Quoi dans mon assiette http://quoidansmonassiette.fr Actualités en sciences, alimentation et santé Sun, 08 Apr 2018 10:48:47 +0000 fr-FR hourly 1 http://quoidansmonassiette.fr/wp-content/uploads/2016/03/cropped-cropped-Head-logo-Quoi-dans-mon-assiette-2-32x32.jpg Quoi dans mon assiette http://quoidansmonassiette.fr 32 32 Objectifs du PNNS 2018-2022 pour la politique nutritionnelle et de santé en France http://quoidansmonassiette.fr/objectifs-pnns-2018-2022-pour-politique-nutritionnelle-et-sante-en-france/ http://quoidansmonassiette.fr/objectifs-pnns-2018-2022-pour-politique-nutritionnelle-et-sante-en-france/#respond Fri, 06 Apr 2018 07:57:34 +0000 http://quoidansmonassiette.fr/?p=2885 Le Haut Conseil de Santé Publique (HCSP) a publié en Février 2018 les axes et objectifs quantifiés de la politique nutritionnelle pour le prochain cycle du PNNS 2018-2022 (Programme National Nutrition Santé). Ces objectifs sont destinés exclusivement aux autorités de santé publique et non pas au grand public. Pour le grand public ont été fixés les repères nutritionnels.

Ces objectifs concernant les adultes sont des indicateurs de futurs résultats.

Nouveautés sur le BIO et les produits ultra-transformés

Ainsi on peut constater que tout le monde devrait consommer au moins un fruit ou légume par jour (y compris les personnes en situation de précarité). La consommation de produits complets, de légumineuses et fruits à coque sans sel ajouté doit être augmentée alors que des seuils de 150g/semaine et 500g/semaine à ne pas dépasser pour la viande et la charcuterie ont été fixés.

Les jus de fruit sont désormais compté comme une portion de boisson sucrée.

La notion de transformation alimentaire avec la classification NOVA a été reprise. L’HCSP encourage à réduire explicitement la consommation de produits ultra-transformés de 20%.

Les produits BIO pour les fruits et légumes, céréales et légumineuses sont également mis en avant. La réduction des apports en sucres (mono et disaccharides hors lactose et galactose) et en sel est au programme en ciblant le seuil de moins de 10g/j de sel et moins de 10% de l’apport énergétique pour les sucres libres. Les sucres libres sont les mono et disaccharides ajoutés par le fabricant ou le consommateur ainsi que les sucres naturellement présents dans les sirops, le miel et les jus de fruits.

pnns-2018-2022-objectifs-reperes-quantifies-nutritionnels-infographie

Moins de 3h passées devant les écran (hors activité professionnelle)

80% de la population doit également faire plus de sport et atteindre au moins 30 min d’activité physique d’intensité modérée/élevée au moins 5 fois/semaine ou au moins 3 jours d’activité intense !

Réduire de 20% le temps passé devant les écrans hors travail.

Point d’attention sur l’obésité et la dénutrition des personnes âgées

La prévalence de l’obésité doit être diminuée de 15% et le nombre de personne en surpoids doit être au moins stabilisé.

L’HCSP alerte aussi sur la dénutrition des personnes âgées. Le % de seniors dénutris devrait être diminué de 15% pour les plus de 60 ans et de 20% pour les plus de 80 ans.

L’allaitement maternel est également ré-encouragé pour atteindre un taux de 75% d’enfants allaités à la naissance.


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Source :

Haut Conseil de la Santé Publique. Avis relatif aux objectifs de santé publique quantifiés pour la politique nutritionnelle de santé publique (PNNS) 2018-2022. 9 Février 2018

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Des microplastiques retrouvés dans la majorité des bouteilles plastiques d’eau minérale contaminées http://quoidansmonassiette.fr/microplastiques-bouteilles-d-eau-plastiques-contaminees-minerales/ http://quoidansmonassiette.fr/microplastiques-bouteilles-d-eau-plastiques-contaminees-minerales/#respond Mon, 02 Apr 2018 09:54:15 +0000 http://quoidansmonassiette.fr/?p=2859

Deux nouvelles études Américaines (Mason 2018) et Allemandes (Schymanski 2018) ont révélé la présence de microplastiques dans l’eau minérale de nombreuses marques. L’étude d’OrbMedia montre que 93% des échantillons d’eau en bouteille étaient contaminés. Ces microplastiques pourraient provenir de l’emballage lui-même ou du processus d’embouteillage par abrasion du plastique. Les bouteilles plastiques à usage unique et en verre sembleraient contenir moins de ces particules plastiques.

Identifier les microplastiques

La présence de microplastiques dans l’alimentation et l’environnement est un sujet récent et émergeant. Les microplastiques concernent des particules diverses (fragments, fibres, sphéroïdes, granules, perles ou paillettes) avec une taille de 0,1 à 5mm. Ces particules sont issues de l’abrasion ou de dégradation des plastiques issus des emballages, objets en plastiques, vêtements en fibres synthétiques, des microbilles contenues dans les produits cosmétiques (les solutions de gommage en particulier), … Dans la nature, la photolyse est le principal processus de dégradation et fragmentation des plastiques. Les microparticules sont retrouvées dans les lacs, rivières,  l’atmosphère, les poissons et les produits de la mer.

microplastiques microparticules microscope

Les principales méthodes de détection des microplastiques sont :

  • la spectroscopie infrarouge à transformée de Fourier ou spectroscopie de Raman. Ces deux méthodes de référence sont capables d’identifier les particules.
  • par fluorescence et colorant (fluorescent staining)
Microparticules microscope microscopy particles
Ce ne sont pas des microparticules plastiques

Les contaminations des microplastiques dans l’alimentation

Les principaux aliments suspectés contenir des microplastiques sont les poissons et les mollusques qui peuvent bioaccumuler les microplastiques marins. En particulier dans le cas des bivalves, nous consommons leur tube digestif.

microparticules microplastiques alimentation in food contaminants

Le principal soucis est que les microplastiques peuvent être des vecteurs de contaminants. Les microplastiques pourraient intégrer 4% des additifs. Ils peuvent également adsorber les contaminants comme les Polluants Organiques Persistants tels que les Biphényl PolyChlorés (BPC) ou les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Les POPs s’accumulent principalement dans les tissus adipeux humains.

Les HAP proviennent de la combustion incomplète des carburants, du bois, du tabac, d’incendies, du chauffage urbain, de certains procédés industriels, des gaz d’échappement automobiles… Certains HAP comme le benzopyrène sont cancérogènes. Les BPC peuvent adhérer à la surface des particules en suspension dans l’eau, l’air ou le sol. Les BPC étaient utilisés dans les matériels électriques, les systèmes hydrauliques ou les échangeurs de chaleur.

Les plus petites particules, le principal danger

D’après l’EFSA, seuls les microplastiques avec une taille inférieure à 150 μm pourraient pénétrer à travers les barrières épithéliales et atteindre la circulation systémique. Cette absorption serait de moins de 0,3%. Seule la fraction de particules (<1.5 μm) pourrait pénétrer profondément les organes.

Une portion de 225g de moule pourrait contenir environ 7 μg de plastique. Consommer cette portion pourrait augmenter l’exposition aux BPC de moins de 0,01% et de moins de 2% pour le bisphénol A dans le cas d’un scénario le plus défavorable : le risque semble très très faible.

Des particules plastiques provenant des bouteilles plastiques ?

L’étude allemande de Münster (Schymanski et al. 2018)

microplastique eau minérale bouteille plastique MünsterCes chercheurs ont comparé la teneur en microplastiques pour 12 bouteilles plastiques réutilisables et 10 à usage unique, 3 avec emballage en carton et 9 en verre obtenues dans des magasins allemands.

Les analyses ont été effectuées 3 fois pour chaque échantillon en utilisant la spectroscopie de Raman. La spectroscopie Raman consiste à envoyer une lumière monochromatique sur l’échantillon et à analyser la lumière diffusée.

Les bouteilles plastiques à usage unique contenaient entre 2 et 44 particules/L (moyenne 14, SD=14), principalement du PEST (Polyéthylène téréphtalate et Polyester) alors que celles à réutilisables en contenaient entre 28 et 241 particules/L (moyenne : 118, SD=88).

Il est à noter que seules les bouteilles réutilisables contenaient une différence statistique signifcative en teneur en particules par rapport aux blancs. Les blancs sont des mesures d’eau pure, qui est censée ne pas contenir de particules (sorte de témoin pour faire la tare). Ici, ces blancs contenaient en moyenne 14 particules : on peut penser à de la contamination externe (air ambiant, manipulateur…).

