Quoi dans mon assiette http://quoidansmonassiette.fr Actualités en sciences, alimentation et santé - Uniquement basé sur des publications scientifiques ! Fri, 19 Oct 2018 17:10:16 +0000 fr-FR hourly 1 http://quoidansmonassiette.fr/wp-content/uploads/2016/03/cropped-cropped-Head-logo-Quoi-dans-mon-assiette-2-32x32.jpg Quoi dans mon assiette http://quoidansmonassiette.fr 32 32 Un probiotique Bacillus pour combattre le staphylocoque doré (Staphylococcus aureus) : une alternative aux antibiotiques d’après une étude dans Nature ? http://quoidansmonassiette.fr/probiotique-bacillus-subtilis-pour-combattre-staphylocoque-dore-staphylococcus-aureus-alternative-antibiotiques-nature/ http://quoidansmonassiette.fr/probiotique-bacillus-subtilis-pour-combattre-staphylocoque-dore-staphylococcus-aureus-alternative-antibiotiques-nature/#respond Fri, 19 Oct 2018 17:10:16 +0000 http://quoidansmonassiette.fr/?p=3410 Le microbiote intestinal a fait l’objet de nombreuses études ces dernières années jouant un rôle dans les fonctions digestives, métaboliques ou dans la modulation du système immunitaire.

Des chercheurs du National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID) et de deux universités Thaïlandaises ont découvert que sur 200 thaïlandais ruraux, quand la bactérie Bacillus est présente dans l’échantillon fécal, aucun staphylocoque doré n’était retrouvé, d’après une étude publiée dans le journal scientifique Nature. Sur des souris, ils ont identifié que des spores de Bacillus subtilis pourraient inhiber le développement du staphylocoque doré en bloquant son quorum sensing.

Microbiote intestinal de souris
Credit: Whitaker et al. Cell 2017

Le microbiote intestinal et les probiotiques

Notre tube digestif représente un interface gigantesque (avec une surface d’environ 250 à 400 m² avec les villosités) entre l’environnement et les antigènes humains. Il abrite jusqu’à 1014 micro-organismes, soit 10 fois plus de cellules bactériennes que de cellules humaines (Thursby 2017). Le microbiote intestinal (ou flore intestinale) est localisé dans l’intestin grêle et le côlon. Il est constitué de bactéries, de virus, de champignons et de parasites non pathogènes. Une altération qualitative en terme de composition(dysbiose) de cette flore peut engendrer des pathologies liées à l’inflammation. Les bactéries pathogènes contiennent à leur surface des lipopolysaccharides (LPS) qui peuvent initier une réaction inflammatoire suite à la libération de cytokines (substances inflammatoires).

Les techniques de séquençage à haut débit (souvent en ciblant l’ARN ribosomal 16S bactérien) ont permis d’identifier environ 2172 espèces de micro-organismes dans le microbiote. 94% sont classés dans les Protéobactéries, les Firmicutes, les Actinobactéries et les Bactériodetes. Le microbiote est modulé par l’alimentation, le système immunitaire de l’hôte, la prise d’antibiotiques, la localisation, la dépression et le tabac.

« Les bonnes bactéries »

Les probiotiques sont des bactéries qui, ingérées vivantes, ont un effet bénéfique sur notre santé alors que les prébiotiques sont des oligosaccharides qui servent d’aliment aux bactéries du microbiote : en nourrissant préférentiellement certaines bonnes bactéries, on favorise leur croissance pour obtenir des bénéfices santé. Les principaux probiotiques étudiés sont les bifidobactéries (ex: Bifidobacterium lactis) et les lactobacilles (ex: Lactobacilllus rhamnosus, Lactobacillus casei…). Les effets d’une souche ne peuvent pas être extrapolés à une autre (AFSSA).

La présence de ces bonnes bactéries empêche la colonisation du tractus intestinal par des bactéries pathogènes par compétition en terme de ressources ou de sites d’attachement ou à cause de la production de substances antimicrobiennes. C’est cette dernière piste qui a été exploitée dans cette étude. Par exemple, certaines souches probiotiques produisent des bactériocines. Ce sont des protéines ou peptides avec des propriétés antibiotiques (sans être des antibiotiques) qui peuvent éliminer ou inhiber la croissance de certains micro-organisme. Elles jouent un rôle non négligeable dans la colonisation et la compétition entre souches bactériennes.

Le bacillus subtilis produit une substance qui inhibe la croissance de S. aureus chez les souris

Le staphylocoque doré

Staphylococcus aureus est une bactérie pathogène dangereuse surtout connue pour être responsable d’infections nosocomiales (infections contractées à l’hôpital) et d’intoxications alimentaires. C’est un pathogène opportuniste impliqué dans les pathologies les plus graves chez l’homme qui vont des infections cutanées à la septicémie létale. S. Aureus est retrouvé dans les fèces à hauteur de 103 – 104 CFU Unité Formant Colonie/g.

Le SARM (Staphylococcus Aureus Résistant à la Méthicilline) est un staphylocoque qui a développé une résistance à plusieurs antibiotiques dont la méthicilline. Cela limite le choix de traitements des antibiotiques et constitue un problème majeur de santé publique surtout dans les milieux hospitaliers.

De nouvelles stratégies alternatives de traitement doivent être envisagées.

La compétition microbienne intestinale

echantillon fecaus S aureus thailandaisLes auteurs ont fait l’hypothèse que la composition du microbiote humain peut affecter la colonisation intestinale par S. aureus.

200 échantillons de matière fécale ont été collectés à partir de 200 individus en bonne santé en milieu rural en Thaïlande. Cette population a été spécifiquement sélectionnée pour réduire les effets de l’utilisation des antibiotiques et de la stérilisation des produits industriels alimentaires.

Sur les 200 sujets (âgés de 20 à 87 ans avec 131 femmes et 69 hommes sans historique de maladies intestinales), 12,5% portaient la souche S. aureus dans leur intestin et 13% dans leur nez.

Pour investiguer si les interactions bactériennes dans l’intestin déterminent la colonisation intestinale par S.  aureus, les chercheurs ont analysé la composition du microbiote dans les échantillons fécaux par un séquençage des ARN 16S ribosomaux. Une corrélation importante a été identifié : en présence d’espèces Bacillus, S. aureus n’a jamais été détecté dans les échantillons fécaux (P<0.0001) pour 50.5% des sujets.

En plus, S. aureus n’était pas non plus détecté quand Bacillus était présent dans l’intestin (P<0.0001). Cela pourrait indiquer qu’en zone rurale en Thaïlande, les colonisations par S. aureus pourraient être liées à un manque de probiotiques tels que Bacillus dans l’alimentation.

Inhibition du quorum sensing de S. aureus

L’effet inhibiteur de croissance de Bacillus sur S. aureus n’est pas dû à la production d’une substance (bacteriocin-mediated) par Bacillus qui agirait directement sur le staphyloccoque. Sur 105 isolats de Bacillus, seuls 6 ont inhibé la croissance de S. aureus dans une boite de pétri d’agar.

Le quorum sensing est une forme de communication indispensable au S. aureus. Ce mode de signalisation passe par la production de petites molécules médiatrices (les autoinducteurs. Ex: le N-acyl-homosérine lactone AHL). Lorsqu’une certaine concentration de ceux-ci est atteinte, ces molécules interagissent avec un régulateur transcriptionnel de l’expression génétique bactérien.

Sur des souris, ils ont identifié que le système de quorum-sensing Agr (basé sur un gène régulateur Agr et le cell-surface protein clumping factor A ClfA) est indispensable dans la colonisation de S. aureus. Ensuite ils ont découvert avec des techniques de chromatographie et spectrométrie de masse que une substance de la famille de lipoprotéines les Fengycines serait à l’origine de l’inhibition d’Agr.

Des tests supplémentaires ont montré que les fengycines avaient le même effet inhibiteur du quorum sensing Agr sur plusieurs souches différentes de S. aureus – notamment le SARM USA300 à haut risque, responsable de la plupart des infections à SARM

Pour valider davantage leurs conclusions, les scientifiques ont colonisé l’intestin de souris avec S. aureus et leur ont administré des spores de B. subtilis pour imiter l’apport de probiotiques. Le probiotique Bacillus subtilis a été administré tous les deux jours et il a éliminé S. aureus dans les intestins des souris de façon significative. Le même test utilisant des Bacillus mutés dans lequel la production de fengycine (mutant fenA) avait été éliminée, n’a eu aucun effet et S. aureus s’est développé comme prévu.

En conclusion, l‘administration orale de spores de B. subtilis a permis d’inhiber le développement du staphylocoque doré dans l’intestin et les fèces grâce à la production de fengycine.

spore bacillus subtillis staphycocus aureus

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Sources :

Pipat Piewngam et al. Pathogen elimination by probiotic Bacillus via signalling interference. Nature (2018) https://www.nature.com/articles/s41586-018-0616-y

Thursby E and Juge N. Introduction to the human gut microbiota. Biochem J. 2017 Jun 1; 474(11): 1823–1836. doi:  10.1042/BCJ20160510

AFSSA. Effects of probiotics and prebiotics on flora and immunity in adults. Fevrier 2005

Bongers et al. Interplay of host microbiota, genetic perturbations, and inflammation promotes local development of intestinal neoplasms in mice.

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Résumé du Rapport 2018 du GIEC sur les Conséquences d’un Réchauffement Planétaire de 1,5°C et infographie http://quoidansmonassiette.fr/resume-rapport-ipcc-giec-consequences-dun-rechauffement-planetaire-de-15c/ http://quoidansmonassiette.fr/resume-rapport-ipcc-giec-consequences-dun-rechauffement-planetaire-de-15c/#respond Sun, 14 Oct 2018 10:15:18 +0000 http://quoidansmonassiette.fr/?p=3389 Le Rapport  spécial  du GIEC sur les conséquences d’un réchauffement planétaire de 1,5°C a été présenté et approuvé samedi 8 octobre en Corée du Sud à Incheon. Commandé au GIEC lors de la COP 21, il démontre scientifique et appelle à l’urgence d’agir rapidement afin de limiter la hausse de température globale de la planète et d’opérer la transition énergétique. Je vais vous présenter un bref résumé ainsi qu’une infographie comparant les deux scénarios de réchauffement à 1,5°C et 2°C (à la fin de l’article).

Les 4 principaux messages délivrés par ce panel d’experts sont que :

  • Le réchauffement climatique est déjà en cours et les conséquences d’une augmentation de la température de +1°C sont déjà visibles (augmentation des extrêmes météorologiques, l’élévation du niveau de la mer et la diminution de la banquise arctique…)

  • Limiter à 1,5 °C est encore possible mais cela nécessite des transitions «rapides et de grande envergure» dans les domaines de l’aménagement du territoire, de l’énergie, de l’industrie, du bâtiment, du transport et de l’urbanisme

  • Il y a de nombreux avantages économiques, environnementaux et sociaux/santé à limiter le réchauffement à 1,5 °C plutôt qu’à 2 °C, car chaque demi-degré compte (même si ça paraît peu au premier abord) !

  • Limiter le réchauffement peut aller de pair avec la réalisation de certains objectifs du développement durable » — la lutte contre la pauvreté, la faim, etc…

GIEC Rapport Spécial
http://www.ipcc.ch/report/sr15/

Le GIEC en bref

Le  Groupe  d’experts  intergouvernemental  sur  l’évolution  du  climat  (GIEC)  est  l’instance  des Nations  Unies  chargée  d’évaluer  les  travaux  scientifiques  consacrés  aux  changements climatiques. Créé en 1988 par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et l’Organisation météorologique mondiale (OMM), il a pour mission de fournir aux décideurs publics des évaluations scientifiques des conséquences du changement climatique et de proposer des solutions et des stratégies d’adaptation et d’atténuation.

Le traitement de l’incertitude dans les rapports du GIEC

En lisant le rapport du GIEC, c’est important d’avoir ce concept de niveau de preuves scientifiques en tête. L’évaluation de l’incertitude dépend de la quantité et la qualité des éléments probants (informations théoriques, observations, modèles, …) et du degré de concordance (convergence des opinion). La probabilité qu’une conclusion soit correcte est exprimée en degré de confiance : degré de confiance très élevé (9 chances au moins sur 10) ; degré de confiance élevé (environ 8 chances sur 10) ; degré de confiance moyen (environ 5 chances sur 10) ; faible degré de confiance (environ 2 chances sur 10) ; et très faible degré de confiance (moins d’une chance sur 10).

Lors qu’une analyse statistique est possible, on utilise des fourchettes de probabilité (intervalle de confiance) : pratiquement certain (probabilité supérieure à 99 %) ; extrêmement probable (probabilité supérieure à 95 %) ; très probable (probabilité supérieure à 90 %) ; probable (probabilité supérieure à 66 %) ; plus probable qu’improbable (probabilité supérieure à 50 %) ; à peu près aussi probable qu’improbable (probabilité de 33 % à 66 %) ; improbable (probabilité inférieure à 33 %) ; très improbable (probabilité inférieure à 10 %) ; extrêmement improbable (probabilité inférieure à 5 %) ; exceptionnellement improbable (probabilité inférieure à 1 %).

Les conséquences du réchauffement climatique de 1.5°C

Une des causes majeures du réchauffement climatique est l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre depuis la période pré-industrielle. L’augmentation du taux d’émission de CO2 est de 20 ppm/décennies depuis 2000 ce qui est 10 fois plus important que le taux d’augmentation décennale durant ces 800 000 dernières années.

Température de surface et épisodes de chaleur

réchauffement temperature climatique GIEC IPCC 2018

Le réchauffement est défini comme une augmentation de la température de surface multi-décennale moyenne par rapport aux niveaux pré-industriels (période de référence de 1850-1900).

Les activités humaines ont fait augmenter la température moyenne de surface de la planète de 0.8 à 1.2°C depuis l’ère pré-industrielle avec un réchauffement de +0,2°C/10 ans.   Le GIEC estime qu’il est très vraisemblable que le nombre de jours et nuits froides a diminué et à l’inverse pour les journées chaudes à l’échelle mondiale. La fréquence des vagues de chaleur a augmenté en Europe, en Asie et en Australie avec un degré de confiance élevé.

