Le dopage, la part d’ombre du sport

Richard Virenque, coureur cycliste français

Le Asafa Powell, coureur jamaïcain et détenteur d’un record du monde en 2013

Tyson Gay, triple champion du monde sur 100 et 200m

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Lance Amstrong, 7 fois vainqueur du Tour de France

Alberto Contador, 2 fois vainqueur du Tour de France

Maria Sharapova, ancienne numéro 1 au tennis

Tous contrôlés positifs 1 fois à un contrôle anti-dopage…

Le dopage existe depuis longtemps. Les premiers contrôles ont été mis en place vers 1968. En France, la prise de conscience de ce problème n’est arrivée qu’avec l’affaire Festina en 1998. L’équipe cycliste Festina avait entrepris un dopage organisé et s’est fait prendre de façon inopinée par la douane française peu de temps avant le Tour de France avec plus de 400 produits dopants. Cette équipe sera exclue du Tour et certains seront condamnés à de la prison.

Actuellement aux Jeux Olympiques de Rio (au 12/08/2016), le Polonais Tomasz Zielinski, haltérophile, la Bulgare Silvia Danekova (3000m steeple) et la nageuse chinoise Chen Xinyi (4ème au 200m nage libre à Rio) ont été contrôlés positifs. Camille Lacourt, nageur français, a d’ailleurs fini sa course en dénonçant « Ça me dégoûte de voir des gens qui ont triché sur les podiums ». Sun Yan avait en effet été contrôlé positif en 2014.

Le dopage organisé en Russie :

asterix obelix potion magiqueLe rapport McLaren publié le 18 Juillet 2016 et commandé par l’Agence mondiale antidopage (AMA) portait sur le trucage des tests antidopage lors des Jeux Olympiques d’hiver de Sotchi en 2014. Il soupçonne un dopage organisé par l’Etat depuis les années 2010. Étrangement, le Comité International Olympique (CIO) n’a pas suivi l’avis de l’AMA de suspendre les athlètes russes et il a décidé de laisser les Fédérations Internationales Sportives choisir quels sportifs russes peuvent participer aux JO. L’Agence Mondial Antidopage s’est dite « déçue ». Personnellement, je pense que cette décision provient de la pression politique de la Russie et de conflits d’intérêts au sein du CIO.

Au final, de nombreux sportifs russes sont tout de même exclus en athlétisme (la totalité), en aviron, en cyclisme, en haltérophilie (la totalité), en natation (7 nageurs). Par ailleurs, le Dimanche 7 août, le Comité International paralympique a interdit les athlètes paralympiques russes de participer. Cependant le dopage est un phénomène qui touche tous les pays.

Les chiffres du dopage

En France, en 2014, sur 11078 échantillons analysés, 111 ont été révélés positifs (1.24%). 65 disciplines sportives ont été contrôlées.

Le pourcentage de contrôles positifs est entre 1% et 2% à l’échelle mondiale. En 2011, les sports avec le plus d’échantillons anormaux étaient le curling (3,4%), l’haltérophilie (3,16%), la boxe (2,37%), le basketball (1,76%) et le cyclisme (1,68%).

Ces contrôles ne reflètent pas la réalité du monde du dopage. On estime à 7-8% les sportifs qui trichent par dopage.

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Comment se déroule un contrôle anti-dopage ?

Tout sportif peut être contrôlé (licencié ou non, français et étranger) en compétition ou hors compétition par des professionnels de santé à la demande de l’AFLD, les fédérations sportives ou l’Agence Mondiale d’Antidopage AMA ou des organisations internationales.

Les prélèvements sont de 3 types : urinaire, sanguin ou phanères (les cheveux…).
Chaque échantillon est anonymisé, puis scellé et envoyé dans un laboratoire d’analyse accrédité par l’AMA.

Quelles sont les substances dopantes ?

Les molécules dopantes les plus utilisées sont les stéroïdes (anabolisants).

  • Les hormones peptidiques, les facteurs de croissance (Erythopoïétines EPO, Growth Hormon GH, LH…). Un exemple célèbre : l’EPO. Elle est synthétisée naturellement dans le corps,  stimule la fabrication de globules rouges en favorisant leur division et leur différenciation dans la moelle rouge. Cela permet d’avoir plus de globules rouges et de pouvoir faire des exercices intenses plus longtemps, puisqu’ils ont une capacité de transport d’oxygène accrue. Cependant, l’augmentation du nombre d’hématie fait augmenter la viscosité du sang, ce qui peut provoquer un arrêt de la circulation sanguine (mort). L’Hormone de croissance LH est une protéine sécrétée par l’hypophyse, elle stimule la synthèse protéique et l’utilisation des lipides et glucides.
  • Les substances anabolisantes (ex : stanozolol, 1-androstènediol, testostérone…). Les anabolisants permettent d’augmenter la masse musculaire et perdre de la graisse en favorisant la synthèse de protéines. Ils permettent également de faciliter la récupération. Ces molécules ont également des propriétés virilisantes par rapport à la pilosité et la voix. Pris à trop fortes doses, les anabolisants peuvent déséquilibrer la synthèse des hormones mâles et provoquer des états anxieux, dépressifs, agressif, la stérilité, l’acné…