La plupart des particules détectées était de petite taille inférieure à 20 μm. Les bouteilles plastiques et en verre contenaient principalement des particules de PEST et celles en carton du PE (Polyéthylène).

Étude de l’Université de Fredonia

microplastique eau marques contamination orbmedia fredonia11 marques de bouteille d’eau ont été testées (259 bouteilles), achetées dans 19 endroits parmi 9 pays. Pour 10 marques, les chercheurs américains ont testé 2-3 lots de bouteilles.

Ils ont utilisé une méthode de détection avec un colorant appelé Nile Red qui peut s’adsorber aux plastiques (mais pas de manière spécifique aux plastiques).

93% des bouteilles d’eau contiendraient des microparticules (MPP). En moyenne pour toutes les marques, 325 MPP/L ont été observées. 315 MPP/L de taille inférieure à 100 μm ont été détectées.

Nestle Pure Life et Gerolsteiner étaient les marques les plus contaminées. San Pellegrino et Minalba étaient les marques les moins contaminées. Sur les lots testés : seul un pack était en verre (Gerolsteiner), les autres en plastique : Verre = 204 MPP/L  vs plastique = 1410 MPP/L

Pour les particules >100 μm, le Polypropylène (PP) était le plastique le plus courant, puis le Nylon sous forme de fragments et de fibres. Les particules plus petites que 100 μm n’ont pas pu être identifiées par cette méthode de fluorescence.

Comparaison des deux études :

L’étude Américaine a constaté des teneurs dans les bouteilles à 325 MPP/L  alors que l’étude allemande en avait à 14 MPP/L. Il est difficile de comparer ces deux résultats puisque les méthodes analytiques sont différentes. Néanmoins, ces études s’accordent sur le fait de trouver principalement des particules de petite taille (moins de 100 μm) et d’en détecter dans beaucoup d’échantillons d’eau.

Les deux équipes estiment que la contamination proviendrait de la bouteille elle-même ou du processus industriel d’embouteillage qui serait abrasif pour le plastique.

Les limites de ces études

Il semble très difficile d’avoir un blanc avec zéro particule, c’est-à-dire une contamination nulle. Le nombre de particule pourrait donc être surestimé, d’où la nécessité de comparer statistiquement les échantillons et les blancs.

Les contaminations externes (solvant, de l’air ambiant avec les fibres textiles en suspension, de la verrerie, du personnel…) sont compliquées à limiter : il faut donc faire attention à ce que les résultats soient statistiquement différents des blancs pour éviter de quantifier des microplastiques qui viendraient du laboratoire lui-même.

L’étude de Frédonia a utilisé une méthode de comptage par colorant fluorescent, mais cette méthode n’a pas permis d’identifier les petites particules <100 μm qui ont pu être confondues avec des molécules organiques ou d’autres microparticules non plastiques. Le colorant Red Nile n’est pas spécifique des plastiques en effet et peut s’adsorber sur des lipides ou des micro-organismes. Il est d’ailleurs conseillé de faire un pré-traitement des échantillons pour enlever les contaminations biologiques (Erni-Cassola 2017) qui n’a pas été fait dans l’étude de Frédonia. Cependant, certains lots de bouteilles interpellent avec des valeurs de plus de 1000 MPP/L…

Et quid des nanoparticules ?

Les nanoparticules sont des particules avec une taille inférieure à 0,1 μm. Actuellement, aucune étude n’a regardé la présence des nanoplastiques dans les aliments.

Il n’existe pas de méthode validée capable de quantifier et identifier les nanoparticules dans les matrices alimentaires.

D’autres questions sur la santé et les impacts environnementaux sont toujours en suspense à cause du manque de d’étude sur le sujet. Il est important de mieux caractériser le devenir de ces microplastiques et nanoplastiques dans les aliments dans l’intestin ainsi que leur toxicité.


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Sources :

Schymanski et al. Analysis of microplastics in water by micro-Raman spectroscopy: Release of plastic particles from different packaging into mineral water. Water Res. 2018 Feb 1;129:154-162

Mason et al. Synthetic Polymer Contamination in bottled water. Fredonia State University of New York. DEPARTMENT OF GEOLOGY & ENVIRONMENTAL SCIENCES

EFSA CONTAM Panel (EFSA Panel on Contaminants in the Food Chain), 2016.

Statement on the presence of microplastics and nanoplastics in food, with particular focus on seafood.

EFSA Journal 2016;14(6):4501, 30 pp. doi:10.2903/j.efsa.2016.4501

Erni-Cassola G et al. Lost, but Found with Nile Red: A Novel Method for Detecting and Quantifying Small Microplastics (1 mm to 20 μm) in Environmental Samples. Environ Sci Technol. 2017 Dec 5;51(23):13641-13648

Marine & Environmental Research Institute. Guide to Microplastic Identification. www.meriresearch.org

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40% des cancers évitables par la prévention : le tabac et le surpoids sont les principaux facteurs de risque http://quoidansmonassiette.fr/prevention-cancer-40-cas-evitables-tabac-surpoids-obesite-facteurs-de-risque/ http://quoidansmonassiette.fr/prevention-cancer-40-cas-evitables-tabac-surpoids-obesite-facteurs-de-risque/#comments Mon, 26 Mar 2018 06:17:52 +0000 http://quoidansmonassiette.fr/?p=2840

D’après le Cancer Research UK, un institut indépendant de recherche sur le cancer au Royaume-Uni, environ 38% des cancers (soit 135 507 cancers sur les 359 547 cancers incidents au Royaume-Uni) pourraient être évités en adoptant un mode de vie plus sain en 2015. Le tabac et le surpoids seraient les principaux facteurs attribuables à la survenue de cancers d’après cette étude publiée dans le British Journal of Cancer.

Les cancers sont l’une des principales causes de mortalité dans le monde (OMS) avec 14,1 millions de cas incidents de cancer dans le monde en 2012 et 385 000 cas incidents de cancers en France en 2015 (INCa 2015).

La prévention constitue l’approche de santé publique sur le long terme la plus efficace et rentable.

Qu’est-ce que le cancer ?

formation tumeur cancerQuand on évoque le cancer, il faut parler d’un type de cancer avec sa localisation. Les cancers sont des maladies multifactorielles, c’est-à-dire que les causes sont multiples. La plupart des cancers résulte d’interaction gènes-environnement. Seuls 5 à 10% des cancers seraient liés à des prédispositions génétiques comme la mutation des gènes BRCA1 ou BRCA2 pour le cancer du sein. Attention avoir cette mutation ne veut pas dire que l’individu va forcément développer un cancer du sein.

La cancérogenèse est le processus de développement d’un cancer qui passe par :

  • l’initiation : une altération du génome d’une cellule dérégule (mutations ou modifications épigénétiques) le cycle de cellulaire.

  • la promotion tumorale : c’est une phase longue où la cellule altérée va proliférer et conduire au développement de clones de cellules mutées.

  • la progression tumorale : cette phase correspond à l’accumulation d’anomalies du génome, à la vascularisation de la tumeur et à l’acquisition de la capacité d’invasion avec formation des métastases.

Étude des facteurs de risque du cancer

Deux principales approches pour étudier la prévention du cancer sont possibles :

  • la part des cancers attribuables aux facteurs environnementaux (dont l’alimentation). Cette fraction de cancer attribuable est la proportion de cas de cancers attribuables à une exposition sur l’ensemble des cas dans la population. On parle de Population Attributable Fractions « PAFs ».

  • la part des cancers évitables par la prévention. La fraction évitable est la proportion de cas évitable si on supprime l’exposition.

Le risque attribuable indique le nombre de malades parmi les personnes qui ont été exposées à un facteur et qui peuvent être attribués à cette exposition. La part attribuable des cancers (PAF) dépend de la force de l’association entre l’exposition et le cancer et également de la prévalence de l’exposition dans la population.

formule fraction de risque attribuable

p1 est la proportion de la population exposée au facteur 1.

ERR1 est l’Excès de Risque Relatif ERR (= Risque Relative – 1) pour le facteur 1. Le Risque Relatif (RR) mesure le risque de survenue du cancer dans un groupe exposé par rapport à un autre non exposé. Il met en évidence une association entre un facteur de risque/préventif et la maladie étudiée.

Objectif de l’étude anglaise

L’objectif de l’étude était d’estimer le pourcentage de cancers attribuables à un facteur environnemental ou un comportement au Royaume-Uni. Les données de prévalence d’exposition dataient de 2005 et celles de survenues des cancers de 2015 afin d’avoir un temps de latence (temps entre l’exposition et le développement de la maladie) d’environ 10 ans.

schema fraction risque attribuable

Le choix des facteurs environnementaux retenus s’est fait à partir d’une recherche de la littérature scientifique en Avril 2017 sur les facteurs de risque classification par l’IARC (International Agency for Research on Cancer) ou le WCRF (World Cancer Research Fund International) comme « suffisant »  ou « convaincant » pour participer dans une association causale avec le cancer.