Dans les deux cas d’un réchauffement de 1.5°C ou 2°C, le réchauffement affectera plus les terres que les océans et le nombre de jours et nuits chaudes continuera d’augmenter (très probable). Les émissions d’aérosols, de gaz à effets de serre et leurs précurseurs pourraient faire augmenter de plus de 0,5°C la température moyenne (confiance élevée).  La fréquence des événements extrêmes de chaleur dans les régions tropicale augmentera (degré de confiance moyen).

réchauffement climatique GIEC IPCC Rapport spécial evolution température surface moyenne

Un réchauffement de 2°C au lieu de 1,5°C donnera lieu à une augmentation de la fréquence et de l’intensité des épisodes de chaleur extrême (très probable) dans les régions densément peuplées. Limiter le réchauffement à 1,5°C au lieu de 2°C permettrait d’éviter 420 millions de personnes d’être exposées fréquemment à des vagues de chaleur et 65 millions de personnes à des vagues exceptionnelles et des extrêmes de chaleurs (confiance moyenne).

Le panel de GIEC estime que depuis 1950, la tendance à la sécheresse a peu évolué (degré de confiance faible) à l’échelle mondiale. La sécheresse dans certaines régions comme la Méditerranéen, l’Afrique de l’Ouest augmentera probablement alors qu’elle pourrait diminuer dans Amérique du Nord et dans le Nord-Ouest de l’Australie. Passer à un réchauffement de 2°C réduira fortement la disponibilité des ressources en eau dans la région Méditerranéenne et en Afrique du Sud (degré de confiance moyen).

Les hautes latitudes seront les plus touchées par les hausses de températures (degré de confiance élevé).

Précipitations intenses et cyclones de forces 4 et 5

Les précipitations ont augmenté depuis 1960-1979 dans les latitudes moyennes de l’hémisphère nord mais pour les autres latitudes et les zones de moussons, les tendances ne sont pas claires (degré de confiance moyen) par rapport à 1991-2010. La fréquence, la quantité et l’intensité des précipitations augmentera en moyenne à l’échelle mondiale (degré de confiance élevé). Un réchauffement de 2°C au lieu de 1,5°C engendrerait plus de précipitations fortes au Nord et l’Est de l’Europe, en Alaska, à l’Est et Nord du Canada, dans les hautes latitudes (probable).

Le nombre de cyclones tropicaux n’augmenterait pas forcément (degré de confiance faible). Les études des cyclones tropicaux de catégories 4 et 5 ont donné des résultats contradictoires en terme de tendances mais il serait possible que le nombre de cyclones intenses augmente. Un déplacement vers le pôle des trajectoires des tempêtes extra tropicale est également possible (degré de confiance faible).

Niveau de la mer et fonte des glaces

Par rapport à la période 1986-2005, le niveau de la mer s’élèverait de 0,26 à 0,77m d’ici 2100 (degré de confiance moyen). La fonte de l’Antarctique ou la disparition du Groenland dans plusieurs centaines d’années pourrait engendrer des élévations du niveau de la mer de plusieurs mètres (degré de confiance moyen).

En 2100, le niveau moyen des mers serait 0,1m plus bas avec un réchauffement de 1,5°C au lieu de 2°C (degré de confiance moyen). Une vitesse d’élévation de la mer plus lente permettra aux humains et aux écosystèmes de mieux s’adapter en particulier dans les zones côtières, les deltas et les petites iles.

Il a été constaté également une acidification, une diminution de l’oxygène dans les océans et une augmentation de la température de surface des océans ainsi qu’une fréquence accrue de vague de chaleur marine (degré de confiance élevé).

Impact sur les écosystèmes

Quelques impacts sont déjà observés tels que le décalage des saisons, les changements de dates de floraison et de plantation.

Dans le cas d’un réchauffement de 1,5°C, 7% des régions changeront de biomes (macro-écosystèmes). Sur les 105 000 espèces étudiées, « seulement » 6% des insectes, 8% des plantes et 4% des vertébrés perdront leur air géographique climatique d’habitat avec un réchauffement de 1,5°C (degré de confiance moyen). En comparaison avec un réchauffement de 2°C, les pertes géographiques seront de 18%, 16% et 8% respectivement.

La toundra, les forêts tropicales et les forêts boréales sont les habitats les plus à risque de dégradation (degré de confiance moyen). Limiter le réchauffement à 1,5°C permettrait d’empêcher le dégel de 1,5 à 2,5 millions de km² de permafrost et la contraction de la couverture neigeuse. La fonte de 21-37% du permafrost engendrerait la libération de 0.08-0.16 Gt de Carbone de façon irréversible dans le réchauffement à 1.5°C (0.12-0.25 Gt de C pour le réchauffement de 2°C). Cela fera perdre les habitats de façon critique pour les ours polaires, les baleines, les phoques et les oiseaux de mer. Avec un réchauffement de plus de 1,5°C, le risque de voir disparaître la banquise Arctique l’été serait de 50% ou plus.

risque temperature mer environnement ecosystème marins
Le pourpre/rouge désigne un risque très élevé d’impacts irréversibles sur les écosystèmes marins face à une élévation de la T° de surface des océans (en ordonnées)

Diminution des ressources

Les risques en terme de ressources seront distribués de manière non homogène. Les populations vulnérables seront les habitants des côtes, dans les régions sèches, arctiques, les petits îles et les pays les moins développés (degré de confiance élevé). Plusieurs milliers d’iles pourraient se retrouver sous les eaux.

Laisser le réchauffement passer à 2°C engendrera des réduction des rendements de maïs (-15%), riz, blés et autres cultures céréalières en Afrique sub-saharienne, en Asie du Sud-Est et centrale et en Amérique du Sud. Le GIEC mentionne une étude qui a montré que les états-Unis perdraient 2,3% de PIB par degré de réchauffement climatique (Hsiang et al. 2017)

La santé humaine

Les effets d’ilots urbains de chaleur seront plus intenses (degré de confiance élevé), les risques liés aux maladies à transmission vectorielle (insectes, parasites…) seront accrus. Plus de 350 millions de personnes pourraient être exposées à des vagues mortelles de chaleur d’ici 2050.

Les « chemins » ou scénarios du Giec pour ne pas dépasser 1,5 °C de réchauffement : il faut réduire à zéro les émissions nettes de CO2 en 2050.

Empêcher un réchauffement global de 2°C ?

Pour empêcher un réchauffement plus important que 1,5°C, il faudrait (degré de confiance élevé) :

  • diminuer profondément la production de méthane et le noir de carbone (black carbon), un composant des particules fines de 35% d’ici 2050

  • diminuer de 45% [40-60%] les émissions mondiales nettes de CO2 anthropique d’ici 2030 par rapport à 2010 pour atteindre une balance nulle autour de 2050

Ne pas atteindre cet objectif de 1,5°C exigera de plus reposer sur les technologies de capture du carbone dites à émission négative.

Plusieurs mesures d’adaptation sont proposées

Les exemples d’actions comprennent le passage à une production d’électricité à émissions faibles ou nulles, telles que les énergies renouvelables; l’évolution des systèmes alimentaires, tels que les changements de régime, loin des produits d’origine animale à forte intensité de terre; électrifier les transports et développer des «infrastructures vertes», telles que la construction de toits verts ou l’amélioration de l’efficacité énergétique par le biais d’une planification urbaine intelligente ce qui modifiera l’aménagement de nombreuses villes.

Les technologies à émission négative de CO2

Les technologies de capture de dioxyde de carbone (CDR Carbon Dioxide Removal) font référence aux retraits du CO2 atmosphérique (émission négative). Cela peut se faire en améliorant les processus naturels de capture du carbone (augmenter l’apport des forets, du sol et autres puits de carbone) ou utiliser des processus physico-chimiques pour stocker le carbone dans des réservoirs géologiques couplé à la production de bioénergie (dans le sol par exemple). Cela permet d’obtenir des émissions négatives de carbone.

Les technologies à émission négative (bioenergy with carbon capture and storage BECCS) pourrait capter 0,5 à 5 Gt de CO2 par an. La production de bioénergie concerne surtout la production de bioéthanol de chaleur et d’électricité à partir du charbon et de biomasse. Le bilan négatif de CO2 vient du fait que le CO2 stocké est issu de la biomasse et non pas d’énergie fossile et que le CO2 émis par les usines n’est pas rejeté dans l’atmosphère mais séquestré dans des formation géologique adéquates pour de très longues années. Ces formations pourraient être d’anciens gisements de pétrole ou de gaz épuisés que l’on connait bien ou dans des aquifères salins profonds dont l’eau n’est pas consommée.

Les plantes et arbres absorbent le CO2 puis ceux-ci sont utilisés pour produire de l’énergie sans rejeter de CO2. Il existe 3 grands moyens de convertir la biomasse en énergie à partir de la fermentation des micro-organismes, la gazéification et la combustion de biomasse pour avoir de l’électricité et de la chaleur.

Un des principaux obstacles est le prix de ces technologies contre seulement une vingtaine d’euros pour planter des arbres.

« Laisser le réchauffement dépasser temporairement l’objectif de 1,5 ºC impliquerait une plus grande dépendance vis-à-vis des techniques d’élimination du CO2 atmosphérique si l’on souhaite ensuite revenir en dessous des 1,5 ºC en 2100. L’efficacité de ces techniques reste à prouver à grande échelle, certaines étant même susceptibles de représenter un risque considérable pour le développement durable« 

techniques stockages captures dioxyde de carbone

La capacité d’adaptation est intimement liée au développement social et économique, mais elle est inégalement répartie entre les sociétés et au sein de celles-ci.

Pour suivre les autres actualités du blog ou en apprendre plus sur les controverses alimentaires, santé et environnement, un petit like ou sur Twitter :

Infographie GIEC Rapport Rechauffement climatique à 1.5°C
Source : IPCC special report on the impacts of global warming of 1.5 °C above pre-industrial levels and related global greenhouse gas emission pathways, in the context of strengthening the global response to the threat of climate change, sustainable development, and efforts to eradicate poverty. Chapter 3: Impacts of 1.5ºC global warming on natural and human systems. Site web : http://www.ipcc.ch/report/sr15/

 

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Conflits d’intérêts : comment les financements d’une étude scientifique pourraient influencer les résultats ? http://quoidansmonassiette.fr/conflits-dinterets-comment-les-financements-dune-etude-scientifique-pourraient-influencer-les-resultats/ http://quoidansmonassiette.fr/conflits-dinterets-comment-les-financements-dune-etude-scientifique-pourraient-influencer-les-resultats/#respond Mon, 01 Oct 2018 06:33:17 +0000 http://quoidansmonassiette.fr/?p=3160

Aujourd’hui une partie des études en recherche est financée par le secteur privé. Lors de la constitution de dossiers d’autorisation de mise sur le marché dans l’Union Européenne de pesticides ou d’additifs alimentaires par exemple, des études toxicologiques sont demandées et financées par l’industriel demandeur. Or la plupart du temps les résultats de ces études sont confidentiels parce que le demandeur a été à lui seul à l’origine de la génération de ces nouvelles données. Dans des dossiers très sensibles (comme pour celui d’un fameux pesticide que je vous laisse deviner) ou sur les effets des édulcorants ou des produits laitiers, certains chercheurs et industriels voire organismes publics ont été accusés de non-transparence et de conflits d’intérêts avec l’industrie. Plusieurs études ont identifié des liens entre le financement d’une étude et l’orientation du résultat de l’étude (Lexichin 2003, Lesser 2007, Lesko 2012, Bes-Rastrollo 2013). C’est pourquoi comme de plus en plus de journaux scientifiques le font, il est important de dévoiler ses conflits d’intérêts et les sources de financement des études.

Les points de vue sont divisés sur la recherche provenant du secteur privé. Certains estiment qu’il faut limiter la recherche en partenariat avec l’industrie pour garder de l’indépendance et de la crédibilité. D’autres pensent que les financements privé sont nécessaires pour l’innovation, la génération de nouvelles données et faire « avancer la Science » (les financements publics étant limités).

Qu’est-ce qu’un conflit d’intérêt ?

processus publications scientifiques peer review evaluation par les pairsUn conflit d’intérêts est décrit par l’ICMJE (International Committee of Journal Medical Editors) comme une « situation dans laquelle le jugement professionnel concernant un intérêt principal (comme le bien-être de patients ou la validité d’une recherche) est susceptible d’être influencé par un intérêt secondaire (comme un gain financier). La perception de conflits d’intérêts est tout aussi importante que les conflits d’intérêts eux-mêmes ».

Les conflits d’intérêts peuvent être matériels sous forme d’une rémunération, d’honoraires, d’actions ou de brevets mais également dus à des rivalités universitaires, des convictions personnelles ou des relations personnelles. Ces conflits peuvent toucher les chercheurs qui réalisent l’étude et font les analyses mais également les « reviewers » et les éditeurs de journaux scientifiques qui choisissent ou non de publier une étude. Les journaux scientifiques internationaux fonctionnent par évaluation par les pairs « peer-review », qui désigne l’activité collective des chercheurs qui jugent de façon critique les travaux d’autres chercheurs.

Il est intéressant de constater que les chercheurs en recherche clinique estiment que les conflits d’intérêts n’altèrent pas leur propre justement mais seulement celui de leurs collègues (Choudrhy 2002). Ce qui pourrait laisser penser que les biais liés aux conflits d’intérêts seraient inconscients.

Dans d’autres cas, influencer un jugement peut être une stratégie industrielle. Cela pourrait expliquer dans certains ca les liens entre les sources de financement et les résultats des études biomédicales. Certaines entreprises peuvent choisir de financer les études les avantageant jusqu’à leur publication.

Les associations entre résultats des études et les sources de financement

On parle de biais de financement ou « funding effect’ en anglais.

Exemple des études sur les boissons

relation financement etudes agroalimentaire source

Lesser et ses collaborateurs ont évalué les conclusions de 206 articles scientifiques publiés entre 1999 et 2003 sur les boissons, les jus de fruits et le lait. Des personnes indépendantes des auteurs ont classé les articles selon leur origine de financement/sponsor (industrielle, mixte, pas de l’industrie, non connu). Ils les ont également triés selon leur conclusion (favorable, défavorable ou neutre par rapport à l’effet observé sur la santé de ces boissons).

