Alimentation et Agriculture Biologiques : des avantages pour la santé, la qualité nutritionnelle et l’environnement ?

L’agriculture biologique est définie comme un ensemble de pratiques culturales basées sur la gestion et le respect de la faune et la flore, des cycles naturels et de l’environnement pour une production de qualité, économe et non polluante (Ministère de l’Agriculture). Je vais donc aborder différentes dimensions de l’agriculture, alors il peut en effet y avoir des aspects assez résumés mais je ne suis pas là pour faire un rapport scientifique de 300 pages. Oui, le sujet est sensible et complexe donc tout n’est pas tout blanc ou tout noir dans l’agriculture biologique et ses conséquences. Finalement, il reste beaucoup d’incertitudes compte tenu de l’engouement récent pour le bio et par conséquent les études scientifiques spécifiques au bio sont peu nombreuses.

Agriculture bio en quelques chiffres :

  • 11,2 millions d’ha en UE en 2015, équivalant à 6,2% de la surface agricole (Agence Bio). En France : 1 054 877 ha certifiés bio (environ 5% de la surface agricole utile).

  • 118 000 emplois directs dans l’activité biologique. Le marché en expansion est estimé à 7,147 milliards d’euros.

  • En 2016, 69% des français disent consommer régulièrement du bio (au moins 1 fois par mois) et 15% tous les jours (Agence BIO/CSA)

Les principaux produits bio consommés sont : 1) les fruits et légumes 2) les produits laitiers 3) les œufs 4) les produits d’épicerie

Qu’est-ce que l’agriculture bio ?

Les origines du bio

Les premiers concepts du bio ont été retrouvés dans l’agriculture biodynamique (ou biodynamie), un système agricole reposant sur de l’ésotérisme (les cycles lunaires) développé par Rudolf Steiner. Il s’agit d’observer les processus naturels de la plante pour comprendre sa dynamique et la respecter. On y retrouve notamment la non-utilisation des intrants de synthèse, le compostage et le travail du sol raisonné. En 1972 a ensuite été créée la fédération internationale des mouvements d’agriculture biologique (IFOAM). L’agriculture biologique est reconnue en France en 1980/1981 et au niveau de l’UE en 1991.

Logo agriculture biologique eurofeuille

Un logo pour les produits biologiques pour l’UE a été créé en 2007 (RÈGLEMENT (CE) N°834/2007) surnommé « Eurofeuille« . Ce logo garantit la non-utilisation d’OGM, de produits chimiques de synthèse et le respect de la nature et des animaux avec des exigences strictes (l’élevage en plein air et les bêtes nourris au fourrage biologique par exemple). Les aliments qui ont ce label sont à 100% issus d’un mode de  production bio ou à 95% au minimum avec des ingrédients « bios » pour les produits transformés.

Le logo « AB Agriculture Biologique » est détenu par le Ministère de l’Agriculture en France. Il répond aux mêmes exigences que le logo européen.

Logo agriculture biologique

La réglementation de l’agriculture biologique est encadrée par le règlement européen : RÈGLEMENT (CE) N°834/2007 et complétée par le règlement d’application européen n° 889/2008 relatif à la production biologique et à l’étiquetage des produits biologiques en ce qui concerne la production biologique, l’étiquetage et les contrôles.

En 2016, la DGCCRF (Direction Générale de la répression des fraudes) avait constaté un taux d’irrégularités de 14,3% concernant l’application de la réglementation des produits biologiques avec des infractions comme avec des étiquetages ou présentations trompeuses et le défaut d’adhésion au contrôle des produits biologiques.

Le cahier des charges de l’agriculture biologique

Les principaux objectifs de l’agriculture biologique sont de mettre en place des pratiques de cultures plus durables, maintenir une biodiversité élevée, produire des aliments de qualités, prendre en compte le bien-être animal et octroyer une protection accrue pour le consommateur et pour l’environnement.

Pour cela, l’agriculture biologique interdit l’utilisation d’intrants de synthèse (engrais, pesticides, médicaments vétérinaires, OGM, …) afin de favoriser la santé de l’écosystème. Elle privilégie l’utilisation de matière biologique, d’engrais naturels (fumure organique, sel brut de potasse, phosphates naturels bruts, craie, marne ou sulfate de calcium). Les rotations longues de cultures permettent de lutter contre les adventices. Les cultures intercalaires et les associations symbiotiques (céréales/légumineuses ou l’agroécologie par exemple) entretiennent des sols de bonne qualité. Le désherbage peut être réalisé par hersage, binage, désherbage manuel et thermique ou des méthodes préventives. La lutte biologique est préférée par exemple en utilisant des ennemis naturels aux ravageurs. Les circuits courts de commercialisation sont encouragés afin de diminuer le coût des transports, l’émission des CO2. Cela permet également de développer une économie locale. Concernant l’élevage, les antibiotiques, les hormones et les produits de synchronisation de chaleur sont interdits. Les animaux doivent également disposer d’aires de plein air. Les produits d’appellation agriculture biologique comprennent au moins 95% des ingrédients bio.

comparaison agricultulre biologique conventionnelle traditionnelle rendements pratiques

*l’évaluation  des  rendements  est  issue  de  l’enquête  auprès  des  agriculteurs  et  non  d’essais  variétaux  normalisés. Les rendements pour les grandes cultures céréalières sont plus faibles dans le cas de l’agriculture bio.

