Quoi dans mon assiette http://quoidansmonassiette.fr Actualités en sciences, alimentation et santé - Uniquement basé sur des publications scientifiques ! Sun, 17 Jun 2018 20:21:41 +0000 fr-FR hourly 1 http://quoidansmonassiette.fr/wp-content/uploads/2016/03/cropped-cropped-Head-logo-Quoi-dans-mon-assiette-2-32x32.jpg Quoi dans mon assiette http://quoidansmonassiette.fr 32 32 L’obésité reste un facteur de risque favorisant les maladies cardiovasculaires même avec une « bonne santé métabolique » http://quoidansmonassiette.fr/lobesite-reste-facteur-de-risque-favorisant-les-maladies-cardiovasculaires-meme-avec-une-bonne-sante-metabolique/ http://quoidansmonassiette.fr/lobesite-reste-facteur-de-risque-favorisant-les-maladies-cardiovasculaires-meme-avec-une-bonne-sante-metabolique/#respond Wed, 13 Jun 2018 06:05:33 +0000 http://quoidansmonassiette.fr/?p=3111 Une nouvelle étude dans The Lancet Diabetes & Endocrinology Journal confirme que l’obésité reste un facteur majeur de risque de maladies cardiovasculaires (MCV), même si la santé métabolique (hypertension ou diabète de type 2) est maintenue au cours d’une longue période. Le risque de MCV était accru pour les femmes avec des troubles du métabolisme. Le Prof. Matthias Schulze du German Institute of Human Nutrition Potsdam-Rehbruecke conclut que l’obésité même sans trouble métabolique n’est pas une condition saine.

syndrome métabolique schemaLes troubles du métabolisme

Le syndrome métabolique est caractérisé par plusieurs anomalies métaboliques:

  • un embonpoint abdominal
  • un taux de triglycéride élevé
  • une glycémie élevée
  • de l’hypertension
  • un faible taux de cholestérol HDL

Généralement l’obésité (avoir un IMC supérieur à 30 kg/m²) affecte tous les facteurs de risque de maladies cardiovasculaires comme la pression sanguine, le contrôle de la glycémie, la graisse abdominale (des composantes du syndrome métabolique). Cependant un tiers des personnes obèses pourraient ne pas avoir ces troubles métaboliques et être « métaboliquement saines ».

Ces chercheurs ont voulu savoir si le maintien ou des changements du statut métabolique peut modifier l’incidence de maladies cardiovasculaires dans diverses catégories d’individus : normaux, en surpoids et obèses.

Effet du statut métabolique sur l’incidence de maladies cardiovasculaires

Métabolisme obesite lancet
Quelque soit l’IMC, les participantes avaient tendance à acquérir des anomalies du métabolisme au cours de ces 30 ans

L’étude Nurses’ health Study (NHS) porte sur 121 701 infirmières américaines âgées de 30-55 ans entre 1980 et 2010. Au final, 90 257 participantes ont été inclues. Les individus qui ont déjà eu avant le début de l’étude un cancer ou des maladies cardiovasculaires ont été exclus. Les informations ont été recueillies par des questionnaires envoyés tous les 2 ans.

Plusieurs facteurs de confusion ont été pris en compte l’âge, l’origine ethnique, le niveau d’éducation, la consommation d’alcool, le tabac, le statut ménopause, l’utilisation de traitement hormonal, l’utilisation de l’aspirine, les antécédents familiaux de maladies cardiovasculaires, l’utilisation d’aspirine, l’activité physique. Être en mauvaise santé métabolique était défini par le fait d’avoir au moins un de ces troubles : diabète de type 2, hypertension et taux de cholestérol élevé.

Pendant les 24 ans de suivi, 6 306 nouveaux cas de maladies cardiovasculaires ont été identifiés.

Pendant les 20 ans, 84% des obèses sans trouble métabolique ont acquis au moins un symptôme du syndrome métabolique. Et parmi, les femmes en statut pondéral normal et sans trouble métabolique, 68% ont eu un trouble du métabolisme.

Parmi les femmes avec un IMC normal, avoir un trouble du métabolisme multiplie par 2,43 (HR=2.43 [2.19-2.68]) le risque d’avoir une maladie cardiovasculaire en comparaison avec des participants en bonne santé métabolique.

Les femmes obèses sans problème métabolique ont également un risque accru de +39% (HR=1.39 [1.15-1.68]). L’obésité est donc un facteur de risque indépendamment des troubles métaboliques.

Les individus obèses avec un syndrome métabolique avaient l’augmentation la plus élevée du risque de MCV x3,15 par rapport aux non-obèses sans anomalie métabolique.

effet métabolisme risque maladie cardiovasculaire

Maintenir un statut métabolique sain reste un challenge en particulier pour les obèses mais également pour les personnes avec un poids normal.

Cependant cette étude reste observationnelle, il est donc impossible de conclure à la causalité. Les résultats ne sont pas généralisables aux hommes ni aux autres ethnies parce que cette cohorte ne comportait que des femmes européennes.

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Source :

Nathalie Eckel, Yanping Li, Olga Kuxhaus, Norbert Stefan, Frank B Hu, Matthias B Schulze. Transition from metabolic healthy to unhealthy phenotypes and association with cardiovascular disease risk across BMI categories in 90 257 women (the Nurses’ Health Study): 30 year follow-up from a prospective cohort study. The Lancet Diabetes & Endocrinology, 2018; DOI: 10.1016/S2213-8587(18)30137-2



L’obésité reste un facteur de risque favorisant les maladies cardiovasculaires même avec une « bonne santé métabolique »







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Quel est le coût environnemental de la production alimentaire : de nouvelles estimations avec cette étude publiée dans Science ? http://quoidansmonassiette.fr/quel-est-cout-environnemental-de-production-alimentaire-etude-science/ http://quoidansmonassiette.fr/quel-est-cout-environnemental-de-production-alimentaire-etude-science/#comments Fri, 08 Jun 2018 08:27:08 +0000 http://quoidansmonassiette.fr/?p=3096 Réduire sa consommation de viande et de produits laitiers serait une des approches pour réduire son empreinte environnementale d’après l’équipe de l’Université d’Oxford. Ces chercheurs ont effectué une méta-analyse de 570 études datant de 2000 à 2016 (en moyenne de 2010). Ces données couvrent 38 700 fermes dans 119 pays et sur 40 produits alimentaires représentant 90% des consommations mondiales en protéines et en énergie.

5 indicateurs d’impact environnemental ont été utilisés :

  • l’utilisation des terres
  • l’utilisation des ressources en eau
  • les émissions de gaz à effet de serre (GES)
  • l’acidification
  • les émission d’eutrophisation

L’impact environnemental de la chaîne alimentaire

Aujourd’hui la chaîne alimentaire crée environ 13,7 milliards de m3 de CO2 équivalent, soit 26% des émissions humaines de gaz à effet de serre. La production alimentaire serait à l’origine de 32% de l’acidification des terres mondiale et 78% de phénomène d’eutrophisation. L’eutrophisation est la dérégulation des processus et cycles écologiques suite à un apport excessif de substances nutritives, principalement azote et phosphore. Cet excès de nutriment peut par exemple mener à une prolifération des algues et l’asphyxie des milieux aquatiques. Ces émissions de GES altèrent les écosystèmes et participent à la réduction de la biodiversité à travers le changement climatique.

L’agriculture représente 61% des émissions de gaz à effet provenant des aliments, 79% de l’acidification et 95% de l’eutrophisation (Poore 2018). La production alimentaire nécessite des ressources en eau, en énergie (travail des champs, production des intrants, chauffage des serres, transformation alimentaire, la distribution…), de matières premières (pour la production d’engrais et pesticides et l’élevage et la production végétale). L’érosion de la biodiversité et des sols est due à des surfaces importantes de monoculture intensive.

Les terres agricoles couvrent 43% des terres (en dehors des déserts). Sur ces terres agricoles, 87% servent à produire des aliments, 13% pour les biocarburants et des usages non alimentaires comme la culture textile.

schéma chaine agroalimentaire environnement impact

Des disparités mondiales en pratiques agricoles

L’impact environnemental peut varier d’un facteur 50 parmi les producteurs d’un même aliment. Les produits animaux avec un impact environnemental le plus faible ont quand même une empreinte carbone plus importante que les produits d’origine animale.

La superficie des terres agricoles peut varier de 0,5 hectares au Bangladesh à 3000 hectares en Australie. L’utilisation des engrais minéraux varie de 1kg/ha au Uganda à 300 kg/ha en Chine. Cette étude dans Science a compilé plusieurs études de cycle de vie (Lice Cycle Assessment) qui permettent de traduire les données de production en impacts environnementaux. Une analyse du cycle de vie selon les normes ISO 140410 et 1044 se compose de 4 étapes :

  1. Définition des objectifs et du champ de l’étude : évaluer l’impact de la chaîne alimentaire sur l’utilisation des ressources environnementales
  2. Inventaire de cycle de vie, recenser les flux de matières et d’énergies entrants et sortants : ici les émissions de gaz à effet de serre (GES) en CO2 équivalents
  3. Évaluation des impacts à partir d’indicateurs (« midpoints »)
  4. Interprétation et analyse de la robustesse des résultats

Ici le gaspillage alimentaire du consommateur n’a pas été pris en compte à cause de la trop grande variabilité

Impact environnemental très variable

production lait viande impact environnemental volailleLa production de porc, volaille et de lait est corrélée à l’acidification et l’eutrophisation(R²≤54%).

Si on prend la production de bœuf, le 90ème percentile de production des GES venant du bœuf est de 105 kg CO2 eq et utilise 370 m² de terre pour 100g de protéines. Cette production de GES est 12 à 50 fois plus importante que les impacts environnementaux au 10ème percentile du bœuf, d’où d‘énormes disparités de pratiques agricoles pour produire le même aliment. Cependant, la production de bœuf la plus respectueuse de l’environnement reste quand même plus polluante que la production de pois ou de haricots avec 0,3 kg de CO2 eq et 1 m² de terre.

Two things that look the same in the shops can have extremely different impacts on the planet. We currently don’t know this when we make choices about what to eat. Further, this variability isn’t fully reflected in strategies and policy aimed at reducing the impacts of farmers »

Ces variations importantes d’empreintes environnementales pour la production d’un même aliment (du bœuf ici) montrent de différences d’utilisations des ressources liées aux systèmes agricoles.

Pour les céréales (blé, maïs et riz), il y a également une différence élevée (x3) entre le 10ème percentile et le 90 percentile des impacts environnementaux, ce qui illustre une variabilité de pratiques culturales.

