Le jeûne en prévention et thérapeutique contre les cancers : des résultats décevants liés à des études méthodologiquement trop faibles

Le jeûne partiel ou intermittent est une pratique traditionnelle dans certaines religions (le Carême, le Saoum/Sawn  صَوم, ou le Taanit). Il est souvent de courte durée et exclut les malades, les jeunes enfants et les femmes enceintes. Ces dernières années, beaucoup de médias ont relaté des potentiels effets du jeûne en prévention ou comme thérapie alternative du cancer. Cependant, il existe un gouffre entre le faible niveau de preuve scientifique de ces études sur le jeûne principalement sur des animaux et ce foisonnement médiatique (sur internet, la radio, les reportages, les ouvrages grands publics…).

Le jeûne a été porté principalement par les courants de pensée d’hygiénisme et de naturopathie. Les principaux arguments mis en avant sont que le jeûne permettrait de “se purger via l’élimination des toxines et des mauvaises graisses” comme une cure. Cette restriction alimentaire permet de mettre l’organisme au repos ainsi que sa fonction digestive. Cette pratique a également une dimension spirituelle, j’ai pu lire par exemple sur des sites sur le jeûne que cela permettrait de “retrouver sa force, sa vitalité et sa clarté d’esprit.

Il n’existe pas de définition légale ou scientifique consensuelle du jeûne et des régimes restrictifs caloriques. Ces restrictions alimentaires sont volontaires dans le but de prévention ou curatif. Il existe également des périodes de jeûne pour des motifs religieux ou politiques (non traités ici). Pour rappel, le jeûne doit être effectué avec un professionnel de santé reconnu (diététicien, médecin nutritionniste), ce n’est pas une pratique alimentaire anodine. MILIVUDES met en garde contre les cures de jeûne proposés par des pseudo-thérapeutes ou pseudo-experts en nutrition (en particulier sur le web): https://www.derives-sectes.gouv.fr/quest-ce-quune-d%C3%A9rive-sectaire/o%C3%B9-la-d%C3%A9celer/les-d%C3%A9rives-sectaires-dans-le-domaine-de-la-sant%C3%A9/que-0

Quelques exemples de pratiques du jeûne

Le jeûne pourrait être défini par une période de quelques heures à quelques jours où aucun aliment solide n’est ingéré (certains vont même jusqu’à supprimer les aliments liquides dont l’eau, on parle de jeûne total). Le jeûne partiel correspond à des apports caloriques très faibles (300 kcal/j) à partir souvent de tisanes, de bouillons, de jus de fruits ou de fruits crus. Ce jeûne peut être continu ou intermittent et également précédé ou non d’une phase de préparation de modification progressive de l’alimentation.

Le jeûne intermittent est une alternance de phases d’alimentation et de jeûne. Différentes variations de cette pratique existe :

  • Des jours de jeûne alternés avec des jours normaux de consommation. Par exemple, le régime 5:2 consiste à manger normalement pendant 5 jours et alterner avec 2 jours de diète (où l’on ingère au maximum 500 kcal pour les femmes et 600 kcal pour les hommes) à partir de soupes, de bouillons, de salades et d’eau.
  • Des périodes de jeûne durant certaines heures planifiées de la journée. Par exemple, ne manger que entre 8h du matin et 15h.
  • Le régime cétogénique est un régime avec un apport calorique normal, mais avec un apport en glucides très limité (<30 g/j). Il n’y a pas de limite consensuelle pour les apports en glucides. Les régimes avec des apports en glucides <30% de l’énergie sont considérés comme faibles en glucides (low-carbohydrate diets). Le faible apport en glucides peut provoquer la cétogenèse : la conversion des graisses en corps cétoniques comme substitut du glucose (Sumithran 2008).
  • Jeûne thérapeutique de type Buchinger : C’est un jeûne modifié comportant des apports en jus de fruit frais dilués ou en bouillons de légumes. L’apport calorique quotidien est de l’ordre de 250kcal/jour.