L’origine du financement d’une étude était indiquée dans 54% des articles (seulement !!). Parmi ceux-ci, 22% étaient sponsorisés par l’industrie et 47% n’étaient pas sponsorisés par l’industrie.

Le sens de la conclusion des articles était significativement associée à la source de financement (p=0.037). Parmi les publications financées par l’industrie, aucune n’avait de conclusion défavorable (négative sur la santé) alors que parmi les études non financées par l’industrie, 37% avaient une conclusion défavorable envers les produits de l’agroalimentaire. Les publications financées par l’industrie ont 8 fois plus de chances d’avoir une conclusion favorable pour l’industrie, c’est-à-dire de démontrer un effet positif du produit (des boissons ici) sur la santé. Cela soulève donc la question des conflits d’intérêts et des biais en nutrition.

Meta-analyses étapesBoissons sucrées et gain de poids

Cette étude (Bes-Rastrollo 2013) a évalué l’effet des conflits d’intérêt dans les relations entre la consommation de boissons sucrées et le gain de poids ou l’obésité. 17 revues systématiques ont été inclues. Il est important de distinguer différents types de revues « Reviews »:

  • une revue systématique est une synthèse de la littérature scientifique qui répond à une question précise. Les méthodes de recherche dans les bases de données, de sélection des articles (et exclusion) et d’analyse des données sont explicitées. La qualité de ce type d’étude dépend de ces critères méthodologiques. Il y a également les risques de biais propres aux études, le biais de publication et l’hétérogénéité à évaluer.

  • la méta-analyse (plus haut niveau de preuves scientifiques) est une revue systématique avec des techniques statistiques afin de produire un risque global provenant de toutes les études analysées. On parle de Risque Relatif poolé « RRpooled ». Un RR=5 signifie que le risque est accru de 5 fois dans le groupe exposé par rapport à un groupe non-exposé (à un facteur alimentaire par exemple).

  • la revue non systématique est un résumé de la littérature mais non exhaustif. Il représente souvent l’opinion d’un expert.

relation conflit d'intérêt conclusions etudes agroalimentaire sourceDans cette analyse, 6 revues de la littérature scientifique ont déclaré leurs conflits d’intérêts avec l’industrie et les 11 autres n’ont pas reporté de conflits d’intérêts. Sur ces 11 études sans conflits d’intérêts rapportés, 4 revues systématiques ne donnent pas leurs sources de financement. 61% (11 études sur 17) ont identifié une association entre la consommation de boissons sucrées et le gain de poids.

Sur les 6 études financées par l’industrie agroalimentaire, 5 d’entre-elles ont conclu que le niveau de preuve était insuffisant pour soutenir la relation entre les boissons sucrées et une prise de poids (conclusion défavorable à l’industrie agroalimentaire). Ces études avec un sponsor industriel avaient 5 fois plus de chance d’identifier une relation négative entre les boissons sucrées et la prise de poids par rapport aux études sans conflits d’intérêt (RR=5.16 [1.30-20.48], après prise en compte de l’année de publication et l’impact factor du journal).

Cette différence pourrait être expliquée par des biais de design d’études, d’analyse ou d’interprétation des résultats.

Remplacer le sucre par des édulcorants pour enrayer l’obésité ?

Remplacer les sucres ajoutés par les édulcorants est débattu. Des études animales et humaines ont identifié que les édulcorants pourraient affecter le microbiote et favoriser l’obésité et le diabète de type 2 (Suez 2015). Cependant la relation de causalité inverse n’est pas exclue : les individus plus à risque de gagner du poids pourrait avoir tendance à plus consommer des boissons édulcorées afin de contrôler leur poids.

Des biais associés au financement et les conflits d’intérêts peuvent être à l’origine de résultats conflictuels.

Walton et Millton ont constaté que pour l’aspartame, 100% des études financées par l’industrie concluent que l’aspartame ne pose pas de problème alors que 92% des études non-financées par l’industrie soulèvent des inquiétudes lors de la consommation d’aspartame. Cependant, pour ce qui est de cet éducorant, il a été évalué plusieurs fois par l’Autorité Européenne de Sécurité Alimentaire (EFSA) et ses panels d’experts en prenant en compte l’exposition et le risque.

L’Institut Ramazzini (Mandrioli 2016) a analysé et considéré 31 revues de la littérature sur les édulcorants artificiels entre 1978 et 2014 : 4 études étaient financées par l’industrie des édulcorants, 4 autres par l’industrie du sucre ou de l’eau (classés comme compétiteur), 11 autres études avec un autre financement et 13 études ne donnent pas leurs sources de financement.

Seules 11 revues ont indiqué leurs critères d’inclusion d’études, seules 2 revues ont utilisés deux évaluateurs ou plus pour évaluer le niveau de preuve scientifique et seules 6 études ont dévoilé leur stratégie de recherche de la littérature dans les bases de données (quels mots clefs sont utilisés pour rechercher les articles par exemple). C’est pourquoi la majorité de ces publications (26 sur 31) ont été identifiées ayant un haut risque de biais.

Ici il ne semble pas y avoir de relation entre la source de financement et le risque de biais : ¾ des études financées par l’industrie des édulcorants étaient à haut risque de biais et 20 études sur 23 études non financées par l’industrie (inclusion des papiers sans indication de sources de financement) étaient à haut risque de biais. Il n’y aurait pas de différences dans les biais méthodologiques pour les études sur les édulcorants entre les études « publiques » et les études avec des sponsors privés.

Conflits d'intérêts biais études reviews

Cependant, les études financées par l’industrie des édulcorants (3/4) avaient 17 fois plus de chance d’avoir des résultats favorables aux édulcorants que les études non financées par cette industrie (1/23) et 1,5 fois plus de chance d’avoir une conclusion finale positive pour les édulcorants (4/4 vs 15/23).

Alors faut-il exclure les études industrielles ?

Certains chercheurs estiment que non puisque la Science ne devrait pas être dominée par un seul segment de la société. Par ailleurs, la recherche financée par le privé participe de façon importante à des découvertes.

Les éditeur des journaux devraient renforcer leur politique en demandant à dévoiler les conflits d’intérêts potentiel.

Pour ce qui est de l’évaluation de l’innocuité des additifs ou des médicaments, la recherche publique ne peut pas financer toutes les études demandées par la règlementation. Cependant, il ne faut pas que toutes les études de toxicité proviennent du privé qui peut garantir plus difficile de la transparence et de l’indépendance.

Éviter d’être juges et parties

Dans les instances d’évaluation scientifique, il faut éviter que les experts nommés chargés de prendre une décision pour donner un agrément ou non pour un additif, un médicament ou un pesticide, aient des liens avec les compagnies agroalimentaires, chimiques ou pharmaceutiques selon la question. De même, si son conjoint travaille pour cette compagnie ou détient des actions.

Pourquoi les études d’intervention (essais cliniques) financées par l’industrie auraient des résultats plus favorables à l’industrie ?

Tout d’abord, on pourrait penser que les industries ne choisissent que des études qui vont réussir en leur faveur (financement sélectif) mais habituellement il est difficile de prédire le résultat d’une étude d’intervention. Par contre, il est possible pour l’industrie de ne pas publier un résultat. Par ailleurs, dans les revues non systématiques (non systematic review), il est possible de faire du « cherry picking », c’est-à-dire inclure seulement des faits ou données qui soutiennent son opinion, tout en ignorant tous les cas qui contredisent cette position. Cela peut arriver en particulier dans les publications qui ne donnent pas leur stratégie de recherche et d’inclusion des études.

Ces résultats positifs pourraient être dus également une moins bonne qualité de l’étude :

– le choix du produit de comparaison (utiliser un placébo ou un contrôle actif) et la conception de l’étude.

– le biais de publication. Les études industrielles sont moins souvent publiées que les études en recherche publique.

– l’utilisation ou non de tests statistiques

– la création d’une étude à visée publicitaire pour la compagnie.

Actuellement, la majeure partie des journaux scientifiques à évaluation par les pairs demande de dévoiler les conflits d’intérêts et les sources de financement. De même, dans les comités d’experts scientifiques au sein des instances nationales et européennes,  les chercheurs doivent faire une déclaration de leurs intérêts et s’ils ont reçu des financements.

Sources :

Lesser, LI, Ebbeling, CB, Goozner, M et al. (2007) Relationship between funding source and conclusion among nutrition-related scientific articles. PLoS Med 4, e5

Lexchin et al. Pharmaceutical industry sponsorship and research outcome and quality: systematic review. BMJ. 2003 May 31; 326(7400): 1167

Bes-Rastrollo, M, Schulze, MB, Ruiz-Canela, M et al. (2013) Financial conflicts of interest and reporting bias regarding the association between sugar-sweetened beverages and weight gain: a systematic review of systematic reviews. PLoS Med 10, e1001578.

Mandrioli, D, Kearns, CE & Bero, LA (2016) Relationship between research outcomes and risk of bias, study sponsorship, and author financial conflicts of interest in reviews of the effects of artificially sweetened beverages on weight outcomes: a systematic review of reviews. PLoS One 11, e0162198.

Walton RG. Survey of aspartame studies: correlation of outcome and funding sources. Available: http://www.dorway.com/peerrev.html. 1999.

Millston E. EFSA on Aspartame, January and December 2013. Available: http://www.laleva.org/it/docs/Millstone_EFSA_Aspartame_9Jan2014.pdf. 2014.

Lesko R et al.  Bias in High-tier Medical Journals Concerning Physician – Academic Relationships With Industry, Nature Biotechnology, vol. 30, n° 4, 2012, p. 320-322.

Choudhry NK et al. Relationships between authors of clinical practice guidelines and the pharmaceutical industry. JAMA. 2002 Feb 6;287(5):612-7.

Suez et al. Non-caloric artificial sweeteners and the microbiome: findings and challenges. Gut Microbes. 2015; 6(2): 149–155.

 

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Zoom sur l’enquête Envoyé Spécial « Le Secret des Aliments Ultra-transformés » du 13 Septembre 2018 – France 2 http://quoidansmonassiette.fr/zoom-sur-lenquete-envoye-special-le-secret-des-aliments-ultra-transformes-du-13-septembre-2018-france-2/ http://quoidansmonassiette.fr/zoom-sur-lenquete-envoye-special-le-secret-des-aliments-ultra-transformes-du-13-septembre-2018-france-2/#respond Wed, 19 Sep 2018 05:28:41 +0000 http://quoidansmonassiette.fr/?p=3358 France 2 a diffusé Jeudi 23 Septembre un reportage Envoyé Spécial sur les aliments ultra-transformés. Après avoir visionné cette enquête, je l’ai trouvée un peu anxiogène. Je vous propose un bref retour sur quelques points de cette émission. Voici le lien pour voir l’enquête : https://www.youtube.com/watch?v=K3j-VIG0Rcg

Bref retour sur le contexte scientifique

En 2010, une équipe brésilienne du Prof. Carlos Monteiro a publié dans le journal Cadernos de Saúde Pública une classification originale des aliments, basée sur leur degré de transformation alimentaire. Cette classification nommée NOVA a été reconnue par la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) et l’Organisation Panaméricaine de la Santé (PAHO, branche de l’OMS). Elle attribue les aliments en 4 catégories :

clasification NOVA ultra-transformés aliments

 

L’approche novatrice de cette classification consiste à prendre en compte une large palette des dimensions de l’alimentation liée à l’industrialisation de notre régime alimentaire : la qualité nutritionnelle, les contaminants alimentaires, les additifs, les matériaux de contact… Par le passé, la nutrition s’est principalement focalisée sur le fait de savoir si un ou des facteurs nutritionnels pourraient être liés à des états de santé.

Depuis, plusieurs études transversales ont montré que dans certains pays jusqu’à 50% de nos apports énergétiques proviendraient de produits ultra-transformés (Monteiro 2018). Quelques études prospectives qui suivent des populations sur plusieurs années ont identifié des liens statistiques entre une consommation accrue d’aliments ultra-transformés et le risque de dyslipidémie (Rauber 2015), d’obésité (Mendonca 2016), d’hypertension (Mendonca 2017) et de cancer au global et du sein (Fiolet 2018). Plus d’infos : Article sur la classification NOVA.

Plusieurs hypothèses ont été étayées pour expliquer ces relations : une mauvaise qualité nutritionnelle, les contaminants alimentaires liés aux processus de transformation, la matrice alimentaire, la dérégulation de l’appétit, les additifs alimentaires controversés… Bien entendu, il reste encore beaucoup d’études à mener pour avoir un niveau de preuve scientifique pour confirmer ou non ces hypothèses. Ce manque de niveau de preuve scientifique explique par ailleurs que le logo nutritionnel Nutri-Score récemment lancé en France et en Belgique n’incorpore pas cette composante de transformation alimentaire.

Envoyé Spécial

La définition des ultra-transformés

L’enquête définit les aliments ultra-transformés comme des « produits industriels reconstitués à base d’une dizaine d’ingrédients, d’additifs, de mauvais sucres. ils ont perdu une grande partie de leur qualité nutritionnelle. »

Voici la définition donnée par C. Monteiro :  » ceux-ci incluent des formulations industrielles typiquement avec 5 ingrédients ou plus. Ces ingrédients incluent souvent ceux utilisés pour les aliments transformés [catégorie 3] tels que les sucres, l’huile, les graisses, le sel, les antioxydants, les stabilisateurs et les conservateurs. Parmi les substances présentes uniquement dans les produits ultra-transformés, certaines sont directement extraites d’aliments, telles que la caséine, le lactose, le lactosérum et le gluten, et d’autres issues de leur transformation, telles que les huiles hydrogénées ou inter-estérifiées, les protéines hydrolysées, le maltodextrine, le sucre inverti et le sirop de maïs à haute teneur en fructose. Les classes d’additifs que l’on trouve uniquement dans les produits ultra-transformés comprennent les colorants, stabilisants, arômes, exhausteurs de goût, édulcorants, auxiliaires technologiques tels que des agents de carbonatation, raffermissants, gonflants et gonflants, anti-agglomérants, émulsifiants, séquestrants ou humectants.