Des différences nutritionnelles ?

nutrition comparaison agricultulre biologique conventionnelle traditionnelle contaminantsDe nombreuses études (Dangour et al. 2009, Lairon 2010, Pulupi et al. 2012, Barański 2014, Średnicka-Tober et al. 2016) ont été effectuées sur la composition nutritionnelle des aliments issus de l’agriculture biologique et de l’agriculture conventionnelle. Les principales différences portent sur :

  • La teneur en matière sèche, qui est similaire pour les fruits et les légumes en bio et conventionnel.

  • Les protéines. La teneur en protéines des céréales bio est plus faible que celle en agriculture conventionnelle à cause de la limitation des engrais chimiques qui apportent de l’azote. L’azote est un élément constitutif des protéines. Il manque des données pour évaluer la qualité protéique (profil en acides aminés).

  • Les lipides. La viande et le lait bio contiendraient plus d’acides gras polyinsaturés (PUFA)et d’oméga-3 qui sont des facteurs protecteurs des accidents cardiovasculaires : +23% de PUFA et +47% de omega-3 dans la viande bio. Cette différence serait due au fourrage bio qui est plus riche en graines de lin qui contiennent plus d’oméga-3. Les teneurs en acides gras saturés seraient similaires dans les deux pratiques culturales.

  • Les glucides : pas de différences notables.
  • La teneur en vitamine C est légèrement plus élevée pour la pomme de terre, la tomate et le céleri biologiques. La teneur en minéraux et oligo-éléments est comparable dans le bio et non bio pour les fruits et légumes. Cependant, il y a une certaine hétérogénéité dans les études sur les vitamines et minéraux.

  • Les Polyphénols. Les fruits et légumes bio contiendraient plus d’antioxydants. Les antioxydants permettent de lutter contre les radicaux libres (espèces réactives à l’oxygène). Ces radicaux libres sont des molécules instables qui peuvent par exemple s’attaquer à l’ADN, provoquer des dégâts dans les tissus, les organes. La méta-analyse de l’équipe de Cambridge a analysé 343 publications scientifiques sur le sujet. Ils ont conclu que la teneur en polyphénols est de 18 à 69% plus élevée dans les aliments bio. Ils ont également constaté des teneurs plus faibles dans les aliments bio en Cadmium, un métal toxique.

Les différences nutritionnelles sont donc légères (en faveur du bio pour les oméga-3, vitamine C et polyphénols) et pour le reste, il n’y a pas de différences significatives. Pour certains nutriments (comme les autres vitamines), il manque des données/études. Il serait essentiel d’approfondir ces résultats par des études dans des conditions bien contrôlées et spécifiquement conçues pour identifier et quantifier ces différences ou non nutritionnelles qui dépendent beaucoup des pratiques culturales, du sol de culture, des espèces et variétés de culture avec une certaine hétérogénéité.

Les éventuels risques sanitaires

Les contaminations microbiologiques, les métaux lourds et mycotoxines

Le risque de contamination bactérienne comprend principalement des bactéries de gastro-entérite. La contamination s’effectue souvent par les animaux d’élevage, par irrigation d’eau contaminée ou l’utilisation de fumiers et d’effluent d’élevage. Les fruits et légumes bio peuvent être contaminés par des virus lors de manipulation par des personnes infectées qui ne respectent pas les mesures d’hygiène ou par de l’eau contaminée. Cependant, il manque des données pour quantifier ces risques microbiologiques. Par ailleurs, l’agriculture biologique comporte moins d’intermédiaires, ce qui diminue le risque de contaminations croisées. En ce concerne les métaux lourds, le risque de contamination lors des processus industriels avec les métaux persistants dans le sol ne peut être écarté. Il touche autant les produits bio et non-bio (ANSES).

De plus, l’agriculture biologique interdit l’utilisation de fongicides, ce qui pourrait favoriser l’apparition de mycotoxines (des métabolites secondaires toxiques provenant des moisissures). Cependant, pas de différences significatives sur les teneurs en mycotoxines entre bio et non-bio n’ont été dégagées (ANSES).

Les résidus de pesticides alimentaires et maladies chroniques

Les pesticides de synthèse sont utilisés en agriculture pour protéger les cultures des mauvaises herbes, des maladies et des insectes nuisibles. La France est un des principaux utilisateurs mondiaux de pesticides de synthèse avec entre 80 000 et 100 000 tonnes de pesticides vendus depuis 30 ans. Les principales cultures concernées sont le colza, le maïs, les céréales à paille et la vigne qui représentent 80% de l’utilisation des pesticides.