Les facteurs de risque étudiés étaient le tabagisme, le surpoids/l’obésité, les infections, les radiations UV et ionisants, une consommation insuffisante en fibres (moins de 30g/j), l’alcool, la viande transformée, le manque d’activité physique, le non allaitement, le manque d’activité physique (moins de 150 minutes d’activité physique modérée par semaine), la contraception orale et les hormones pour la ménopause.

Les facteurs de risque modifiables des cancers

Au Royaume-Uni, en 2015, 4 cancers sur 10 (soit 37,7%) sont attribuables à des facteurs de risques connus. Le tabac et l’obésité sont les principaux facteurs de risque. Fumer contribue tout particulièrement à la survenue du cancer du poumon (72.2%) et du larynx (64%). L’obésité contribue à 34% des cancers de l’utérus chez les femmes et 31.1% de l’œsophage pour les hommes par exemple.

fraction risque cancer attribuable environnement facteur royaume-uni

Les limites de cette étude anglaise sont que l’on ne peut pas obtenir des intervalles de confiance pour quantifier les incertitudes des estimations. Le temps de latence de 10 ans est court par rapport au temps de développement de certains cancers. Par exemple, les effets du tabac pourraient se faire ressentir 20 ans plus tard pour le cancer du poumon. Les effets d’interaction ou synergiques entre les facteurs environnementaux ainsi qu’avec les facteurs génétiques n’ont pas été pris en compte. Les données de prévalence de la pollution de l’air datent de 2010. Il y a également des difficultés à quantifier l’exposition avec certitude. Les risques relatifs utilisés ne proviennent pas toujours de méta-analyses (plus haut niveau de preuves).

Aux USA, la part des facteurs environnementaux modifiables attribuables aux cancers était de 42% en 2014, 40.8% à Alberta au Canada en 2012 et 31,9% en Australie en 2010.

En France, le Centre International contre le Cancer (CIRC/IARC) a constaté qu’en 2000, le tabac pourrait être attribué à 18,2% des cancers, l’alcool à 8,1% des cancers et les agents infectieux à 3,3% des cancers.

Le WCRF a constaté par ailleurs que le surpoids, l’alcool et la viande transformée sont associés à certains cancers avec un niveau de preuve scientifique convaincant.

liens cancer alimentation activite physique environnement niveau de preuves matrice

Le tabac est un des facteurs de risque majeur des cancers du poumon, de la bouche et du larynx.

L’exposition professionnelle comprend l’exposition à l’amiante, aux amines aromatiques, au benzène et dérivés. En population générale, l’arsenic, la pollution de l’air (en particulier les particules fines), les aflatoxines, les biphényls polychlorés, le radon et les métaux lourds sont également des facteurs de risque du cancer.

La consommation de viande rouge et transformée est associée à un risque de cancer colorectal.

L’obésité est associée à un risque accru de cancer colorectal, du sein (pour les femmes ménopausées), de l’endomètre, des reins, de l’œsophage et du pancréas. L’alcool concerne plus les cancers du foie, du sein, de l’estomac et colorectal.

Les agents infectieux cancérigènes sont la bactérie Helicobacter pilori (cancer de l’estomac), les virus du papillomavirus humain (HPV), des hépatites B et C. Les niveaux optimaux d’exposition sont ceux qui pourraient faire diminuer le risque de cancer.

facteurs environnementaux cancer

Quelques pistes de prévention :

  • Ne pas consommer d’alcool (ou limiter)

  • Ne pas fumer ou arrêter de fumer

  • Pratiquer une activité physique au moins 30 minutes par jour

  • Avoir une alimentation diversifiée, riche en produits céréaliers complets, fruits et légumes pour les apports en vitamines, éléments minéraux et antioxydants.

Conseils éviter prevenir Cancers Alimentations Sport

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Sources :

Brown K.F. et al. The fraction of cancer attributable to modifiable risk factors in England, Wales, Scotland, Northern Ireland, and the United Kingdom in 2015. British Journal of Cancer (January 2018)

Vineis P. et al. Global cancer patterns: causes and prevention. Lancet. 2014 Feb 8;383(9916):549-57

Key T.J. et al. The effect of diet on risk of cancer. Lancet. 2002 Sep 14;360(9336):861-8

Islami F. et al. Proportion and number of cancer cases and deaths attributable to potentially modifiable risk factors in the United States. CA Cancer J. Clin. (2017)

Grundy, A. et al. Cancer incidence attributable to lifestyle and environmental factors in Alberta in 2012: summary of results. CMAJ Open 5, E540–E545 (2017)

Whiteman, D. C. et al. Cancers in Australia in 2010 attributable to modifiable factors: summary and conclusions. Aust. NZ J. Public Health 39, 477–484 (2015).

ANSES – Rapport d’expertise collective Nutrition et cancer. Légitimité de recommandations nutritionnelles dans le cadre de la prévention des cancers (Mai 2011)

World Cancer Research Fund International/American Institute for Cancer Research. Continuous Update Project: Diet, Nutrition, Physical Activity and the Prevention of Cancer. Summary of Strong Evidence. Available at: wcrf.org/cupmatrix accessed on 24-03-2018

Institut National du Cancer www.e-cancer.fr/

WHO – ATTRIBUTABLE CAUSES OF CANCER IN FRANCE IN THE YEAR 2000

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Les Cellules Végétales de Synthèse, un Concentré de Nutriments pour l’Alimentation de Demain ? http://quoidansmonassiette.fr/cellules-vegetales-synthese-in-vitro-concentre-nutriments-alimentation-demain/ http://quoidansmonassiette.fr/cellules-vegetales-synthese-in-vitro-concentre-nutriments-alimentation-demain/#respond Sat, 17 Mar 2018 18:58:35 +0000 http://quoidansmonassiette.fr/?p=2827
Produire des purées à base de cellules végétales in vitro de baies, c’est ce que propose le Centre de Recherche Technique de Finlande VTT.

Cette équipe de recherche a développé une nouvelle méthode pour produire des aliments d’origine végétale sains à partir de cultures artificielles de tissus végétaux (Plant Cell Culture PCC). Ils ont produit et analysé des cellules de baies nordiques comestibles in vitro dans une étude publiée en Février 2018 dans le journal Food Research International.

L’objectif de cette étude était d’examiner les propriétés nutritionnelles et sensorielles de cellules séchées et fraîches produites in vitro de cloudberry (Rubus chamaemorus = mûre des marais, mûre arctique ou plaquebière), de lingonberry (airelle rouge) et de stoneberry (Rubus saxatilis), élaborées à partir de culture in vitro cellulaire (PCC).

Baies Cloudberry Lingonberry Stoneberry

Ces chercheurs proposent la culture in vitro comme une éventuelle alternative à l’agriculture (il y a encore beaucoup à faire tant au niveau sécurité sanitaire que production à grande échelle).

Comment fonctionne une culture cellulaire végétale ?

schema culture cellulaire in vitroCe type de culture ne nécessite pas de terres arables mais simplement un milieu artificiel comme une boite de Pétri avec de la gélose.

Ces cultures artificielles d’explants se déroulent dans des conditions stériles, sur un milieu synthétique et entièrement contrôlé. Des explants sont des parties, des organes entiers, des cellules, des graines, des bourgeons ou des méristèmes de la plante.

Le milieu synthétique contient les nutriments adaptés à la croissance de la plante, de l’eau, des facteurs de croissances (phytohormones, vitamines) et un agent gélifiant. Le pH est souvent entre 5 et 6.

L’environnement doit être stérile pour que les bactéries ou les champignons ne viennent pas pousser dans la boite de pétri à la place des cellules d’intérêt. L’éclairement et la température sont également ajustés.

Des cellules végétales comestibles ?

Les cellules des 3 baies ont été implantées et se sont multipliées dans des erlenmeyers de 250 mL contenant 60 mM de milieu de culture.

Les cellules ont ensuite été récupérées pour être analysées.

aliments in vitro cellules végétales fruits poudres

Les caractéristiques sensorielles ont été évaluées par un panel de consommateurs entraînés.

Les cellules avaient une couleur jaune – rouge selon la baie d’origine. Les versions séchées avaient une teinte plus terne. Le goût serait similaire aux saveurs des baies fraîches et plus intense dans le cas des cellules déshydratées qui apparemment fondraient en bouche.

