lait (ADEME). En moyenne, un Français consomme 2,4 kg d’aliments par jour, dont les deux tiers sont des produits d’origine végétale. Les données présentées ci-dessous proviennent du rapport de l’ADEME.Production agricole et émissions de GES
Environ 20 % de la viande bovine et 30 à 40 % des viandes porcine et de volaille consommées en France sont importées, aussi bien depuis l’Europe que de pays hors UE. Les produits laitiers et la viande occupent 80 % de la surface agricole, ce qui explique qu’ils représentent à eux seuls 85 % des émissions de GES liées à la production agricole. La France exporte également la moitié de ses céréales et un tiers de sa production laitière. Cela engendre un solde positif en termes d’émissions de GES de 9,3 Mt éq CO2, les produits exportés générant davantage d’émissions que ceux importés. Les émissions directes de GES liées à la production agricole proviennent principalement :- du méthane (fermentation entérique des ruminants et déjections),
- du protoxyde d’azote (élevage, volatilisation et lessivage des engrais),
- du CO2 (combustion d’énergies fossiles).
Transformation alimentaire
Les produits les plus transformés en France incluent les céréales, les produits de boulangerie, la farine, l’amidon, les boissons et les produits destinés à l’alimentation animale.Fruits et légumes hors saison : un impact important
En France, les pommes, salades, haricots verts, carottes et navets sont majoritairement produits localement. Cependant, 40 à 60 % des tomates, concombres, melons, pêches, nectarines, raisins, fraises et courgettes sont importés. Les oranges, bananes et clémentines/mandarines sont presque exclusivement importées (90-100 %). Les légumes frais importés atteignent leur plus bas niveau en septembre-octobre. Les principales importations proviennent du Maroc, de l’Espagne et de la Belgique, surtout pour les légumes hors saison. Le transport est le principal facteur d’émissions de GES pour ces produits, et 44 % des importations par avion concernent des fruits et légumes, tandis que 25 % concernent les poissons et crustacés.Comment réduire son empreinte carbone alimentaire ?
Pour limiter son impact, il est conseillé de réduire la consommation de produits d’origine animale ainsi que celle de fruits et légumes hors saison importés par avion. Source : Science (Data S2 du matériel supplémentaire).






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