Emissions gaz à effet de serre
Ces graphiques concernent les processus de transformation post-exploitations « processing »

Les chercheurs signalent que certains producteurs et productions ont des impacts particulièrement importants ce qui pourrait en faire une cible privilégiée pour diminuer leurs effets sur l’environnement (graphiquement les distributions des GES sont asymétriques à cause des impacts environnementaux les plus importants). Pour 100g de protéines, concernant les processus de transformation (post-production/post-exploitation), le bœuf produit 1 120g de CO2 éq, le mouton 710g de CO2 éq, la volaille 450g de CO2 éq et le fromage 340g de CO2 éq. Le tofu est à 490g de CO2 éq et les arachides à 170g de CO2 éq.

Produire 1 L de boisson à base de soja émets plus de GES (160 en moyenne) qu’émettre 1L de lait.

Les auteurs recommandent des changements de pratiques agricoles comme l’agriculture de conservation ou l’agriculture biologique.

L’agriculture de conservation a été officiellement définie par la FAO en 2001, comme reposant sur trois grands principes : couverture maximale des sols, absence de labour, rotations longues et diversifiées.

L’agriculture biologique se fonde sur un certain nombre de principes et de pratiques pour réduire au minimum notre impact sur l’environnement.

Ce cahier des charges inclut :

  • la rotation des cultures, fondement même d’une utilisation efficace des ressources du sol
  • des limites très strictes sur l’utilisation de produits phytopharmaceutiques, engrais de synthèse, antibiotiques, additifs, auxiliaires de transformation
  • l’interdiction des OGM
  • l’utilisation des ressources de la ferme comme le fumier ou des aliments produits sur place pour les animaux d’élevage
  • le choix d’espèces végétales et animales résistantes aux maladies et adaptées aux conditions locales
  • l’élevage en plein air et en libre parcours et l’alimentation des animaux d’élevage avec des aliments d’origine biologique

Pollution au niveau de l’industrie, de la distribution et du transport

Les transformateurs, les distributeurs et les détaillants peuvent substantiellement réduire leurs propres impacts. Pour tout produit, les émissions post-agricoles au 90e percentile sont 2 à 140 fois plus élevées que les émissions du 10e percentile, ce qui indique un important potentiel d’atténuation. Par exemple pour 1L de bière,  les bouteilles envoyées dans les décharges produisent 450 à 2500g de CO2. Les chercheurs encouragent à des emballages plus durables et invite à faire un retour à ces transformateurs.

Production de GES par la fermentation entérique

Les animaux consomment environ 30% de la production de céréales. L’élevage peut paraître peu efficient mais il permet de transformer des protéines de qualité médiocre en protéine de bonne qualité. Les chercheurs proposent d’améliorer la gestion des prairies pour stocker le carbone.

Les émissions brutes de GES par les animaux n’intègrent pas l’aptitude des prairies à séquestre le carbone. Les prairies peuvent compenser 25-50% des émissions de GES. Cependant, cela ne sera pas suffisant si les productions animales continuent d’augmenter.

Le bétail produit des GES par fermentation entérique.

Les consommateurs également acteurs

scenario sans viande produits animaux GESCôté consommateurs, exclure les produits animaux ferait diminuer l’utilisation des ressources en terres de 76% (3,1 milliards d’ha), l’émission de CO2 eq pour les aliments de 49%, l’acidification des milieux de 50%, l’eutrophisation de 49% et l’utilisation des ressources en eau potable de 19% (par rapport à 2010 comme année de référence).

La consommation de viande aux états Unis est 3 fois plus importante que la consommation moyenne mondiale.

Dans un 2ème scénario où la consommation de produits animaux est divisée par deux en remplaçant par des produits végétaux. Cela permet d’atteindre des réductions de 67% pour les ressources en terres, 64% pour l’acidification et 55% pour l’eutrophisation.

Plusieurs solutions sont envisagées telles que mieux redistribuer les ressources animales, puisque nous produisons assez d’aliments pour nourrir tout le monde. Limiter les pertes et gaspillage en particulier dans les pays « occidentaux » est également important.

Dans le pays occidentaux on peut réduire notre consommation globale de protéines de 15-20% sans préjudice pour la santé

Développer la production de nouvelles sources de protéines qui impactent moins sur l’environnement(insectes, algues, microalgues, …) sont des alternatives aux protéines d’origine animale

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Source:

J. Poore, T. Nemecek. Reducing food’s environmental impacts through producers and consumers. Science  01 Jun 2018: Vol. 360, Issue 6392, pp. 987-992 DOI: 10.1126/science.aaq0216


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Glyphosate, cancérigène ou pas ? Pourquoi les avis scientifiques divergent entre le CIRC et les autres agences ? http://quoidansmonassiette.fr/glyphosate-cancerigene-pourquoi-les-avis-scientifiques-divergent-entre-circ-autres-agences/ http://quoidansmonassiette.fr/glyphosate-cancerigene-pourquoi-les-avis-scientifiques-divergent-entre-circ-autres-agences/#comments Sat, 02 Jun 2018 08:43:18 +0000 http://quoidansmonassiette.fr/?p=3072 glyphosate molecule structureBien que le glyphosate soit sans doute devenu le pesticide le plus « célèbre », voici un petit rappel de son histoire qui déchaîne les passions.

Le glyphosate est un herbicide non sélectif absorbé par les feuilles et qui a une action sur toute la plante. Il permet d’empêcher le développement des adventices. Les principales cultures concernées sont le colza, le pois, les céréales, le maïs et la pomme de terre.

Il a été breveté par Monsanto sous la marque RoundUp en 1974. En 2000, il est passé dans le domaine public.

Le mécanisme d’action et la toxicocinétique du glyphosate

glyphosate mecanisme d'actionLe glyphosate a également ce petit nom sympathique de N-(phosphonomethyl)glycine. Le glyphosate inhibe l’EPSP synthase (5-énolpyruvylshikimate-3-phosphate synthase). L’EPSP synthase intervient dans la voie de synthèse shikimate qui permet la biosynthèse ensuite de la phénylalanine, de la tyrosine ou du tryptophane.

Le produit commercial MON 52276 contient environ 360g/L de glyphosate (ingrédient actif).

D’après l’EFSA (Autorité Européenne de Sécurité Alimentaire), le glyphosate est rapidement absorbé de façon incomplète (15-40%) après ingestion orale. Chez le rat, l’absorption est de 15-36% (ANSES). Après 48h, 20% est rejeté dans les urines et le reste dans les fèces. Le glyphosate est ensuite peu métabolisé. Le principal produit de dégradation est l’acide aminométhylphosphonique (AMPA) qui est retrouvé majoritaire dans les urines.

L’EFSA a proposé une dose aiguë de référence (ArfD) de 0,5 mg/kg pc et une dose journalière acceptable de 0,5 mg/kg pc/j pour les consommateurs. D’après l’estimation de l’exposition de l’EFSA, les jeunes enfants seraient exposés au maximum à 19% de la DJA. La dose journalière admissible est la quantité estimée d’une substance présente dans les aliments ou dans l’eau potable qui peut être consommée pendant toute la durée d’une vie sans présenter de risque appréciable pour la santé.

Le glyphosate est très soluble dans l’eau mais avec un faible potentiel de volatilisation à partir du sol ou l’eau. Le glyphosate peut facilement s’adsorber au sol et dans les sédiments.

Classement en cancérigène par le CIRC

En 2015, le Centre International de Recherche contre le Cancer (IARC en anglais) déclarait le glyphosate probablement cancérigène pour l’Homme (groupe 2A). Depuis le débat sur le caractère cancérigène du glyphosate et plus globalement les effets potentiels néfastes sur la santé est ouvert. De plus, le renouvellement du glyphosate a notamment été remis en question avec l’initiative citoyenne européenne (ICE) «Interdire le glyphosate et protéger la population et l’environnement contre les pesticides toxiques». La commission européenne a répondu par plus de transparence et de qualité dans les futures études et  les évaluations de risque. Les mécanismes biologiques incriminés sont la génotoxicité et l’induction de stress oxydatif.

D’après l’US EPA, les effets de toxicité aiguë (sur le poids, les yeux, le foie et les reins) commencent à partir de plus de 1000 mg/kg/jour.

Qui évalue les pesticides dans l’UE ?

Avant d’autoriser un pesticide dans l’UE, la substance active du pesticide doit être évaluée. Une demande d’approbation d’une substance active est soumise à un État Membre (EM) rapporteur. Cet EM vérifie que la demande est admissible puis l’État Membre prépare un rapport d’évaluation qu’il partage avec l’EFSA, le reste de l’UE et la Commission Européenne. Ensuite l’EFSA (European Food Safety Authority) organise une évaluation des risques avec une consultation des Etats Membres et publique (des parties prenantes). L’EFSA organise une consultation finale avant de publier son avis. Un projet de décision est ensuite proposé à la Commission qui approuve ou rejette cette substance. Chaque membre de l’UE peut ensuite interdire ou autoriser le pesticide dans son propre pays.

Dans le cas du glyphosate, l’Allemagne était le membre rapporteur pour réévaluer le glyphosate. Après examen de l’EFSA, le glyphosate n’a pas été classé comme substance cancérigène. Seule la Suède n’était pas d’accord.

chronologie glyphosate 2 filigrane

 

Le renouvellement de l’autorisation du RoundUp

L’autorisation du glyphosate avait pris fin en Juin 2016. Depuis l’UE a voté la prolongation de 5 an du glyphosate en Novembre 2017. Dix-huit pays ont ainsi voté en faveur de la proposition : l’Allemagne, la Bulgarie, le Danemark, l’Estonie, l’Espagne, la Finlande, l’Irlande, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Slovaquie, la Slovénie, les Pays-Bas, la Pologne, la République Tchèque, la Roumanie, le Royaume-Uni et la Suède. Neuf pays s’y sont opposés : l’Autriche, la Belgique, Chypre, la Croatie, la France, la Grèce, l’Italie, le Luxembourg et Malte. Le Portugal s’est abstenu.

En France, 9100 tonnes de glyphosate étaient utilisées en 2016 (INRA).

Ce mardi 29 Mai, le parlement a rejeté l’amendement d’interdiction du glyphosate d’ici 3 ans soutenu par Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique avec une faible participation (85 votants sur 577 députés !!).

De nombreuses évaluations des risques du glyphosate

Depuis l’évaluation du danger de l’IARC, les opinions divergentes se sont multipliées. Les agences sanitaires Nationales en France (ANSES), en Allemagne (BfR), en Autriche, au Japon (FSCJ), aux Etats-Unis (US-EPA), au Canada (Health Canada), européenne (ECHA et EFSA) et internationales (FAO) ont déclaré que le glyphosate (substance active) n’est probablement pas cancérigène ni génotoxique. L’EFSA a réévalué le glyphosate pour l’aspect perturbateur endocrinien et a conclu par pas d’effets œstrogéniques.

