Étude INCA 3 : Que mangent les Français chaque jour?

logo ansesL’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) vient de publier son dernier rapport INCA3 sur les pratiques et les comportements alimentaires des français.

Les études INCA (étude Individuelle Nationale des Consommations Alimentaires) évaluent l’état de santé de la population française, ses habitudes de consommation alimentaires. Elles sont réalisées tous les 7 ans par le ministère de la Santé et de l’Agriculture. Elles permettent à l’aide d’enquêtes alimentaires d’évaluer les apports en groupes d’aliments, en certains nutriments (vitamines, éléments minéraux, acides gras essentiels…) et en contaminants (résidus de pesticides, toxines, métaux lourds…). J’ai créé une petite infographie à voir en cliquant ici ou en bas de l’article.

infographie en bas INCA3 mode consommation alimentaire français

Comment a été effectuée cette grande enquête alimentaire ?

Cette 3ème étude a introduit les enfants de moins de 3 ans pour la première fois. Cette étude INCA3 menée en 2014 – 2015 porte sur 4000 participants dont 2000 enfants et adolescents et 2000 adultes âgés de 18 à 79 ans sur 472 communes réparties sur l’ensemble du territoire métropolitain. Le recueil des données alimentaires s’est effectué avec des enquêtes sur 3 jours non consécutifs (rappels ou enregistrements de 24h) réparties sur 3 semaines afin de capter la variation alimentaire intra-individuelle (les variations au sein de l’individu). Les enfants jusqu’à 14 ans ont eu un carnet alimentaire à remplir où l’enfant (ou la personne en charge de l’enfant) notait ce qu’il mangeait durant la journée. Les individus de plus de 15 ans inclus étaient interviewés par un enquêteur sur les aliments qu’ils avaient consommés. Un questionnaire fréquentiel alimentaire a été utilisé pour capter les habitudes de consommation sur le plus long terme. L’échantillonnage s’est effectué par 3 tirages au sort aléatoires (tirage de la zone géographique, du logement et de l’individu au sein du logement).

Que mangent les Français ?

Les français consomment en moyenne 2,9 kg d’aliments par jour, soit environ 2200 kcal dont la moitié des boissons. Les Hommes privilégient plus les viandes, la charcuterie, les fromages, les pommes de terre et les crèmes desserts alors que les femmes préfèrent généralement les yaourts et les fromages blancs, la volaille, les soupes et les compotes.

  • Les enfants de moins de 11 ans consomment en moyenne 1688 g/j d’aliments et de boissons. Leurs principaux aliments contributeurs sont les yaourts, les fromages blancs (12%), les fruits (8,8%), les viennoiseries, les pâtisseries et les gâteaux (7,9%) et les légumes en 4ème position (7,4%).
  • Les adolescents de 11 à 17 ans consomment en moyenne 2150 g/j d’aliments et de boissons. Ils consomment principalement des pâtes et d’autres céréales (9,6%), puis des légumes (8,0%), des yaourts et des fromages blancs (7,9%), des fruits (7,5%), du pain (7,5%), ainsi que des viennoiseries, pâtisseries, gâteaux et biscuits sucrés (7,4%).
  • Les adultes consomment en moyenne 2 942 g/j d’aliments et de boissons. Les aliments contribuant le plus à la quantité totale d’aliments consommés sont les légumes et les fruits (11% chacun), puis le pain (9,7%), les soupes (8,5%) et les yaourts et fromages blancs (6,5%). Les personnes avec un niveau d’étude plus élevé ont tendance à plus consommer des produits complets (pain et céréales), des céréales du petit déjeuner, des yaourts et fromages blancs, du fromage, des fruits, des légumes, des oléagineux, des sandwichs, des pizzas et des tartes salées, des substituts de produits animaux, ainsi que des confiseries et du chocolat et du sucre et des matières sucrantes. Ils consomment également plus d’eau du robinet, de jus de fruits et de légumes et d’alcool.