Effet physiologique d’un déficit en énergie sur l’organisme

Les organes consommateurs d’énergie sont le cerveau qui utilise le glucose (et il peut utiliser les corps cétoniques mais pas des acides gras) et les muscles. Le foie est principalement une réserve de glucose sous forme de glycogène, les tissus adipeux sont une réserve de triglycérides (acides gras) et les muscles sont une réserve de protéines et de glycogène pour leur propre usage puisque le muscle ne produit pas de sucres.

kcal calories substrats énergétiques lipides protéines glucides

La première phase de jeûne se caractérise par une diminution des réserves en glycogène dans le foie et les muscles. Ces réserves de glycogène sont limitées environ 70g dans le foie et 150-300g dans les muscles. Au bout de 24h, la glycémie (taux de glucose dans le sang) va diminuer ainsi que l’insulinémie. L’utilisation du glucose diminue pour les muscles au profit des tissus gluco-dépendants comme le cerveau et les globules rouges. Ensuite les réserves en graisses dans les tissus adipeux sont mobilisées par lipolyse (dégradation des triglycéride en acides gras) puis la cétogenèse dans le foie en période de jeûne transforme ces acides gras en corps cétoniques qui sont utilisés comme substituts au glucose. La production de ces corps cétoniques peut entraîner une acidose (augmentation du pH dans le sang).

La voie de la néoglucogenèse produit du glucose hépatique à partir des protéines (certains acides aminés) pendant les 3-4 jours suivants. Cela peut se traduire par une fonte musculaire. Au bout d’une semaine, les mobilisations des protéines et des réserves en graisses continuent. Ensuite au lieu d’utiliser le glucose, le cerveau consomme les corps cétoniques en augmentant la cétose (ANSES, Nacre, Longo 2016).

Metabolisme lipides proteines glucides simplifié voies

Au-delà sur le long terme, les effets physiologiques n’ont pas été étudiés. Par ailleurs, une restriction énergétique s’apparente à un régime amaigrissant. L’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Alimentaire en France) mettait en garde contre des déséquilibres nutritionnels liés au fait de supprimer des catégories entières alimentaires :

” tous les régimes amaigrissants, qu’ils portent ou non un nom spécifique, sont à éviter, en dehors d’une prise en charge par des professionnels de santé” – ANSES

mecanisme action jeûne cancer regime restrictionQuels mécanismes biologiques ?

Les mécanismes protecteurs du jeûne suspectés sont une réduction de la production et de l’effet du facteur de croissance IGF-1 (considéré comme facteur de croissance tumorale quand il est produit en excès) et de l’insuline, la réduction de stress oxydant par les cellules tumorales et l’inhibition de la voie mTOR. La restriction calorique active la voie AMP-activated protein kinase (AMPK) qui joue un rôle important dans la mort cellulaire tumorale (Klement RJ 2016).

La voie de signalisation mTOR (mechanistic target of rapamycin – cible de la rapamycine chez les mammifères) est une enzyme de la famille des sérine/thréonine kinases qui régule la prolifération cellulaire, la croissance cellulaire, la mobilité cellulaire, la survie cellulaire, des processus liés à la cancérogenèse.

Effet du jeune sur la cancérogènese/prévention primaire

L’INSERM en 2014 résume bien la situation toujours actuelle « Jeûner  induit  des  modifications  métaboliques  qui  pourraient  être  utilisées  à  bon  escient  dans  diverses  situations  pathologiques.  Cependant,  aucune  donnée  clinique  reposant  sur  des  essais méthodologiques rigoureux ne peut étayer aujourd’hui le bien fondé de cette piste, qui reste donc pour l’instant essentiellement théorique. »

Les experts du réseau NACRE (Réseau National Alimentation Cancer Recherche) ont relevé 34 études animales sur les effets du jeûne intermittent et/ou jeûne répété sur la cancérogenèse animale.

  • Pour le jeûne intermittent, 15 études ont montré des effets favorables comme la réduction de la croissance tumorale ou l’augmentation de la survie), 5 ont relevé une absence d’effet et 2 ont signalé un effet délétère.
  • Pour le jeûne non répété, une étude seulement a montré un effet favorable, 12 autres suggèrent une absence d’effet ou des effets délétères.

Il n’y a pas d’études cliniques ou épidémiologiques humaines par rapport au jeune sur la prévention primaire du cancer (avant d’avoir un cancer). La plupart des études humaines liées au jeûne portent sur la perte de poids.

