La société de consommation et son impact sur notre environnement

Chacun de nous exerce au quotidien des pressions sur l’environnement à travers ce que nous consommons en aliments, en espace, en énergie et en eau, les déchets produits, les activités polluantes… A l’échelle de la population, ces  petits actes individuels anodins s’ajoutent et ont un effet important sur la planète et sur l’utilisation des ressources.

Des chercheurs Norvégiens ont montré que ce ne sont pas seulement des gestes comme éteindre les lumières en sortant d’une pièce, écourter sa douche qui vont diminuer notre impact sur notre environnement, mais modifier notre consommation, s’orienter vers des produits moins polluants (et qui demandent moins de ressources pour être produit) qui permettra de diminuer notre empreinte écologique.

Des consommations en augmentation

En France, les dépenses des ménages se retrouvent principalement dans le logement (y compris l’énergie) et l’alimentation d’après l’Observatoire des statistiques. Un ménage représente l’ensemble des occupants d’un même logement sans qu’ils soient forcément unis par des liens de parenté d’après l’INSEE. La part de budget dépensé dans l’alimentation a diminué entre 1960 et 2009 de 20% à 13% des dépenses alors que la part du logement, des frais de santé et des loisirs ont augmenté. La consommation des biens et des services par les ménages conditionne l’utilisation des ressources. Toutes nos activités exercent une pression sur l’environnement. Rien que boire ou manger produit des déchets et utilise les ressources de notre planète à travers la production et le transport des produits alimentaires.

Entre 60 et 80% des impacts environnementaux moyens dans 43 pays proviennent de la consommation des ménages. Et si nous changions nos habitudes ?

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Cette étude Norvégienne a analysé les liens entre les dépenses des ménages et les impacts sur l’environnement à partir de 4 indicateurs environnementaux :

  • L’empreinte eau caractérise la quantité d’eau utilisée directement ou indirectement pour l’agriculture, l’élevage, les produits manufacturés, l’électricité et l’utilisation directe d’eau par les ménages (irrigation, douche, refroidissement dans les usines…).
  • L’empreinte carbone est la quantité de gaz à effet de serre (CO2, CH4 et N2O) émis de façon directe ou indirecte.
  • L’utilisation des terres caractérise les sols pour l’agriculture, l’élevage et les territoires forestiers. C’est la quantité de terre utilisée pour produire un bien ou utilisée par une organisation ou un pays.
  • L’empreinte matériau englobe l’extraction et l’utilisation des matières premières de la production à la consommation (cultures primaires, résidus culturaux, cultures fourragères, pâturages, bois, combustibles fossiles, les minerais métallique et non métalliques).
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Empreinte écologique par habitant de la consommation des ménages (EXIOBASE,)
Crédit : Ivanova et al 2016

L’étude différencie les impacts :

  • Directs : le CO2 émis directement par une activité ou un bien : quand vous utilisez votre voiture par exemple.
  • Indirects : le CO2 émis pour produire et transporter un bien que vous consommerez. Par exemple : le CO2 de la voiture qui transporte les aliments que vous allez acheter au supermarché.
  • Indirects de l’étranger : par exemple le CO2 émis par les biens produits en Chine et qui sont vendus dans un autre pays.

Les consommateurs sont directement responsables de 20% de l’empreinte carbone à travers la conduite de leur voiture et le chauffage. Le reste provient d’émissions carbones « indirectes ». 80% des impacts environnementaux attribués aux consommateurs seraient indirects à travers la production et le transport de biens qu’ils consomment.

Les ménages des États-Unis contribuent à eux-seuls à ¼ des émissions de CO2 mondiales avec 5,6 gigatonnes de CO2 équivalent. Les ménages de l’Union Européenne quant à eux y contribuent à hauteur de 4,9 Gt de CO2 équivalent. Cependant quand on regarde les émissions de gaz à effet de serre par habitants (per capita), les luxembourgeois ont une empreinte carbone par habitant aussi importante que celle des américains ou des australiens.

En effet, plus le pays est riche, plus les habitants consomment, plus grand est l’impact d’une personne sur la planète. Le produit intérieur brut est corrélé positivement (0.74) à la consommation d’eau douce. En Indonésie, l’empreinte eau est de 82m3 par habitant alors qu’au Luxembourg, elle s’élève à 820 m3 par habitant. La moyenne mondiale est à 210 m3 par habitant. La Russie (les terres forestières) et l’Australie (terres arables et de pâturage) sont les grands utilisateurs de terres.

La production alimentaire est le plus gros consommateur de terres, d’eau et de matières premières, puis arrivent le logement  et les transports. L’impact environnemental est plus important pour la production d’aliments d’origine animale que ceux d’origine végétale. Prenons l’exemple de l’utilisation de l’eau pour la production.

Le bœuf et les ressources en eau consommées

Nous utilisons plus de ressources en eau à travers les produits que nous achetons que l’eau de notre douche ou celle pour laver notre vaisselle.

L’empreinte eau peut être calculée avec la méthode du « Water Footprint Network » », c’est-à-dire l’eau utilisée pour produire des biens (des aliments par exemple) ou des services exportables dans un endroit. Cette eau virtuelle se décompose en 3 composantes :

  • L’eau bleue correspond à l’eau douce des surfaces, des ressources souterraines et des nappes phréatiques utilisée par l’Homme dans l’agriculture, l’industrie, l’usage domestique :  l’eau bue par les animaux, pour irriguer les cultures fourragères, pour refroidir une machine, pour se laver…
  • L’eau grise correspond à l’eau nécessaire pour diluer les polluants pour obtenir de l’eau douce et pour respecter les normes sanitaires de l’eau potable.
  • L’eau verte correspond à l’eau de pluie qui ruisselle, l’eau qui s’évapore. Elle est captée par les plantes et évapotransporée par celles-ci.

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Le Water FootPrint, un concept débattu

Comme on peut le voir sur le graphique, les produits d’origine animale semblent puiser beaucoup plus de ressources que les produits végétaux. Néanmoins, cette méthodologie est critiquée. Ridout et Huang dénoncent ces chiffres « il faut 1500 Litres d’eau pour produire 1 steak haché de bœuf ». Sur ces 1500 Litres, une grande partie correspond à de l’eau de pluie (90% serait de l’eau verte) dans le sol qui s’évapore avec les cultures fourragères ou les prairies pour les bœufs. L’Institut de l’Elevage estime qu’il n’est pas juste de prendre en compte cette eau verte pour ces calculs. En effet, l’eau de pluie des cultures fourragères ou les prairies pour les animaux fait partie du cycle naturel de l’eau et cette eau verte n’a aucune raison d’être comptabilisée dans les ressources en eau utilisées pour  la production de viande puisqu’elle elle ne prive d’aucun autre secteur d’activité de cette ressource.

Au final, mieux vaut diminuer sa consommation de produits d’origine animale (attention, je ne dis pas supprimer) et manger/consommer local.

Source :

Diana Ivanova, Konstantin Stadler, Kjartan Steen-Olsen, Richard Wood, Gibran Vita, Arnold Tukker, Edgar G. Hertwich. Environmental Impact Assessment of Household Consumption. Journal of Industrial Ecology, 2015

Mesfin M. Mekonnen and Arjen Y. Hoekstra – A Global Assessment of the Water Footprint of Farm Animal ProductsEcosystems (2012) 15: 401–415

Commissariat général au Développement Durable – Repères : Consommation des ménages et environnement – Edition Mars 2011 http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/reperes-conso-menages.pdf

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