PNNS 2017-2021 : Révision des repères nutritionnels pour les adultes

Manger 5 fruits et légumes, limiter les produits trop gras, trop sucrés… tous ces repères nutritionnels entendus à la télé ou à la radio sont en cours de révision. Je vous ai fait une petite infographie résumant ces changements.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation et du travail (ANSES) avait publié un avis en Janvier 2017 sur la révision des repères nutritionnels pour les adultes du PNNS (Programme National Nutrition Santé). Ces nouvelles indications visent à répondre aux besoins nutritionnels de la population afin de prévenir des risques des maladies chroniques. Découvrez également en infographie les résultats de l’enquête INCA3 sur les habitudes alimentaires des français : ici.

Les anciens repères portaient sur les différents groupes d’aliments et sur l’activité physique selon des populations spécifiques (personnes âgées, enfants, adultes, adolescents, femmes enceintes/allaitantes). L’ANSES a développé un nouvel outil d’optimisation intégratif sur une combinaison de 32 groupes d’aliments, avec une mise jour des références nutritionnelles, intégrant les contaminants. Ces repères ont pour but de couvrir les besoins nutritionnels de la quasi-totalité de la population (les Apports Nutritionnels Conseillés couvrent les besoins de 97,5% de la population).

Le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) a également été saisi pour donner un avis sur la révision de ces repères.

Les principales nouveautés et points mis en avant

  • La mise en avant d’une consommation renforcée de légumineuses (lentilles, fèves, pois, haricots…) et de produits céréaliers moins raffinés (les aliments complets ou semi-complets pour les pâtes, riz, pain…).

  • L’ajout d’une catégorie spécifique aux fruits à coque sans sel ajouté (amandes, noix, noisettes, pistaches) avec un repère alimentaire : en consommer 1 poignée par jour.

  • Favoriser la consommation d’huiles végétales riches en acide gras alpha-linolénique, un oméga-3 (retrouvé particulièrement dans les huiles de colza ou de noix)

  • Les jus de fruit passent dans la catégorie des boissons sucrées. Leur consommation devrait se limiter à 1 verre par jour à cause de la teneur en sucres simples. Il faut privilégier les fruits pressés aux jus industriels très riches en sucres ajoutés.

  • Réduire la consommation de charcuterie pour qu’elle reste inférieur à 25g par jour.
  • Réduire la consommation de viande hors volaille.

Infographie Repères Nutritionnels Recommandations Françaises F2

 

Quelques autres rappels :

Pour la 5 portions de fruits et légumes, toutes les formes marchent : frais, surgelés ou en conserve. Pour les fruits en conserve, il vaut mieux éviter de consommer le sirop. Les fruits pressés sont à privilégier pour les jus de fruit.

Les céréales du petit déjeuner sucrés ne font pas partir du groupe « produits céréaliers complets et peu raffinés », ils font partis du groupe des produits sucrés à limiter. Les boissons sucrées font également partir de ce groupe.

Les fromages riches en calcium et moins gras sont à privilégier pour les produits laitiers.

Pour la viande, il faut privilégier la volaille et limiter la consommation de viande rouge à 500g/semaine.

L’HCSP conseille également de privilégier le BIO comme mode de production comme il limite l’exposition aux pesticides (exception pour les contaminants persistants comme les dioxines, les organophosphorés, les mycotoxines…). Elle rappelle également qu’un produit BIO gras et/ou sucré n’est pas meilleur pour la santé parce qu’il est BIO d’un point de vue purement nutritionnel. Cet organisme rappelle également qu’il faut éviter de faire griller sa viande avec un brunissement fort : la réaction culinaire de Maillard peut produire des composés cancérigènes comme l’acrylamide.