En population générale, la voie d’exposition principale aux pesticides est l’ingestion par l’alimentation. Dernièrement plusieurs pesticides (glyphosate, malathion, diazinon, dibromure d’éthylène, aldrine…) ont été classés comme « cancérogène probable 2A » par l’IARC (Centre international de recherche sur le cancer). Une étude conduite aux États-Unis (NHANES Study) a retrouvé des résidus de pesticides, dans les urines, le sang, les tissus adipeux, certains organes et même le lait maternel :

  • le polybromodiphényléther BDE-47 a été retrouvé dans le sérum de tous les participants

  • le bisphénol A a été retrouvé dans plus de 90% des échantillons d’urine

  • l’acide perfluorooctanoïque (PFOA) et le methyl tert-butyle éther (MTBE, polluant organique volatile) a été retrouvé chez la plupart des participants

Les pesticides sont suspectés être liés à de nombreuses maladies chroniques ou à des effets néfastes (Mostafalou 2013) à travers des études cellulaires et animales principalement :

  • Cancers : une méta-analyse (Van Maele-Fabry 2003) a montré que l’exposition aux pesticides pourrait augmenter le risque de cancer de prostate et leucémie chez les travailleurs agricoles. Les mécanismes pour le cancer incriminés et suspectés sont le stress oxydant, l’activation de l’apoptose, les attaques de l’ADN et les mutations génétiques impliquées dans la progression du cycle cellulaire ou activation de proto-oncogènes.

  • Parkinson : les organochlorés, les carbamates pourraient interférer avec les neurotransmissions et les canaux ioniques.

  • Des tumeurs cérébrales chez les enfants de mères exposées professionnellement pendant la grossesse

  • Des troubles de la reproduction avec des effets de perturbateur endocrinien. Le perturbateur endocrinien interfère avec la communication hormonale entre cellules avec la synthèse, la sécrétion, le transport, le binding, les actions ou l’élimination des hormones. La plupart des pesticides imitent l’action de l’œstrogène.

  • Des effets tératogènes chez les enfants des mères exposées aux pesticides ont été observés durant la grossesse.

  • Le diabète de type 2 à travers des troubles du métabolisme du glucose

L’Agence Européenne des Produits Chimiques ECHA a classé le glyphosate en 2017 comme « cancérigène improbable » malgré une classification du CIRC en « cancérogène probable ». Les classifications du CIRC décrivent la force des données scientifiques sur un agent comme étant une cause de cancer, mais n’évaluent pas le niveau du risque.

Retrouve-t-on des résidus de pesticides dans les aliments bio ?

Les règles de l’agriculture bio interdisent l’utilisation de produits phytosanitaires de synthèse.

Dans l’Étude de l’Alimentation Totale EAT2-2006-2010, 283 pesticides ont été recherchés dans l’alimentation. Aucun dépassement des valeurs toxicologiques de référence n’a été observé dans les échantillons.

Dans son rapport de 2015, l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) avait analysé 84 341 échantillons d’aliments couvrant 774 pesticides.Pour les produits alimentaires issus de l’Union Européenne, les limites réglementaires de résidus de pesticides ont été dépassées pour 1,7% des échantillons. Parmi les 5 331 échantillons analysés d’aliments bio, seuls 0,7% dépassaient les limites maximales de résidus de pesticides et 13,5% contenaient des résidus de pesticides dans les limites réglementaires.  Les principaux pesticides retrouvés sont ceux autorisés dans l’agriculture bio : le cuivre, le spinosad (insecticide), l’azadirachtine (extrait des graines de margousier) mais également des résidus de polluants organiques persistants (POPs) tels que le DDT, l’hexachlorobenzène et le dieldrine. Les dépassements des limites réglementaires (LMR) ont été observés principalement pour l’anthraquinone.

Agriculture biologique conventionnelle résidus de pesticides comparaison teneur

La DGCCRF avait également relevé 6% d’échantillons analysés avec des pesticides non autorisés dans cette enquête en 2016. Il semble donc que les produits bio contiennent moins de résidus de pesticides que par l’agriculture conventionnelle. Les pesticides retrouvés dans le bio peuvent être dus à des polluants organiques persistants dans le sol qui restent des années, mais également certains pesticides « naturels » sont autorisés.

Il y a eu beaucoup d’études sur la teneur en résidus de pesticides dans les aliments mais peu ou quasiment pas d’études sur les liens entre les résidus de pesticides alimentaires et le risque de maladies chroniques en population générale humaine.

Un effet de consommer « bio » sur la santé ?

La plupart des études ont été effectuées en exposition professionnelle ou sur des modèles cellules et animaux. Peu d’études ont été effectuées en population générale et spécifiquement sur l’agriculture bio. Il n’est pas évident de distinguer un effet du bio d’un effet d’une consommation accrue de fruits et légumes ou de profils alimentaires/modes de vie différents des consommateurs bio.