Le profil nutritionnel de ces cellules végétales comestibles serait positif. Ces baies contenaient entre 0,3 et 1,3% d’amidons, entre 21.2 et 36.7% de fibres, entre 17 et 34% de sucres libres (glucose, fructose, sucrose…), entre 13.7 et 18.9% de protéines avec une bonne digestibilité protéique et 1.6 à 2.3% de lipides. (% de matière sèche). Parmi les acides gras saturés, l’acide palmitique (C16:0), l’acide stéarique (C18:0) et l’acide arachidonique (C20:0) étaient les plus abondants. On peut constater une teneur en fibres non négligeable. Or les fibres sont suspectées être un facteur protecteur du cancer colorectal (Aune et al. 2011).

Composition nutritionnelle baies cloudberry mûres blanches

Ces cultures contiennent également de bonnes teneurs en polyphénols et un profil en acides aminés équilibré.

Un des avantages de la culture in vitro est de pouvoir produire des cellules végétales indépendamment de la saison, des températures ou des conditions climatiques plus généralement. Ces cellules ne contiennent pas de micro-organismes pathogènes a priori comme le milieu est stérile. La multiplication des cellules est rapide. Ce type de technique de culture permettrait aussi de produire des substances biochimiques d’intérêt.

Les inconvénients sont que cela demande de la main d’œuvre qualifiée et l’automatisation est limitée. La culture in vitro en milieu aseptique est compliquée à mettre en place. Et pour finir, la mise en place d’une production à grande échelle n’a pas été testée.

aliment in vitro baies berry plant cell culture poudre

Pour conclure, ce type de produits alimentaires innovants est en Europe considéré comme un Novel Food. Les novel food sont des aliments ou ingrédients alimentaires non consommés dans la Communauté européenne avant 1997. La sécurité alimentaire de ses produits doit encore être démontrée par des études in vitro, animales et humaines et toxicologiques.

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Source :

Emilia Nordlund, Martina Lille, Pia Silventoinen, Heli Nygren, Tuulikki Seppänen-Laakso, Atte Mikkelson, Anna-Marja Aura, Raija-Liisa Heiniö, Liisa Nohynek, Riitta Puupponen-Pimiä, Heiko Rischer. Plant cells as food – A concept taking shape. Food Research International, 2018; 107: 297

 

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Régimes Pauvre en Graisses ou Pauvre en Sucres : Identiques pour la Perte de Poids ? http://quoidansmonassiette.fr/regimes-pauvre-en-graisses-sucres-identiques-pour-perte-de-poids/ http://quoidansmonassiette.fr/regimes-pauvre-en-graisses-sucres-identiques-pour-perte-de-poids/#comments Mon, 05 Mar 2018 06:48:52 +0000 http://quoidansmonassiette.fr/?p=2807

De nos jours, les pratiques d’amaigrissements se sont fortement développées sur le web ou les réseaux sociaux avec la dictature de l’image du corps mince. Sur le web, on peut trouver des nombreux régimes ou conseils diététiques pour perdre du poids. Deux approches communes sont celles de réduire la consommation d’aliments riches en sucres ou riches en graisses. D’après une étude d’intervention récente à Stanford publiée le 20 Février 2018 dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), ces deux tactiques seraient équivalentes pour la perte de poids au bout d’un an de régime (les conclusions ne portent pas sur d’autres effets sur la santé, ni le maintien du poids ultérieur à 1 an !).

Je ne suis pas là pour encourager un quelconque régime amaigrissant. Par ailleurs, le dernier rapport d’expertise de l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire Alimentaire) met en garde contre les régimes amaigrissants sans suivi par un professionnel de santé. Il est conseillé d’avoir une alimentation équilibrée, diversifiée et avoir une activité physique. Plusieurs études ont recensé un effet limité des régimes alimentaires avec une perte de poids inférieure à 5% après 12 mois de régime (Gardner 2018) et également le fameux effet de poids yoyo (ANSES).

Quelques composantes liées à la perte de poids

Les variations de poids dépendent de l’équilibre énergétique entre les apports énergétiques par l’alimentation et les dépenses énergétiques (métabolisme basal, activité sportive, thermogenèse). La prise alimentaire dépend notamment de l’environnement et de l’individu lui-même (faim, satiété, habitudes…). La génétique joue également sur l’efficacité des enzymes du métabolisme (= ensemble des réactions chimiques dans notre organisme).

L’utilisation d’un régime amaigrissant peut porter sur plusieurs leviers : la quantité d’énergie ou la composition en macronutriments (protéines, glucides et lipides). L’USDA, l’agence américaine en charge de la politique alimentaire, constatait qu’un régime de 1500 kcal indépendamment de sa composition en macronutriments et de l’activité physique entraîne une perte de poids (Freedman 2001). Une autre stratégie commune de régime pour perdre du poids est de diminuer soit les apports en lipides (« low-fat diet »), soit ceux en glucides (« low-carbohydrate diet »). Ces deux stratégies seraient similaires en terme de résultats pour le poids. Par ailleurs, certains micronutriments tels que les fibres (Clark MJ 2013) ou les protéines (Paddon-Jones 2008) pourraient également apporter un effet de satiété (pas de consensus scientifique).

régulation contrôle poids facteurs environnement
Facteurs influençant la prise de poids (non exhaustif)

De nombreuses variations individuelles dans l’effet de ces régimes ont été constatées jusqu’à une perte de 25 kg à un gain de 5 kg. Attention également à ne pas mélanger perte de poids et maintien du poids. Beaucoup d’études ciblent la perte de poids mais pas forcément son maintien.  L’activité physique est une composante majeure dans le maintien du poids ainsi que des modifications durables et plus saines du mode de vie : on n’a rien sans effort ! Les régimes peuvent être catégorisés selon l’apport en énergie (kcal) ou la composition en macronutriments (% kcal). Voici une liste non exhaustive de régime (les limites des catégories sont critiquables) :

Comparaison régimes macronutriments diets

Pas de différences de perte de poids entre les régimes pauvres en sucres et en graisses

600 adultes en surpoids ou obèses (IMC entre 28 et 40) ont été recrutés à Stanford et dans la baie de San Francisco par des publicités dans les media et par mail. Ils ont ensuite été assignés aléatoirement pendant 12 mois à suivre soit un régime pauvre en sucres, soit pauvre en graisses. Au bout de 12 mois était évaluée la perte de poids entre ces régimes. Des données alimentaires, socio-démographiques, d’activité physique et anthropométriques étaient récoltées au début de l’étude, à 3, 6 et 12 mois. Les génotypes (= ensemble des gènes) des participants étaient séquencés et 3 éléments génétiques ont été retenus : 3 SNP (Single Nucleotide Polymorphism) qui correspondent à une variation d’un seul nucléotide de l’ADN au sein d’une population. Cela permettait d’établir des profils génétiques plus ou moins réceptifs à l’un des deux régimes ou aucun des deux régimes (une sorte de profil qui les prédisposerait à être plus sensible à l’un des régimes). D’autres informations telles que la  sécrétion d’insuline, les concentrations plasmatiques en lipides et en glucose, la pression artérielle et le tour de taille ont été récoltées.

etude intervention schema randomisee perte de poids regimes

Ce qu’on cherchait à évaluer

Les hypothèses testées de cette étude étaient : est-ce que les régimes pauvres en graisses ou en sucres sont équivalents ? Est-ce que les variations de poids dépendent d’interactions entre l’alimentation et le profil génétique. Certaines personnes pourraient perdre du poids plus facilement avec un régime allégé en sucre et d’autres avec un régime pauvre en graisses à cause de prédispositions génétiques. Certains profils génétiques joueraient un rôle dans l’efficacité du régime choisi. La 2ème hypothèse testée est que la sécrétion d’insuline pourrait jouer dans la perte de poids. Le régime pauvre en sucres pourrait mieux convenir aux personnes sécrétant moins d’insuline.

L’intervention en question

Le 1er mois les participants devaient maintenir leurs habitudes alimentaires et leur activité physique. Les individus assistaient à des cours où des diététiciens leur prodiguaient des conseils pour suivre un des deux régimes.

Durant les 8 premières semaines, les participants devaient réduire à 20g/jour leur apport en lipides et en glucides (selon le régime). Dans le groupe « faible en gras », les réductions de viande grasse, de matières grasses, de produits laitiers entiers et de noix étaient mises en avant. Pour l’autre groupe, il leur était conseillé de réduire leur consommation de céréales, des féculents et de légumes.

Ensuite, les individus pouvaient augmenter leurs apports de 5 à 15g/j de glucides ou lipides chaque semaine jusqu’à atteindre un seuil qu’il pourrait maintenir indéfiniment. Aucune consigne explicite de restriction de calories n’était donnée.