Si l’article t’a plu ou si tu souhaites suivre des sujets d’actualités controversés, un petit like :

ANSES – L’Anses actualise les repères de consommations alimentaires pour la population française – 23/01/2017 https://www.anses.fr/fr/content/l%E2%80%99anses-actualise-les-rep%C3%A8res-de-consommations-alimentaires-pour-la-population-fran%C3%A7aise

HCSP – http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=600

21 pensées sur “PNNS 2017-2021 : Révision des repères nutritionnels pour les adultes

  • 8 mai 2017 à 10 h 26 min
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    LES légumineuses sont enfin (!!) reconnues comme sources intéressantes de bonnes protéines !
    Il était temps car dans d’autres pays on se moquait bien de notre ignorance .
    Maintenant il va falloir découvrir de bonnes façons de les cuisiner …et même de ne pas les cuisiner ,
    en les faisant tout simplement germer . ( il y en a bien encore pour cinq ans ! )
    Les bons oléagineux ( cajou , pistache ) sont aussi d’excellentes sources de protéines .

    Il y a encore du boulot pour aller vers une alimentation végétale .. Courage !

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  • 5 juin 2017 à 10 h 38 min
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    on devrait plus faire attention au fait que la plupart des travailleurs prennent la moitié de leur repas principaux au travail lors des jours ouvrés, du fait de l’éloignement de leur domicile et de la pratique de la journée continue. Une saine alimentation sur les lieux travail doit être une préoccupation.

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  • 11 août 2017 à 12 h 37 min
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    il est bien dommage de voir des publicités qui culpabilisent les gens en surpoids et leurs font miroiter des kilos qui s’envolent avec quelques repas gratuits… c’est ni gratuits, ni savoureux….c’est du “bisness” et c’est décevant .c’est facile de se cacher derrière le PNNS !!

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  • 28 août 2017 à 7 h 28 min
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    Regardez bien votre affiche – “Viande ET VOLAILLE à limiter”….et après, “pour la viande, il faut privilégier la volaille …”
    Alors – à limiter ou à privilégier???

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    • 28 août 2017 à 10 h 48 min
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      Merci pour votre remarque. Oui, on peut diminuer la consommation de viande en particulier la viande rouge. Et si on veut consommer de la viande, il faut privilégier la viande blanche.

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    • 15 février 2018 à 8 h 54 min
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      La consommation de viande ne doit pas dépasser 500g par semaine (ce qui est mentionné). Cependant, sur tout les types de viandes (boeuf, porc, côtes,…), il vaut mieux consommer la volaille qui possède moins d’AGS (Acide Gras Saturé) que les autres.

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    • 14 mars 2018 à 10 h 12 min
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      Il faut privilégier la volaille par rapport à la viande rouge, c’est à dire 2 portions de viande rouge par semaine et le reste en volaille. Mais il faut limiter la consommation générale de ce groupe d’aliment à 1 portion par jour.
      Voila les recommandations du PNNS.
      Privilégier ne veut pas dire encourager.

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      • 15 mars 2018 à 23 h 49 min
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        Merci pour votre remarque. Pour info, j’ai écrit “Limiter la consommation de viande « rouge »* et privilégier la consommation de volaille” parce que c’est ce qu’il est écrit dans l’avis du HCSP 2017 page 4.

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    • 14 mars 2018 à 14 h 22 min
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      vous oublier un mot sur l’ affiche il est écrit :”limitez la viande rouge ET privilégiez la volaille.”

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  • 3 octobre 2017 à 11 h 21 min
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    et quid du canard? Volaille ou viande rouge?

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    • 3 octobre 2017 à 13 h 52 min
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      Excellente question. L’Organisation mondiale de la santé a classé comme “viande rouge” : boeuf, le veau, le porc, l’agneau, le mouton, le cheval et la chèvre (https://www.iarc.fr/en/media-centre/iarcnews/pdf/Monographs-Q&A_Vol114.pdf).
      D’après l’USDA, le canard et l’oie sont des volailles et considérés comme de la viande “blanche” parce qu’ils sont des oiseaux de vol. Leur viande est plus foncée que celle du poulet et de la dinde. C’est parce que plus d’oxygène est nécessaire pour faire travailler les muscles. Or l’oxygène est livré à ces muscles par les globules rouges dans le sang. L’une des protéines de la viande, la myoglobine, contient l’oxygène dans le muscle et donne à la viande sa couleur plus foncée.