La principale étude épidémiologique Amérique d’ampleur sur le glyphosate

De plus, l’étude de cohort Agricultural Health Study suit des travailleurs agricoles dans l’Iowa et dans la Caroline du Nord (une des principales études épidémiologiques dans le monde sur les agriculteurs et pesticides). Cette étude n’a pas identifié de liens entre l’exposition au glyphosate et une augmentation de l’incidence des cancers au global ni des myélomes multiples (RRadj =2.6 [0.7-9.4] ; De Roos et al. 2005 ), ni avec le lymphome non-Hodgkinien (Andreotti G et al. 2018).

Glyphosate agences scientifiques européennes avis opinion scientific filigrane

Pourquoi il y a-t-il des divergences d’opinions scientifiques ?

La substance étudiée

Le glyphosate peut être étudié de différentes manières :

  • En tant que substance active seule
  • En formulation commerciale
  • Avec adjuvant comme le surfactant (POEA)

L’IARC (International Agency for Research on Cancer) a surtout évalué le glyphosate en formulation commerciale alors que l’EFSA et d’autres agences nationales se sont intéressées au glyphosate en tant que substance active pure.

Le choix d’inclusion des études

Des différences d’analyses portent également sur la prise en compte de certaines études. L’IARC a inclu toutes les études in vitro et in vivo comprenant des espèces non mammifères alors que les autres agences se sont souvent restreintes aux études in vitro et in vivo mammifères et suivant les lignes directrices de l’OECD/GLP (sorte de validation internationale). Aucune étude avec critère OECD n’a montré d’effet significatif de génotoxicité ou de risque de cancer accru chez les animaux.Pour la cancérogénicité, l’ECHA a inclus plus d’études que l’IARC (9 vs 5 pour les rats et 5 vs 2 pour les souris).

Une autre différence majeure est que les agences nationales et européennes ont utilisé les études non publiées (y compris financées par l’industrie) dans l’évaluation des risques alors que l’IARC s’est restreinte à la littérature publique publiée. En effet, dans le règlement CLP, il peut être demandé à l’industriel certaines études de toxicité expérimentales pour la demande d’autorisation de la substance chimique. L’évaluation européenne se base également sur des études expérimentales requises par le règlement CE n°1107/2009 concernant la mise sur le marché des phytopharmaceutiques.

Différences d’interprétations statistiques

L’EFSA   souligne   également   les   divergences   d’interprétation   des   analyses   statistiques   utilisées  pour  évaluer  les  données  de  cancérogénicité  expérimentale  et  l’utilisation  des  données relatives aux témoins historique. Par exemple, l’IARC a identifié une tendance positive cancérigène dans 2 études de souris considérées comme non significative par l’EFSA.Pour les études épidémiologiques, les biais de confusion ne peuvent être exclus. Et les associations dans les études cas-témoins ne sont pas consistantes.

Différences en terme d’évaluations

Une dernière différence d’analyse est que le Centre International de Recherche contre le Cancer effectue une évaluation du danger de cancérogénicité alors que les autres agences réalisent une analyse de risque. Or il ne faut pas confondre risque et danger. Un danger est un dommage d’un agent physique, chimique ou biologique (un requin ou la foudre par exemple). Un risque est une probabilité de survenue ou de réalisation d’un danger suite à une exposition (qui dépend de l’occurrence, des protection, de l’absorption…). Le risque serait de nager en mer près d’un requin ou de s’abriter sous un arbre pendant l’orage.

L’agence Autrichienne écrivait « Le rôle du CIRC n’est pas d’examiner comment un produit chimique formulé est utilisé ou comment l’exposition humaine peut être minimisée en suivant les consignes de sécurité figurant sur l’étiquette d’un produit. Cela signifie que les conclusions du CIRC ne peuvent être directement comparées aux évaluations effectuées par les autorités de réglementation aux fins de l’approbation ou de l’homologation d’un produit antiparasitaire.« 

L’affaire des Monsanto Paper

Une lettre ouverte de 96 scientifiques (menée par le Prof. Portier) a été envoyé au commissaire européen pour la santé en novembre 2015. Cette lettre soulève des objections sur les conclusions de l’EFSA

Certains experts de l’EFSA, l’ECHA et le BfR sont accusés de conflits d’intérêts avec Monsanto. Au parlement européen en octobre 2017, la journaliste américaine Carey Gillam a accusé Monsanto de lobbying sur les agences européennes et américaine et surtout de ghostwritting. Sa présentation powerpoint est ici: http://www.emeeting.europarl.europa.eu/committees/agenda/201710/ENVI/ENVI(2017)1011_1P/sitt-7163493

Le ghostwriting est une pratique de lobbying qui est initialement utilisée dans le domaine de la médecine et pharmacie. Cela consiste à utiliser des experts plus ou moins reconnus pour faire publier en leur nom des articles créés par des agences de contenus spécialisées. Le ghostwriter ou auteur fantôme est alors l’individu ayant écrit en sous-main l’article.

monsanto paper copy report EFSA
Capture de la présentation montrée au Parlement Européen

Les agences sont critiquées pour leur manque de transparence (par exemple connaître la liste de tous les experts et leurs potentiels conflits d’intérêts et par rapport aux études non publiées de l’industrie).

L’IARC est également critiquée pour le fait de ne pas avoir pris en compte l’étude épidémiologique de l’AHS (Agricultural Health Study) qui n’a pas identifié d’association entre le cancer et le glyphosate sur  57 311 agriculteurs suivis pendant 20 ans.

Quelles sont les alternatives proposées par l’INRA?

L’INRA a remis son rapport au gouvernement français en et propose comme alternatives :

  • Le désherbage mécanique et le travail superficiel du sol
  • Le labour
  • Optimiser le choix des espèces
  • la culture sous mulchs vivants
  • Utilisation d’autres herbicides autorisés (mais l’INRA précise que les risques toxicologiques pourraient être plus importants)

Au final, l’interdiction du glyphosate va imposer des changements profonds aux agriculteurs.

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Sources:

EFSA (European Food Safety Authority), 2015. Conclusion on the peer review of the pesticide risk assessment of the active substance glyphosate. EFSA Journal 2015; 13(11):4302, 107 pp

ECHA (European Chemicals Agency). Committee for Risk Assessment RAC Opinion proposing harmonised classification and labelling at EU level of glyphosate Adopted 15 March 2017

German Federal Institute for risk assessment (BfR). Assessment of the BfR concerning epidemiological studies on carcinogenic effects of glyphosate in the context. 28 September 2015

of the EU active substance . 28 september 2015. http://www.bfr.bund.de/cm/349/assessment-of-the-bfr-concerning-epidemiological-studies-on-carcinogenic-effects-of-glyphosate-in-the-context-of-the-eu-active-substance-view.pdf

US EPA  Glyphosate Draft Human Health Risk Assessment for Registration Review, December 12, 2017 https://www.regulations.gov/document?D=EPA-HQ-OPP-2009-0361-0068

ANSES. AVIS de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail relatif à la saisine glyphosate n° 2015-SA-0093. 9 février 2016 https://www.anses.fr/fr/system/files/SUBCHIM2015sa0093.pdf

Environnemental Protection Authority (EPA). Review of the Evidence Relating to  Glyphosate and Carcinogenicity, August 2016. https://www.epa.govt.nz/assets/Uploads/Documents/Everyday-Environment/Publications/EPA-glyphosate-review.pdf

Health Canada. Pest Management Regulatory Agency. Re-evaluation Decision RVD2017-01, Glyphosate. 28 April 2017 https://www.canada.ca/en/health-canada/services/consumer-product-safety/reports-publications/pesticides-pest-management/decisions-updates/registration-decision/2017/glyphosate-rvd-2017-01.html#a1

FAO Specifications and evaluations for agricultural pesticides. Glyphosate. May 2016. http://www.who.int/foodsafety/jmprsummary2016.pdf

Food Safety Commission of Japan (FSCJ). Risk Assessment Report: Pesticides. Glyphosate Volume 4 (2016) Issue 3 Pages 93-102 https://www.jstage.jst.go.jp/article/foodsafetyfscj/4/3/4_2016014s/_article

Australian Pesticides and Veterinary Medicines Authority APVMA. Final regulatory position: Consideration of the evidence for a formal reconsideration of glyphosate March 2017 https://apvma.gov.au/sites/default/files/publication/26561-glyphosate-final-regulatory-position-report-final_0.pdf

Andreotti et al. Glyphosate Use and Cancer Incidence in the Agricultural Health Study, Journal of the National Cancer Institute, 9 novembre 2017.

De Roos Aj et al. Cancer incidence among glyphosate-exposed pesticide applicators in the Agricultural Health Study. Environ Health Perspect. 2005 Jan;113(1):49-54.

Reboud   X. et al,2017.Usages   et   alternatives   au   glyphosate   dans   l’agriculture   française. Inra à la saisine Ref TR507024, 85 pages. https://inra-dam-front-resources-cdn.brainsonic.com/ressources/afile/418764-9a25d-resource-resume-executif-rapport-glyphosate-inra.pdf


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Le Glyphosate cancérigène d’après le CIRC ? La polémique en un coup d’œil (infographie) http://quoidansmonassiette.fr/glyphosate-cancerigene-dapres-circ-polemique-en-un-coup-doeil-infographie/ http://quoidansmonassiette.fr/glyphosate-cancerigene-dapres-circ-polemique-en-un-coup-doeil-infographie/#respond Sat, 02 Jun 2018 08:42:22 +0000 http://quoidansmonassiette.fr/?p=3088 Le Glyphosate, herbicide de Monsanto a été classé « probablement cancérigène » en 2015 par le Centre International de Recherche contre le Cancer (CIRC). Depuis d’autres agences ont évalué ce pesticide comme l’EFSA (Autorité Européenne de Sécurité Alimentaire) et l’ECHA (Agence Européenne des Produits Chimiques) et ont rendu des avis divergents.
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Voici en un coup d’œil comment comprendre cette histoire :

glyphosate infographie cancerigène IARC CIRC EFSA ECHA cancer



Le Glyphosate cancérigène d’après le CIRC ? La polémique en un coup d’œil (infographie)





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Pourquoi le Dioxyde de Titane TiO2 (additif alimentaire E171) pourrait être interdit ? http://quoidansmonassiette.fr/pourquoi-dioxyde-de-titane-tio2-additif-alimentaire-e171-pourrait-etre-interdit/ http://quoidansmonassiette.fr/pourquoi-dioxyde-de-titane-tio2-additif-alimentaire-e171-pourrait-etre-interdit/#comments Wed, 30 May 2018 05:25:11 +0000 http://quoidansmonassiette.fr/?p=3056  

Le dioxyde de titane TiO2 est un additif utilisé comme colorant blanc dans l’alimentaire ou la cosmétique. Récemment une étude française de l’INRA a montré que cet additif alimentaire E171 pourrait avoir des effets promoteurs potentiels de la cancérogenèse chez des rats. C’est pourquoi la France a demandé à la Commission Européenne de suspendre l’utilisation du dioxyde de titane et de réévaluer ses effets par l’Autorité Européenne de Sécurité Alimentaire (EFSA).