Dans cette étude transversale (Eisinger-Watzl) 13 074 allemands ont été interviewés entre 2005 et 2006. Ils ont été classés en acheteurs bio versus non acheteur de bio avec la question « Achetez-vous des produits alimentaires bio ? » 44,9% achètent bio (dont 5.1 beaucoup, 26.2% occasionnel, 13.6% pas souvent). Ceux qui achètent bio seraient plus des femmes, ils consomment plus de fruits et légumes et moins de viandes. Ils sont moins fumeurs, végétariens, plus sportifs. Ils ont plus de connaissances en nutrition. Ils sont également moins en surpoids/obèse.

Une étude de cohorte britannique The Million Women Study (Bradbury 2014) a étudié les liens entre la consommation de produits bio à partir de la question « Mangez-vous des produits bio ? Jamais/parfois/souvent/toujours » et le risque de cancer chez 623 080 femmes adultes pendant 9,3 ans. La consommation de bio (« usually » et « always » versus ‘never’) était associée à une réduction significative de 21% du risque de lymphome non-hodgkiniens, une augmentation de 9% du risque de cancer du sein (RR=1.09 [1.02 ; 1.15], même résultat avec l’exclusion des cas à 3 ans) mais n’était pas associé statistiquement aux autres risques de cancer. Pour le cancer du sein, ce lien pourrait être expliqué par le fait que les consommateurs bio sont des femmes de catégories socioprofessionnelles élevées qui consomment généralement plus d’alcool et qui ont une parité plus faible : deux facteurs de risque du cancer du sein. Les limites de cette étude sont le caractère auto-déclaratif de l’étude, des facteurs de confusion non pris en compte et les groupes d’aliments consommés n’ont pas été pris en compte.

Une étude récente dans la cohorte française Bionutrinet de 62 224 adultes (Kesse-Guyot 2017) a observé un risque plus faible d’être en surpoids (-23%) ou obèse (-31%) après 3 an de suivi chez les consommateurs réguliers de produits bio (score « bio » élevé) en comparaison aux consommateurs moins importants de bio (score « bio » plus faible).

Néanmoins, ce ne sont « que » des études observationnelles en cohorte, cela montre un possible lien statistique, mais pas forcément un lien de causalité. Des études d’intervention humaine ont observé une réduction drastiques des taux de résidus de pesticides dans les urines chez les enfants et les adultes en passant à un régime BIO dans des études expérimentales (Curl et al., 2003; Lu et al., 2006; Bradman et al., 2015; Oates, et al., 2014; Curl et al., 2015), voici quelques exemples :

  • Curl 2003 : dans les écoles primaires, un carnet alimentaire de 3 jours a permis de récolter des données alimentaires avant le prélèvement des urines des enfants à Seattle et Washington. Ces enfants avaient soit un régime bio soit un régime conventionnel. Une réduction des résidus de pesticides organophosphorés a été observé pour le régime bio.
  • Lu 2006 :  chez 23 enfants d’école primaire, certains enfants ont eu leur régime substitué par un régime bio pendant 5 jours puis les urines ont été prélevées 2 fois. Les concentrations en malathion et en chlorpyrifos sont devenus indétectables pendant cette période.
  • Bradman : 40 enfants de 3-6 ans en Californie ont eu un régime de 4 jours de conventionnel, 7j de bio, 5j de conventionnel consécutifs.  23 métabolites urinaires ont été mesurés. Une réduction des teneurs en herbicides a été observée.

Méfiance dans les études financées par l’industrie du bio

Malgré les nombreuses études plutôt en faveur du bio, il faut également avoir en tête le lobbying assez important de l’industrie des produits bio. L’Organic Trade Association (OTA) regroupe de nombreux acteurs de la filière de l’agroalimentaire bio y compris des scientifiques. Les liens étroits par exemple entre le Dr. Benbrook et des industriels de l’OTA comme Organic Valley, Whole Foods, Stonyfield et United Natural Foods Inc. qui ont financé une partie de ses recherches peuvent soulever des questions de conflits d’intérêts. Benbrook en 2013 a justement publié dans le prestigieux journal Plos One une étude montrant une réduction de la teneur en oméga-6 de 25% (pro-inflammatoires = qui favorisent l’inflammation) et 62% d’oméga-3 en plus dans les laits biologiques par rapport aux laits conventionnels. Cette étude a été financée par CROPP (Cooperative Regions of Organic Producer Pools), maintenant renomée Organic Valley. Cette autre étude dans Plos One sur les liens entre le type de financements et les résultats des publications montre que le financement peut biaiser les résultats : les études financées par l’industrie vont souvent dans le sens du financement. Par ailleurs, les affiliations sont parfois « omises ».