  • Les bétabloquants modulent la pression artérielle et jouent sur le rythme cardiaque. Par exemple, en diminuant la pression artérielle, ils augmentent la stabilité : utile pour le golf ou le tir à l’arc.
  • Les modulateurs hormonaux et métaboliques (grande diversité de substances et d’effets)
  • Les diurétiques et agents masquants (desmopressine, probénécide, acétazolamide…). Les diurétiques permettent de diluer les substances interdites en favorisant l’excrétion urinaire. Ils faussent donc les résultats des analyses chimiques.

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Les autres pratiques interdites :

  • Les manipulations sanguines ou de composants sanguins : les transfusions de sang, l’amélioration artificielle de a libration de l’oxygène, utiliser de l’hémoglobine modifiée sont prohibés. Augmenter son nombre de globule rouge permet d’être plus endurant et moins essoufflé.
  • Les manipulations physico-chimiques : les tentatives de falsification des analyses des échantillons, les perfusions intraveineuses par période de 6h sauf celles reçues dans le cadre d’admissions hospitalières ou d’examens cliniques sont interdites.
  • Le dopage génétique : le transfert de polymère d’acides nucléiques, l’utilisation de cellules OGM sont interdits. Par exemple, on peut insérer le gène de production de l’EPO dans une cellule qui n’en produit pas naturellement. Ce type de dopage comporte des risques mortels.
  • Les molécules interdites EN compétition : drogues, stimulants,narcotiques, glucocorticoïdes.
    L’alcool en compétition est interdit (< 0.10g/L) en aéronautique, au tir à l’arc, en automobile.

Pourquoi est-il difficile de lutter contre le dopage ?

Une des difficultés dans la lutte contre ces pratiques est la « loi du silence ». Beaucoup (y compris les fédérations) préfèrent fermer les yeux devant le dopage et ne pas en parler. On peut ajouter à cela les enjeux financiers et politiques et les conflits d’intérêts.

Le rapport du Sénat critique aussi le manque d’analyses d’échantillons dans certaines disciplines sportives.

Les contrôles inopinés sont souvent paradoxalement prévisibles.

« Actuellement, lorsqu’on effectue un contrôle à 6 heures du matin, on entend toutes les chasses d’eau fonctionner et on ne recueille jamais la première miction, alors que c’est celle qui nous intéresse ! Certains sportifs sortent même de leur chambre avec un coton à l’avant-bras ! » – déplore le Directeur du département des contrôles de l’AFLD.

Certains sportifs utilisent des molécules interdites puisqu’ils ont réussi à obtenir une autorisation d’usage à des fins thérapeutiques (AUT). Une autre des difficultés dans cette lutte est également le manque d’harmonisation mondiale de la législation antidopage entre les pays.

Faut-il criminaliser ou réguler le dopage ?

La criminalisation permettrait de faire peur aux athlètes. Et ça permettrait également de démanteler plus facile les réseaux de dopage en donnant des moyens d’investigation policier (gardes à vue de sportifs). D’un autre côté, cette criminalisation peut pousser des personnes à trouver de nouvelles méthodes pour contourner les contrôles.

A  l’inverse, certains proposent de rendre transparent et d’autoriser l’utilisation de produits dopants, mais dans ce cas, où est le fair-play ?

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Sources :

Rapport n° 782 (2012-2013) fait au nom de la Commission d’enquête sur la lutte contre le dopage – Lutte contre le dopage : avoir une longueur d’avance http://www.senat.fr/rap/r12-782-1/r12-782-1.html

Rapport d’activité de l’Agence Française de Lutte contre le Dopage https://afld.fr/wp-content/uploads/2015/11/AFLD_ra2014_pap.pdf

Agence Mondiale Antidopage (WADA-AMA) – Liste des interdictions 2016 https://wada-main-prod.s3.amazonaws.com/resources/files/wada-2016-prohibited-list-fr.pdf

Ecoute Dopage – Les substances dopantes http://www.ecoutedopage.fr/pages/les-produits/les-substances-dopantes/

AFLD – Le déroulement d’un contrôle antidopage – https://sportifs.afld.fr/le-deroulement-dun-controle-antidopage/

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