Le virus de la vaccine, maladie proche de la variole, ressuscité par une équipe canadienne

Une équipe canadienne de chercheurs menée par le Dr. David Evans a réussi à synthétiser le virus de la vaccine (virus voisin de la variole ciblant le cheval Horse pox virus), virus disparu, avec seulement 100 000 dollars et quelques mois de travail. La vaccine n’existe plus dans la nature mais elle ne touche pas l’homme. C’est un virus voisin de la variole. En effet, cette technique utilisée par le Dr. Evans pourrait être utilisée pour recréer le virus de la variole touchant l’Homme.

Le but de ce projet de recherche (présenté sur le site de Sciences) était de fabriquer de meilleurs vaccins et aider la recherche thérapeutique pour le cancer. Mais cette découverte soulève de nombreuses questions éthiques et morales par rapport aux possibles attaques bioterroristes ou des États malintentionnés qui recréeraient le virus de la variole.

Ces travaux n’ont pas encore été publiés mais ils ont été discutés à Genève à l’OMS (Organisation Mondiale pour la Santé) en Novembre 2016. Le rapport avait souligné que cette synthèse ne nécessitait pas de difficultés particulières mais cela n’a pas inquiété pour autant les experts en biosécurité. Cependant les deux revues internationales scientifiques très connues Nature Communications  et Sciences ont refusé de publier ces résultats. Sciences a considéré que le gain en connaissances biologiques nouvelles n’était pas suffisant pour compenser le fardeau administratif important que représente le manuscrit en termes de recherche très controversée (à double usage : en bien ou mal).

smallpox variole ressuscité virusLa variole, la seule et unique maladie éradiquée par la vaccination

Cela fait 37 ans que la variole a officiellement été éradiquée en 1980. Le dernier cas date de  1977 en Somalie. Elle est la première maladie à avoir été éliminée par des actions à l’échelle mondiale avec entre autre le programme d’éradication de la variole (1966-1980) et la vaccination.

C’est une maladie virale très contagieuse qui se transmet par des particules en suspension ou des gouttelettes de personnes infectées. Les symptômes apparaissent au bout de 12 à 14 jours avec de la fièvre, des maux de tête, des maladies, des douleurs graves dorsales et abdominales, parfois des vomissements. Après 2-3 jours, la température corporelle s’abaisse et une éruption cutanée apparaît d’abord sur le visage puis les mains, les avant-bras et le tronc.

La recherche sur la variole : très encadrée

D’après les règles de l’OMS mises en place dans de nombreuses pays, il est interdit de synthétiser et travailler sur plus de 20% du génome de la variole humaine. Les compagnies qui vendent des acides nucléiques (le matériel pour créer un virus) sont également contrôlées et tenues de signaler des achats anormaux.

Il ne reste que 2 laboratoires dans le monde qui ont des virus de la variole humaine : à Atlanta au Centers for Disease Control and Prevention (CDC) et en Russie au State Research Centre of Virology and Biotechnology à Novosibirsk.

Deux courants de pensées s’affrontent au sujet de ce problème éthique et scientifique :

  • les « destructionists » qui arguent qu’il faut mieux détruire les restes de ce virus et que le monde sera plus sûr.

  • les « retentionists » qui pensent qu’il vaut mieux garder le virus de la variole humaine afin de l’étudier et de prévenir de futures épidémies.

Le Dr. Evans estime que son projet a une valeur académique importante : il pourrait aider à élucider l’histoire de la vaccination antivariolique. Le virus de la variole est basée sur un virus vivant appelé vaccinia. Vers la fin du 18ème siècle, Edward Jenner, un médecin anglais, a constaté que les valets de ferme attrapaient souvent la vaccine, une maladie touchant habituellement les vaches. Or par la suite ces personnes n’attrapaient plus la variole (et en étaient donc au final immunisées). Il en conclut que la vaccine pourrait protéger de la variole. De là est née la vaccination par inoculation de la maladie. Plus tard, les campagnes de vaccination ont pu éradiquer la variole de cette manière.

Le Dr. Paul Keim de l’Université d’Arizona a déclaré que cette découverte avait déclenché une « situation inflammatoire ».

“Bringing back an extinct virus that is related to smallpox, that’s a pretty inflammatory situation” – Dr. Paul Keim

Et qu’est-ce que vous inspire ces révélations ?

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Sources :

How Canadian researchers reconstituted an extinct poxvirus for $100,000 using mail-order DNA – by Kai KupferschmidtJul. 6, 2017 , 5:00 PM http://www.sciencemag.org/news/2017/07/how-canadian-researchers-built-poxvirus-100000-using-mail-order-dna

OMS – Programme d’éradication de la variole (1966-1980) – Mai 2010 – http://www.who.int/features/2010/smallpox/fr/

Centers for Disease Control and Prevention – Smallpox –  https://www.cdc.gov/smallpox/index.html

Une pensée sur “Le virus de la vaccine, maladie proche de la variole, ressuscité par une équipe canadienne

  • 9 juillet 2017 à 16 h 23 min
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    Je n’ai sans doute pas assez de connaissances pour répondre intelligemment mais je me lance en tant que M. Toutlemonde. Je pense qu’il y a déja de nombreux produits candidats à une attaque bactériologique. Utiliser un virus (ou un dérivé) que l’on a déja réussi à éradiquer il y a un petit paquet d’années n’est pour moi pat la meilleure idée pour une attaque.

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