Des services écosystémiques possibles pour notre planète

L’utilisation exclusive d’engrais d’origine biologique (compost et fumier), la rotation des cultures, le recyclage des résidus de culture et le pâturage permettent de maintenir un taux élevé de matière organique dans les terres agricoles. La matière organique dans le sol joue un rôle important dans l’écosystème du sol. Elle contribue à nourrir les microorganismes du sol, à structurer le sol, à augmenter la capacité de rétention d’eau, ce qui permet d’augmenter la réserve utile en eau du sol. La réserve utile en eau permet à la végétation de croître. L’agriculture bio recherche un équilibre écologique et durable sur le long terme pour réduire les problèmes de fertilité du sol, de pollution des nappes phréatiques et de l’air avec les produits agrochimiques classiques.

L’agriculture bio privilégie également les semences traditionnelles. Elle met en avant des zones naturelles  où se développent des habitats pour la faune et la flore sauvage et locale. Une méta-analyse (Rahmann 2011) pointait une augmentation de la biodiversité en agriculture biologique.

Cependant, l’impact environnemental est difficile à évaluer, ça dépend également des méthodes de calcul de l’empreinte carbone/eau. Il faut également prendre en compte les subventions de la Politique Agricole Commune (PAC) pour l’Union Européenne.

Pas d’avantage économique clair

Une autre méta-analyse (Tuomisto 2012) pointe les limites de l’agriculture bio par rapport à leurs rendements plus faibles que dans l’agriculture conventionnelle, alors que la demande mondiale ne cesse d’augmenter. L’agriculture bio demande donc plus de surfaces agricoles pour produire 1 unité de produit qui serait produit par agriculture conventionnelle.

Un rapport de 2013 de la Commission Européenne estime que les prix élevés des produits bio compensent les rendements plus faibles. En raison de la baisse de l’utilisation des intrants et de meilleurs prix, les «marges nettes du marché» par unité de production (recettes totales moins consommation intermédiaire moins amortissements) sont souvent plus élevées pour les fermes biologiques, malgré leur faible rendement. Il y a également des différences entre pays et secteurs de production (céréales ou fruits/légumes). Le rapport conclue qu’il n’y a pas de tendance économique claire entre le bio et le conventionnel.

Une solution pourrait être de généraliser l’agriculture bio pour les fruits et les légumes là où les rendements sont corrects. Et pour les grandes cultures se tourner vers une agriculture intégrée qui utilise certaines techniques de l’agriculture biologique comme les auxiliaires de culture : les libellules s’attaquer aux chenilles et aux vers ou les coccinelles aux pucerons.

[Màj 19/09/2017] Pour conclure, l’agriculture bio ne semble pas avoir un avantage nutritionnel significatif (par ailleurs, ce n’est pas l’objectif de l’agriculture biologique). Les études semblent en faveur d’une plus faible teneur en résidus de pesticides alimentaires dans les produits. Cependant, il reste à établir plus d’études sur les associations entre les résidus de pesticides par voie alimentaire et le risque de certaines maladies chroniques et également des études sur la consommation bio et la survenue de pathologie. Ce sujet est extrêmement complexe parce qu’il touche à la fois à des aspects de santé publique, de sécurité du consommateur, une dimension économique importante avec les agriculteurs/la PAC/l’agro-industrie/l’industrie chimique et environnementaux.

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Source :

Denis Lairon – Nutritional Quality and Safety of Organic Food – Agron. Sustain. Dev. Volume 30, Number 1, January-March 2010

M. Barański et al.  Higher antioxidant and lower cadmium concentrations and lower incidence of pesticide residues in organically grown crops: a systematic literature review and meta-analyses – British Journal of Nutrition, Volume 112, Issue 5

Dangour et al. Nutritional quality of organic foods : a systemactic review. Am J Clin Nutr. 2009 Sep;90(3):680-5.

Dominika Średnicka-Tober et al. Higher PUFA and n-3 PUFA, conjugated linoleic acid, α-tocopherol and iron, but lower iodine and selenium concentrations in organic milk: a systematic literature review and meta- and redundancy analyses – Br J Nutr. 2016 Mar 28; 115(6): 1043–1060

Mostafalou, Sara, et Mohammad Abdollahi. « Pesticides and human chronic diseases: Evidences, mechanisms, and perspectives ». Toxicology and Applied Pharmacology 268, no 2 (15 avril 2013): 157‑77. doi:10.1016/j.taap.2013.01.025.

Eisinger-Watzl et al. Customers Purchasing Organic Food – Do They Live Healthier? Results of the German National Nutrition Survey II. European Journal of Nutrition & Food Safety, ISSN: 2347-5641,Vol.: 5, Issue.: 1 (January-March)

Bradbury KE et al. Organic food consumption and the incidence of cancer in a large prospective study of women in the United Kingdom. Br J Cancer. 2014 Apr 29;110(9):2321-6

Kesse-Guyot et al. Prospective association between consumption frequency of organic food and body weight change, risk of overweight or obesity: results from the NutriNet-Santé Study. Br J Nutr. 2017 Jan;117(2):325-334

Fourth National Report on Human Exposure to Environmental Chemicals, Department of Health and Human Services, Center of Disease Control and Prevention, Atlanta, USA. Juillet 2005.