Qu’est-ce que le dioxyde de titane ?

L’additif alimentaire TiO2 a été autorisé en 1969 dans l’Union Européenne comme colorant. Ce pigment blanc est utilisé dans l’alimentaire comme enrobage lisse (les sauces, le chewing-gum, glaçage, les cookies et bonbons) et également en cosmétique dans les crèmes solaires comme filtre UV, dans les déodorants comme antibactérien, dans les dentifrices comme colorant. Il est présent dans certains textiles et peintures. Il sert également d’opacifiant pour les crèmes glacées et de texturant pour les yaourts.

Aux États-Unis, l’US FDA (Food and Drug Administration) l’a autorisé à hauteur de 1% du poids maximal du produit en 1966.

particules de dioxydes de titaneUn additif avec des nanoparticules

Le dioxyde de titane existe sous deux formes naturelles : le rutile et l’anatase (des formes minérales). Cet additif est un mix de microparticules (64%) et de nanoparticules (36%). Ces nanoparticules pourraient présenter un risque pour la santé. Cependant pour le moment, la toxicité et la toxicocinétique (ingestion, absorption) des nanomatériaux sont méconnues.

D’après le règlement Novel Food 2015/2283, les nanomatériaux  manufacturés sont définis comme « tout matériau produit intentionnellement présentant une ou plusieurs dimensions de l’ordre de 100 nm ou moins, ou composé de parties fonctionnelles distinctes, soit internes, soit à la surface, dont beaucoup  ont  une  ou  plusieurs  dimensions  de  l’ordre  de 100  nm  ou  moins,  y  compris  des   structures, des agglomérats ou des agrégats qui peuvent avoir une taille supérieure à 100 nm mais qui conservent des propriétés typiques de la nanoéchelle« 

Vers un ban pour risque de cancer ?

Le dioxyde de titane a été classé en 2010 comme peut-être cancérigène 2B par le Centre International de Recherche contre le Cancer (CIRC), c’est pourquoi des inquiétudes ont été soulevées suite à la consommation orale de TiO2.

Aucune Dose Journalière Admissible DJA n’avait été établie par le Comité sur les Additifs Alimentaires FAO/WHO (JECFA) à cause de la faible absorption, l’ insolubilité et l’absence d’accumulation dans les tissus et d’effets toxiques de ces nanoparticules de TiO2 à l’époque. La dose journalière admissible est la quantité estimée d’une substance présente dans les aliments ou dans l’eau potable qui peut être consommée pendant toute la durée d’une vie sans présenter de risque appréciable pour la santé.

L’EFSA souligne un manque de données et une faible absorption

L’EFSA a ré-évalué cet additif alimentaire en 2016 et a conclu qu’au maximum seulement 0,1% de la dose administrée oralement serait absorbée au niveau de l’intestin. L’absorption serait extrêmement faible. La biodisponibilité serait également faible et indépendante de la taille des particules de TiO2. La majorité de la dose orale de dioxyde de titane n’est pas métabolisée et excrétée dans les fèces.

Le Panel d’Experts de l’EFSA estime que cet additif ne présente pas de danger de génotoxicité in vivo. Par contre, le collectif d’experts ne conclut pas sur la reprotoxicité ni les effets immunotoxiques par manque de données robustes.

La valeur moyenne d’exposition au TiO2 serait de 0,2-0,4 mg/kg pc/j. La limite de cette opinion de l’EFSA est principalement le manque de données sur la toxicité et la toxicocinétique (absorption, métabolisation…) des nanoparticules. Depuis, des études récentes ont remis en cause ces conclusions.

Promotion de lésions cancérigènes, stress oxydatif et inflammation

L’internalisation des nanoparticules pourrait engendrer la production d’Espèces Réactives à l’Oxygène et induire des dégâts à la cellule. Les espères réactives à l’oxygène (appelées Radicaux Libres)  sont chimiquement très réactifs par la présence d’électrons de valence non appariés. Ces composés peuvent s’attaquer à l’ADN, aux membranes cellulaires (peroxydation lipidique) et aux protéines.

  • Dans l’étude de Proquin (2017), des cellules du colon Caco-1 et HCT116 ont été cultivées pendant 3 jours puis exposées à soit rien (contrôle), soit à des microparticules, soit à des nanoparticules, soit à de l’E171 à une concentration de 0,001 à 1 mg/L (respectivement 0,143 and 143 μg/cm²) pendant 24 heures. Les nanoparticules utilisées avaient une taille de 10 à 30 nm. A partir de 14,3 μg/cm², 27% des cellules Caco-2 sont mortes. A 143 μg/cm², la viabilité cellulaire diminué de 73%. En comparaison au groupe contrôle, les nanoparticules et l’E171 ont induit significativement la production de stress oxydatif. Les microparticules, les nanoparticules et l’E171 pourraient également induire des cassures simples brins d’ADN (dans le test comet assay) dans les cellules Caco-2. Dans les cellules HCT116, des dégâts aux chromosomes ont été induits.
  • En Janvier 2017, l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) publie une étude sur l’ingestion du dioxyde de titane. Des rats ont été exposés à de l’E171 ou des nanoparticules de TiO2 (NM-105, Joint Research Center) pendant 7 jours par gavage ou 30/60 jours (exposition sub-chronique) ou 100 jours (exposition chronique) via l’eau de boisson. Aucune génotoxicité de l’E171 n’est observée dans les cellules intestinales. Après 100 jours, l’exposition au E171 induirait une micro-inflammation dans les muqueuses et une perturbation des réponses immunitaires (mais sans réaction inflammatoire caractéristique dans le colon) et un effet promoteur de lésions précoces carcinogènes colorectales. Ce résultat est retrouvé dans l’étude de Urrutia-Ortega (2016).
TiO2 nanoparticules microscope rouge fluorescent
Le Tio2 est en rouge
  • L’étude de Heringa (2016) a également montré des risques liés à l’accumulation de TiO2 via une exposition orale pour le foie, les ovaires et les testicules.
  • La revue de Bouwmeester (2018) soulignait également des possibles effets de perturbation du microbiote intestinal.

En 2017, l’Agence Européenne des Produits Chimiques (ECHA) a classé le TiO2 en cancérigène de catégorie 2 suite à dans une étude l’apparition de tumeurs pulmonaires chez le rat après inhalation de TiO2. Au départ, la France voulait le classer dans une catégorie plus sévère de cancérigène de catégorie 1B. En 2018, les nanomatériaux ont été introduits dans le règlement REACH sur les substances chimiques. D’ici 2020, les industriels devront déposer des dossiers d’enregistrement sur les nanomatériaux qu’ils mettent sur le marché.

Certains industriels comme Lutti, Système U, Carambar se sont déjà engagés à ne plus utiliser cet additif.

Pour suivre les autres actualités du blog ou en apprendre plus sur les controverses alimentaires, santé et environnement, un petit like ou sur Twitter :

Sources:

Bettini S et al. (2017). Foodgrade TiO2 impairs intestinal and systemic immune homeostasis, initiates preneoplastic lesions and promotes aberrant crypt development in the rat colon. Sci Rep. 2017, 7:40373.

Minne B. Heringa, Liesbeth Geraets, Jan C. H. van Eijkeren, Rob J. Vandebriel, Wim H. de Jong & Agnes G. Oomen, Risk assessment of titanium dioxide nanoparticles via oral exposure, including toxicokinetic considerations. Nanotoxicology Vol. 10, Iss. 10, 2016

Bouwmeester et al. Effects of food-borne nanomaterials on gastrointestinal tissues and microbiota. Wiley Interdiscip Rev Nanomed Nanobiotechnol. 2018 Jan;10(1)

Proquin H., Rodríguez-Ibarra C., Moonen C., Urrutia Ortega I., Briedé J., de Kok T., van Loveren H., Chirino Y. , Titanium dioxide food additive (E171) induces ROS formation and genotoxicity: contribution of micro and nano-sized fractions. Mutagenesis, Volume 32, Issue 1, 1 January 2017, Pages 139–149

Guo Z., Martucci N., Moreno-Olivas F., Tako E., Mahler G., Titanium dioxide nanoparticle ingestion alters nutrient absorption in an in vitro model of the small intestine. NanoImpact, 5 : 70-82, janvier 2017

EFSA ANS Panel (EFSA Panel on Food Additives and Nutrient Sources added to Food), 2016. Scientific Opinion on the re-evaluation of titanium dioxide (E 171) as a food additive. EFSA Journal 2016;14(9):4545, 83 pp. doi:10.2903/j.efsa.2016.4545

http://www.societechimiquedefrance.fr/dioxyde-de-titane.html

 

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Superfruits ou SuperHype ? Éclairage nutritionnel et scientifique sur ces baies exotiques (Noni, Goji, Açaï, Cranberry…) http://quoidansmonassiette.fr/superfruits-ou-superhype-que-valent-superaliments-nutritionnel-et-sante/ http://quoidansmonassiette.fr/superfruits-ou-superhype-que-valent-superaliments-nutritionnel-et-sante/#respond Thu, 24 May 2018 05:38:34 +0000 http://quoidansmonassiette.fr/?p=3023 jus cranberry allegation sante nutrition« Purifier et détoxifier votre organisme« , « mieux que les fruits« , etc… Sur de nombreux blogs ou sites internets voire même des produits (hors de l’Europe), on peut lire des allégations santé. La « posologie » (terme médical) est même évoquée sur certains blogs. Les SuperFruits qui sont « tendance » seraient des super-aliments avec des vertus nutritionnelles supérieures. Mais au final, peu d’études scientifiques soutiennent ces allégations santé.

Qu’est-ce qu’un SuperFood ou super-aliment ?

Il n’y a aucune base scientifique ou règlementaire sur la définition des superfood. Généralement, on peut lire que ce  sont des aliments qui sont denses en nutriments désirables et composés bio-actifs, liés à la prévention de certaines maladies, plus globalement ils apporteraient un bénéfice santé. Il ne faut pas les confondre avec les compléments alimentaires (bien définis eux par contre).

Un composé bio-actif est à la différence des vitamines/éléments minéraux non indispensable et apporterait des effets positifs sur la santé.

L’origine des superfood, la Super Banane

banane superfruit value bananaCe terme a été utilisé pour la première fois au 20ème siècle par la Compagnie United Fruit Co. lors d’une campagne marketing pour promouvoir la banane. Une publication industrielle de 1917 dans le Journal of the American Medical Association écrivait en titre « La Banane : un aliment avec des valeurs nutritives exceptionnelles ». Dans cette publication de nombreux diététiciens et nutritionnistes témoignaient de pouvoirs curatifs de la banane.