Les deux groupes devaient ensuite maximiser leurs apports en légumes, minimiser leurs apports en sucres ajoutés, en produits raffinés et graisses trans et consommer en priorité des aliments complets peu transformés, denses en nutriments et préparés à la maison si possible.

Les conclusions

Au final, 481 participants sont restés jusqu’au bout de l’étude. Leurs apports énergétiques suite à l’intervention ont été réduits d’environ 500-600 kcal durant toute l’étude.

Avec ces 2 régimes, les participants ont perdu en moyenne 5,3 kg pour le régime faible en graisses et 6kg pour le régime faible en glucides au bout de 12 mois : il n’y avait donc pas de différences significatives cliniques et statistiques entre ces 2 régimes pour la perte de poids.

composition regimes diet etude Gardner 2018

L’interaction entre le profil génétique et le régime assigné n’était pas significative, cela signifie qu’il n’y avait pas de différence de perte de poids entre les participants qui avait un régime correspond à leur profil génétique et ceux dont le régime ne correspondait pas au profil. L’efficacité du régime ne serait donc pas liée aux gènes séquencés et aux profils génétiques étudiés.

Au bout des 12 mois, les deux régimes ont fait diminuer la pression artérielle des participants et ils ont amélioré leur profil lipidique. Cependant, les individus avec le régime pauvre en sucres ont vu leur teneur en HDL-Cholestérol (« bon cholestérol ») augmenter significativement et leurs concentrations en triglycéride diminuer en comparaison avec le régime pauvre en graisses. Sur le plan cardiovasculaire, le régime pauvre en sucres pourrait donc être meilleur.

Pour finir il n’y avait pas de différence de perte de poids entre les personnes sécrétant plus d’insuline et celle en sécrétant moins : la sécrétion d’insuline ne jouerait pas de rôle dans l’efficacité du régime.

gardner schema clinical trial diet low fat sugar

Une des forces de cette étude était son grand nombre de participants (n=600) alors qu’habituellement dans ce type d’étude le nombre de participants tourne à moins de 50 (comme cela coûte très cher à mettre en place). Cette étude a également récolté de nombreuses données pour ajuster les modèles.

Les limites sont que l’étude a été réalisée dans une zone géographique restreinte avec des individus avec un niveau d’éducation élevé et qui avaient des ressources financières importantes (étude pas généralisable). Et par ailleurs, les estimations de la dépense énergétique et de l’activité physique auraient pu être affinées avec la méthode d’eau doublement marquée. Pour finir, la randomisation ne portait que sur l’allocation aux régimes alimentaires, elle aurait pu être faite également sur le génotype ou le statut de sécrétion à insuline.

Il aurait été intéressant de comparer (ou d’avoir les données rendues publiques) ce que les 2 groupes de participants avaient consommé en terme d’apports en fruits et légumes, en aliment transformés et de sodas.

Deux autres études de grandes ampleurs du même type avec 311 femmes américains en surpoids/obèses (Gardner 2007) et 811 adultes en surpoids ont testé l’effet de divers régimes amaigrissants (hypoglucidiques, hypolipidiques ou hyperprotéiques) sur les variations de poids pendant 1 ou 2 ans. Au bout de 1 ou 2 ans, il n’y avait pas de différences de diminution de poids entre ces différents régimes. Conclusion également partagée par la méta-analyse (Johnston 2014) qui portait sur 48 essais cliniques randomisés sur les régimes (pauvre en sucres ou en graisses) et la perte de poids. Attention, certains risques de santé (carence ou excès nutritionnels, facteurs de risque cardiovasculaires…) n’étaient pas évalués dans ces études qui se concentraient surtout sur les variations de poids.

Mise en garde des régimes amaigrissants

Je voudrais rappeler qu’entreprendre un régime amaigrissant n’a pas anodin d’après le dernier rapport d’expertise de l’ANSES. La plupart des essais cliniques portent sur la perte de poids mais l’adéquation nutritionnelle (est-ce que le régime permet de répondre aux besoins nutritionnels et d’éviter des carences ou des excès ?) n’est pas toujours étudiée. Ces risques sont d’ailleurs souvent peu analysés dans la littérature scientifique. Effectuer un régime amaigrissant sur le long terme pourrait entraîner :

– une réduction de la densité minérale osseuse pour une perte de poids de 10 %

– une perte de masse musculaire (environ 15%) avec exception si une activité physique est entreprise dès le début de la restriction calorique. L’activité physique est un facteur clef de stabilisation du poids (80 % des sujets reprennent leur poids après 1 an sans régime).

– les régimes très pauvres en lipides (en général riches en glucides) peuvent entraîner un profil lipidique athérogène, c’est à dire qui favorise les accidents cardiovasculaires.

– les régimes hyperprotéinés (plus de 2,2 g/kg/j) peuvent poser des risques rénaux.

– un risque psychologique : les échecs à répétition des régimes peuvent engendrer des pertes de l’estime de soi ou la dépression. Les restrictions cognitive et alimentaire peuvent aggraver ce problème pondéral.

A savoir qu’il existe toujours plusieurs interprétations possibles des régimes et chaque individu ne réagit pas de la même manière et n’a pas les mêmes besoins nutritionnels et physiologiques. Les études sur les régimes portent souvent sur des personnes en surpoids donc les résultats ne sont pas toujours extrapolables à la population générale.

Commencer un régime amaigrissant sans indication médicale et sans accompagnement par un professionnel de santé peut comporter des risques surtout quand le régime se base sur des exclusions de catégories alimentaires, ce qui donne un régime déséquilibré et peu diversifié.

eatwell guide fsai
Lignes directrices au Royaume-Uni mais elles nous conviendrait aussi

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Sources :

Gardner et al. 2018. Effect of Low-Fat vs Low-Carbohydrate Diet on 12-Month Weight Loss in Overweight Adults and the Association With Genotype Pattern or Insulin Secretion: The DIETFITS Randomized Clinical Trial. JAMA. 2018 Feb 20;319(7):667-679

Gardner CD, Kiazand A, Alhassan S, et al. Comparison of the Atkins, Zone, Ornish, and LEARN diets for change in weight and related risk factors among overweight premenopausal women: the A TO Z Weight Loss Study: a randomized trial. JAMA. 2007;297(9):969-977.4.

Sacks FM, Bray GA, Carey VJ, et al. Comparison of weight-loss diets with different compositions of fat, protein, and carbohydrates.N Engl J Med.2009;360(9):859-873.5

Freedman et al. (USDA) Popular diets: a Scientific Review. Obes Res. 2001 Mar;9 Suppl 1:1S-40S.

Jonhston et al. Comparison of weight loss among named diet programs in overweight and obese adults: a meta-analysis. JAMA. 2014 Sep 3;312(9):923-33

ANSES. Rapport d’Expertise Collective. Évaluation des risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement. Novembre 2010

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Pic de Pollution et Anticyclone : pourquoi le beau temps apporte souvent une mauvaise qualité de l’air ? http://quoidansmonassiette.fr/pic-pollution-air-anticyclone-beau-temps-qualite/ http://quoidansmonassiette.fr/pic-pollution-air-anticyclone-beau-temps-qualite/#comments Sun, 25 Feb 2018 23:27:25 +0000 http://quoidansmonassiette.fr/?p=2774

Une vague de froid sibérienne arrive en Europe portée par un anticyclone autour de la Scandinavie. Cette zone de haute pression va apporter du beau temps et des gelées mais également des pics de pollution. Les polluants et les particules fines se retrouvent bloquées au-dessus des villes par l’anticyclone qui agit comme un couvercle.

Plus de 400 000 européens meurent prématurément chaque année dans l’UE à cause de la pollution atmosphérique qui engendre des maladies respiratoires et cardiovasculaires.  La qualité de l’air est réglementée par la directive européenne (2008/50/CE) établissant des limites pour les polluants. La France a déjà reçu plusieurs alertes de la Commission Européenne pour le non-respect des normes de qualité de l’air depuis plusieurs années (par exemple en 2017). Le 30 janvier 2018, le Commissaire à l’Environnement a rencontré plusieurs ministres de l’environnement pour discuter de ce problème.

Pour connaître la qualité de l’air de votre région en temps réel : http://www.eea.europa.eu/themes/air/air-quality-index

Au Samedi 24 Février à 11h :

qualite air europe

De quoi l’air est pollué ?

Les principaux polluants de l’air sont :

  • Les particules fines, caractérisées par leur diamètre inférieur à 10 μm (PM10) ou à 2,5 μm (PM2.5). Ces particules proviennent des combustions incomplètes, des transports, des activités industrielles ou de l’agriculture (épandage, travail du sol) ou également d’origine naturelle avec les feux de forêt, les éruptions, l’érosion… Des particules dites secondaires sont également formées par des réactions chimiques.