      Le WCRF met à part le canard parce qu’il n’y a pas assez d’études sur cette viande (moins consommée) : “We don’t have enough evidence yet about other red-coloured meats, like duck and venison.” http://www.wcrf.org/int/blog/articles/2015/10/red-meat-and-bowel-cancer-risk-how-strong-evidence
      Question difficile à répondre au final 🙂

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  • 19 janvier 2018 à 17 h 50 min
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    Bonjour,
    Serait-il possible de récupérer cette affiche en bonne qualité afin de l’imprimer et de l’afficher dans une classe de BTS?
    Merci d’avance,

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  • Ping :L’équilibre alimentaire – ※ Corsi'Good ※

  • 6 mai 2018 à 18 h 05 min
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    pourrait-on prévoir une note sur la préparation des légumineuses (obligation de trempage et cuisson suffisante) pour éviter les lectines.
    qu’en est -il de la biodisponibilité des protéines végétales ? Et des allergies ? Des facteurs antinutritionnels ?
    Des recommandations ?
    Merci d’avance,

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    • 7 mai 2018 à 6 h 13 min
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      Merci pour votre commentaire 🙂
      Les protéines animales (viande, œuf, lait) ont souvent un PD-CAAS*, une meilleure digestibilité autour de 100% ou proche/supérieure alors que celle pour le blé est de 40, 53 pour le maïs. Pour les graines crues de légumineuses, les valeurs sont du même ordre de grandeur. La quinoa est à 79% (environ) et à la pomme de terre à 81% (Guégen et al. 2016).
      Différents procédés de transformation permettent d’augmenter cette digestibilité : trempage, cuisson, autoclavage, extrusion, fermentation…Cette augmentation de digestiblité s’explique par l’inactivation de certains facteurs anti-nutritionnels : inhibiteurs de protéases, lectines, phytates, oxalates (Rocio Campos-Vega et al. 2009). Il peut également y avoir des contaminants comme les saponines, les alkaloïdes, les mycotoxines (si mauvais stockage)…
      *Le PD-CAAS correspond à la digestibilité de la protéine multiplié par son indice chimique, c’est à dire le ratio de l’apport du premier acide aminé limitant dans la protéine du produit alimentaire concerné sur la teneur en ce même acide aminé dans la protéine de référence.

      Article sur la qualité protéique : http://quoidansmonassiette.fr/portions-proteines-vegetales-et-animales-reperes-sources-qualite-nutritionnelle/

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      • 15 juin 2018 à 10 h 54 min
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        Merci pour votre programme surtout au niveau des fruits et légumes dont je suis adepte mais je reste très dubitative quand je lis les taux toxiques de tous les pesticides et autres que l’ont doit avaler pour aller vers ces produits: je suis dégoûtée et il faudrait aussi Mesdames et Messieurs les législateurs légiférer vis à vis de ces lobbies qui nous pourrissent la vie via leurs produits tueurs. Pardon? Le pot de fer contre le pot de terre ?
        L’Europe est le vassal ou l’affidée de ces gens là….Bougez.

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        • 15 juin 2018 à 15 h 50 min
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          Je pense que le bénéfice risque est largement en faveur de la consommation de fruits et légumes (dans la prévention des maladies chroniques) plutôt que de s’en abstenir par peur d’ingérer des pesticides. Les teneurs en pesticides sont régulièrement évalués en Europe par des programmes de monitoring dans le cadre de la Général Food Law (règlement 178/2002) et également les industriels. Par ailleurs, il faut avoir en tête que l’exposition (croisement entre fréquence de consommation, quantité d’aliments et concentration en pesticides dans les aliments) n’est pas toujours importante et tous les produits mis sur le marché européen sont censés être en-dessous des limites Maximales de résidus.
          En Europe, on a quand même un large choix alimentaire. Et je rappelle également que les expertises d’évaluations de risque sont effectués par des panels d’experts indépendants (les déclarations de conflits d’intérêts sont évalués et disponibles sur le site des agences sanitaires nationales et européenne EFSA). Merci pour votre remarque néanmoins 🙂

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  • 23 novembre 2018 à 9 h 10 min
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    Bonjour,
    Je prépare un dossier sur l’alimentation dans le cadre de ma préparation au CRPE.
    Y a t’il des nouveaux repères pour les enfants ? Ou dois-je travailler sur le PNNS3 ?
    Merci d’avance pour vos conseils! 🙂

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