Le Dr. Sidney V Haas a testé un régime strict à base de bananes et de lait écrémé pour traiter 10 enfants atteints par la maladie cœliaque. Huit d’entre eux ont eu une rémission miracle puisqu’ils ne consommaient plus de gluten. Le « banana diet » a été mis en avant pour soigner la maladie cœliaque arguant que la banane aurait une enzyme spéciale pour transformer le sucre de canne en fructose. Ce mythe perdurera jusque dans les années 60. Et cela donnera lieu à l’émergence d’un régime excluant les carbohydrates complexes, les sucres raffinés, le gluten et l’amidon : le Specific Carbohydrate Diet.banana superfood

Sur quoi reposent les allégations santé des superfood ?

Les Antioxydants contre les radicaux libres

L’oxydation lipidique est une des principales causes de la détérioration des aliments enclenchée par des catalyseurs comme la lumière, la chaleur, des enzymes, des métaux ou des micro-organismes. Cette oxydation peut également avoir lieu dans notre organisme et provoquer de l’inflammation ainsi que le vieillissement ou endommager les cellules (Shahidi et al. 2015). Cette oxydation implique des radicaux libres (également appelés Espèces Réactives à l’Oxygène puisqu’elles possèdent des électrons non appariés extrêmement réactifs) qui entraînent des réactions en chaîne d’oxydation : l’anion superoxyde, l’oxygène singulet ou le peroxyde d’hydrogène. Ces radicaux libres peuvent oxyder les protéines, l’ADN et les membranes des cellules.

stress oxydatif espèces réactive oxygene attaque ADN alteration
Les radicaux libres peuvent par exemple s’attaquer à l’ADN.

Les antioxydants sont des molécules qui empêchent la formation d’espèces réactives à l’oxygène EROs (également appelés Radicaux libres ou stress oxydant). Il existe également des enzymes qui naturellement nous défendent comme la superoxyde dismutase, la catalase ou le glutathion peroxydase. Les antioxydants primaires comme les tocophérols ou certains composés phénoliques, anthocyanines peuvent arrêter cette réaction en chaîne d’oxydation en donnant un hydrogène ou en transformant l’espèce réactive en radical plus stable. Les antioxydants secondaires tels que les ions métalliques, les enzymes, la vitamine C peuvent prévenir ou retarder l’oxydation. Les anthocyanines, les anthocyanes, les composés phénoliques, les bêta-carotènes sont des pigments naturels qui donnent la couleur aux aliments.

Des antioxydants synthétiques ont également été fabriqués pour mieux conserver les aliments comme par exemple le buthylhydroxyanisole (E320, BHA), le butylhydroxytoluène (BHT, E321) ou le gallate d’éthyle (PG, E313).

La cranberry et la grenade ont des teneurs en antioxydants plus élevées que les fruits classiques (Carlsen 2010). Je n’ai pas trouvé les données pour l’Acérola, le Noni, le Camu-camu et le Goji en mmol/100g mesurées par FRAP assay pour pouvoir comparer.

Superfruits acai Noni cranberry antioxydants teneurs fruits

Mesurer la capacité antioxydants des aliments
  • L’ORAC (Oxygen Radical Absorbance Capacity) est un indice créé par le National Institute on Aging du Département Américain de l’Agriculture (USDA) pour mesurer la capacité antioxydant des aliments. L’ORAC mesure l’inhibition des radicaux péroxylés par fluométrie.  Le trolox (analogue de la vitamine E) est souvent utilisé comme référence. Cette indice n’est plus considéré par l’USDA comme fiable pour mesurer une capacité antioxydante. L’USDA a d’ailleurs retiré sa table de données ORAC : l’USDA précise d’ailleurs que les voies métaboliques sont mal connues ainsi que les mécanismes antioxydants.

« ORAC values are routinely misused by food and dietary supplement manufacturing companies to promote their products and by consumers to guide their food and dietary supplement choices.” USDA

  • 2,2-Diphenyl-1-picrylhydrazyl (DPPH) radical scavenging assay : le DPPH est un radical libre de couleur pourpre. Ce test consiste à évaluer le don d’électron par l’antioxydant pour neutraliser la radical DPPH. Cette neutralisation est accompagnée par un changement de couleur mesuré par un spectrophotomètre.

  • Trolox Equivalent Antioxidant Capacity (TEAC) assay: ce test mesure la capacité des antioxydants à neutraliser un radical ABTS.+ de couleur bleu-vert avec un pic d’absorbance à 734 nm. En présence d’antioxydants, l’intensité de l’absorbance diminue.

  • La teneur en composés phénoliques (TPC Total Phenolic Content) est évaluée par la réduction du réactif Folin-Ciocalteu par les composés phénoliques en conditions alcalines.

Des valeurs plus élevées en micronutriments ?

Les superfruits sont souvent associés avec des teneurs importantes en vitamines antioxydantes. La consommation de fruits et légumes quotidienne est associée à une réduction de la mortalité globale et du risque de maladies cardiovasculaires (Wang et al. 2014, Aune et al. 2017).

J’ai résumé les données de tables nutritionnelles (USDA, CIQUAL). Concernant les macronutriments, les superfruits ne sont pas différents de la fraise, la pomme et l’orange (considérés comme fruits plus « classiques »). Les baies séchées contiennent plus de sucres et sont plus énergétiques à cause de leur faible teneur en eau et donc la concentration du sucre puisque les teneurs sont évaluées par 100g : éviter donc de manger 100g de Goji séchées ou de cranberries séchées puisque cela correspond à 80g de sucres, soit 16 carrés de sucre. La grenade et les cranberries crues sont intéressantes pour leurs teneurs en fibres. Le Camu-camu et l’acérola semblent avoir des teneurs exceptionnelles en vitamine C pour 100g d’après l’USDA. Pour les autres, les teneurs en vitamines C sont similaires.

superfruit acai noni composition nutritionnelle teneur superfood

Les compléments alimentaires (supplémentation vitaminiques), pas de réels bénéfices

Quelques études ont évalué l’effet d’une supplémentation en vitamines (qui est certes différente de la consommation de fruits). Une supplémentation en vitamines (pour des personnes sans carence particulière) n’aurait pas d’avantage dans la prévention des maladies chroniques.

Une méta-analyse portant sur 14 essais cliniques (n=170 525 participants) (Bjelakovic 2004) a montré qu’une supplémentation en bêta-carotène, en vitamines A,C, E et sélénium vs placebo n’avait pas d’effet sur la protection des cancers œsophagiques, colorectaux, du foie et du pancréas. Par ailleurs, dans 7 études de qualité, l’effet fixe du modèle a montré que l’effet antioxydant pourrait augmenter la mortalité.  La supplémentation en vitamine A et E était associé à une mortalité accrue.

Une méta-analyse (Myung et al. 2013) sur 50 essais contrôlés randomisés avec 294 478 participants n’a pas observé d’effets protecteurs des maladies cardiovasculaires lors d’une supplémentation en vitamines B6 et E : Risque Relatif RR=1.00 [0.98 ;1.02].

La supplémentation en bêta-carotène était même liée à une augmentation de l’incidence de cancer du poumon chez les fumeurs (Druesne-Pecollo 2010).

Fibres

fibres prévention cancer dose réponse
Consommer +10g de fibres par jour diminuerait de 10% le risque de cancer colorectal (Aune et al. 2011)

Les fibres sont des composés qui ne sont pas digérées tels que la cellulose, l’hémicellulose, la pectine, les gommes, les mucilages ou la lignine. Consommer +10g de fibres par jour diminuerait de 10% le risque de cancer colorectal (Aune et al. 2011)

  • La méta-analyse de Theapleton et al. 2013 sur 22 études de cohorte entre 1990 et 2013 a constaté que +7g fibres totales/jour est associé statistiquement à une diminution de 9% du risque de maladies cardiovasculaires. Les fibres insolubles et celles de céréales étaient également des facteurs protecteurs de maladies cardiovasculaires.

  • Une méta-analyse plus récente (Kim et al. 2016) a mis en évident qu’une augmentation de 10g de fibres par jour était associée à une diminution de -10% du risque de maladies cardiovasculaies et -6% pour tous les cancers. Une méta-analyse incluant 908 135 participants montrait que la consommation de fibre diminuerait également la mortalité totale (Kim et al. 2014).

  • Streppel et al. 2005 avait montré que les fibres pourraient prévenir de l’hypertension dans une autre méta-analyse.

  • Les expertises collectives du Fonds mondial de recherche contre le cancer WCRF et de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) confirment les fibres comme facteur protecteur du cancer colorectal.

La grenade, les baies de Goji et d’açai séchées et le fruit de la passion sont les fruits les plus riches en fibres pour 100g. Cependant, je ne conseillerais pas de manger 100g de baies séchées puisque ces baies séchées contiennent beaucoup de sucres. L’acérola, les cranberries et le noni contiennent des teneurs similaires aux pommes, aux groseilles et aux framboises.

Superfruits teneurs Fibres alimentaires fiber

Quelques exemples de SuperFruits tendances

açai berry euterpe edulis
Baie d’Açai

ACAI

Cette baie amazonienne commercialisée est récoltée à partir de principalement deux plantes Euterpe oleracea et Euterpe precatoria. Un engouement important pour ses composés bio-actifs tels que les phénols, les flavonoïdes et les anthocyanes. La baie d’açaï contiendrait environ 31% de flavonoïdes, 23% de composés phénoliques, 11% de lignoïdes et 9% d’anthocyanes (Heinrich 2011).

Cette baie se trouve en Amérique Centrale et du Sud autour du bassin Amazonien. Le palmier E. precatoria mesure 20m de hauteur. Les baies mesurent entre 0,9 et 1,3 cm de diamètre, elles sont vertes au départ, puis deviennent rouges puis pourpres foncées à maturité. La baie ne se consomme généralement pas après cueillette (exception pour les marchés locaux). Les baies macèrent dans l’eau et sont séparées des graines pour obtenir un jus pourpre, la pulpe d’açaï.

Les feuilles de ce palmier étaient utilisées comme remède contre les morsures de serpents et les maux musculaires. Les graines étaient utilisées pour préparer une huile noire utilisée comme un agent anti-diarrhéique dans la médecine traditionnelle. Les populations indigènes l’utilisaient en décoction pour traiter le paludisme.

Noni morinda
Le Noni

NONI

Le Noni était utilisé comme plante médicinale en Polynésie il y a 200 ans mais il n’était pas consommé comme aliment. Cette plante tropicale se trouve également à Hawaï, au Brésil, en Malaisie, sur les ïles Fiji.  Le jus de Noni a été autorisé dans l’UE en 2003, sa sécurité sanitaire a été réévaluée en 2006 à cause de reports de cas de toxicité hépatique sévère où l’on suspectait des effets des anthraquinones du jus de Noni (Inada 2017, EFSA 2009, BFR).

GOJI

baie Goji
Baie de Goji

La baie de Goji est originaire du Sud de l’Asie d’un arbuste de la famille des solanacées (Lycium barbarum ou Lycium chinense). La Chine est un des principaux producteurs. Cette plante produit des baies ovales rouges brillantes.