  • Les oxydes d’azote avec principalement le monoxyde d’azote et le dioxyde d’azote NO2 produits par des réactions de combustion.

  • Le dioxyde de soufre SO2 produit par la combustion de fioul, de charbon ou de gazole.

  • Les composés organiques volatiles (COV) comme le benzène, l’acétone… provenant des usages domestiques (peintures, colles) et l’industrie manufacturière avec l’utilisation de peinture

  • Les métaux lourds

  • L’ozone O3 qui résulte de réactions photo-chimiques entre des polluants (oxydes d’azote ou COV) avec les rayons UV.

Les pics de pollution sont caractérisés par une concentration anormalement élevée d’un ou plusieurs polluants. Plusieurs conditions sont favorables à ceux ci tels que les anticyclones (situation météorologique stable), la température et le vent.

Situation anticyclonique persistante et pic de pollution

En ce moment, un grand anticyclone provenant de la Scandinavie et de la Russie éloigne les basses pressions (dépression) vers l’Ouest en Atlantique. Cet anticyclone apporte des vents froids et secs de la Russie vers l’Ouest de l’Europe (surnommé Moscou-Paris ») mais également du soleil.

L’inversion de température

En temps normal, quand on monte en altitude, l’air devient plus froid. On parle de gradient de température décroissant : l’air à 200m d’altitude est plus froid qu’à 100m. Sans inversion thermique, les polluants ont tendance à être évacués par une dispersion verticale avec l’ascension de l’air plus chaud au sol.

Pendant les périodes d’anticyclone (hautes pressions) en hiver, durant la nuit, l’absence de nuage provoque un refroidissement rapide du sol et donc de l’air plus froid au sol. L’air plus chaud s’élève et enferme l’air plus froid en basse altitude comme un couvercle. Cette inversion de température est donc caractérisée par un air en altitude anormalement plus chaud. La pollution anthropique est piégée dans cette couche d’air froide en basse altitude.

Inversion Temperature Pollution Pic Air Gradient

Des conditions météo stables

L’absence de vents (<2 m/s) empêche la dispersion des polluants. De même que l’absence de pluie empêche le lessivage de ceux-ci. Par ailleurs un fort ensoleillement favorise la photo-transformation et synthèse de certains polluants avec les rayons ultra-violets.

La pire situation est en été où plusieurs facteurs s’accumulent : ensoleillement fort, température élevée, pas de vent, pas de précipitations. En hiver, le rejet de pollution humaine est augmenté avec le chauffage en particulier la combustion de bois.

Conditions météorologiques propices pollution

Surmortalité liée à la pollution de l’air

Ces gaz ont des effets négatifs sur la santé. Par exemple les particules fines PM2.5 peuvent pénétrer en profondeur dans l’appareil respiratoire et provoquer des réactions inflammatoires dans les bronchioles.

L’exposition aux particules fines PM2.5 serait associée à 4,2 millions de morts prématurées dans le monde, soit 7,6% des morts en 2015 (Cohen 2017). L’ozone causerait 254 000 morts additionnelles par bronchopneumopathie chronique obstructive.

Une autre étude européenne (Beelen R. 2014)  publiée dans The Lancet a analysé les données de 22 cohortes en Europe soit 367 251 participants suivi pendant en moyenne 14 ans sur leur exposition à la pollution de l’air. Les auteurs ont mis en évidence qu’une augmentation de l’exposition de +5 μg/m3 de particules PM2.5 était associée à une augmentation significative de +7% de la mortalité. L’association a également été retrouvée en ne conservant que les participants exposés en-dessous des normes européennes de 25 μg/m3. Cela interroge d’ailleurs sur une éventuelle baisse de ces normes qu’il faudrait faire. Une limite de cette étude est que 3 cohortes comportaient 100% de femmes. Les modèles ont pris en compte des facteurs de confusion tels que le tabagisme ou le statut socio-économique.

Une dernière étude a rassemblé les résultats de 18 autres études (méta-analyse) et a constaté qu’une augmentation de +10 μg/m3 de PM2.5 est associée à une augmentation du risque de cancer du poumon de 9% et de 8% pour les particules fines PM10. L’association a été retrouvée en stratifiant (en faisant une analyse par sous-groupe) par le statut tabagique. Les anciens fumeurs avaient un risque plus élevé.

mortalité liées Ozone monde

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Source :

European Environment Agency – Temperature inversion traps pollution at ground level https://www.eea.europa.eu/media/infographics/temperature-inversion-traps-pollution-at/view

AirParif Actualité – n°31 Juillet 2018. La qualité de l’air dans le vent

Cohen AJ et al. Estimates and 25-year trends of the global burden of disease attributable to ambient air pollution: an analysis of data from the Global Burden of Diseases Study 2015. Lancet. 2017 May 13;389(10082):1907-1918

Beelen R. et al. Effects of long-term exposure to air pollution on natural-cause mortality: an analysis of 22 European cohorts within the multicentre ESCAPE project. Lancet. 2014 Mar 1;383(9919):785-95

Hamra GB. et al. Outdoor particulate matter exposure and lung cancer: a systematic review and meta-analysis. Environ Health Perspect. 2014 Sep;122(9):906-1

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Aliments Ultra-transformés liés aux Cancers : un risque accru d’après l’Etude Nutrinet-Santé ? http://quoidansmonassiette.fr/aliments-ultratransformes-cancers-ultra-processed-food-risque-nutrinet-sante/ http://quoidansmonassiette.fr/aliments-ultratransformes-cancers-ultra-processed-food-risque-nutrinet-sante/#respond Thu, 15 Feb 2018 06:22:50 +0000 http://quoidansmonassiette.fr/?p=2750

Ce billet est un peu particulier pour moi. Je vais vous parler de ma première publication (Fiolet et al. 2018) dans le British Medical Journal (BMJ) qui porte sur les relations entre la consommation d’aliments ultra-transformés et le risque de cancer, étude supervisée par le Dr Mathilde Touvier (merci pour tous ses conseils, son encadrement et à l’équipe de l’EREN !) : Fiolet et al. Consumption of ultra-processed foods and cancer risk: results from NutriNet-Santé prospective cohort. BMJ 2018; 360 (Published 14 February 2018)

Aujourd’hui le cancer figure parmi les principales causes de mortalité dans le monde. En France, le nombre de nouveaux cas de cancer était estimé à 385 000 en 2015 avec pour les plus fréquents : les cancers de la prostate, colorectal et du sein.  Le cancer est une maladie multifactorielle qui se déroule sur des mois ou plusieurs années selon le type. Il résulte du développement exponentiel, anarchique et non contrôlé de cellules cancéreuses La survenue d’un résulte d’interactions entre les facteurs environnementaux et génétiques. Les variations génétiques (polymorphismes génétiques) déterminent la sensibilité et susceptibilité plus ou moins importantes à ces facteurs environnementaux qui sont l’alimentation, la pollution, la consommation d’alcool, le tabac, l’exposition aux UV pour citer quelques exemples.

Relations entre cancers et facteurs nutritionnels

1/3 des cancers les plus fréquents pourraient être évités par des modifications de nos habitudes de vie, plus spécifiquement l’alimentation (WCRF 2017).

Le «risque attribuable dans la population» (ou «pourcentage de risque attribuable») mesure la proportion de cas d’une maladie qu’on peut attribuer au facteur de risque dans l’ensemble de la population.

cancer alimentation facteurs nutritionnelles liens niveau de preuve
Adapté du WCRF

Au Royaume-Uni, 9,2% des cancers (au global avec les fruits et légumes, la viande, les fibres et le sel) seraient attribuables à des facteurs alimentaires, 5,5% au surpoids/obésité et 4% à l’alcool, considéré comme facteur non nutritif ! Par exemple, les fruits et légumes pourraient influer sur 45-55% du risque de cancer de l’œsophage et du pharynx et 35% pour le cancer de l’estomac. La part attribuable à la viande du cancer colorectal est d’environ 21,1%. Le rapport du WCRF/AICR  (World Cancer Research Fund international) confirme que l’alimentation joue un rôle non négligeable dans le risque de survenue du cancer.

De nombreux facteurs alimentaires semblent être impliqués dans le développement de cancers avec un niveau de preuve scientifique convaincant :

  • Les boissons alcoolisées et un risque accru des cancers œsophage-buccal, colorectal et du sein
  • La surcharge pondérale (indirectement les aliments denses énergétiquement) et le risque du cancer de l’œsophage,
  • Les viandes transformées (charcuterie) et le cancer colorectal
  • A l’inverse, les fibres pourrait protéger du cancer colorectal

Les mécanismes biologiques impliqués sont multiples avec des effets antioxydants protecteurs et sur l’inflammation, sur l’intégrité de l’ADN, sur les défenses immunitaires et la multiplication cellulaire.