Envoyé Spécial met en avant les « mauvais » sucres

D’un point de vue chimique et physiologique, il n’y a pas de bons et mauvais sucres. Les termes glucides, sucres ou carbohydrates désignent le même macronutriment. Glucose, galactose, fructose, saccharose, lactose, maltose sont tous issus de la famille des sucres. Ce sont des mono- et disaccharides avec 1 ou 2 unités de sucres. Les sucres avec un degré de polymérisation d’unités de sucres plus élevé comme l’amidon sont présents dans les féculents par exemple.

Sucres polyosides glucides familles exemples

Les glucides sont essentiels au bon fonctionnement de l’organisme comme source d’énergie. L’Agence française sanitaire ANSES recommande un apport de 40 à 55 % d’énergie venant des glucides et de limiter les apports en sucres « simples », c’est à dire les mono- et disaccharides. Il faut privilégier les sucres des féculents, des produits céréaliers complets et des légumineuses.

Envoyé Spécial évoque la longue liste d’ingrédients comme une caractéristique des aliments ultra-transformés. A savoir que cette liste est établie par ordre d’importance pondérale décroissante (y compris les additifs et les arômes). Les ingrédients allergènes doivent être mis en relief. La déclaration nutritionnelle est obligatoire depuis le 13 décembre 2016 avec le règlement UE n°1169/2011.

Le sirop de maïs High Fructose Corn Syrup HFCS

Une forte stigmatisation a été faite sur le sirop de maïs HFCS. L’HFCS a remplacé le saccharose ajouté (1 molécule de glucose associée à 1 molécule de fructuse) qui était extrait de la betterave et de la canne. Ce sirop de maïs est plus riche en fructose et a un pouvoir sucrant supérieur au glucose. La forme liquide est utilisée par praticité. Le fructose est trouvé naturellement dans les fruits ou le miel par exemple. La métabolisation du fructose par le foie est différente de celle du glucose régulé par l’insuline et utilisé dans de nombreux tissus. Le fructose a été au cœur d’une polémique (que je ne détaillerai pas ici) par rapport à des désordres du métabolisme énergétique, le diabète de type 2 et l’obésité mais il n’est pas possible de tirer de conclusion des études chez l’Homme pour un effet du fructose seul (Rizkalla 2010, Khan 2016).

Ce sirop de maïs contient autant de fructose que le miel ou le sirop d’agave. La consommation excessive de HFCS, mais globalement de sucres « simples » (glucose, fructose, saccharose = sucre de table) comme le sucre blanc, brun, les sirops peuvent entraîner un risque accru de surpoids, des caries et du diabète de type 2. Un des problèmes pointés est que ces sucres sont parfois rajoutés dans les produits ultra-transformés.

Profils sucres glucides carbohydrates sirop agave coco miel

L’expérience de diminuer sa consommation de produits ultra-transformés

Envoyé Spécial met en scène Patrick, un homme de 39 ans qui mange de façon régulière des produits prêts à l’emploi et transformés. Pendant 6 semaines, il a arrêté de consommer ces produits et il a perdu 15 cm de tour de taille. C’est intéressant de voir qu’un retour à la cuisine maison permet de retourner vers un régime plus équilibré.

Cependant il est important d’avoir en tête que son cas n’est pas généralisable et que cela ne constitue pas une étude scientifique. Le message a retenir qu’il est intéressant de réduire sa consommation de produits ultra-transformés.

Évaluation des risques des additifs alimentaires

Les additifs alimentaires sont des substances ajoutées intentionnellement dans un produit afin de modifier sa texture, son goût, son apparence, sa durée de conservation… à la différence des contaminants qui sont présents de manière non intentionnelle dans les aliments. Dans l’Union Européenne, environ 400 additifs identifiés par un numéro commençant par un « E » sont autorisés sur le marché. En 2010, un sondage (Eurobarometer, No 354, 2010) avait identifié que 66% des européens seraient inquiets par ces additifs dont 25% très inquiets. Cette liste d’additifs est divisée en 24 classes fonctionnelles selon leur but d’utilisation.

listes additifs autorisés UE

Avant d’être mis sur le marché, la sécurité des additifs alimentaires est évaluée par un panel scientifique (le groupe FAF sur les additifs alimentaires et les arômes, d’experts indépendants recrutés pour 3 ans). D’ici 2020 tous les additifs seront ré-évalués. Ces évaluations comprennent entre autre les risques chimiques, les toxicités aiguë, sub-chronique et chronique, les études de génotoxicité et mutagénicité, toxicité pour la reproduction et le développement, la cancérogénicité, l’allergénicité et l’immunotoxicité. L’exposition reflétant la quantité d’aliments consommés et des teneurs en additifs de ces aliments est évaluée. Les additifs autorisés sont donc étudiés en amont par une expertise collective de spécialistes du sujet.

autorisation mise sur le marche additif alimentaire efsa procedure

Des substances coûteuses à étudier

« Aucune étude n’a jamais été faite pour voir quels sont les effets à long terme de tous ces mélanges d’additif sur le long terme au cours d’une vie » évoque le reportage.

Habituellement des seuils limites pour lesquels on peut consommer un additif alimentaire donné pendant tout une vie sont définis par les DJA Doses Journalières Admissibles dérivées d’études de toxicologie. Mais la limite de ce concept est d’établir des limites pour un additif donné comme s’il était isolé. Or la plupart des produits transformés contiennent plusieurs additifs.

La question qui peut donc se poser est l’exposition sur le long terme et synergique à plusieurs additifs alimentaires. Les méthodes d’estimation d’une exposition cumulée à plusieurs substances sont encore en développement. Les additifs sont difficiles et coûteux à étudier pour les analyses chimiques par rapport à la diversité des matrices alimentaires, avoir des données de consommation fiables que l’on peut lier à des données de niveaux d’additifs. Dans les études épidémiologiques humaines, les données sur les apports en additifs sont peu accessibles parce qu’on ne connaît pas exactement le produit consommé (la marque) ni sa liste d’ingrédients associés (les teneurs en additifs ne sont pas indiquées), il est également très coûteux de doser des additifs ou leurs métabolites par des biomarqueurs sanguins ou urinaires. Ce coût explique que ce soit à l’industriel de financer les études de toxicité demandées. Les études in vivo et animales ne sont pas non plus directement extrapolables à l’Homme.

Pour finir, l’évaluation de l’exposition alimentaire est cruciale pour distinguer par exemple quelqu’un consommant 5L de Coca light (fort exposé aux édulcorants) et celui qui n’en consomme pas. Consommer de façon occasionnelle des produits ultra-transformés ne vous donnera pas le cancer, c’est le mode de vie globale dont l’alimentation est une des composantes qui influence le risque de développer des maladies chroniques. Pour le moment, il est difficile de conclure avec certitude sur ces additifs, d’où les ré-évaluations scientifiques fréquentes de ceux-ci.

S’efforcer à plus cuisiner à la maison pourrait être une solution à adopter un régime plus équilibré et riches en nutriments. L’éducation nutritionnelle est essentielle pour éviter les amalgames évoqués dans le rapport par exemple entre une barre de céréale ultra-transformée et un aliment sain riche en vitamines. Pour ce qui concerne les aliments ultra-transformés, je voudrais souligner que la recherche débute dans ce domaine.

Pour suivre les autres actualités du blog ou en apprendre plus sur les controverses alimentaires, santé et environnement, un petit like ou sur Twitter :

Sources:

Monteiro et al. A new classification of foods based on the extent and purpose of their processing. Cad Saude Publica. 2010 Nov;26(11):2039-49.

Khan et al. Controversies about sugars: results from systematic reviews and meta-analyses on obesity, cardiometabolic disease and diabetes. Eur J Nutr. 2016; 55(Suppl 2): 25–43.

Rizkalla et al. Health implications of fructose consumption: A review of recent data. Nutr Metab (Lond). 2010; 7: 82.

EFSA. The re-‘E’valuation of Europe’s food additives. Consulté le 18/09/2018 https://www.efsa.europa.eu/en/press/news/120130b

Fiolet et al. Consumption of ultra-processed foods and cancer risk: results from NutriNet-Santé prospective cohort. BMJ 2018; 360 (Published 14 February 2018)

Mendonça et al. Ultraprocessed food consumption and risk of overweight and obesity: the University of Navarra Follow-Up (SUN) cohort study. Am J Clin Nutr. 2016 Nov;104(5):1433-1440

Mendonça et al. Ultra-Processed Food Consumption and the Incidence of Hypertension in a Mediterranean Cohort: The Seguimiento Universidad de Navarra Project. Am J Hypertens. 2017 Apr 1;30(4):358-366

Rauber F et al. Consumption of ultra-processed food products and its effects on children’s lipid profiles: a longitudinal study. Nutr Metab Cardiovasc Dis. 2015 Jan;25(1):116-22

Monteiro et al. Household availability of ultra-processed foods and obesity in nineteen European countries. Public Health Nutr. 2018 Jan;21(1):18-26

J.M. Rippe (ed.), Fructose, High Fructose Corn Syrup, Sucrose and Health, Nutrition and Health, 13

Table USDA pour les sucres

Kamal (2010) Dtermination of sugars in honey bi liquid chromatography

 

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Alimentation du sportif, les recommandations nutritionnelles de la recherche scientifique et conseils diététiques avec Mélanie Ouillon-Simon, diététicienne http://quoidansmonassiette.fr/alimentation-sportif-nutrition-recommandations-recherche-scientifique-dietetique-conseils/ http://quoidansmonassiette.fr/alimentation-sportif-nutrition-recommandations-recherche-scientifique-dietetique-conseils/#respond Mon, 03 Sep 2018 05:35:14 +0000 http://quoidansmonassiette.fr/?p=3275 Melanie_Ouillon-Simon-dieteticienne

Petit état des lieux des recommandations scientifiques de la nutrition sportive, en exclusivité et coécrit avec Mélanie Oullion-Simon, diététicienne nutritionniste et auteur du Le guide indispensable de la nutrition, Ed. EDP Santé, qui va nous apporter son éclairage en diététique.

Cet article balaye divers aspects de l’alimentation du sportif mais il ne se veut pas exhaustif. A ma connaissance, les recommandations nutritionnelles pour les sportifs spécifiquement émanant d’organismes scientifiques ou des décideurs publiques sont difficilement trouvables. Ces recommandations ne font pas toujours consensus scientifiques. Par ailleurs, il est important de souligner que la Société Française de Nutrition du Sport et l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire Alimentaire) mettent en garde contre l’utilisation des compléments alimentaires pour sportifs, en particulier sans suivi.

Bref retour sur la synthèse musculaire et l’équilibre protéique

schema muscle strié squelettique

Les muscles sont des organes constitués de fibres musculaires contenant des protéines de structure et contractiles. Il existe les muscles lisses entourant les vaisseaux sanguins par exemple et les muscles striés squelettiques qui assurent la locomotion, les exigences physiques et métaboliques.

Les protéines sont renouvelées en permanence. Une protéine est une molécule composée d’une séquence définie d’acides aminés et comportant de l’azote.

La physiologie du muscle varie selon les activités imposées (force, durée…) et de la constitution génétique de l’individu.

Chez les individus sains et sportifs, chaque jour 1,2% des protéines sont renouvelées. Ce renouvellement repose sur un équilibre dynamique entre :

  • la dégradation des protéines musculaires (plus élevée que la synthèse musculaire) à l’état de jeun

  • pendant l’exercice physique, la synthèse musculaire augmente

Les augmentations de synthèse protéique après chaque exercice mènent à l’adaptation à l’entraînement physique. Des méthodes isotopiques au 13C ou 15N permettent d’évaluer la synthèse protéique in vivo lors d’un exercice de quelques heures.

La synthèse musculaire dépend de l’activité physique et de la disponibilité en nutriments. Cette synthèse est appelée anabolisme et elle s’effectue par l’incorporation d’acides aminés des protéines apportées par l’alimentation.

La synthèse protéique s’effectue après une prise alimentaire de protéines. Après celle-ci, l’anabolisme musculaire atteint un pic à 1h30 (3 fois plus de synthèse) puis retourne à son taux basal de synthèse 30 min après (même si on continue d’apporter des protéines alimentaires). Le muscle entre en période réfractaire où l’accrétion protéique est limitée.

Activité physique et besoins nutritionnels

Augmentation des besoins énergétiques pendant le sport

L’augmentation de l’activité physique entraîne une augmentation des besoins énergétiques. Ceux-ci représentent l’énergie nécessaire au fonctionnement de l’organisme. Ces dépenses énergétiques sont constituées :

  • du métabolisme de base (ou de repos). Le métabolisme de base (ou de repos) correspondant à l’énergie dépensée pour un individu au repos, à jeun depuis au moins 8 heures, dans une ambiance de neutralité thermique. Il représente 60-75% de la dépense énergétique.

  • l’effet thermique. La digestion des aliments coûte de l’énergie.

  • l’énergie dépensée pour l’activité physique.

  • Il existe également d’autres dépenses exceptionnelles en énergie comme la croissance, la cicatrisation/réparation, les réactions de défenses immunitaires.

Une balance positive (apports énergétiques > dépenses énergétiques) entraîne un gain de poids et inversement.

D’après la Société Internationale pour la Nutrition Sportive (ISSN The International Society of Sports Nutrition) une balance énergétique négative est courante chez les coureurs, les cyclistes, les nageurs, les triathlètes ainsi que chez les athlètes avec un régime restrictif. Une balance énergétique négative chez les femmes peut entraîner des troubles de comportements alimentaires, des règles menstruelles et de densité minérale osseuse. Pour ne pas avoir ce problème de balance négative, les athlètes professionnels devraient consommer 4 à 6 repas par jour. L’ISSN conseille de calculer les besoins énergétiques à parti des apports de références ou des équations de prédiction de Cunningham ou Harris-Benedict qui prennent en compte l’activité physique selon le type, la durée et l’intensité de l’effort.