En conclusion, les preuves sont insuffisantes pour identifier un effet bénéfique ou délétère du jeûne dans la prévention des cancers pour l’homme. De même, les experts du réseau NACRe concluent que “l’ensemble des données scientifiques concernant le jeûne et les régimes restrictifs, issues des nombreuses études expérimentales chez l’animal et des quelques études épidémiologiques et cliniques disponibles actuellement, n’apporte pas de preuve d’un effet (bénéfique ou délétère) chez l’Homme en prévention primaire ou pendant la maladie

Les limites des études animales

Les résultats des études animales ne sont pas directement extrapolables à l’Homme parce que les animaux diffèrent sur de nombreux points avec l’homme : anatomie, physiologie, métabolisme, mode d’alimentation… Les études animales portaient toutes sur des rongeurs sauf une sur des primates. Des cancers avaient été provoqués chez ces animaux par transplantation de tumeurs ou injection de cellules tumorales ou induction de cancers par des substances chimiques. Le groupe de comparaison des animaux non soumis au jeûne avait souvent à disposition une alimentation à volonté, ce qui équivalait à une surabondance d’aliments. L’alimentation du groupe témoin n’était donc pas optimale, ce qui pourrait  surestimer l’effet favorable du jeûne.

Les difficultés à mettre en place des essais cliniques d’ampleur sur le jeûne pour des patients atteints de cancer sont la compliance à ce régime strict, la difficulté de recruter et l’application du jeûne complet sans impact thérapeutique connu pour le patient.

Une récente publication dans BMC Cancer (Caccialanza 2018) met en avant les risques de jeûner pour des patients atteints de cancer : la malnutrition et la sarcopénie (fonte musculaire). Les auteurs soulignent également la désinformation autour d’aliments « anti-cancer » ou de compléments alimentaires pour « soigner le cancer ». Ils rappellent que les effets protecteurs n’ont été observés que dans des études animales et cellulaires.

La sarcopénie est une pathologie liée au vieillissement et qui se caractérise par une diminution progressive de la masse musculaire, de la force musculaire et de la performance

Une étude clinique pilote sur le jeûne pendant une chimiothérapie

En allant voir sur ClinicalTrials.gov un site américain qui recense les essais cliniques dans le monde, en tapant les termes « fasting » et « cancer », je suis tombé sur 10 essais cliniques dont 5 en recrutement, 3 terminés ou avortés et 2 sans information. Concernant les 3 essais cliniques terminés, 2 ont été terminés prématurément sans analyse des résultats. Seul un essai clinique à Berlin a donné lieu à une publication scientifique.

Le but de cette étude pilote était de voir si le jeûne peut améliorer la qualité de vie et le bien être de patients atteints de cancer du sein ou des ovaires pendant la chimiothérapie. Dans cette étude de Bauersfeld et al. 2018, 34 patients ont été inclus et alloués aléatoirement en plan croisé (cross-over) à un groupe de jeûne (régime de 350 kcal/j à base d’eau, de thé et de jus de légumes) et un groupe avec un régime calorique normal (régime méditerranéen). La randomisation de type cross-over a lieu lorsque les participants reçoivent une séquence de différents traitements (par exemple, le jeûne lors de la première phase des 3 premiers cycles de chimiothérapie et le régime contrôle lors de la seconde phase). La période de jeûne commençait 36h avant la chimiothérapie et se terminait 24h après la chimiothérapie. 4 à 6 cycles chimiothérapies ont eu lieu. Le changement de régime a eu lieu à la fin du 3ème cycle de thérapie (passage de la période 1 à 2 sur le schéma). Le niveau de bien-être était évalué par des questionnaires standardisés permettant d’obtenir un score.

cross over design AB-BA essai clinique

Dans le groupe “A” (qui a effectué le jeûne puis le régime normal), le jeûne a eu un effet bénéfique sur la qualité de vie et la fatigue durant la chimiothérapie (différence significative des scores de qualité de vie entre la période de jeûne et la période normale). Par contre, cet effet significatif n’a pas été retrouvé dans le groupe “B” (régime méditerranéen puis jeûne).

Cependant, attention cela reste une étude pilote avec beaucoup de limites : la faible taille de l’échantillon, les biais liés au plan croisé et le fait qu’en Allemagne (lieu de l’étude) le jeûne a une bonne image. Les participants de l’étude pourraient être plus prédisposés au jeûne induisant ainsi un effet non spécifique. Et ce n’est pas non plus avec une seule étude qu’on démontre des effets probants sur la santé.