Elle est utilisée en médecine traditionnelle chinoise sous forme de décoction de baies séchées ou d’herbes séchées pour leur teneur en antioxydants comme remède anti-âge et en prévention de maladies chroniques (non prouvé par essais cliniques de qualité). Les feuilles sont également consommées.

La baie de Goji est une source de polysaccharides, de vitamines C, B et E ainsi que de catéchines ou d’hyperosides (Jeszka-Skowron 2017).

cranberry baie canneberge
Cranberry

CRANBERRIES, CANNEBERGE

La canneberge porte divers noms : pomme des prés, atoca, airelle. Elle est originaire des tourbières de l’est de l’Amérique de Nord à l’origine constituées par des dépôts glaciaires, cultivée dès le début du 19ème siècle. Il existe deux espèces principales de canneberges: la canneberge américaine (Vaccinium macrocarpon) et la canneberge européenne (V. oxycoccos). Celle européenne est plus petite que l’américaine.

Les États-Unis et le Canada sont les principaux producteurs mondiaux. 95% de la production est transformée en jus, sauce, confiseries et canneberges séchées. Les cranberries contiennent également plusieurs composés bio-actifs : les anthocyanines (cyanidine, péonidine, malvidine…), les flavonols (quercétine, kaempférol…), les catéchines, les composés phénoliques et des terpènes et stérols. Quelques études de 2 semaines à 3 mois avec souvent un faible effectif de volontaire ont évalué les effets de consommations de jus de cranberries sur les profils lipidiques et la glycémie (Catherine C. Neto 2011).

L’EFSA en 2009 et 2011 a refusé des allégations de santé liées aux proanthocyanidines de la cranberry et la prévention des infections urinaires.

La revue Cochrane (Jepson et al. 2012) sur 24 études d’Essais Randomisés Contrôlés (RCT) a confirmé qu’il n’y avait pas de bénéfice dans la prévention des problèmes urinaires pour les produits à base de cranberry.

acerola
Acerola

ACEROLA, fruit des barbades

L’acérola (Malpighia glabra) également appelée la cerise des Antilles est native des régions tropicales de l’Amérique du Sud (Brésil, Caraïbes…). Le jus d’acérola obtenu à partir des fruits rouges est très populaire en Amérique latine. Elle est connue pour ses hautes teneurs en vitamine C et anthocyanines (Da Silva Nunes  2013).

GRENADE

grenade fruitLa grenade est un fruit rouge originaire d’Iran depuis plus de 4000ans. Cultivée au Moyen-Orient puis sa production s’est établie en Inde, aux Etats-Unis, la Turquie et l’Espagne. Ce fruit rouge-orangé contient de nombreuses graines charnues enveloppées d’une pulpe rose sucrée, acidulée et juteuse. Elle est disponible d’octobre à mars. Environ 50% du fruit est mangeable. La grenade contient des arilles. Ces arilles contiennent 85% d’eau, 10% de fructose et glucose et des acides organiques (acides ascorbique, citrique, malique). Elle contient des nutriments « bioactifs » : les polyphénols.

CAMU-CAMU

Ce fruit originaire d’Amazonie a un diamètre de 1 à 3,2 cm. Il est vu comme une source de vitamine C, de béta-carotêne et de composés phénoliques : catéchine, quercétine, rétine, kaempférol, naringénine cyanidine-3-glucoside et demphidinine-3-glucoside. La pulpe de camu-camu est utilisée en purée et dans les sorbets.  Le fruit peut être aussi séché.

camu-camu
Camu-camu

Les SuperFruits, une belle promesse marketing

Aujourd’hui les superfood se basent sur la reprise par la presse avec des titres accrocheurs d’études scientifiques.

L’étude de Sabe et al. (2017) A montré que les consommateurs ont une bonne image des fruits tropicaux : « bon goût », « attirant », « sain », « nutritif » sont les principales caractéristiques ressorties. D’après une enquête de Nielsen, les consommateurs sont prêts à payer plus chers pour des aliments qu’ils perçoivent plus sains. Également 80% des sondés percevaient l’alimentation comme de la médecine (à tort !). Les fruits et les légumes et les céréales entières sont les produits perçus comme les plus sains.

Les gens ont tendance à surestimer le pouvoir des « superfoods ». Toutes les allégations relatives aux flavonoïdes, l’acide ascorbique, les polyphénols des jus de baies ont été refusées en Europe par manque de caractérisation des substances et de preuves sur la relation avec un effet santé par l’Agence Européenne de Sécurité Alimentaire (EFSA). Il n’existe pas de super aliments qui peuvent à eux-seuls répondre aux besoins nutritionnels de l’organisme.

Une approche globale d’un régime sain

Le prix élevé de ces jus de baies exotiques et des Superfruits et l’absence de données cliniques fiables sur les composés bio-actifs ne justifient pas, à l’heure actuelle, leur ajout à notre alimentation ni de les faire figurer dans les recommandations alimentaires. L’approche devrait être plus globale par un régime diversifié et équilibré. Dans ce cas-là, inclure un Superaliment permet d’augmenter ses chances d’avoir tous les nutriments et composés bioactifs. Par ailleurs, on peut également soulever la question environnementale du transport de ces baies exotiques en Europe quand on peut consommer des fruits et légumes de saison et locaux avec des teneurs en micronutriments similaires.

Il est donc plus raisonnable d’atteindre les 5 portions de fruits et légumes que de chercher à manger sa poignée de superfruits tous les jours.

La préparation alimentaire est un élément à prendre en compte qui peut modifier la biodisponnibilité des nutriments. Par exemple, cuire ses carottes augmente la biodisponibilité en caroténoïde. A l’inverse, cuire trop fort ses légumes va détruire la vitamine C thermosensible.

La meilleure fontaine de jouvence se trouve dans nos actions quotidiennes pour prendre soin de notre santé, et non dans un seul aliment miracle.

La meilleure fontaine de jouvence se trouve dans nos actions quotidiennes et une vision plus globale d’un régime alimentaire diversifié pour prendre soin de notre santé, et non dans un seul aliment miracle. La Food Standard Agency du Royaume-Uni nous propose cette Super Assiette.

eatwell guide fsai

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Sources:

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Aloe Vera entre mythes, marketing et réalité : « healthy food », plante médicinale ou latex génotoxique ? http://quoidansmonassiette.fr/aloe-vera-entre-mythes-realite-healthy-food-plante-medicinale-genotoxique/ http://quoidansmonassiette.fr/aloe-vera-entre-mythes-realite-healthy-food-plante-medicinale-genotoxique/#respond Tue, 15 May 2018 05:34:00 +0000 http://quoidansmonassiette.fr/?p=3012 L’Aloe vera est une plante aux multiples usages, traditionnellement utilisée dans les médecines alternatives en cas de brûlure ou pour cicatriser. Elle connaît un engouement récent dans la cosmétique pour ses propriétés émollientes et dans les healthy food pour ses composés bio-actifs et son côté marketing « naturel ».

Une plante pleine d’eau

L’Aloe vera est mentionnée comme laxatif dès 2200 avant J-C en mésopotamie (IARC). Au 17ème siècle, l’Aloe vera était cultivée dans les Barbades, les Caraïbes et vendue en Europe. La culture commerciale de l’Aloe a commencé vers les années 1920 aux États-Unis en Floride. En 1970, les utilisations de gel d’aloe ont commencé dans les boissons et les crèmes hydratantes en cosmétiques.

Son autre nom botanique est Aloe barbadensis, « Aloès des Barbades » de la famille des Liliacées. Les aloès sont des plantes succulentes qui sont capables de vivres dans des environnements arides puisqu’elles peuvent stocker de larges volumes d’eau dans leur tissu. Les feuilles font 23-35 cm de longueur et 10 cm de largeur.

L’aloe vera est constituée à 99-99,5% d’eau et de 0,3 de glucides. Le reste contient des composés bioactifs : vitamines, minéraux, enzymes, polysaccharides, composés phénoliques et acides organiques. Concernant la feuille, la cuticule représenterait 20-30% et la pulpe 70-80% (IARC).

composition aloe vera gel composés bioactifs

D’où vient le gel d’aloe vera ?

gel aloe veraEn coupe transversale d’une de ses feuilles : A l’extérieur se trouve la cuticule verte avec les chloroplastes. La pulpe de la feuille est entrecoupée de faisceaux vasculaires. L’intérieur des feuilles est composé de grandes parois minces qui stockent le gel d’aloe dans la partie central du parenchyme aquifère des feuilles.

Différentes formes de l’aloe sont exploitées :

  • Feuille entière décolorée par filtration avec du charbon actif qui clarifie la masse liquide d’aloe. Ce traitement permet de retirer l’amertume et la couleur due aux anthraquinones.

  • Latex d’aloe : exsudat jaune-brun, appelée aussi sève. Il contient surtout des anthraquinones (aloines A, B, aloesine, aloénine…).

  • Gel d’aloe : produit liquide, un mucilage clair dérivé de la feuille interne. Ce gel contient des chaînes linéaires de glucose et mannose, appelées polymannanes. Le mannose 6-phosphate est le principal sucre du gel. On retrouve également des acides aminés, des lipides, des stérols, des tannins et des enzymes. Le gel aloe est utilisé dans la cosmétique comme émollient. L’aloe vera est surtout utilisée pour des raisons marketing que pour un réel impact puisque la teneur en aloe doit rester faible.

aloe vera feuille schema structure gel latex

Les boissons à base d’aloe vera

De nombreux blogs évoquent des bienfaits naturels des boissons à base d’aloe vera. Mais qu’en est-il si on regarde de plus près les ingrédients et la composition nutritionnelle ? A part pour le sirop Herbalife™, la plupart des boissons sur le marché sont aromatisées avec entre 10 et 40% d’aloe vera. Ces boissons contiennent principalement du sucre. Quand on regarde la liste d’ingrédients, on trouve de nombreux additifs alimentaires pour donner de la texture et un goût pas trop acide à la boisson. Finalement, il est préférable de boire de l’eau ou un jus de fruit pressé maison qui contiendra plus de vitamines et de minéraux. Ces données nutritionnelles proviennent des marques ou des sites internets des distributeurs.

Aloe vera boisson composition nutritionnelle comparaison teneur

Les anthraquinones des extraits de feuille d’aloe, génotoxiques ?

Les anthraquinones contenus principalement dans le latex (l’exsudat jaune) est controversé à la fois utilisé à court terme pour ses effets laxatifs mais des études ont montré des effets génotoxiques de ces composés pour l’aloé-émodine et l’émodine.