Équations originales de Harris-Benedict de 1919 :

Pour les hommes : Métabolisme de base (en MJ/jour)= 66.47 +13.75 (poids en kg)+5 (taille en m) −6.8 (age en années)

Pour les femmes : Métabolisme de base= 665 + 9.6 (poids) +1.8 (taille)− 4.7 (age)

Il existe également d’autres équations prédictives du métabolisme basal (BMR) comme celles de Black et al. et Schofields.

Les dépenses énergétiques peuvent être estimées à partir du métabolisme basal et de l’activité physique (PAL, Physical Activity Level).

Dépenses énergétiques totales = BMR x PAL

physical activity level PAL activité physique valeur métaboliques

Voici quelques estimations de dépenses énergétiques en kcal selon l’intensité de l’activité physique :

dépense énergie énergétique calories sport activité physique

Glucides, les sources principales d’énergie

Le glycogène (un polymère de glucose) des muscles et le glucose sanguin sont les principales sources d’énergie pour les muscles. Les glucides peuvent être stockés dans les muscles et le foie sous forme de glycogène mais ce stockage est limité, c’est pourquoi il est important d’avoir rempli ses réserves avant l’exercice. Des apports optimaux en glucides vont permettre un stockage optimisé du glycogène pour la prochaine session d’entraînement et la récupération. Le stock de glycogène dure de 90 minutes à 3h pour une intensité modérée à intense. Augmenter ce stock permet d’augmenter l’endurance et les performances. D’après l’ISSN et le papier de position de diététiciens canadiens, l’indice et la charge glycémiques ne joueraient pas sur l’endurance sportive quand les besoins en énergie et glucides sont couverts.

1-3 jours avant un exercice d’endurance, l’ISSN (Société Internationale de Nutrition du Sport) recommande 8 à 10 g/kg poids corporel de glucide, l’IOC (Comité Olympique International) recommande 7-12 g/kg p.c. 24h avant.

Les 3 sociétés savantes s’accordent sur le besoin d’un pré-repas pour les événements de plus de 60-90 min ainsi que la prise de glucides concomitantes aux exercices de plus d’une heure.

Glucides sucres apports sport activité physique recommandés

Exemple de sources de glucides : pain, céréales et porridge d’avoine, pâtes, riz, couscous, légumineuses…

Les aliments complets riches en fibre permettent de ralentir le relargage de l’énergie.

Protéines

Le besoin en protéines est de 0,8 g/kg pc/j pour une personne sédentaire (soit 56g/j pour une personne de 70 kg). Pour une personne avec une activité physique, le besoin est augmenté à 1 g/kg pc/j. Pour les athlètes, le besoin recommandé par l’ACSM est de 1.2 à 1.7 g/kg pc/j. La qualité protéique doit également être bonne en termes d’acides aminés indispensables. L’EFSA (Autorité Européenne de Sécurité Alimentaire) n’a pas défini de limite maximale protéique par manque de données mais l’Institute of Medicine a constaté que des apports en protéines équivalents à 45% de l’énergie posent problème.

L’ANSES (Agence Française de sécurité sanitaire) considère des apports entre 2,2 et 3,5 g/kg pc/j (capacité maximale d’adaptation de l’uréogénèse chez un homme de 70 kg) comme élevés et au-delà de 3,5 comme très élevés. L’ISSN conseille de ne pas dépasser des apports protéiques supérieurs à 2,5 g/kg/j qui peuvent poser des problèmes rénaux et calciques.

La prise de protéines avant l’exercice est controversée et les bénéfices n’ont pas été confirmés par des études prospectives. L’IOC conseille d’en prendre après l’exercice. L’ISSN conseille de prendre pendant l’exercice une co-ingestion de protéine et glucides (ratio de 1 : 3-4) pour augmenter le stockage du glycogène, réduire les dommages des muscles et augmenter l’endurance mais l’IOC considère qu’il n’y a pas assez de preuves scientifiques pour soutenir cela.

Après l’exercice, l’ISSN conseille de prendre 6-20g d’acides aminés indispensables pour stimuler la synthèse de muscle avec au moins 30-40g de carbohydrates. La qualité nutritionnelle des protéines alimentaires dépend de leur capacité à fournir les différents acides aminés en particulier les indispensables, ceux que l’on ne peut pas synthétiser et qui doivent être obligatoirement apportés par l’alimentation. L’IOC conseille d’ingérer 20-25g de protéines de qualité dans les 30 minutes après l’exercice.

Protéines apports sport activité physique recommandés

Les auteurs mettent en garde de l’utilisation de compléments alimentaires pour sportif par rapport à des contaminations (pureté des substances) et de l’ajout de créatine dans le régime. L’ANSES également déconseille l’utilisation de compléments alimentaires favorisant la masse musculaire. Cette agence dispose d’un système de surveillance de survenue d’événements indésirables liés aux compléments alimentaires, appelé Nutrivigilence. Des effets potentiellement graves pour certains, majoritairement d’ordre cardiovasculaire (tachycardie, arythmie et accident vasculaire cérébral) et psychique (troubles anxieux et troubles de l’humeur), ont été identifiés. Il faut privilégier les compléments alimentaires conformes à la norme AFNOR NF V 94-001. L’Agence français souligne également que l’efficacité des compléments alimentaires liés aux performances sportives n’est pas démontrée par des données scientifiques.

portion protéines equivalence 20g

Les lipides

L’ISSN suggère un apport modéré de graisses représentant 30% de l’énergie totale, en favorisant les sources de lipides insaturés et acides gras indispensables. L’IOC recommande un apport de graisses d’au moins 15-20% de l’énergie apportée.

Eau et ions

L’hydratation est importante, le corps humain est composé à environ 60% d’eau.  L’eau et les ions sont perdus à travers la sueur et l’air expiré. Les fluides jouent des rôles importants dans les réactions biologiques dans la production d’énergie, le transport, la régulation thermique, l’élimination des déchets… La transpiration permet également la régulation de la température corporelle : 1g de sueur vaporisée à 30°C (EFSA) est équivalent à 0,58 kcal de perdu sous forme de chaleur. La perte d’eau peut aller jusque 8L en une journée dans les climats très chauds et arides. L’ISSN estime que les performances sportives sont amoindries quand 2% ou plus du poids est perdu par l’eau (1,4kg d’eau pour une personne de 70 kg).

composition sueur riche en eau ions

La sensation de soit est un signal d’alarme qui apparaît à partir d’une perte d’eau de 1% du poids. A 2-3%, la bouche devient sèche. A 5% des difficultés de concentration, de la somnolence apparaissent. Le coma peut apparaît autour de 7%. A 10%, le manque d’eau peut être létal.

Dans l’étude de Maughan 2007 et al. sur des joueurs de football, on peut voir que pendant un match de football, les joueurs ont consommé environ 0.7-1L d’eau et ont perdu en sueur 1,6-1,7L de sueur donc ici, boire une boisson pendant l’effort ne compense pas les pertes.

déshydratation performances cognitives

L’ISSN recommande d’ingérer 0,5 à 2L d’eau par heure sous forme de petite quantité de 150-200 mL toutes les 5-20 minutes pendant l’effort. L’IOC recommande l’ajout de sodium pour les efforts de plus de 2 heures. Les techniques excessives de réduction du poids en utilisant des diurétiques sont dangereuses.

Ne pas confondre boissons énergisantes et boissons énergétiques.

Les boissons énergisantes sont riches en sucres, en caféine, parfois en taurine et glucuronolactone dont l’efficacité n’a pas été prouvée voire des effets indésirables cardiovasculaires, psychotropes et neurologiques ont été rapportés à travers le dispositif de vigilance de l’ANSES. Elles sont donc à éviter pour le sport.

Les boissons énergétiques avec une composition spécifique en électrolytes et glucides étaient jusqu’au 20 juillet 2016 sous la directive 2009/39/CE sur les denrées alimentaires destinées à une alimentation particulière en vigueur mais depuis, cette directive a été abrogée (et pas remplacée). Par conséquent les aliments pour sportifs sont maintenant considérés comme des biens de consommations courantes.

Éléments minéraux et vitamines

Les pertes en micronutriments peuvent être compensées par une alimentation équilibrée en particulier en consommant les 5 portions de fruits et légumes par jour. Il est conseillé par exemple de consommer 3 portions de fruits frais et 2 portions de légumes :

1 portion de fruit = 2-3 abricots = 1 poire = 1 pomme = 1 orange = 5 prunes = 250g de fraises/framboises = 1 kaki = 1 mangue = 1 /4 d’ananas = 1 banane = 10 à 12 litchis = ½ pamplemousse.

portion fruit taille 1 une

En conclusion, le besoin en énergie est accru lors d’une activité sportive, mais l’alimentation naturelle équilibrée et diversifiée suffit à couvrir les besoins en protéines, lipides, glucides, vitamines et minéraux. La Société Française de Nutrition du Sport signale que de « nombreux compléments et suppléments alimentaires pour sportifs sont proposés sur le marché avec des allégations prometteuses le plus souvent sans preuve scientifique validée de leur efficacité sur les performances, ni de leur innocuité sur des indicateurs pertinents de santé. »

En pratique, voici les conseils hygiéno-diététiques pour un sportif amateur ou professionnel afin d’améliorer sa performance et tolérance à l’effort.

CONSEILS HYGIENO-DIETETIQUES GENERAUX

➡ Avant l’effort, favorisez un repas ou une collation pauvre en graisses. Car les aliments gras retardent la digestion ce qui peut diminuer la performance durant la séance. Donc il est conseillé d’éviter les fritures, les viandes grasses, les fromages, les charcuteries…

➡ Également avant l’effort, il est préconisé de faire un repas ou une collation pauvre en fibres car celles-ci accélèrent le transit et peuvent provoquer des ballonnements qui sont susceptibles de vous gênez pendant l’entrainement. Donc il est préférable d’éviter les crudités, les légumineuses (lentilles, haricots secs, flageolet…)

➡ Afin de diminuer le risque de point de coté durant l’effort, il est conseillé d’éviter les aliments solides et les boissons trop concentrées en sucres juste avant l’effort. Donc favorisez les compotes ou les boissons glucidiques bien diluées avant de commencer l’entrainement.

➡ Une collation glucidique+protidique est essentielle après l’effort car elle permet une réparation musculaire et un restockage en glycogène pour une meilleure performance aux entrainements suivants ! Par exemple une collation composée d’une banane (aliment glucidique) et un fromage blanc (aliment protidique) est judicieux.

➡ Il est nécessaire pour un sportif de consommer des protéines animales ou végétales afin de réparer les microfibrilles musculaires lésées et de prendre en masse musculaire. Pour cela, vous retrouvez les protéines animales dans les viandes, volailles, poisson, œuf, produits laitiers (fromages blanc, yaourt, lait, fromage…). Et des protéines végétales biodisponibles en associant les légumineuses avec les céréales (par exemple quinoa +lentilles).

➡Le risque de déshydratation est accru chez un sportif et peut entrainer une baisse des performances sportives, d’énergie, de concentration de déchets non éliminés, de capacités phyisques et intellectuels, crampes, tendinites, malaises…. Afin de calculer ses besoins dus aux pertes hydriques pendant la séance, vous pouvez réaliser la « double-pesée », qui se traduit par : (Poids avant effort – Poids après effort) x 1,5 = Nombre de Litres d’eau à boire pour réhydrater son organisme. Pour favoriser sa consommation hydrique, pensez à boire des tisanes, thé/café allongé, bouillon…

AVANT L’EFFORT

Repas >3h avant le début de l’entrainement.

Collation >30min avant le début de l’entrainement.

Boire suffisamment.

PENDANT L’EFFORT

Boire de l’eau.

Boisson énergétique à apport glucidique (BEAG) si effort >1h. Un exemple d’une BEAG faite maison : du jus de raisin dilué dans de l’eau (environ 20% de jus et 80% d’eau).

BEAG + sel si effort >3h.

Collation glucidique à Index glycémique haut si fringale ou long effort. Par exemple une pâte de fruit.

APRÈS L’EFFORT

Boire de l’eau minérale et bicarbonaté pour compenser les pertes minérales lors de la transpiration et tamponner l’acidité du corps. Par exemple des eaux comme l’Hepar, la Contrex, la Courmayeur…

Collation glucidique + protidique dès la fin de l’effort.

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RETROUVEZ LES ALIMENTS RICHES EN / PAUVRES EN (protéines, glucides, lipides fibres, calcium, magnésium, fer et l’ensemble des vitamines) DANS « LE GUIDE INDISPENSABLE DE LA NUTRITION » de Mélanie OULLION-SIMON, Diététicienne-Nutritionniste.
Source:

Potgieter et al. Sport nutrition: A review of the latest guidelines for exercise  and sport nutrition from the American College of Sport Nutrition, the International Olympic Committee and the  International Society for Sports Nutrition. S Afr J Clin Nutr 2013;26(1):6-16

Aragon et al. International society of sports nutrition position stand: diets and body composition. J Int Soc Sports Nutr. 2017; 14: 16

Jäguer et al. International Society of Sports Nutrition Position Stand: protein and exercise. Journal of the International Society of Sports Nutrition201714:20

Position of Dietitians of Canada, the Academy of Nutrition and Dietetics and the American College of Sports Medicine, février 2016

P J Atherton and K Smith. Muscle protein synthesis in response to nutrition and exercise. J Physiol. 2012 Mar 1; 590(Pt 5): 1049–1057.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3381813/#b2

AVIS de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail relatif aux risques liés à la consommation de compléments alimentaires destinés aux sportifs visant le développement musculaire ou la diminution de la masse grasse

Lieberman HR Hydration and cognition: a critical review and recommendations for future research. J Am Coll Nutr. 2007 Oct;26(5 Suppl):555S-561S.