Tuomisto et al. Does organic farming reduce environmental impacts? – A meta-analysis of European research. Journal of Environmental Management Volume 112, 15 December 2012, Pages 309-320

Gerold Rahmann. Biodiversity and organic farming: What do we know? vTI Agriculture and Forestry Research 3 2011 (61)189-208

Bradman et al. Effect of Organic Diet Intervention on Pesticide Exposures in Young Children Living in Low-Income Urban and Agricultural Communities. Environ Health Perspect. 2015 Oct;123(10):1086-93

Curl CL, Beresford SA, Fenske RA, Fitzpatrick AL, Lu C, Nettleton JA, et al. Estimating pesticide exposure from dietary intake and organic food choices: the Multi-Ethnic Study of Atherosclerosis (MESA). Environ Health Perspect 2015 May;123(5):475-83.

Crystal Smith-Spangler et al., « Are Organic Foods Safer or Healthier than Conventional Alternatives?: A Systematic Review », Annals of Internal Medicine 157, no 5 (4 septembre 2012): 348‑66, doi:10.7326/0003-4819-157-5-201209040-00007.

Cynthia L Curl, Richard A Fenske, et Kai Elgethun, « Organophosphorus pesticide exposure of urban and suburban preschool children with organic and conventional diets. », Environmental Health Perspectives 111, no 3 (mars 2003): 377‑82.

Liza Oates et al., « Reduction in Urinary Organophosphate Pesticide Metabolites in Adults after a Week-Long Organic Diet », Environmental Research 132 (juillet 2014): 105‑11, doi:10.1016/j.envres.2014.03.021.

Cynthia L. Curl et al., « Estimating Pesticide Exposure from Dietary Intake and Organic Food Choices: The Multi-Ethnic Study of Atherosclerosis (MESA) », Environmental Health Perspectives 123, no 5 (mai 2015): 475‑83, doi:10.1289/ehp.1408197.

DGCCRF Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes – Filière de l’agriculture biologique – 26/02/2016 https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/filiere-lagriculture-biologique-0

European Commission – Organic versus conventionnal farming, which performs better financially ? n°4 | Novembre 2013

4 pensées sur “Alimentation et Agriculture Biologiques : des avantages pour la santé, la qualité nutritionnelle et l’environnement ?

  • 16 septembre 2017 à 18 h 49 min
    Permalink

    Bonjour
    Je trouve très surprenant qu’en tant que blog scientifique (du Café des Sciences) tu ne prennes pas la moindre distance par rapport à toute cette argumentation pro-bio. Pour donner quelques exemples:

    – Concernant la valeur nutritionnelle, la plupart des études ne trouvent aucun bénéfice substantiel des aliments bio sur le plan nutritionnel. Cet article de Genetic Literacy Project en fait la recension. Et critique en même temps la méta-analyse de Baranski 2014. Alan Dangour, que tu cites parmi les références est le premier à dire que s’il y a des avantages nutritionnels au bio elles sont au mieux négligeables par rapport à l’équilibre de la diète globale (en gros ce qui compte c’est de manger sain, pas trop gras, trop salé, tros sucré, des fruits et légumes etc). Même Le Monde, qui est pourtant à la limite du militantisme pro-bio en convient (ici)

    – Concernant la santé, je suis ahuri par l’argument sur les « traces de pesticides ». On ne peut parler des risques sanitaires sans parler des doses retrouvées, qui sont très très inférieures aux seuils de dangerosité, pourtant très conservateurs. Par ailleurs, on ne peut pas agiter les épouvantails (cancers, maladies chroniques etc), sans préciser que ces risques sont associés pour l’essentiel à la manipulation des produits par les agriculteurs et non pas à la consommation! Enfin tu oublies de parler des traces de pesticides bio-compatibles – autorisés parce que non issus de la chimie synthétique (voir cet article de science pop à ce sujet). Or certains de ces pesticides/fongicides organiques sont tout aussi « suspects » que les synthétiques : pyréthrines, cuivre, sulfites etc. Le roténone – produit naturel et hautement toxique- était autorisé comme pesticide de l’agriculture bio jusqu’en 2011… Naturel ne veut pas dire sain.

    – L’effet bio sur la santé: corrélation n’est pas causalité! Et il ne suffit pas d’un point d’interrogation dans le titre pour se dédouaner de cette entourloupe intellectuelle. Il n’y a aucune étude qui montre le lien de cause à effet entre alimentation bio et bonne santé. Par contre les gens qui mangent bio font globalement plus attention à leur alimentation en général, mangent moins de saloperies, donc sont effectivement en meilleure santé statistiquement.
    etc.

    Et alors terminer l’article sur une icono à la gloire du bio, ça me laisse abasourdi. Tu tiens un blog du Café des Sciences ou un blog militant?