Une fois ingérés, les anthraquinones (les aloines A, B…) de l’aloe vera sont convertis par le microbiote intestinale en aloe-émodine-9-anthrone qui est oxydée en aloé-émodine et en rhéine. L’aloe-émodine pourrait former des espèces réactives à l’oxygène (stress oxydant) qui pourraient se lier à l’ADN et avoir des effets génotoxiques.

aloin anthraquinone metabolism mechanism of action emodin

Voici la principale étude prise en compte dans les évaluations de risque : des extraits de feuilles entières d’aloe vera ont été administrés pendant 2 ans chez des rats. Ces extraits d’aloe ont augmenté significativement le développement d’adénomes dans le gros intestin et de carcinome colorectal des rongeurs (Boudreau et al. 2013). Dans une autre étude similaire de 2 ans chez les souris, il n’y a pas eu d’augmentation de l’incidence de tumeurs. La différence serait due à une différence de métabolisme.

L’agence Européenne de Sécurité Alimentaire EFSA a jugé que les extraits d’aloe, l’aloé-émodine, l’émodine sont génotoxiques in vitro. L’aloe-émodine est considérée génotoxique chez les souris et chez l’Homme. Les extraits de la feuille entière d’aloe ont été évaluée comme carcinogène pour le rat.

Le Centre International contre le Cancer (CIRC/IARC) avait déjà évalué les extraits d’aloe vera dans le groupe 2B « peut-être cancérogène » pour l’Homme. L’Institut Fédéral Allemand d’évaluation des Risques Bfr (Bundesinstitut für Risikobewertung) a également interdit l’utilisation d’anthranoïdes dérivés de l’aloe dans les aliments ou les compléments alimentaires.

Il n’y a pas d’études humaines sur le cancer et l’aloe vera. Dans le rapport de l’EFSA, seules 2 études épidémiologiques sur 6 ont atteint la significativité statistique avec un risque accru de cancer colorectal lors de la consommation de laxatifs basés sur les anthranoïdes.

Peu de bénéfices santés prouvés par des essais cliniques

Effet laxatif

C’est le seul effet bien étayé par des essais cliniques solides avec un niveau de preuve élevé. Les dérivés d’anthraquinones sont connus pour leurs effets laxatifs (EFSA, OMS). L’EFSA recommande de ne pas les utiliser plus d’1 ou deux semaines pour traiter la constipation. Ces anthraquinones sont présents dans d’autres plantes : la séné et la rhubarbe.

A noter qu’en 2002, la Food and Drug Administration (FDA, organisme américain scientifique de contrôle des produits alimentaires et médicaments) a retiré les autorisations de mise sur le marché des produits laxatifs à base d’aloe vera.

Brûlures :

Des essais in vitro et in vivo ont constaté que le gel d’aloe vera pourrait stimuler l’activité des macrophages et des fibroblastes et promouvoir la réparation de tissu. Le mannose-6-phosphate pourrait augmenter l’activité des fibroblastes en se liant au récepteur de facteur de croissance. L’acémanane est un autre composé qui agirait sur les cellules immunitaires.

Les stérols dans le gel de l’aloe aurait un effet anti-inflammatoire dans les études in vitro et in vivo.

La revue de Ulbricht (2008) recense 3 essais cliniques de faible qualité scientifique :

  • Un essai d’équivalence (Heck 1981, n=18) qui a montré une guérisons plus rapide avec l’aloe vera (13 jours) que le silvadene (16 jours). Aucune statistique n’a accompagné cette étude donc aucune conclusion n’est possible.

  • Un essai pas en double aveugle et non contrôlé (Visuthikosol 1995, n=27) a constaté que des patients avec des brûlures qui appliquaient un gel d’aloe vera guérissaient en 12 jours contre 18 avec de la Vaseline. Pas de conclusion possible également à cause des problèmes méthodologiques.

  • Un essai randomisé contrôlé en double aveugle (Puvabanditsin 2005, n=20) a montré qu’une application de crème à 70% d’aloe vera pendant 3 semaines 2 fois par jour après exposition à des rayons UV n’avait pas d’effet sur la protection des coups de soleil ou du traitement de ceux-ci. Principale limite : faible taille de l’essai

  • Une étude randomisée (Shahzad 2013) en double aveugle au Pakistan sur 50 patients a montré qu’un traitement à l’aloe vera pourrait être plus rapide pour la cicatrisation que la crème à 1% de silver sulfadiazine.

  • une autre étude similaire a constaté un temps de guérison plus rapide avec l’aloe vera de 11,5 j (contre 13,7 avec placébo)

La revue d’expertise collective Cochrane concluait en 2012 qu’il y a peu de preuves tangibles montrant un réel avantage d’utiliser l’aloe vera en topique pour soigner les blessures aiguës ou chroniques. L’Organisation Mondiale de la Santé n’a pas identifié non plus de données cliniques encourageant l’utilisation du gel.

Rien de démontré pour l’acné, le psoriasis et d’autres problèmes de santé

D’après l’OMS, aucune donnée expérimentale ou clinique ne soutient l’utilisation de l’Aloe vera pour traiter l’acné, les hémorroïdes, le psoriasis, l’anémie, le glaucome, les petits ulcères, la turberculose, les infections fongiques.

Sources :

IARC Monographs – 108. Aloe Vera. https://monographs.iarc.fr/ENG/Monographs/vol108/mono108-01.pdf

OMS. Aloe vera gel. WHO Monographs on Selected Medicinal Plants – Volume 1
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Ulbricht et al. An evidence-based systematic review of Aloe vera by the natural standard research collaboration. J Herb Pharmacother. 2007;7(3-4):279-323.

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Comment est calculé le Nutri-Score, ce nouveau logo nutritionnel déjà en magasin ? http://quoidansmonassiette.fr/comment-est-calcule-le-nutri-score-logo-nutritionnel/ http://quoidansmonassiette.fr/comment-est-calcule-le-nutri-score-logo-nutritionnel/#respond Wed, 09 May 2018 09:25:44 +0000 http://quoidansmonassiette.fr/?p=3000 La loi de modernisation de notre système de santé du 26 janvier 2016 a rendu possible l’apport d’un système d’information nutritionnelle sur les produits alimentaires. Le Nutri-Score élaboré par l’équipe d’épidémiologie nutritionnelle de l’Université Paris 13 (EREN) a été choisi par le ministère de la santé. Ce logo nutritionnelle n’est pas imposé, mais peut être utilisé dans le cadre d’une démarche volontaire des entreprises/distributeurs.

acteurs nutriscores entreprises

En Février 2018, 33 industriels et distributeurs (Casino, Danone, Bonduelle, Intermarché, Brossard, Leclerc, Marie, …) s’étaient déjà engagés à utiliser ce logo. Santé Publique France vient également de lancer une campagne de communication sur ce nouveau logo.

« C’est juste un logo. Mais bientôt, ce logo va nous aider à choisir ce que nous mangeons au quotidien »

Ce logo informe sur la qualité nutritionnelle simplifiée d’un aliment. Il est construit sur la base d’un score nutritionnel élaboré initialement par une équipe d’Oxford pour la Food Standard Agency (FSA) du Royaume-Uni. Il se base sur 5 couleurs associé à des lettres : le vert A étant la meilleure qualité et le rouge E le moins bon.

Ce score est basé sur les compositions nutritionnelles de 100g de produit tel que vendu et allie deux types de composantes :

  • des facteurs nutritionnels à limiter (en cas de consommation excessive) : l’énergie (kJ/100g), les acides gras saturés (g/100g), les sucres simples (g/100g) et le sel (mg/100g)

  • des facteurs nutritionnels à favoriser : les fibres (g/100g), les protéines (g/100g), les fruits et légumes, légumineuses et fruits à coque (g/100g)

Le score final dépendant de ces deux composantes permet d’attribuer une lettre et une couleur par soustraction de la composante négative par la composante positive. Le nutri-score comporte des catégories et seuils spécifiques pour les matières grasses, les boissons et les fromages.

Les particularités et les exceptions au Nutri-Score

Ce nouveau logo ne concerne pas les produits non transformés : fruits, légumes frais, viandes crues découpées, miel… Il n’est pas non plus adapté aux produits pour bébé de 0 à 3 ans.

Les jus de fruits 100% issus de concentrés (réhydraté à 100%) comptent dans le calcul de la teneur en fruits et légumes. Par contre, ils ne comptent pas si la réhydratation n’est pas de 100% ou si cela concerne juste des concentrés sucrés de jus de fruit : par exemple un sirop concentré de citron.

Pour les plats composés, s’il y a deux déclarations nutritionnelles (plat + sauce), deux Nutri-Scores peuvent figurer sur le packaging.

Pour les pâtes, riz, céréales, les céréales petit déjeuner, les produits prêts à l’emploi, les condiments ou sauces, le Nutri-Score se calcule sur le produit « sec » et non pas sur les pâtes bouillies ou la reconstitution céréales petit déjeuner + lait. Pour les produits en conserve dans un liquide de couverture, le Nutri-Score se calcule sur le produit net égoutté. Exception pour les produits du type fruit au sirop où le sirop est souvent consommé, du coup, le score est calculé sur les fruits + le sirop.

Les fromages blancs ne sont pas considérés comme des fromages dans le calcul du Nutri-Score.

Le lait, les yaourts à boire, les boissons lactées aromatisées ou chocolatées, les boissons reconstituées avec un liquide autre que de l’eau, les boissons végétales ne sont pas considérés comme des boissons dans l’adaptation du calcul du Nutri-Score. Les boissons sont donc les eaux minérales, de source, les eaux aromatisées, les jus de fruits, les nectars, les smoothies, les boissons sucrées et édulcorées, les thés, les infusions et le café reconstitué uniquement avec de l’eau.

Les alcools à plus de 1,2% ne sont pas concernés par le nutriscore.

Infographie NutriScore Calcul Formules Scores Nutritionnel

Les critiques de ce nouveau logo

Ce nouveau logo va permettre d’aider les consommateurs à choisir de produits de meilleure qualité nutritionnelle a priori. Cela va également encourager certaines entreprises à reformuler d’un point de vue nutrition leur produit. Cependant des critiques se sont élevées contre ce logo.

En 2017, l’Agence de sécurité alimentaire française ANSES avait rendu un avis négatif sur l’utilité des systèmes d’information nutritionnels qui pourrait induire des comportements contradictoires et inappropriés chez le consommateur.

Les effets de l’étiquetage nutritionnel sur le comportement du consommateur dépendent de :

  • sa capacité à lire l’étiquetage et à traiter l’information
  • sa motivation à lire l’étiquetage (buts)
  • l’opportunité de lire l’étiquetage qui dépend des pouvoirs publics, des marques et des distributeurs

L’Association Nationale des Industriels Alimentaires (ANIA) et la Fédération du Commerce et de la Distribution estiment que ce logo est stigmatisant qu’il faudrait considérer la taille des portions, les fréquences de consommation.