Consommation de produits ultra-transformés et risque de cancer

La part d’aliments transformés dans nos régimes a bien augmenté sur ces 50 dernières années. Un aliment ultra-transformé est une formulation industrielle contenant de nombreux ingrédients y compris des additifs, il est construit de façon à être prêt à consommer ou à cuire/boire. Il a la particularité d’être microbiologiquement sain et hyper palatable. Cela concerne les biscuits, les sodas, les gâteaux, les viandes reconstituées, les plats préparés…

Les produits ultra-transformés représentent 61-62% des calories vendues aux USA (Poti 2015), 55% pour le Canada (Moubarac 2014) et 51% pour le Royaume-Uni (Monteiro 2017). En terme d’apports énergétique, les produits ultra-transformés représentaient 58% des apports énergétiques aux USA (Steele 2016), 48% pour le Canada (Moubarac 2017) et 36% pour la France (Julia 2017).

De précédentes études ont constaté une association entre la consommation de produits ultra-transformés et un risque accru de surpoids (Mendonca et al. 2016), d’hypertension (Mendonca et al. 2017), de syndrome métabolique (Tavares 2012), d’augmentation du LDL-cholestérol (Rauber et al. 2015) et d’augmentation de la prévalence d’obésité (Monteiro 2017).

Les produits ultra-transformés contribuent pour une grande part de l’alimentation dans de nombreux pays en terme d’apports énergétiques.

Etude Nutrinet SanteEtude NutriNet-Santé

L’étude NutriNet-Santé est une étude de cohorte où un groupe de sujets est suivi pendant plusieurs années.

Le but de cette étude prospective était d’évaluer l’association entre le caractère transformé de l’alimentation et le risque de survenue (ou incidence) du cancer au global et par localisation. L’étude NutriNet porte sur environ 150 000 adultes mais seulement 105 000 participants ont été inclus pour avoir au moins 2 enquêtes de données alimentaires par individus.

Des données socio-démographiques, anthropométriques, sur le mode de vie et l’état de santé ont été récoltées. Tous les 6 mois, les consommations alimentaires des participants sont collectées à partir de questionnaires en ligne auto-administrés. L’alimentation de chaque individu a été classée dans la classification NOVA et nous nous sommes intéressés à la part d’aliments ultra-transformés dans le régime de l’individu (% d’aliments ultra-transformés). La classification NOVA se compose de 4 catégories : aliments frais/très peu transformés, ingrédients culinaires, aliments transformés et aliments ultra-transformés (dans un précédent article, j’explique ce qu’est cette classification ici). Cette catégorisation se base sur le degré de transformation alimentaire et les processus utilisés ou non et l’ajout d’additif alimentaire ou non.

Schema étude nutrinet_2

 

Un risque accru de cancer au global

Le risque est la fréquence de survenue d’une maladie dans une population donnée. Il est évalué par les Hazard Ratio HR qui, quand la maladie est rare, sont assimilés au Risque Relatif RR : ici le rapport de risque entre le groupe exposé (aux produits ultra-transformés) et le groupe non-exposé.

Une augmentation de 10% de la part d’aliments ultra-transformés dans le régime de l’individu était associée à une augmentation significative de +12% du risque de cancer au global (HR=1.12 [1.06 ;1.18], P=<0.0001) et de +11% pour le cancer du sein. Cette association n’a pas été retrouvée pour le cancer de la prostate ni du cancer colorectal. Cette association a été maintenue après ajustement (c’est-à-dire une prise en compte de ces facteurs de confusion sur la relation) sur un profil alimentaire « Western Diet » et sur certains nutriments délétères (en consommation en excès). Le régime Western est caractérisé par des apports élevés en viande rouge et viande transformée, en beurre, en aliments fris, en produits laitiers gras, en produits céréaliers raffinées, en féculents et en boissons sucrées.

cancer risk ultraprocessed food
Consommer +10% d’aliments ultra-transformés augmente le risque de cancer au global de +12% et de +11% pour le cancer du sein. Mais la consommation d’aliments ultra-transformée n’est pas associée statistiquement au cancer de la prostate ni du cancer du sein chez les femmes préménopausées.

Les limites de l’étude à garder en tête sont que l’association n’est que statistique et non pas causale comme c’est une étude d’observation (et non pas un essai randomisé contrôlé en double aveugle). Les participants sont des volontaires avec un niveau d’éducation plus élevé que la population générale ce qui peut donner lieu à une sous-représentation d’une alimentation déséquilibrée. En outre, il peut y avoir des facteurs de confusion résiduelle qui n’ont pas été pris en compte comme des variables génétiques ou les apports observés en additifs alimentaires.

incidence cumulée cancer ultraprocessed food

Qualité nutritionnelle ou processus de transformation alimentaire ?

Plusieurs mécanismes ont été exposés pour expliquer la relation entre la consommation de produits ultra-transformés et le risque de maladies chroniques.

Tout d’abord avec la densité nutritionnelle faible des aliments ultra-transformés qui favoriserait l’ingestion importante de calories et moins de micronutriments. De nombreux produits ultra-transformés sont riches en glucides et lipides, ce qui pourrait altérer la réponse à l’insuline mais également habituer au goût sucré et provoquer des changements dans le système nerveux de la récompense pouvant éventuellement mener à des comportements de surconsommation.

Les aliments ultra-transformés pourraient également avoir un effet rassasiant plus faible (Fardet et al. 2016). Le format prêt à consommer de nombreux UPF mène souvent à une consommation rapide et inattentive (à l’opposé de manger en pleine conscience).

L’étude de Louzada a pris en compte avec des ajustements statistiques les graisses saturées, les sucres ajoutées et les graisses trans (nutriments consommés en excès qui peuvent être néfaste), or la relation entre la consommation d’aliments ultra-transformés et le risque d’obésité est restée, ce qui suggère que les facteurs nutritionnelles n’expliquent pas en entier cette association statistique (de même pour les études de Tavares et al., Mendonca et al.).

Les additifs alimentaires tels que les controversés TiO2 dioxyde de titane (agent blanchissant) et le sodium de nitrite dans la viande. Le sodium de nitrite peut se transformer en nitrosamines après la cuisson, composés impliqués dans le développement du cancer colorectal (Bouvard et al. 2015).  Dans une étude expérimentale sur des souris exposées au dioxyde de titane (Bettini et al. 2017), le TiO2 semble avoir provoqué l’apparition de lésions précancéreuses et l’OMS l’avait classé en « possiblement cancérigène » (groupe 2B). Attention, cependant, les études animales ne sont pas directement extrapolables à l’Homme.

Par ailleurs, les produits ultra-transformés comme les plats préparés sont bien en contact avec leur emballage plastique. Ce plastique peut contenir du bisphénol A, une molécule qui peut migrer sous la chaleur (avec le micro-onde par exemple). Ce bisphénol A a été jugé par l’Agence Européenne des Produits Chimiques (ECHA) comme ‘extrêmement préoccupant ». Or ces perturbateurs endocriniens pourraient jouer un rôle dans le développement de maladies chroniques dont le cancer (Muncke et al. 2011)

hypothèse ultra-transformés

Les perspectives dans cette thématique de recherche sont

  • Réduire la consommation de produits ultra-transformés pourrait réduire le risque de survenue du cancer et de l’obésité. Cependant, les limites des études prospectives sont à garder en tête. Les différentes relations observées sont statistiques et non causales (puisque ce ne sont pas des essais cliniques randomisés sur l’Homme).

  • Besoin d’une classification plus claire : il y a eu plusieurs mises à jour de la classification NOVA.

  • Améliorer les méthodes de recueil alimentaire en posant des questions sur l’état transformé des aliments. Une mauvaise classification peut atténuer les relations.

  • Évaluer les associations avec d’autres maladies chroniques, également dans d’autres pays

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Source :

Fiolet et al. Consumption of ultra-processed foods and cancer risk: results from NutriNet-Santé prospective cohort. BMJ 2018; 360 (Published 14 February 2018)

Mendonça et al. Ultraprocessed food consumption and risk of overweight and obesity: the University of Navarra Follow-Up (SUN) cohort study. Am J Clin Nutr. 2016 Nov;104(5):1433-1440

Mendonça et al. Ultra-Processed Food Consumption and the Incidence of Hypertension in a Mediterranean Cohort: The Seguimiento Universidad de Navarra Project. Am J Hypertens. 2017 Apr 1;30(4):358-366

Rauber F et al. Consumption of ultra-processed food products and its effects on children’s lipid profiles: a longitudinal study. Nutr Metab Cardiovasc Dis. 2015 Jan;25(1):116-22

Monteiro et al. Household availability of ultra-processed foods and obesity in nineteen European countries. Public Health Nutrition, 1-9.