Maughan et al. Water Balance and Salt Lossess in Competitive Football. International Journal of Sport Nutrition and Exercise Metabolism, 2007, 17, 583-594

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Quelques déterminants psychosociaux des rencontres en ligne : pic d’attractivité des femmes à 18 ans et des hommes à 50 ans ? http://quoidansmonassiette.fr/determinants-psychosociaux-rencontres-en-ligne-pic-dattractivite-desirabilite/ http://quoidansmonassiette.fr/determinants-psychosociaux-rencontres-en-ligne-pic-dattractivite-desirabilite/#respond Sun, 02 Sep 2018 12:44:12 +0000 http://quoidansmonassiette.fr/?p=3339 Une étude américaine de Science Advances d’Août 2018 a évalué les messages échangés pendant 1 mois par un site de rencontre en ligne populaire aux États-Unis. Leur analyse empirique a identifié que les personnes ont tendance à rechercher un partenaire au potentiel d’attractivité supérieur au leur. Également, la probabilité d’avoir une réponse dépendrait de la différence de ce potentiel de désirabilité entre l’envoyeur et le receveur du message. Je vous présenterai également une synthèse de conseils (à prendre avec du recul) la littérature en psychologie sociale de BMJ Evidence-Based Medicine sur comment transformer un premier contact en ligne en rencontre.

D’après l’enquête Étude des parcours individuels et conjugaux (EPIC) de 2013-2014, un adulte sur 3 utiliserait des sites de rencontres sur internet en France. Aux États-Unis, les rencontres en ligne seraient le 3ème moyen le plus commun pour rencontrer des potentiels conquêtes (Rosenfeld 2012).

site rencontre france usage utilisation

Comment fonctionnent les phénomènes de rencontre ?

Deux hypothèses de psychologie sociale ont tenté d’expliquer le phénomène des rencontres :

  • L’hypothèse de la correspondance « matching hypothesis” suggère que les gens cherchent des partenaires qui leur ressemblent en terme d’âge, d’attractivité physique, de comportements et attitudes et d’autres caractéristiques. Les gens estimeraient leur désirabilité et attractivité et se tourneraient vers les gens qui ont une désirabilité sociale similaire (hypothèse de Walster (1966)).

  • L’hypothèse de sélection « competition hypothesis » implique les gens recherchent la personne la plus désirable socialement (plus attractive qu’eux). Ce qui peut au final donner le même résultat que l’hypothèse de la correspondance où les personnes les plus désirées se retrouvent ensembles.

Comment évaluer la désirabilité sociale ?

Deux chercheurs ont analysé les messages échanges des utilisateurs actifs d’un site populaire de rencontres en lignes du 1 au 31 janvier 2014. L’étude de Science Advances a été restreinte aux hétérosexuels vivant à New York, Boston, Chicago et Seattle (-14% des utilisateurs) et à ceux qui cherchaient une relation amoureuse.

Un premier estimateur sur ces rencontres en ligne était le nombre de messages reçus. Un aspect qualitatif important était surtout « de qui provient le premier message » : d’une autre personne avec un potentiel d’attractivité élevé ou faible. Si vous êtes contactés par des personnes désirables vous serez évalués comme « désirables ». Ce score de type PageRank essaye d’identifier les individus recevant le plus de messages de personnes « désirables ». Dans ce scénario, les hommes et femmes étaient donc classées selon leur potentiel d’attractivité.

80% des premiers messages échangés venaient des hommes. Les femmes semblaient répondre de manière très sélective avec un taux de réponse de moins de 20%. L’individu le plus « populaire » de cette étude recevait un message toutes les 30 minutes pendant le mois d’étude, jour et nuit, soit 1 504 premiers messages individuels !

Rencontres en ligne criteres désirabilité age ethniciteLe potentiel d’attractivité varierait avec l’âge, le sexe, l’ethnicité et l’éducation

La désirabilité moyenne variait avec l’âge chez les hommes et les femmes. Les femmes plus âgées semblaient moins désirables alors que les hommes en vieillissant avaient leur désirabilité qui augmentaient. Chez les femmes, le pic de désirabilité serait à 18 ans puis il déclinerait jusqu’à 60 ans. Pour les hommes, la désirabilité augmenterait jusqu’à un sommet à 50 ans puis diminuerait. La femme asiatique et l’homme blanc seraient les « types » les plus recherchés sur ces 4 villes durant ce mois d’étude. Chez les hommes, plus le niveau d’éducation augmentait, plus leur potentiel d’attractivité augmenterait.

Out of my league?

applications rencontres probabilité réponsesCes chercheurs ont également évalué l’effet de la différence de désirabilité entre l’envoyeur et le receveur du message. L’homme le moins désirable qui envoyait un message à la femme la plus désirable avait un score de +1. Inversement, l’homme le plus désirable qui envoyait un message à la femme la moins désirable avait un score de différence de -1.

Les résultats ont montré que les individus avaient tendance à contacter des personnes plus désirables qu’eux-mêmes (environ +25% désirable par rapport à ce score). La probabilité d’avoir une réponse diminuait avec la différence dans l’échelle de potentiel d’attractivité qui augmentait.

Les hommes avaient deux fois plus de chances d’avoir une réponse d’une femme moins désirable qu’eux qu’en comparaison avec un envoi de message à une femme plus désirable qu’eux.

Les gens avaient également tendance à écrire des messages plus longs à des partenaires potentiels plus désirables qu’eux.

Les auteurs concluaient que les gens semblaient avoir conscience de leur position dans cette hiérarchie de désirabilité sociale et ajustaient leur comportement à cela. Ces résultats soutiennent que contrairement aux croyances populaires, attirer l’attention de quelqu’un hors de sa « ligue » (« out of your league ») est tout à fait possible. Les chances de recevoir une réponse d’un partenaire hautement souhaitable peuvent être faibles, mais elles restent bien au-delà du zéro !! Cependant, il faudrait faire plus d’efforts et être plus patient.

Les limites

Il est important de retenir que ces résultats ne sont pas généralisables en dehors des États-Unis, des grandes villes, ni pour les rencontres dans la vie réelle (IRL « In Real Life »). Il n’est pas non plus possible d’avoir de contrôler toutes les données, ici l’étude a utilisé l’âge, le niveau d’éducation, le sexe et l’ethnicité mais les relations sont beaucoup plus complexes que résumées en ces variables. L’étude portait sur une courte période d’un mois.

Comment transformer un premier contact en ligne en premier rendez-vous ?

Les chercheurs de Londres et du Texas ont évalué 54 publications sur les rencontres en ligne et en ont fait une synthèse dans le journal médical BMJ Evidence-Based Medicine que je vous présente brièvement ci-dessous : (cependant je ne pense pas qu’il y ait de méthode miracle, les conseils ci-dessous sont à prendre avec du recul)

CRÉER UN BON PROFIL ?

  • Le nom d’utilisateur. Les noms avec des connotations négatives (« Little », « bugg ») sont souvent associés avec une notion d’infériorité. Les noms amusants au contraire sont plus attractifs (Fun2bwith). Les hommes sembleraient être attirés par des détails physiques attractifs (« Blondie », « Cutie ») alors que les femmes seraient plus attirées par des traits d’intelligence (« Cultured »). L’ordre alphabétique pourrait également jouer, les pseudos dans le dernier quart de l’alphabet seraient moins visibles dans les listes de recherche.

  • Les photos. La photo principale a une influence puissante sur la désirabilité. Mettre des photos de groupe peut montrer votre sens de la sociabilité. Être au centre de la photo permet également de se valoriser.

  • Les phrases en en-tête (« headline »). Les phrases simples sont à privilégier comme les utilisateurs seraient plus attirés par des mots simples à retenir.

  • Description du profil. La combinaison 70:30 de ce que vous êtes et ce que vous rechercher semble le ratio le plus équilibré. Ex : authentique, attrayante, extravertie, femme professionnelle, bon sens de l’humour, dans le maintien de la forme, socialisation, musique et voyages, recherche un homme sympathique et sympathique pour partager des moments de qualité. La sympathie est plus importante que la réussite scolaire. Un profil écrit de manière humoristique et intelligente sera considéré comme une preuve plus crédible d’un sens de l’humour que l’utilisation des mots «Je suis hilarant». La malhonnêteté et les fautes nuisent au profil. Le profil doit avoir un bon équilibre entre l’honnêteté globale et la présentation de soi positive car sa validité sera mise à l’épreuve lors des futures et vraies interactions.

ENVOYER UNE INVITATION ET COMMUNIQUER

Les gens se voient souvent eux-mêmes comme unique. Les chercheurs encouragent de faire le premier pas avec une courte remarque positive sur la personne ou sa photo sans faire un compliment non réaliste qui soulèverait de la suspicion.

Il faut privilégier les questions ouvertes comme « Qu’est-ce que tu apprécies dans mon profil ? ». La spontanéité et l’humour sont de mises. Répondre rapidement est également appréciable.  Dévoiler des informations plus personnelles permet de faire se sentir l’autre plus proche.

Les gens ressentent une plus grande intimité lorsqu’ils sont d’accord sur ce qui ne leur plaît pas plutôt que ce qui leur plaît. Ne pas critiquer mais ne pas non plus être toujours d’accord. Ne pas prétendre que vous êtes exceptionnel. Les erreurs sont beaucoup plus perceptibles pour nous que pour les autres, alors si vous en créez une, continuez comme si rien ne s’était passé.

Si vous avez une faute à déclarer, sortez-la au milieu du conversation et pas à la fin. Il faut soigner la fin d’un échange parce que le cerveau a tendance à mieux se rappeler de la fin que le début/milieu d’une conversation et terminer par une note positive. Et pour finir, ne pas oublier de prévoir un rdv en vrai.

Les limites

Ces résultats doivent être interprétés dans un contexte qui est susceptible d’évoluer. Par ailleurs, chaque rencontre en ligne ou non est unique. La recherche sur notre capacité à identifier nos propres émotions montre que nous pouvons nous sentir attirés par quelqu’un sans savoir exactement pourquoi. Pour ce qui est de l’amour romantique, nous ne sommes pas aussi rationnels que nous pourrions le penser – notre système limbique le cerveau qui traite des émotions annule ou modifie la pensée consciente et rationnelle. Développé à travers les âges de l’évolution, il agit en quelques millisecondes, déterminant instinctivement notre comportement, et dans les études scientifiques, il est prouvé qu’il le fait de manière prévisible. Il oriente la reproduction et la sexualité chez tous les êtres humains, indépendamment de la culture.

Le système limbique comprend le cortex cingulaire, l’amygdale, l’hippocampe, la région ventrale du striatum qui libèrent 3 neuromédiateurs :

  • dopamine, médiateur du plaisir, l’attente de récompense

  • noradrénaline, médiateur du stress, de l’attention et l’effort

  • sérotonine, médiateur du sommeil, de la violence et la souffrance

Cette synthèse comporte des limites. Il n’y a pas de données sur le suivi sur le long terme. L’inclusion des études s’est faite par 2 reviewers. Les études inclues avaient des méthodologies différentes d’où une hétérogénéité inévitable. Cette synthèse couvre uniquement les rencontres en ligne.

Pour suivre les autres actualités du blog ou en apprendre plus sur les controverses alimentaires, santé et environnement, un petit like ou sur Twitter :

Sources :

J. Rosenfeld, R. J. Thomas. Searching for a mate: The rise of the Internet as a social intermediary. Am. Sociol. Rev. 77, 523–547 (2012)

Elizabeth E. Bruch and M. E. J. Newman. Aspirational pursuit of mates in online dating markets. Science Advances  08 Aug 2018: Vol. 4, no. 8, eaap9815

Khalid S Khan, Sameer Chaudhry. An evidence-based approach to an ancient pursuit: systematic review on converting online contact into a first date. Evid Based Med, 12 February 2015 DOI: 10.1136/ebmed-2014-110101

Walster, E., Aronson, V., Abrahams, D., & Rottman, L. (1966). Importance of physical attractiveness in dating behavior. Journal of Personality and Social Psychology, 4(5), 508-516.

Marie Bergström. Sites de rencontres : qui les utilise en France ? Qui y trouve son conjoint ?

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Une hausse du dioxyde de carbone CO2 atmosphérique pourrait réduire la valeur nutritionnelle de certaines cultures http://quoidansmonassiette.fr/hausse-dioxyde-de-carbone-co2-pourrait-reduire-valeur-nutritionnelle-cultures/ http://quoidansmonassiette.fr/hausse-dioxyde-de-carbone-co2-pourrait-reduire-valeur-nutritionnelle-cultures/#comments Wed, 29 Aug 2018 06:31:36 +0000 http://quoidansmonassiette.fr/?p=3327 Une hausse du dioxyde de carbone atmosphérique à travers le réchauffement climatique pourrait diminuer les teneurs en protéines, zinc et fer des cultures comme le riz ou le blé d’après une étude de l’Université Harvard publiée dans Nature Climate Change.

Courbe Keeling CO2 atmosphérique dioxyde carboneÉlévation des teneurs en dioxyde de carbone atmosphérique

La courbe de Keeling représente l’évolution de la concentration en CO2 dans l’atmosphère terrestre depuis 1958. Elle a été réalisée par Charles Keeling à l’Observatoire de Mauna Loa à Hawaï. Ce physicien a également mis en évidence une diminution de la teneur en CO2 due à la croissance des plantes en été et une augmentation l’hiver. Ce cycle de CO2 annuel est influencé par l’hémisphère nord car il est plus végétalisé que dans la partie sud.

La concentration en CO2 a dépassé le seuil symbolique des 400 ppm en 2014. Cela signifie que l’air se compose d’environ 0,04% de CO2, 78% d’azote et 21% d’oxygène et d’autres gaz. En comparaison en 1750, le taux de CO2 était de 278ppm. Selon les scénarios de changement climatique, cette teneur en CO2 pourrait atteindre 940 ppm à la fin du siècle ou 550ppm dans le scénario optimiste.

Modification de la qualité nutritionnelle des céréales

Le réchauffement climatique pourrait agir sur la nutrition humaine de deux façons :

  • Sur les rendements agricoles
  • Sur les valeurs nutritives des productions

Dioxyde carbone protéines teneur CO2

Dans le monde, 63% des apports en protéines, 81% pour le fer et 68% pour le zinc proviennent de végétaux (Smith 2018).

Une étude précédente dans Science Advance (Zhu et al. 2018) avait testé l’effet d’une atmosphère enrichie en CO2 à 568-590 ppm sur les valeurs nutritives de 18 variétés de riz plantées en plein air en Chine et au Japon. Cette hausse de CO2 était associée à une réduction significative de 10,3% de la teneur en protéines, de -8% pour le fer et -5,1% pour le zinc et des vitamines B1, B2, B5 et B9. A l’inverse, la teneur moyenne en vitamine E avait augmenté.