Ce score nutritionnel est aussi critiqué comme il ne prend pas en compte la présence d’additifs alimentaires, des effets de matrice ou le degré de transformation (comme dans la classification NOVA).
Pour suivre les autres actualités du blog ou en apprendre plus sur les controverses alimentaires, santé et environnement, un petit like ou sur Twitter :

Source : Julia C, Hercberg S (2017) Nutri-Score: evidence of the effective-ness of the French front-of-pack nutrition label. Ernahrungs . Umschau 64(12): 181–187

https://www.santepubliquefrance.fr/Actualites/Nutri-Score-R-33-entreprises-de-l-agro-alimentaire-et-de-la-grande-distribution-s-engagent-a-apposer-le-logo-sur-leurs-produits

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90% des habitants respirent un air pollué dans le monde selon l’OMS http://quoidansmonassiette.fr/90-des-habitants-respirent-un-air-pollue-dans-le-monde-selon-loms/ http://quoidansmonassiette.fr/90-des-habitants-respirent-un-air-pollue-dans-le-monde-selon-loms/#comments Wed, 02 May 2018 16:37:52 +0000 http://quoidansmonassiette.fr/?p=2963 L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) vient de publier un communiqué de presse mentionnant que 9 personnes sur 10 respirent un air pollué dans le monde. 7 millions de décès seraient imputable à la pollution de l’air dont 4,2 millions pour l’air extérieur et 3,8 millions pour l’air intérieur. La pollution de l’air pourrait diminuer l’espérance de vie moyenne de 2 mois à 2 ans en fonction des niveaux de pollution.

La pollution de l’air accentue le risque de contracter des cardiopathies, des AVC, des cancers du poumon ou des bronchopneumopathie chronique abstractive.

Les régions dont l’air est le plus pollué sont la Méditerranée Orientale et l’Asie du Sud-Est avec des doses de polluants qui peuvent être jusqu’à 5 fois plus élevées que les recommandations OMS.

Les principales sources de pollution de l’air sont des particules microscopiques appelées Particules Fines (PM Particulate Matter) produites par les processus industriels, l’agriculture, le transport routier. L’OMS recommande de ne pas dépasser en valeur moyenne annuelle de 20 μg/m3 pour les PM10 et de 10 μg/m3 pour les PM2,5.

Infographie Pollution air atmospherique particules fines cancer F

 

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Source :

http://www.who.int/fr/news-room/detail/02-05-2018-9-out-of-10-people-worldwide-breathe-polluted-air-but-more-countries-are-taking-action

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Que représente une portion de protéines végétales et animales : sources alimentaires et qualité nutritionnelle http://quoidansmonassiette.fr/portions-proteines-vegetales-et-animales-reperes-sources-qualite-nutritionnelle/ http://quoidansmonassiette.fr/portions-proteines-vegetales-et-animales-reperes-sources-qualite-nutritionnelle/#respond Mon, 23 Apr 2018 05:33:34 +0000 http://quoidansmonassiette.fr/?p=2937 Avec l’augmentation de la population mondiale et l’intégration de considérations durables dans les politiques alimentaires, les sources protéiques des végétaux voire venant des insectes, champignons et algues pourraient être développées à l’avenir. Les protéines animales (viande, lait et produits laitiers, poisson et ovoproduits) sont les références en termes de qualité nutritionnelle protéique mais les ressources pour les produire ne sont pas illimitées. Infographie pour avoir des repères entre les protéines animales et végétales : ici.

Les protéines, un macronutriment essentiel

Les protéines sont un des 3 principaux macronutriments.

Les protéines sont des enchaînement d’acides aminés sous forme de chaînes linéaires ou ramifiées, plus ou moins repliées sur elles-mêmes avec une structure 3D ou non. 20 acides aminés sont utilisés pour la synthèse des protéines. Ces protéines sont en renouvellement constant.

Les protéines sont omniprésentes dans l’organisme à cause de la grande variabilité de rôles (non exhaustif) :

  • structural
  • dans le renouvellement des tissus musculaires
  • les enzymes pour les processus physiologiques
  • hémoglobine pour le transport de l’oxygène
  • les hormones et les récepteurs pour la communication et la régulation des paramètres physiologique
  • les immunoglobulines pour le système immunitaire

Les acides aminés indispensables et la qualité nutritionnelle

concept qualite nutritionnelle protéines protéiques
Les apports alimentaires sont schématiquement représentés par l’eau. Les besoins en acides aminés indispensables sont les planches du tonneau. La planche la plus courte détermine la contenance du tonneau, ce sera l’acide aminé limitant

Le concept de qualité nutritionnel protéique a pour objectif de couvrir les besoins en acides aminés essentiels ((isoleucine, leucine, lysine, méthionine, phénylalanine, thréonine, tryptophane et valine). Il existe 9 acides aminés indispensables qui ne sont pas synthétisés par l’Homme et qu’il est donc indispensable d’apporter par l’alimentation pour assurer des fonctions biologiques.

Quand les besoins en acides aminés indispensables ne sont pas couverts, on dit que cet acide aminé est limitant : c’est l’acide aminé essentiel trouvé en la plus faible quantité dans une denrée alimentaire.

Par exemple, une alimentation uniquement lactée (lait de vache) est limitante en histidine et arginine. Une ration alimentaire basée sur des haricots verts est limitante en méthionine. Le maïs est limitant en lysine. Les cacahuètes (arachides) sont limitantes en méthionine. Une ration à base de poisson uniquement serait insuffisante en leucine, phénylalanine, tryptophane et tyrosine.

C’est pourquoi il est très important de diversifier ses sources protéiques : animales et végétales.

Le concept de digestibilité et biodisponibilité (absorption dans l’intestin grêle) des acides aminés ne seront pas abordés ici (dans un futur article !) mais ce sont des aspects importants à prendre en compte. Par exemple, la digestibilité des protéines des lentilles ou des haricots blancs n’est que de 50 % à 80 %.

Sources alimentaires

Enquête INCA3 de l’ Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail

Les protéines sont la source d’azote majoritaire de l’alimentation. D’après l’enquête nationale de consommation alimentaire française INCA3, les viandes-poissons-oeufs sont les principaux contributeurs des apports protéiques (41% dont 15% pour les viandes, 8,2% pour la volaille et 5,8% pour les poissons). Ensuite viennent les produits céréaliers (15%), les produits laitiers (15%) et les fruits et légumes et produits à base de fruits et légumes.

Sur les 2 121 adultes en 2014-2015, la consommation moyenne était de 47,3 g/j de viandes (hors volailles), de 26g/j de volailles, de 23g de poissons et de 27,3g de charcuterie. Elle était de 7,7g/j seulement pour les légumineuses, de 1,6g pour les céréales complètes et de 62,7 g/j pour les céréales raffinées.

teneur en protéines 100g aliments
Attention, la qualité protéique, la digestibilité et la biodisponibilité ne sont pas représentées ici !

Les protéines animales

La viande, le poisson et les produits de la mer comportent des protéines musculaires qui sont considérées de bonne qualité nutritionnelle car elles ont des teneurs élevées en acides aminés indispensables.

Les protéines laitières

Le lait de vache contient environ 30g de protéines par litre dont 80% de caséine et 20% de protéines sérique. On trouve des protéines « bioactives » comme les immunoglobulines, les enzymes, des hormones et des facteurs de croissance (lactoferrine, IGF1, TGFβ…). La concentration en protéines est 4 fois plus élevée dans le lait de vache que dans le lait humain.  L’α-lactalbumine   est   la   protéine   majeure   du   lactosérum  du  lait  humain.  La  ß-lactoglobuline,  composant  majeur  du  lactosérum  de  lait  de  vache,  est  absente  du  lait  humain. Le lactosérum est le liquide récupéré pendant la fabrication des fromages lors de la coagulation du lait.  La  lactoferrine,  composant  majeur  du  lait  humain,  est  présente  en  quantité  plus  réduite  dans  le  lait  de  vache.

Les protéines des ovoproduits

L’œuf de poule est riche en protéines de bonne qualité (pas d’acides aminés limitants) comme l’ovalbumine, l’ovotransferrine, les lysozymes… Contrairement au jaune, les protéines du blanc d’œuf cru sont mal digérées par l’homme à cause de facteurs antinutritionnels (ovomucoïde = inhibiteurs des protéases pancréatiques) bien que le blanc contienne plus des teneurs en protéines plus élevées que le jaune d’œuf.

Cuire un œuf provoque sa coagulation à cause de certaines protéines aux propriétés gélifiantes : l’ovalbumine et l’ovotransférine et la lipovitelline.

Les protéines végétales

Concernant les céréales (riz, blé, maïs, millet, sorgho), la lysine est le 1er acide aminé limitant, viennent ensuite le tryptophane ou la thréonine. Cela serait dû à la haute teneur en prolamines, des protéines pauvres en lysine. Les céréales présentent ces protéines : albumines, globulines, prolamines, glutélines… Les céréales peuvent également contenir des facteurs anti-nutritionnels: les axolates, les phytates

Pour les pseudo-céréales (quinoa, amaranthe et sarrasin), la teneur en protéine est plus importante que pour le riz. La leucine et la phénylalanine sont les acides aminés les plus abondants dans ces pseudo-céréales et la lysine n’est pas un facteur limitant.

Les légumineuses (pois, féverole, soja, lupin, luzerne) sont riches en arginine, bien pourvues en lysine mais déficientes en méthionine et cystéine.

digestibilité du maïs PDCAAS corn grain
Une alimentation entièrement végétale (ici du maïs) n’apporte pas les acides aminés en quantités adéquates (courbes vertes en-dessous des besoins en rouge) : les quantités de tous les acides aminés essentiels sont insuffisantes à l’exception de la leucine, de la phénylalanine et de la tyrosine. La lysine est l’acide aminé limitant (en quantité la plus basse)

Recommandations

L’ANSES recommande un apport de 0,83 g/kg/j de protéines chez les adultes en bonne santé. Cet apport est augmenté à 1,2 g/kg/j pour les personnes âgées et à 1 g/kg/j chez les femmes enceintes et allaitantes.

Il est recommandé d’associer et varier les sources de protéines végétales et animales dans son menu.

Infographie Equivalence repères où trouver protéiques 20g recommandations F

 

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Sources:

Enquête INCA3 de l’ANSES – https://www.anses.fr/fr/content/etude-inca-3-pr%C3%A9sentation

FAO. Dietary protein quality evaluation in human nutrition 31 March–2 April, 2011 http://www.fao.org/ag/humannutrition/35978-02317b979a686a57aa4593304ffc17f06.pdf

K. Vasal. The role of high lysine cereals in animal and human nutrition in Asia http://www.fao.org/tempref/docrep/fao/007/y5019e/y5019e08.pdf

Ertl et al. An approach to including protein quality when assessing the net contribution of livestock to human food supply. Animal. 2016 Nov;10(11):1883-1889.

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http://quoidansmonassiette.fr/portions-proteines-vegetales-et-animales-reperes-sources-qualite-nutritionnelle/feed/ 0