PNNS alimentation infantile : nouveaux repères alimentaires pour les nourrissons et jeunes enfants (0-3 ans)

L’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) présente les bases des futures recommandations de santé pour les enfants de 0 à 3 ans. Cet avis scientifique exclut les enfants nés prématurés ou avec des pathologies. Il n’intègre pas non plus de considérations sociales, environnementales (empreinte carbone par exemple) ni économiques (le prix par exemple).

L’état nutritionnel des enfants en France

L’état nutritionnel est l’état physiologique d’un individu défini par la relation entre l’apport et les besoins en nutriments et par la capacité de l’organisme à digérer, à absorber et à utiliser ces nutriments. Nous consommons des aliments qui sont digérés en nutriments (absorbables par l’intestin). Cet état nutritionnel a notamment été évalué à partir de :

  • l’enquête nationale INCA3 de 2014-2015 sur 43 enfants de 0-11 mois et 153 enfants de 12 – 35 mois.
  • l’étude de cohorte EDEN de 2003-2006 avec 1275 enfants de 8-12 mois
  • l’étude ELFE avec 18 000 enfants nés en 2011 en France métropolitaine

L’ANSES souligne que la contribution des lipides dans l’apport énergétique totale est inférieure aux recommandations au profit des glucides et des protéines. Les pourcentages d’inadéquation pour les apports en fer sont élevés pour les enfants de 6 à 11 mois. Les apports en calcium sont satisfaisants. Dans l’enquête INCA 3, les principaux aliments contributeurs aux apports en calcium sont les laits/préparations de croissance, le lait courant (de vache, chèvre…), les laitages et les fromages… Les apports en sodium sont également trop élevés.

38% des enfants ne suivent pas la période recommandée de diversification alimentaire de 4-6 mois.

RECOMMANDATIONS ALIMENTAIRES

Alimentation lactée

L’OMS recommande l’allaitement maternel exclusif de 0 à 6 mois alors que pour l’ANSES, il est possible d’utiliser les préparations pour nourrisson (lait 1er âge) à la place. Pour l’allaitement, la qualité nutritionnelle du lait maternel peut être diminuée si le régime de la mère contient des carences nutritionnelles. L’ANSES met notamment en garde contre les régimes végétaliens dans ce dernier avis scientifique.

Les préparations spécifiques pour nourrissons et les préparations de suite (lait de 1er âge et de 2ème âge) ne doivent pas être substituées par des boissons végétales chez les moins de 1 an. Les « laits de croissance » concernent les enfants de plus d’un an.

L’inadéquation nutritionnelle (ne pas répondre aux besoins nutritionnels du nourrisson) sera d’autant plus importante que la composition du substitut lactée diffèrera avec la composition du lait maternel. Pour les moins de 6 mois, les préparations infantiles à base de soja sont à prescrire à cause des teneurs en isoflavones. Les boissons végétales (au soja, au riz, d’amande…) peuvent entraîner des carences pour les enfants de moins d’1 an.

La diversification alimentaire

La diversification alimentaire devrait commencer entre 4 et 6 mois parce qu’après 6 mois, les préparations infantiles et le lait maternel sont insuffisant pour couvrir les besoins nutritionnels.

Avant 1 an, il faut donner au moins 500mL/j de lait maternel ou préparations pour nourrissons/de suite. Ensuite la quantité est à diminuer au profit des aliments solides. Lors de cette diversification alimentaire, il convient d’introduire également les potentiels allergènes (produits laitiers, l’œuf, l’arachide…) que l’enfant soit à risque ou non avec les antécédents familiaux.

Comment introduire les nouveaux aliments ?

Les légumes sont souvent le groupe alimentaire le moins bien accepté.

L’ANSES conseille de présenter les nouveaux aliments 8 à 10 fois (même si l’enfant les refuse). Le contexte est important, il faut présenter ces nouvelles denrées dans un cadre calme, chaleureux, sans distraction (pas d’écrans de téléphone, télévision), sans forcer l’enfant à manger mais en l’encourageant. Le mieux est également de consommer soi-même l’aliment pour montrer l’exemple. La restriction pourrait augmenter l’attention portée à cet aliment interdit et favoriser leur consommation. L’introduction de nouveaux aliments peut se faire sous forme de jeux sensoriel ou en multipliant l’exposition visuelle (l’emmener faire des courses, en jardinant ou cuisinant avec lui).

L’influence des parents et des autres n’est pas négligeable. La néophobie alimentaire et la sélectivité sont des phases normales du développement.