Ces teneurs en micronutriments varient également selon la variété, ce qui pourrait permettre la sélection d’une variété résistante aux fortes concentrations en CO2.

La méta-analyse de Myers (2014) a évalué des cultures céréalières en plein champ (blé, riz, maïs, sorgho) et légumineuses en Australie, au Japon et aux Etats-Unis exposées à une atmosphère enrichie en CO2 avec une technique appelée FACE (Free-Air Carbon dioxide Enrichment). Ils ont identifié une baisse significative des teneurs en zinc et fer pour les légumineuses de type C3 et certaines céréales de type C3 (graphique ci-dessous). Par exemple, l’élévation de la teneur en CO2 était associée à une baisse de 6,3% en protéines, -9,3% en zinc pour le blé et de -7,8% en protéines pour les grains de riz. Les plantes de type C4 (maïs, sorgho) semblent être moins touchées. Le type C3-C4 correspond au mode de fixation du dioxyde de carbone à travers la photosynthèse et son efficacité. La photosynthèse en C3 est le mécanisme le plus répandu chez les plantes vertes.

Une hypothèse avancée pour évoquer ces changements de qualité nutritionnelle est que l’accroissement de la concentration en CO2 atmosphérique est responsable de la réduction du niveau d’azote foliaire due à la dilution causée par une augmentation des glucides, ce qui se traduit par un rapport C/N nettement plus élevé (effet de « dilution »), au détriment des protéines et minéraux. D’autres hypothèses ont été mises en avant : la baisse de transpiration du couvert réduirait le flux de nutriments vers les racines, réduisant ainsi l’absorption des nutriments (McGrath JM 2013).

dioxyde carbone qualité nutritionnelle riz céréales

L’étude écologique de Smith (2018) a utilisé une base de données avec 225 aliments de 151 pays Global Expanded Nutrient Supply database.  Ils ont mis en évidence que l’Inde, la Chine, l’Afrique du Nord et l’Asie du Sud-Est pourraient être touchés par des déficiences nutritionnelles liées à une évaluation du CO2. Ces pays reposent en effet sur un régime basé surtout sur des produits d’origine végétale. En 2050 avec une seuil de CO2 à 550 ppm, 1,9% de la population mondiale pourrait être déficiente en zinc et 1,3% (122 millions) en protéines puisque la teneur en ces nutriments de plusieurs céréales pourrait être réduite de 3 à 17%. Cela pourrait entraîner jusqu’à 58 millions d’années de vie perdues. Ce risque est moins perceptible dans les pays où les régimes sont basés sur des produits d’origine animale.

En effet, ils ont également constaté que plus le revenu par tête augmente, plus la consommation alimentaire augmente en absolu et la part relative en produit d’origine animale augmente également.

deficiences nutritionnelles changement climatiques carte monde

Cette étude comporte des limites. La première est l’hypothèse que les régimes alimentaires resteront statiques jusqu’en 2050.  Les prédictions des consommations alimentaires et du changement climatique sont incertains. Seul l’effet sur la qualité nutritionnelle des céréales a été étudié, le léger effet de fertilisation qui pourrait augmenter les rendements n’a pas été pris en compte ici. Par ailleurs, les mécanismes physiologiques et l’adaptation à une hausse permanente du niveau de dioxyde carbone ne sont pas encore bien compris. La fortification alimentaire et la sélection de variétés résistantes aux hausses de CO2 et avec une bonne qualité nutritionnelle sont possibles pour empêcher ces problèmes de déficiences nutritionnelles.

Pour suivre les autres actualités du blog ou en apprendre plus sur les controverses alimentaires, santé et environnement, un petit like ou sur Twitter :

Sources :

Smith et al. Impact of anthropogenic CO2 emissions on global human nutrition. Nature Climate Changevolume 8, pages834–839 (2018)

Keeling et al. Atmospheric carbon dioxide variations at Mauna Loa Observatory, Hawaii.  Tellus XXVIII (1976), 6 https://onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.1111/j.2153-3490.1976.tb00701.x

Zhu et al. Carbon dioxide (CO2) levels this century will alter the protein, micronutrients, and vitamin content of rice grains with potential health consequences for the poorest rice-dependent countries. Science Advances  23 May 2018: Vol. 4, no. 5, eaaq1012

Myers et al. Rising CO2 threatens human nutrition. Nature. 2014 Jun 5; 510(7503): 139–142. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4810679/

Mc Grath JM et al. Reduction of transpiration and altered nutrient allocation contribute to nutrient decline of crops grown in elevated CO(2) concentrations. Plant Cell Environ. 2013 Mar;36(3):697-705.

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Les régimes pauvres en glucides « low-carb diet » et hyperglucidiques associés à un risque accru de mortalité d’après une étude dans The Lancet http://quoidansmonassiette.fr/regimes-pauvres-en-glucides-mortalite-hyperglucidiques-low-carb-diet-the-lancet/ http://quoidansmonassiette.fr/regimes-pauvres-en-glucides-mortalite-hyperglucidiques-low-carb-diet-the-lancet/#comments Tue, 21 Aug 2018 14:10:40 +0000 http://quoidansmonassiette.fr/?p=3299 Consommer des glucides avec modération pourrait être optimal pour la santé d’après une étude publiée dans The Lancet Public Health Journal. En effet, une consommation excessive ou trop faible de glucides pourrait être associée à une augmentation du risque de mortalité.

Des résultats complexes sur la consommation de glucides sur le long terme

Petit rappel sur les glucides

Les glucides (ou sucres ou carbohydrates ou oses) ont pour formule chimique (CH­22O)n. Le terme glucide englobe différents sucres selon leur degré de polymérisation :

  • N=1 : glucose, fructose, galatactose
  • N=2 :  saccharose, lactose, maltose, lactulose…
  • N=3-9 : maltodextrine, galactoside, fructane…
  • N>10 : cellulose, gomme, amidon, fructane…
  • Le terme «sucres» est conventionnellement utilisé pour décrire les mono- et disaccharides. Une consommation excessive de ceux-ci peut mener à du surpoids, des troubles métaboliques et des caries.

Un régime hypoglucidique (Westman et al. 2007) apporte moins de 50-150g de glucides par jour. Un régime très faible en glucide apporte moins de 50g de glucides par jour. Ce sont des régimes cétoniques.

Un régime hyperglucidique est caractérisée par plus de 55% de l’énergie totale apportée par les glucides. Un apport excessif en glucides est transformé en acides gras saturés et stocké sous forme de triglycérides.

L’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) recommande un apport en lipides de 35-40% , en protéines de 10-20% et en glucides de 40-55% de l’énergie totale. L’ANSES recommande aux adultes de ne pas consommer plus de 100 g de sucres totaux par jour (hors lactose et galactose) et pas plus d’une boisson sucrée (en privilégiant les jus de fruit).

Les régimes hypo- et hyperglucidiques

Les régimes pauvres en glucides « Low Carb » ont acquis de la popularité parce qu’ils pourraient être associés à une diminution du poids sur le court terme en particulier avec le régime Atkins lancé en 1972. Les régimes hypoglucidiques sont également appelé HPLC High Fat, High Protein and Low Carbohydrate. L’ANSES souligne que l’innocuité de ces régimes sur le long terme n’est pas établie et que ce régime peut entraîner des déficits en fibres et micronutriments (vitamines C, E…) puisqu’il est souvent associé à une diminution de la consommation de céréales, fruits et légumes.

Pour le long terme, les données sont contradictoires. Une méta-analyse de 7 études (Noto et al. 2013) prospectives épidémiologiques en Europe et Amérique du Nord avait identifié que de faibles apports en glucides seraient associés à une hausse de mortalité. A l’inverse, l’étude prospective PURE (Prospective Urban Rural Epidemiology) basée sur 18 pays (n=135 355 participants) a constaté qu’une apporté élevé en glucides était associé à une hausse du risque de mortalité de +28%. Ce qui peut expliquer ces contradictions sont les populations étudiées qui diffèrent dans leurs consommations de glucides. Par ailleurs l’origine de ces carbohydrates (régime d’origine animal versus végétal) a été peu étudiée.

L’étude ARIC sur la part de glucides dans le régime

L’étude publiée dans The Lancet portait sur la cohorte ARIC (Atherosclerosis Risk in Communities) et a investigué 4 communautés américaines en Caroline du Nord, au Mississippi, dans le Minnesota et le Maryland. Les participants âgés entre 45-64 ans ont été initialement recrutés entre 1987 et 1989 (recrutement encore ouvert). En 1987-1989 et en 1993-95, ils ont reçu un questionnaire fréquentiel pour estimer leurs consommations alimentaires.

Probabilité de survie mortalite carbohydrates régimesL’objectif de cette analyse était le lien entre la part de carbohydrates en énergie dans le régime (en %) et le risque de mortalité. Les modèles statistiques utilisés ont pris en compte les facteurs de confusion classiques liés à la mortalité (âge, sexe, niveau d’éducation…).

Ces chercheurs ont également fait une mise à jour d’une méta-analyse sur ce sujet qui a inclus des études épidémiologiques et essais cliniques randomisés de plus de 1 an de suivi et ajusté sur au moins 3 facteurs de risque de mortalité. La métaanalyse vise une synthèse exhaustive, non biaisée, reproductible, quantifiée et précise des résultats d’une question de recherche.

Pour déterminer la part de végétal ou d’animal dans le régime, les chercheurs ont également créé un score de 10 points.

Résultat pour l’étude ARIC

Le suivi median de cette étude était de 25 ans avec 6283 décès pendant cette période. La part moyenne en énergie de glucides était de 48,9%.

Les grands consommateurs de carbohydrates (Q5) étaient plus âgés, plus de femmes, avec un IMC plus faible, moins de diabète, une activité physique plus importante, plus consommateurs de protéines d’origine végétale et moins de graisses animales et végétales et plus de fibres.

La relation entre la consommation de glucides et le risque de mortalité avait une forme en U (non linéaire), c’est-à-dire que le risque de décès était plus élevé pour des apports faibles et élevés en glucides par rapport à un groupe de référence avec un apport modéré de glucides. Le risque était minimal pour des apports autour de 50-55%.

Par exemple, avoir un régime apportant moins de 30% de glucides (en énergie) diminuerait la longévité de 4 ans par rapport à quelqu’un consommant 50-55% de glucides. De même, consommer plus de 65% de glucides diminuerait la longévité de 1 an.

Résultat de la méta-analyse :

Carbohydrates mortalité relation en U432 179 participants de 8 cohorte ont été inclus. Cette relation en U a été retrouvée.

Des différences significatives de consommation de carbohydrates entre les pays Européens/Nord Américain (valeurs moyennes <50% souvent) et l’Asie (valeurs moyennes > 60%E) ont été constatées.

  • Un apport faible en carbohydrates était associé à un risque accru de 20% de mourir.
  • Un apport élevé en carbohydrates était associé à un risque accru de 23% de décéder.

La partie gauche de la relation en U pourrait être expliquée par les pays « occidentaux » et la partie droite par l’Asie.

Les régimes faibles en carbohydrates étaient souvent associés à des consommations plus importantes en protéines et graisses animales et également souvent des apports plus faibles en légumes, fruits et céréales. Exception pour l’étude NHS et HPFS où les régimes faibles en carbohydrates et plutôt d’origine végétale étaient associéés à un risque réduit de mortalité. La source des protéines et des graisses pourrait donc avoir un effet important sur cette relation.

Une consommation accrue de protéines et de graisses animales en comparaison avec ceux qui remplacent les glucides par des protéines et graisses végétales était associée à un risque accru de mortalité. Et inversement une consommation accrue de protéines et graisses végétales était associée à un risque diminué de décès. Des résultats similaires ont été retrouvé pour la mortalité venant de maladies cardiovasculaires.

régime carbohydrates glucides végétales mortalité

Les limites de cette étude

Tout d’abord cette étude est observationnelle et non pas Clinique. Il n’y a donc pas de possibilité d’établir une relation de cause à effet.

Le régime alimentaire dans la cohorte ARIS a été estimé deux fois seulement avec un intervalle de 6 ans et sur une durée de 25 ans, le régime alimentaire des participants peut changer. Des modifications de consommation de carbohydrates auraient tendance à diminuer l’effet de cette relation en U. On peut noter que les intervalles de confiance sont larges aux extrémités de la relation en U.

Dans la méta-analyse, les différences de consommation importantes de glucides entre les pays Asiatiques et Européens/Nord-Américains rendent difficile une généralisation. La généralisation des résultats n’est pas possible aux populations asiatiques qui tendent à avoir un régime très riche en glucides et leur consommation de protéines d’origine animale provient surtout des poissons (et pas de la viande dans les pays « occidentaux »).

Les données des précédentes cohortes européennes et nord-américaines étaient souvent données en quantile et non pas en continu d’où une possible perte d’informations.

L’exposition alimentaire étudiée est un groupe large et hétérogène : les glucides. Nous ne savons pas quels types de glucides, de graisses et de protéines ont été utilisés. Des ajustements sur certains glucides auraient pu être intéressant.  Le biais de confusion résiduel n’est pas à exclure.

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Sources:

Seidelmann et al. Dietary carbohydrate intake and mortality: a prospective cohort study and meta-analysis. The Lancet Public Health, 2018; DOI: 10.1016/S2468-2667(18)30135-X

Shai I, Schwarzfuchs D, Henkin Y, et al. Weight loss with a low-carbohydrate, Mediterranean, or low-fat diet. N Engl J Med 2008; 359: 229–41

Nordmann AJ, Nordmann A, Briel M, et al. Effects of low-carbohydrate vs low-fat diets on weight loss and cardiovascular risk factors: a meta-analysis of randomized controlled trials. Arch Intern Me 2006; 166: 285–93.