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    • 18 septembre 2017 à 11 h 22 min
      Permalink

      Merci pour ce retour. Alors pour répondre à certaines critiques qui me semblent exagérées et des fois infondées :
      1) Non ce n’est pas un article militant pro-bio, du tout ! J’ai justement synthétisé des informations de différents rapports Inserm, Inra, ANSES, FAO, CDC publis scientifiques et mon expérience en épidémiologie nutritionnelle. Donc non j’ai présenté des résultats factuels d’études et à chaque fois j’ai précisé le TYPE d’études.
      2) Pour les valeurs nutritionnelles : oui c’est controversé pour les vitamines et la qualité protéique (avec l’hétérogénéité des études). Mais pour les profils lipidiques les études vont plutôt dans le même sens qui est juste dû à une alimentation animale différente dans le bio, plus riche en oméga-3. Dans ce paragraphe sur la nutrition, je n’ai écrit NULLE PART que ces différences nutritionnelles du bio joueraient sur la santé !! Il n’y a d’ailleurs eu que très peu d’études dessus.
      3) Pour les pesticides : regardez bien mon tableau de comparaison : j’ai bien mis 35 substances autorisées dont les pyréthrines des chrysanthèmes qui sont donc bien naturels mais qui ont le même effet que les pyréthrines synthétiques. Donc oui j’ai évoqué les pesticides bio-compatibles. Et je suis entièrement d’accord avec vous que naturel ne veut pas dire bon pour la santé. Je n’ai écrit nulle part cela sur cet article, ni sur mon blog.
      4) Pour la santé : j’ai justement précisé « La plupart des études ont été effectuées en exposition professionnelle ou sur des modèles cellules et animaux. ». Alors, non j’ai bien DISTINGUE et précisé les études en expositions PROFESSIONNELLES et en POPULATION GENERALE.
      5) Dernier point : j’ai justement présenté les études spécifiques au bio humaine qui sont bien des études de COHORTE. Je parle bien d’ASSOCIATIONS STATISTIQUES « associée à une réduction significative du risque de lymphome » et non un lien de cause à effet et donc pas du tout de relation causale ! Je parle bien de facteurs de RISQUE et non de facteurs CAUSAUX. Et justement les modèles statistiques sont AJUSTES sur la qualité nutritionnelle ou les facteurs d’interaction avec des nutriments pour retirer l’effet de la qualité nutritionnelle par rapport à un possible effet « bio ». Et justement dans l’étude Bionutrinet, les chercheurs ont pris justement en compte ce comportement de consommateurs bio et leur profil alimentaire particulier par les ajustements.

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  • 18 septembre 2017 à 18 h 33 min
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    Bonjour et merci de ton retour à mon commentaire -énervé je le reconnais. Je t’accorde bien volontiers que les informations dans chaque paragraphe sont exactes et précises, alors pourquoi ton article m’a-t-il fait une telle impression de biais?

    En le relisant je me rends compte que ça vient de sa structure: le début de l’article annonce tous les objectifs merveilleux du bio (qualité, non pollution, protection du consommateur etc.) Le lecteur part donc sur un a priori positif de cette technologie.
    Or l’analyse de chaque thème montre que finalement ces avantages supposés sont finalement au mieux très mineurs (de mon point de vue: pas d’avantage nutritionnel flagrant, pas de réduction avérée du moindre risque sanitaire etc). Mais au lieu de conclure que tout ça est finalement très décevant au regard de la promesse et des espoirs des fans du bio, il n’y a pas trop de conclusion à chaque thème. Le lecteur -surtout non scientifique- doit s’en remettre aux points d’accroches de l’article: ses illustrations, ses titres, les phrases en gras etc qui eux sont carrément flatteurs:
    – L’image principale c’est l’infographie qui me semble être de la pub. Montre-la à n’importe qui et demande lui la conclusion qu’il en tire, tu verras.
    – Tous les graphes montrent un plus pour le bio (4 avantages nutritionnels contre un désavantage, moins de pesticides et moindres doses),
    – Les titres sont à mon sens soit trompeurs (« moins de risques sanitaires ») soit orientés malgré leur « ? »: « un effet bio sur la santé? », « retrouve-t-on des pesticides? » (la réponse qu’on lit ensuite est à l’évidence « moins »).
    – Ce qui est graissé est soit neutre soit en faveur du bio: « teneur en vitamine C légèrement plus élevée », « seuls 0,7% dépassaient les limites maximales de résidus de pesticides et 13,5% contenaient des résidus de pesticides dans les limites réglementaires »,  » moins en surpoids/obèse », « réduction significative de 21% du risque de lymphome non-hodgkiniens » etc. Seule exception: tu as bien graissé l’augmentation de 9% du risque de cancer du sein mais en soulignant juste après l’absence d’association aux autres risques de cancer.