Beaucoup de questions restent en suspens :

ESPEN guideline nutrition cancer

Pour conclure, le niveau de preuve scientifique est extrêmement faible au final sur les potentiels effets préventifs ou thérapeutiques du jeûne sur le cancer. Ces preuves reposent principalement sur des études de modèles cellulaires ou animales qui ne sont pas directement extrapolables à l’Homme. Le jeûne n’est d’ailleurs pas inclu dans les recommandations du WCRF (World Cancer Research Fund International) ou de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé). L’Institut National du Cancer INCa et le réseau National Alimentation Cancer Recherche (NACRe) ne recommandent pas non plus cette pratique puisqu’il n’y a pas assez de preuves (en particulier des études sur l’Homme) qui montrent un effet. L’INCa met en garde d’ailleurs contre cette pratique sans professionnel de santéChez les patients atteints de cancer, la perte de poids et de masse musculaire observée dans les études cliniques suggère un risque d’aggravation de la dénutrition et de la sarcopénie, deux facteurs pronostiques péjoratifs reconnus au cours des traitements.”

The European Society for Clinical Nutrition and Metabolism ne recommande pas non plus la restriction calorique pour les patients avec ou à risque de malnutrition (Arends 2017). De nombreuses questions restent à élucider :

  • Pendant combien de temps un jeûne doit il être appliqué pour être bénéfique ? A quelle fréquence ?
  • Est-ce que ces pratiques sont sans danger pour tout le monde, pour les individus à risque
  • Est-ce qu’il y a un risque d’influencer les membres dans une famille négativement ? Par exemple que les enfants voient leurs parents jeûnes et sauter des repas. Quels sont les effets sur le développement ?
  • Quel est le niveau calorique optimal ?
  • Quels sont les effets du jeûne intermittent sur le long terme ?

Les régimes détox ?

Plusieurs allégations de santé sur des « effet détox » liés à des plantes ou extraits de plantes ont été soumises à l’Autorité Européenne de Sécurité Alimentaire EFSA. Toutes ces allégations ont été refusées pour des effets non caractérisés, pas de relation de cause à effet établie, le manque de données scientifiques en particulier humaine.

La revue de Klein (2014) pointe également la faiblesse méthodologique (pas d’essais randomisés contrôlés) et le faible nombre de participants dans les études sur les régimes détox.

L’organisme élimine naturellement les toxines par la transpiration pour l’acide lactique, par la respiration pour le CO2 et par la filtration rénale pour les toxines (ammoniaque, déchets issus de cellules altérées…).

Pour suivre les autres actualités du blog ou en apprendre plus sur les controverses alimentaires, santé et environnement, un petit like ou sur Twitter :

Sources:

Bauersfeld et al. The effects of short-term fasting on quality of life and tolerance to chemotherapy in patients with breast and ovarian cancer: a randomized cross-over pilot study. BMC Cancer. 2018 Apr 27;18(1):476

© Réseau NACRe. Jeûne, régimes restrictifs et cancer : revue systématique des données scientifiques et analyse socio-­‐anthropologique sur la place du jeûne en France. Novembre 2017.
Gueguen et al. Evaluation de l’efficacité de la pratique du jeûne comme pratique à visée préventive ou thérapeutique. 10/01/2014. Revue de la littérature médicale scientifique et de la littérature destinée aux professionnels

Klement RJ et al. Dietary and pharmacological modification of the insulin/IGF-1 system: exploiting the full repertoire against cancer. Oncogenesis. 2016 Feb 15;5:e193

Klein A.V. & Kiat H. (2014) Detox diets for toxin elimination and weight management: a critical review of the evidence. J Hum Nutr Diet.doi: 10.1111/jhn.12
Caccialanza et al. To fast, or not to fast before chemotherapy, that is the question. BMC Cancer. 2018; 18: 337.

Klein A.V. & Kiat H. (2014) Detox diets for toxin elimination and weight management: a critical review of the evidence. J  Hum  Nutr  Diet.doi: 10.1111/jhn.12

Arends et al. ESPEN guidelines on nutrition in cancer patients. Clin Nutr. 2017 Feb;36(1):11-48

http://www.espen.info/wp/wordpress/wp-content/uploads/2016/11/ESPEN-cancer-guidelines-2016-final-published.pdf

Longo et al. Fasting: Molecular Mechanisms and Clinical Applications. Cell Metab. 2014 Feb 4;19(2):181-92.