Ne pas utiliser des aliments sucrés comme récompenses (des bonbons par exemple) pour ne pas renforcer leur attirance pour ceux-ci.

Introduction des aliments non lisses, non liquides

Les textures non lisses sont à introduire entre 8 et 10 mois en adaptant la taille et la dureté des morceaux selon l’enfant. Il faut faire attention aux aliments sphériques et cylindrique à cause du risque d’étouffement : les grains de raisin, l’arachide, les fruits à coque… Il est conseillé de varier les textures (granuleux, juteux, spongieux, friable, sec, fibreux, lisse, croustillant, crémeux…) afin de développer les capacités de mastication de l’enfant et l’acceptation des aliments.

Ne pas forcer

Le jeune enfant est capable de réguler lui-même ses apports énergétiques selon ses besoins, il ne faut donc pas le forcer à finir son biberon ou son assiette : pour éviter cette situation, il vaut mieux commencer par une petite portion puis lui reproposer de nouveau pour voir s’il a encore faim. Le fait que l’enfant couvre ses besoins énergétiques se vérifie sur les courbes de croissance staturo-pondérale.

La viande, les fruits et légumes

Pour avoir des apports suffisants en fer, l’ANSES propose d’introduire des légumes et de la viande ou des aliments enrichis en fer.

Après 1 an, la consommation de lait ne doit pas dépasse 800 mL/j et les consommations de viande/poisson/œuf ne devraient pas dépasser 10g/j de 6 à 12 mois puis 20 g/j lors de la 2ème année et 30g/j de 2 à 3 ans.

La matière grasse et les poissons

L’ANSES propose d’ajouter de la matière grasse dans les préparations maisons et dans les petits pots sans matière grasse ajoutée parce que les apports en lipides sont souvent trop faibles. Le poisson doit être proposé environ 2 fois par semaine, en variant les espèces et les lieux de production (pour limiter le risque lié aux contaminants chimiques) afin d’apporter en quantité suffisante les acides gras polyinsaturés indispensables, appelés les oméga-3 : EPA (acide eicosapentaénoique, un acide gras) et DHA (acide docosahexaénoique). Les poissons riches en oméga-3 sont le saumon, la sardine, le maquereau, le hareng, la truite fumée). Les poissons d’eau douce (la lotte, le brème, la carpe, le barbeau, la silure) sont à consommer moins d’1 fois tous les 2 mois parce qu’ils peuvent bioaccumuler des polluants dans leurs tissus gras. Certains contaminants (les polluants organiques persistants) peuvent être lipophiles (aimer être dans les graisses) et être persistants. Les poissons prédateurs sauvages (tels que la lotte, le bar, l’anguille, le flétan, le brochet, la dorade, la raie, le thon) sont à limiter.

La junk food et la caféine à éviter

Les produits sucrés (pâtisseries, gâteaux, biscuits, chocolats, soda…), les fritures, les produits salés, la charcuterie, les boissons caféinées (thé, café, sodas, boissons énergisantes…) sont à éviter.

Aliments crus, miel et risques microbiologiques

Afin d’éviter de potentielles intoxications aliemntaires, plusieurs produits sont à éviter :

  • le miel pour les moins de 1 an. Le miel peut contenir des spores de Clostridium botulinum transportés par les abeilles. Ces spores provoquent le botulisme infantile (maladie rare) et peuvent engendrer une hospitalisation avec assistance respiratoire en cas d’infection.
  • les viandes crues ou pas assez cuites à cœur. La viande crue peut contenir des bactéries E. Coli, le poisson des parasite par exemple. Une cuisson suffisante est à plus de 70°C à cœur.
  • le lait, les fromages au lait cru
  • les œufs crus et produits à base d’œufs crus (mayonnaises maisons, mousses au chocolat). Ceux-ci peuvent contenir des salmonelles comme la viande crue.
  • les fruits de mer cru, le poisson cru (sushi par exemple)

Dans les aliments crus, on peut retrouver également des agents pathogènes donnent la gastro-entérite (Yersinia, Vibrio, Rotavirus, Cryptosporidium…).

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One thought on “PNNS alimentation infantile : nouveaux repères alimentaires pour les nourrissons et jeunes enfants (0-3 ans)

  1. Merci pour ce partage ! (et tous les autres)
    Une question sur les oeufs crus / viande peu cuite / poisson cru : savez-vous vers quel âge il n’est plus risqué d’en donner à un enfant ?

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