    J’aurais trouvé plus neutre de conclure sur ce qui n’est pas intuitif pour les consommateurs:
    1) très peu de bénéfice nutritionnel, rien de vaut une bonne diète.
    2) les produits conventionnels ne présentent pas de danger sanitaire (certes le bio non plus).
    2) les produits bio n’ont pas de bénéfice clair sur la santé (ou alors j’ai mal compris) toutes choses égales par ailleurs

    Dernier point, je continue de penser que le paragraphe concernant les risques des pesticides est totalement et inutilement anxiogène. Au niveau de consommation normal, il n’y a aucun risque avéré et les LMR sont ultra protectrices pour le consommateur. Si on se référait à l’IARC (qui classifie les dangers et pas les risques, autrement dit ne s’inquiète pas des doses), la charcuterie qui est classée cancérogène avérée serait interdite depuis longtemps, comme le café etc. Ca relativise…

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    • 19 septembre 2017 à 11 h 16 min
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      Bonjour 🙂
      1) Les objectifs que j’ai écrits en introduction exactement les mêmes que sur le site du ministère de l’agriculture pour la définition du bio.
      2) Concernant la nutrition, l’avantage serait mince (je parle bien au conditionnel), mais il n’y a pas de désavantage nutritionnel (à part un manque d’azote non plus !). Par ailleurs, on consomme suffisamment en France de protéines de toute façon. Et l’objectif d’un éventuel avantage nutritionnel n’est clairement pas le 1er pour le bio.
      3) Concernant le graphe des résidus de pesticides de l’Agence Européenne de Sécurité Sanitaire (EFSA), bah je ne peux rien y faire, c’est FACTUEL si le bio semble avoir moins de résidus de pesticides, ce sont les résultats des analyses chimiques alimentaires de l’EFSA.

      4)« tu as bien graissé l’augmentation de 9% du risque de cancer du sein mais en soulignant juste après l’absence d’association aux autres risques de cancer. »
      Je n’ai fait que reprendre la conclusion de l’étude dans la BJR : « Consumption of organic food was not associated with a reduction in the incidence of all cancer (n=53 769 cases in total) (RR for usually/always vs never=1.03, 95% confidence interval (CI): 0.99–1.07), soft tissue sarcoma (RR=1.37, 95% CI: 0.82–2.27), or breast cancer (RR=1.09, 95% CI: 1.02–1.15), but was associated for non-Hodgkin lymphoma (RR=0.79, 95% CI: 0.65–0.96).https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4007233/
      J’ai également mis en gras que ce n’était pas associé à une réduction du risqué des autres cancers.
      Donc non, je n’ai rien graissé ou modifié quoi que ce soit ! C’est purement de l’information scientifique traduite !
      5) Ton dernier point est choquant à lire quand on a travaillé dans des organismes de santé publique… Le risque des pesticides en population générale n’est pas du tout nul. Pourquoi ?
      Les pesticides sont ubiquitaires et l’exposition est multiple et pas seulement par voie alimentaire. Et même si on ne prend que l’alimentation, les dernières études montraient de manière plutôt convergente un risque possible (cf rien que le glyphosate). Les LMR sont définies pour une seule molécule chimique, OR ce qu’on suspecte surtout ce sont des effets SYNERGIQUES COCKTAILS des pesticides qui pourraient être plus dangereux en effet cocktail. Et non, ça ne sort pas de mon imagination : http://www.inra.fr/Chercheurs-etudiants/Alimentation-et-nutrition/Tous-les-dossiers/Effets-cocktails-des-substances-toxiques/Effet-cocktail-des-pesticides/(key)/0
      Par ailleurs, les pesticides (Polluants organiques persistants comme le DDT) restent dans les tissus adipeux et on ne les élimine pas du corps et ils ont été retrouvés dans de nombreux compartiments humains (Fourth National Report on Human Exposure to Environmental Chemicals, Department of Health and Human Services, Center of Disease Control and Prevention, Atlanta, USA. Juillet 2005.). Ces POPs sont persistants, bioaccumulables, toxiques et mobiles et pourtant on n’a pas légiféré dessus.
      Les LMR ou les DJA pour les additifs ne sont pas forcément adaptées à une évaluation complète du risque.

      6) Et comparer la charcuterie/café et le risque lié aux pesticides est inadapté comme ta remarque « a charcuterie qui est classée cancérogène avérée serait interdite depuis longtemps, comme le café etc. ».

      Le tabac est un facteur de risque reconnu mondialement du cancer, en outre, l’alcool est aussi reconnu comme toxique et cancérigène. Et ces 2 produits ne sont PAS interdits. Vous connaissez le lobbying ? Et bien, même si la communauté scientifique reconnait un danger, ce n’est pas pour autant que le système politique/la législation va suivre. Cf les polémiques sur les perturbateurs endocriniens.

      Vous m’accusez de possible partialité, mais à vous lire, on dirait que vous défendez l’industrie des pesticides.
      Parce que je le répète, je n’ai exposé que des faits scientifiques sortant de rapports d’organismes scientifiques/publications.
      Et oui, je suis d’accord qu’il reste encore à approfondir ce sujet.

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