Harvie et al. Symposium 3: Obesity-related cancersEnergy restriction and the prevention of breast cancer. Proceedings of the Nutrition Society (2012),71, 263–275

Sumithran P, Proietto J. Ketogenic diets for weight loss: a review of their principles, safety and efficacy. Obesity research and clinical practice. 2008;2:1-13

Diet Review: Intermittent Fasting for Weight Loss https://www.hsph.harvard.edu/nutritionsource/healthy-weight/diet-reviews/intermittent-fasting/

ANSES – Évaluation des risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement. Rapport d’expertise collective. Groupe de Travail «Évaluation des risques liés à la pratique de régimes à visée amaigrissante ». Novembre 2010

 

3 réflexions sur “Le jeûne en prévention et thérapeutique contre les cancers : des résultats décevants liés à des études méthodologiquement trop faibles

  1. Le jeûne fonctionnerait chez les allemands car ils en ont une image positive. Tu te rends compte de la nullité d’une telle affirmation?
    Hyper déçu par cet article à charge, alors que j’apprécie beaucoup ton travail par ailleurs.
    L’acidose est favorisée par un diabète de type 1, l’alcoolisme et la déshydratation. C’est une baisse du ph sanguin, pas une hausse. Il n’y a pas de risque d’acidose ni de fonte musculaire lors d’un jeûne de type Buchinger, qui est celui que je pratique et connais bien, notamment grace à une bonne hydratation et une activité physique légère associée.
    Tu devrais mettre en perspective le fait que ce qui n’est pas normal, vis-à-vis de millions d’années d’évolution caractérisées par des disettes incessantes, c’est d’avoir un frigo rempli h 24 à disposition, pas le fait de faire une pause alimentaire. En fait, je te conseille, sans agressivité aucune, d’essayer. Il n’y a pas que les méta-analyses dans la vie même si elles sont bien utiles par ailleurs, il y a aussi l’expérience, le bon sens et la curiosité, avec un esprit critique en éveil.
    Enfin, je suis d’accord avec toi, il manque des études sérieuses pour valoriser tout cela. Il n’y a pas d’études car il n’y a pas de médicaments à vendre.
    Bonne continuation et au plaisir de lire tes articles.
    Bien cordialement
    Étienne

    1. Bonjour Etienne, merci pour ce retour intéressant. Je vais corriger pour la remarque sur les Allemands.

      A ma connaissance, il n’a pas été démontré que le jeûne est supérieur à un autre régime (par exemple le méditerranéen qui lui a été plutôt bien étudié). Le jeûne n’est d’ailleurs pas dans les recommandations nationales françaises, par manques de preuves scientifiques. Les études animales sur le jeûne comportent souvent des limites importantes (résultats également hétérogènes) qui ne permettent pas une extrapolation directe à l’Homme. Les études cliniques humaines sont peu nombreuses et pas sur la durée. Je re-citerai cette expertise collective du réseau Nacre : “Il existe un contraste flagrant entre ce faible niveau de preuve scientifique et le foisonnement médiatique récent(ouvrages et revues grand public,émissions de radio, reportages télévisuels, vidéos…) alléguant des effets bénéfiques du jeûne ou de la restriction calorique, glucidique ou du régime cétogène”

      Source à lire : https://www6.inra.fr/nacre/content/download/5448/46454/version/4/file/Rapport+NACRe-Je%C3%BBne-regimes-restrictifs-cancer_2017_2018.02.06.pdf

      A l’époque des disettes, l’espérance de vie était beaucoup plus faible voire divisée par deux par rapport à l’espérance de vie d’aujourd’hui (augmentée par les avancées en médecine et un meilleure mode de vie).
      Pour le régime méditerranéen, il y a eu plusieurs études dont un long essai randomisé contrôlé PREDIMED qui a réellement montré un bénéfice sur le risque de maladies cardiovasculaires. Là (au 1er avril 2019), je n’ai plus tout le sujet sur le jeûne en tête mais je re-regarderai.
      Bien à vous,

  2. Merci pour ta réponse. Je ne voulais pas dire que l’on vivait mieux et plus longtemps à l’époque des disettes, mais que le processus d’évolution et d’adaptation de l’homme à son environnement (en terme de réponse hormonale à l’absorption de nourriture entre autres) a été plus conditionné par ces disettes que par une abondance de nourriture (qui est très récente).
    Je suis complètement d’accord sur la difficulté d’extrapoler études animaux/homme. Et oui, le régime méditerranéen a fait ses preuves, contrairement au jeûne.

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