Dehghan, MMente, AZhang, X et al. Associations of fats and carbohydrate intake with cardiovascular disease and mortality in 18 countries from five continents (PURE): a prospective cohort study.Lancet. 2017; 390: 2050-2062

Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.  Rapport d’expertise collective. Évaluation des risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement. Novembre 2010

Westman et al. Low-carbohydrate nutrition and metabolism. Am J Clin Nutr 86(2), 276-84 (2017)
Noto, H et al. Low-carbohydrate diets and all-cause mortality: a systematic review and meta-analysis of observational studies.PLoS One. 2013; 8: e55030

 

 

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Où observer l’Eclipse lunaire de ce 27 Juillet 2018 et éviter la pollution lumineuse ? http://quoidansmonassiette.fr/ou-observer-eclipse-lunaire-27-juillet-2018-eviter-pollution-lumineuse/ http://quoidansmonassiette.fr/ou-observer-eclipse-lunaire-27-juillet-2018-eviter-pollution-lumineuse/#respond Fri, 27 Jul 2018 06:30:24 +0000 http://quoidansmonassiette.fr/?p=3266 Ce Vendredi 27 Juillet 2018, nous aurons la chance de pouvoir observer une éclipse lunaire totale en Europe. Ici vous pourrez suivre l’éclipse en live avec la NASA : https://www.nasa.gov/nasalive

Qu’est-ce qu’une éclipse lunaire ?

La lune habituellement de couleur blanche qui reflète la lumière du soleil passera aujourd’hui dans la pénombre puis l’ombre de la Terre qui s’interposera entre le soleil et la lune. C’est l’éclipse lunaire. Ce phénomène est rare car comme pour l’éclipse solaire il nécessite un alignement quasi parfait du soleil, de la Terre et la lune.

schema eclipse lunaire

La lune prendra une teinte rousse. Ce phénomène astronomique commencera à 19h14 (heure française) jusque 1h28 mais concrètement l’éclipse totale débutera autour de 21h30 jusque 23h13, soit 1h43 le record du 21ème siècle. La phase maximale aura lieu à 22h22. La plus longue éclipse de l’histoire date du 31 Mai 2018 et a duré 1h47.

Où observer cette éclipse avec le moins de pollution lumineuse ?

L’idéal pour observer cette éclipse est un lieu sans lumière venant des lampadaires, des bâtiments et où l’horizon est dégagé avec un ciel sans nuage : dans la campagne, à la montagne ou dans un désert. D’après l’étude de Fabio Falchi (2016), une bonne partie du ciel européen est pollué par la lumière. Ces chercheurs ont modélisé et estimé la brillance de surface du ciel nocturne. Cette brillance se caractérise par l’intensité lumineuse par « morceaux » de ciel (calculée en magnitude/arcseconde²). Plus cette brillance de surface est importante, plus le ciel est pollué et moins notre ciel étoilé est visible. Sur cette carte ci-dessous, en rouge et en orange, il n’est pas possible de voir à l’œil nu le ciel et ses étoiles. En jaune, les phénomènes astronomiques ne sont visible que l’été (à l’œil nu) et difficilement. Par exemple, la Voie Lactée n’est donc pas visible auprès de toutes les grandes villes : Londres, Hong-Kong, Taiwan, Liverpool… Les gens qui vivent à Paris doivent parcourir 900km pour rejoindre la Corse ou le centre de l’Écosse pour avoir une très mince chance de l’apercevoir.

map light surface brillance pollution lumineuse intensite lumière monde carte

Les meilleurs endroits au monde observer l’éclipse lunaire seront l’île de la Réunion, l’Afrique de l’Est, le Moyen-Orient, l’Inde et la pointe occidentale de la Chine. Une autre projet LightPollutionMap identifie également les endroits les plus pollués en rouge/orange par la lumière :

light pollution carte lumineuse

La prochaine éclipse de lune aura lieu dans la nuit du 20 au 21 janvier 2019, mais ne sera pleinement visible que d’Amérique du Nord. La nuit des étoiles filantes aura lieu du vendredi 3 au dimanche 5 août 2018.

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Sources :

Fabio Falchi et al. – The new world atlas of artificial night sky brightness – Science Advances10 Jun 2016 : e1600377 http://advances.sciencemag.org/content/2/6/e1600377

https://www.nasa.gov/feature/information-on-the-july-27-2018-lunar-eclipse

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Nanocellulose : utiliser des nanofibres végétales pour réduire l’ingestion de graisses et la prise de poids http://quoidansmonassiette.fr/nanocellulose-nanofibres-vegetales-reduire-ingestion-triglycerides-graisses-prise-de-poids/ http://quoidansmonassiette.fr/nanocellulose-nanofibres-vegetales-reduire-ingestion-triglycerides-graisses-prise-de-poids/#respond Mon, 23 Jul 2018 06:45:06 +0000 http://quoidansmonassiette.fr/?p=3254 De la cellulose (principal constituant des végétaux) pourrait être utilisée sous forme nanométrique pour réduire l’absorption intestinale des graisses d’après une étude de l’Université d’Harvard sur des modèles cellulaires et des rats. Les rats nourris avec de la crème épaisse avec de la cellulose ont absorbé 36% de moins de triglycérides que ceux nourris avec seulement de la crème fraîche. Ces résultats suggèrent une éventuelle utilisation future sous forme d’additif alimentaire ou en complément alimentaire pour aider à contrôler l’obésité et le poids. Bien sûr il reste encore de nombreuses études sur ces nanomatériaux pour évaluer sa sécurité et mieux comprendre les mécanismes biologiques.

La cellulose et sa forme nanométrique

La cellulose (C6H10O5)n est le principal constituant des végétaux, dans la paroi des cellules végétales. C’est un glucide constitué de chaînes linéaires de molécules de D-glucose liées entre elles pour former des polymères linéaires, qui peuvent développer des liaisons transversales inter- ou supramolécules de type liaison hydrogène. La cellulose est retrouvée dans le papier ou les vêtements en coton. La cellulose est peu couteuse, renouvelable, biodégradable, thermiquement stable, légère (Kafy 2017).

La nanocellulose est une structure nanométrique, 10 000 fois plus petite qu’un cheveu. Elle existe sous trois formes :

  • les nanofibres de celluloses obtenues par traitement mécanique (DeLoid 2018)

  • la nanocellulose cristalline. Par exemple le CNF peut être isolé par homogénéisation, broyage, microfluidisation, hydrolyse acide et oxydation (Kafy A 2017).

  • la nanocellulose bactérienne, synthétisée par des bactéries (Jedrzejczak-Krzepkowska 2016).

La nanocellulose dérivée de sources naturelles est utilisée dans des emballages pour étendre la date limite de consommation ou dans le produit lui-même afin de stabiliser les émulsions ou comme source de fibres ou retenir l’humidité. La nanocellulose cristalline peut également améliorer la résistance et la rigidité des matériaux.

La digestion des triglycérides

triglycéride degradation hydrolyse digestionLes   principaux   lipides (graisses)   de   l’alimentation   humaine   ou   animale   sont   constitués essentiellement de  triacylglycérols  (triglycérides),  de  phospholipides  et  de  stérols.

Les triglycérides sont une forme de stockage de l’énergie mais ils peuvent également être apportés par l’alimentation. Or les triglycérides alimentaires ne sont pas absorbables directement. Seuls les acides gras libres, les monoglycérides et le cholestérol sont absorbables par l’intestin. La digestion des lipides passe par ces étapes :

  1. Emulsification des triglycérides. Une émulsion est un mélange non homogène avec deux substances liquides non miscibles (eau et huile par exemple). L’émulsification consiste à disperser les lipides dans la phase aqueuse sous forme de petites gouttelettes lipidiques. Les sels biliaires sont responsables de cette étape. L’émulsification va rendre les lipides accessibles à la lipase pancréatique.

  2. Hydrolyse des lipides dans la lumière de l’intestin. Ils sont digérés par la triglycéride lipase (une enzyme pancréatique) qui les hydrolyse en 2-monoacyglycérol et 2 acides gras. Ce processus est régulée par les hormones (adrénaline, noradrénaline, glucagon).

  3. Formation des micelles. Les sels biliaires dispersent les produits de l’hydrolyse des lipides qui vont former les micelles.

  4. Absorption des micelles dans les cellules intestinales (entérocytes). Les entérocytes synthétisent des triglycérides à partir des acides gras libre et des monoglycérides. Ces triglycérides nouvellement synthétisés sont emballés sous forme de chylomicron.  Le chylomicron constitue une lipoprotéine qui est responsable du transport des lipides au sein de l’organisme humain et sera exporté par le système lymphatique vers les cellules adipeuses qui stockent la graisse.

digestions lipides graisses trigycérides nanocellulose

Les nanofibres de cellulose et la réduction de l’absorption intestinale des triglycérides chez les rats

Les chercheurs de l’Université d’Harvard ont testé l’effet de l’insertion de nanocellulose provenant de fibres de bois dans une crème épaisse (33% de gras) et de la mayonnaise (77% de gras). Ces nanofibres avaient un diamètre moyen de 50 nm et 80 nm et 25 nm pour les nanocristaux de cellulose.

Nanofibres cellulose lipides lipase metabolisme digestionDans une première expérience in vitro de digestion artificielle des triglycérides, ils ont testé l’effet des nanomatériaux sur l’hydrolyse des triglycéride par la lipase (étape nécessaire à l’absorption des acides gras):

  • les 3 tailles de nanofibres de cellulose : effet significatif de réduction du % d’acides gras hydrolysés. La fibre CNF-50 de 50 nm a eu l’effet le plus important avec une réduction de 48,4% de l’hydrolyse des acides gras par rapport au contrôle (p<0.0001). Le contrôle était de ne pas ajouter de cellulose.

  • les microfibres de cellulose : augmentation de 38.4% de l’hydrolyse des acides gras

  • l’Orlistat un inhibiteur de la lipase (contrôle positif) : inhibition de l’hydrolyse des triglycérides comme attendu

Cette expérimentation in vitro semble montrer que l’addition de nanocellulose à un produit alimentaire gras pourrait réduire l’absorption du gras à travers une diminution de l’hydrolyse des triglycérides.

Étude animale

triglycéride rat nanocellulose nanomatériauxDes rats males Wistar Han ont reçu de la crème (10 mL/kg) avec ou sans nanocellulose directement dans leur estomac via une aiguille. 24h avant l’expérience, les rats avaient jeuné. Les niveaux en triglycérides ont été mesurés avant et 1,2 et 4h après le gavage.

Au bout de 2h, les rats qui ont reçu de la crème avec de la nanocellulose (CNF+) ont eu l’augmentation du taux de triglycéride sérique était 36% moins importante que ceux qui ont simplement reçu de la crème.

Au bout de 4h, les taux de triglycéride étaient similaires dans les 2 groupes.

Les hypothèses sur les mécanismes biologiques impliqués

Les chercheurs ont analysé par microscopie électronique les digestats et ils ont constaté que les gouttelettes lipidiques semblent s’agglomérer autour des fibres nanométriques et former des ponts en présence de nanocellulose. Les nanocelluloses pourrait promouvoir la coalescence et/ou la floculation des gouttelettes lipidiques, c’est-à-dire une agrégation des gouttelettes (l’inverse de l’émulsification, l’étape nécessaire à l’absorption des triglycérides dans les cellules intestinales). Cela pourrait réduire la surface d’attache à laquelle l’enzyme de digestion des triglycérides (lipase) pourrait se lier (les triglycérides ont besoin d’être sous forme de mini gouttelette en émulsion pour être absorbés).

En outre, les auteurs ont émis l’hypothèse d’un autre mécanisme clé : l’action de la lipase serait réduite à cause de la séquestration des sels biliaires (requis pour la fixation de la lipase pour la digestion) par les nanofibres. Cette séquestration pourrait ralentir la digestion TG en réduisant la solubilisation des graisses qui dépend des sels biliaires et en éliminant les acides gras libres et les monoacylglycérols des surfaces des gouttelettes lipidiques.

Des risques pour la santé ?

La nanocellulose semble sans danger pour l’environnement mais des études récentes ont souligné une toxicité non nulle des nanofibres de cellulose et de la nanocellulose cristalline.

L’étude de Harper (2016) portait sur une exposition de 5 jours de 0,2 à 200 mg/L de nanocellulose cristalline et de 2 à 250 mL/L de nanofibres de cellulose sur des embryons de poisson-zèbre. Les auteurs ont conclu que la toxicité sur le développement et la mortalité des embryons sont très faibles pour ces deux matériaux. Ils estiment également que cette toxicité est modifiable par la nanocellulose cristalline à cause de ses propriétés agglomérantes, ce qui reste à investiguer.

Cette nanocellulose pourrait être incorporée comme futur additif alimentaire afin de contrôle l’absorption des graisses et limiter la prise de poids. Il reste à évaluer son inocuité. Des études additionnelles animales et humaines sont nécessaires pour valider ces résultats et mieux comprendre les mécanismes sous-jacents.

Pour suivre les autres actualités du blog ou en apprendre plus sur les controverses alimentaires, santé et environnement, un petit like ou sur Twitter :

Sources :

DeLoid GM et al. Reducing Intestinal Digestion and Absorption of Fat Using a Nature-Derived Biopolymer: Interference of Triglyceride Hydrolysis by Nanocellulose. ACS Nano. 2018 Jun 12.

L’étude de Nordli (2016) portait sur la toxicit de nanofibres de cellulose sur des cellules de peau humaine. Après 6 à 24h d’incubation, les fibroblastes et les kératinocytes ont eu une diminution de l’activité métabolique mais aucune mortalité cellulaire n’est apparue.

Nordli et al. Producing Ultrapure Wood Cellulose Nanofibrils and Evaluating the Cytotoxicity Using Human Skin Cells. Carbohydrate Polymers 150 · April 2016

Harper BJ et al (2016). Impacts of chemical modification on the toxicity    of    diverse    nanocellulose    materials    to    developing zebrafish. Cellulose, vol. 23:p1763

Ressources Naturelles Canda – Nanocellulose crystalline. 2016-02-02

Kafy A et al. Cellulose long fibers fabricated from cellulose nanofibers and its strong and tough characteristics. Scientific Reportsvolume 7, Article number: 17683 (2017) https://www.nature.com/articles/s41598-017-17713-3#Sec7

Marzena Jedrzejczak-Krzepkowska et al. Chapter 2 – Bacterial NanoCellulose Synthesis, Recent Findings. Bacterial Nanocellulose From Biotechnology to Bio-Economy 2016, Pages 19-46

 

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