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L’état nutritionnel des Français

  • Les enfants de 0 à 10 ans ont un apport énergétique quotidien de 1 504 kcal/j en moyenne avec 50% de glucides, 33% de lipides et 15% de protéines. Les glucides dans cette catégorie d’âge proviennent surtout plus de sucre que d’amidon. Les acides gras insaturés (AGI) représentent 13% des acides gras totaux.
  • Chez les adolescents de 11 à 17 ans, l’apport énergétique est d’environ 1973 kcal/j en moyenne avec une répartition des macronutriments similaires à celles des enfants. Chez les adolescents, les apports en glucide proviennent principalement d’amidon. La part respective des acides gras saturés (AGS), Acides gras mono-insaturés (AGI) et Acides gras polyinsaturés (AGPI) dans le total des acides gras est de 48%, 38% et 14%.
  • Chez les adultes, l’apport énergétique moyen est d’environ 2114 kcal/j (avec alcool compris) avec 47% de glucides, 34% de lipides et 17% de protéines. Le reste est apportés par les fibres et les acides organiques. Dans les acides gras, on trouve 48% d’AGS, 38% d’AGMI et 14% d’AGPI.

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Les viennoiseries, pâtisseries,  gâteaux  et  biscuits  sucrés  ainsi  que  les  sandwichs,  pizzas,  tartes, pâtisseries et biscuits salés sont aussi des contributeurs majeurs à l’apport énergétique, représentant  respectivement 10% à 17% et 5% à 9% selon l’âge.

La part de consommation d’aliments transformés a augmenté en France (plats préparés versus plats cuisinés). La consommation de compléments alimentaires a également augmenté de 50% par rapport à l’étude INCA2.

Trop de sel, pas assez de fibres

Les français consomment trop de sel (en moyenne 9 g/j pour les hommes et 7g/j pour les femmes). Or l’OMS recommande un apport quotidien de sel à 5g/j. Une consommation inférieure à 5g/j contribuent à diminuer le risque d’hypertension et de maladies cardiovasculaires.

La consommation de fibres est faible : 13g/j pour les enfants, 17g/j pour les adolescents et 20g/j pour les adultes. Les recommandations de l’ANSES sont à 30g/j chez les adultes. Les aliments riches en fibres sont les fruits, les légumes, les légumineuses, les produits céréaliers complets.

Environ 13% des enfants et des adolescents sont en surpoids et  34% des adultes le sont en 2014-2015. Le surpoids et l’obésité diminuent quand le niveau d’études augmente. Les taux d’obésité sont plus importants dans le Nord-Est que dans le Sud-Est et en Ile de France. Ceci pourrait en partie s’expliquer par le fait que 80% des adultes passent plus de 3h par jour dans une activité sédentaire.

Des comportements à risque

Ce rapport observe la progression de certaines pratiques à risque comme la consommation de viande/poisson crus (plus de 80% des adultes). Les aliments crus principalement consommés sont les œufs, les préparations à base d’œuf, les poissons sous forme de sushis, les mollusques et la viande de bœuf. Par ailleurs, l’Ile de France est la région où le poisson cru est le plus consommé. Ce comportement alimentaire est fréquent parmi les hommes et dans les catégories socioprofessionnelles élevées.

L’ANSES critique également le dépassement des dates limites de consommation, des réfrigérateurs réglés à une mauvaise température (44% des réfrigérateurs des participants avaient une température supérieure à 6°C). Concernant les biberons pour bébé, ¼ des ménages ne chauffe pas les biberons avant leur consommation. Et une grande partie des participants chauffent le biberon au micro-onde alors que l’ANSES a mis en garde cette pratique par rapport aux risques de brûlures.

Jusqu’à ¾ des individus s’approvisionnent plus ou moins fréquemment par des circuits courts (autoproductions, chasse, pêche, cueillette, eau de puits privés) qui ne sont pas ou peu soumis aux contrôles de sécurité sanitaire officiels. Ces circuits sont susceptibles de produire des aliments contaminés.

Les limites de l’étude INCA 3

INCA3 est une étude transversale, c’est donc une photographie des habitudes alimentaires à un temps t. Cette étude ne couvre que la métropole (pas la Corse ni les DOM TOM). Certains groupes de population ne sont pas inclus dans l’étude comme les personnes très âgées (plus de 80 ans) et non francophone ou les personnes vivant à l’hôtel, mobiles ou dans des logements collectifs. La taille de l’échantillon pour certains sous-populations spécifiques (végétariens, végétaliens, femmes enceintes, allaitantes, personnes allergiques) est trop faible pour évaluer leurs risques. Les estimations des consommations alimentaires sont obtenues à partir des déclarations des participants, d’où un biais possible (erreur de mesure ou désirabilité sociale par exemple).

Source : Rapport d’expertise collective de l’ANSES –  Etude INCA3 (Juin 2017)
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Si vous réutilisez cette infographie, merci de citer mon blog : www.quoidansmonassiette.fr   infographie des principaux résultats de l’Étude INCA3

 

 

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