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ANSES rapport d’expertise collective du groupe de travail Nutrition et cancer 2011

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Aliments Ultra-transformés et Classification NOVA : Nouvelle Approche de la Nutrition et en Santé Publique http://quoidansmonassiette.fr/aliments-ultra-transformes-nova-classification-ultraprocessed-nouvelle-approche-nutrition-sante-publique/ http://quoidansmonassiette.fr/aliments-ultra-transformes-nova-classification-ultraprocessed-nouvelle-approche-nutrition-sante-publique/#comments Mon, 12 Feb 2018 23:38:41 +0000 http://quoidansmonassiette.fr/?p=2709
L’étude de l’alimentation par le degré de transformation est une approche récente. Je vais vous montrer comment identifier ces produits ultra-transformés qui sont à éviter.

La transformation alimentaire a joué un rôle majeur dans le développement des sociétés humaines. Il y a 2 millions d’années la cuisson des aliments était une des premières étapes de transformation pour rendre comestible, augmenter la palatabilité (qualité gustative ressentie au niveau du palais) et rendre microbiologiquement sain certains aliments comme la viande. La conservation sous forme de salaison, sous forme séchée ou fumée a également été un point important dans l’évolution des habitudes alimentaires.

Avec l’industrialisation, le développement de l’agriculture et la mondialisation, la nature, le but et le degré de transformation alimentaire ont énormément changé et évolué. Pour les pays occidentaux, les problèmes de sous-nutrition ont laissé place aux problématiques de la malnutrition avec l’émergence de l’obésité et des maladies chroniques liées à la nutrition, de la surproduction et du gaspillage alimentaire.

Cette transition nutritionnelle est caractérisée par un passage de régimes traditionnels basés sur des produits peu transformés tels que les fruits et légumes, les céréales, des produits animaux frais à la consommation de produits hautement transformés avec une haute teneur en graisses saturées, en sucres ajoutés et en sels, auxquels s’ajoute une diminution de l’activité physique liée à l’urbanisation de notre mode de vie. Des scientifiques ont évoqué une occidentalisation du régime : Western Diet. Ce régime est caractérisé par une alimentation riche en énergie et faiblement diversifiée. Cette transition nutritionnelle terminée dans les pays développés se poursuit dans les pays en voie de développement (Popkin 2002). D’après l’OCDE, la population mexicaine est à 70% en surpoids (incluant l’obésité).

L’impact sur la santé de ces changements alimentaires importants par rapport au degré de transformation n’a été étudié que récemment.

transition nutritionnelle shift nutritional schema

Qu’est-ce que les aliments ultra-transformés ?

Étudier le caractère transformé de l’alimentation est une approche récente de l’alimentation mise en avant par l’équipe de recherche brésilienne de Carlos Monteiro qui a développé la classification NOVA (un nom, pas un acronyme). Cette classification reconnue par la FAO et la Pan American Health Organization se compose de 4 catégories définies par les processus de transformation alimentaire :

  • Aliments frais ou peu transformés (‘minimally processed’) : des aliments frais ou modifiés par des procédés comme le retrait des parties non comestibles, le séchage, le concassage, le broyage, la pasteurisation, la réfrigération, la congélation, l’emballage sous vide (des procédés qui permettent de prolonger la durée de vie). Aucun de ces produits ne comporte de substances ajoutées. On retrouve par exemple les fruits, les légumes et les légumineuses frais, séchés ou congelés, la viande coupée et emballée, le lait pasteurisé, le yogourt nature, les œufs, le riz, le maïs, les pâtes…

  • Ingrédients culinaires transformés (‘food ingredient’) : les substances extraites du groupe 1 par pressage, meulage ou raffinage ou broyage. Ils comprennent les condiments, les amidons, le beurre et les huiles végétales.

  • Aliments transformés (‘processed food’) : ce sont des produits simples fabriqués avec des aliments du groupe 1 avec ajout de substances du groupe 2 (sel, huile, sucre…). Ce groupe comprend les aliments en conserve, les aliments fumés, les fromages, les pains. Le but d’obtenir des aliments transformés est d’augmenter la durée de vie des aliments du groupe 1 ou modifier leurs qualités organoleptiques.

  • Aliments hautement transformés (‘ultraprocessed food’) : des produits avec des formulations industrielles qui comportent plus de 4 ou 5 ingrédients. Ces aliments peuvent comporter des additifs alimentaires, des protéines hydrolysées, des amidons modifiés et/ou des huiles hydrogénées. Un aliment hautement transformé est un produit qui est hyper palatable, souvent peu coûteux, facile à consommer. Ces produits sont généralement énergétiquement denses, riches en sucres ajoutés, en sel et matières grasses.

Une des limites de cette classification est qu’elle ne distingue pas vraiment les aliments faits-maisons et ceux industriels. Par ailleurs, la préparation alimentaire dans les restaurants, l’élimination de parties non comestibles, l’assaisonnement ou le mélange de divers aliments ne sont pas pris en compte par la classification NOVA. Les aliments doivent être classés tels que consommés tels quel. En outre, le classement de certains aliments pourraient être sujet à débat : par exemple, le miel pourrait être mis dans les unprocessed…

NOVA Classification degree processing ultraprocessed food

Pour information, il existe d’autres classifications similaires  portant sur le degré de transformation alimentaire :

  • Le règlement européen 1333/2008 sur les additifs distingue les aliments non-transformés avec cette définition :

    toute denrée alimentaire qui n’a subi aucun traitement entraînant une modification sensible de l’état initial de l’aliment; à cet égard, les opérations suivantes ne sont pas considérées comme entraînant une modification sensible: division, séparation, tranchage, désossement, hachage, écorchement, épluchage, pelage, mouture, découpage, lavage, parage, surgélation, congélation, réfrigération, broyage, décorticage, conditionnement ou déconditionnement;
  • de l’IARC-EPIC (non-processed, modestly/moderately processed/processed) qui prend en compte elle le « fait maison » mais cette classiication a quelques problèmes de cohérence. par exemple les fruits secs sont dans modérément transformés alors que le processus de séchage industriel est une méthode pour les produits très transformés.

  • de l’US IFIC-Joint Task Force de l’Académie américaine de nutrition et diététique, de la Société Américaine de Nutrition et l’International Food Information Council.

L’ultra-transformation associée à une faible densité nutritionnelle

Les aliments ultra-transformés sont pour la plupart prêts à manger ou à cuire ou à boire tels que les burgers, chips, bonbons pizza, sodas, pâtisseries, biscuits et ils sont formulés pour être goûteux, hyper palatables avec des additifs alimentaires, un packaging travaillé et microbiologiquement sains. Ils font souvent l’objet d’une campagne de communication et marketing (Monteiro et al. 2013).

Les ventes de ces produits ont surtout augmenté dans les années 1990 puis se sont stabilisées dans les années 2000 (Venn et al. 2017). Une étude en Nouvelle-Zélande a montré que 83% des produits en supermarché étaient des produits ultra-transformés (Luiten et al. 2015).

Dans de nombreux pays, les aliments ultra-transformés contribuent à plus de la moitié des apports énergétiques en Espagne, en Allemagne, aux États-Unis ou aux Pays-Bas et Royaume Uni. Différentes études au Canada, aux USA, au Brésil et au Royaume-Uni (Moubarac 2013, Poti 2015, Louzada 2015, Adams 2015, Martinez 2017) ont constaté que ces produits ultra-transformés contiennent souvent moins de protéines, moins de fibres, de potassium, de magnésium et de vitamines A, B12, C et E mais plus d’acides gras saturés, d’acides gras trans, de sucres ajoutés, de sel et de calories et donc une moins bonne qualité nutritionnelle.

nova ultraprocessed ultratransformé europe diet regime

Et concrètement ?

J’ai comparé les données de composition nutritionnelle de poulet à différents degrés de transformation. Les poulets ultra-transformés apportent plus de calories (à part le waterzooi mais qui contient plus d’eau), ils contiennent moins de protéines mais beaucoup plus de glucides et de lipides. Conclusion, il vaut mieux se faire cuire du poulet sans la peau (la peau apporte des lipides, quand on compare avec et sans peau). Ne pas consommer de poulet cru puisque ce n’est pas microbiologiquement sûr : toujours cuire la viande à cœur pour éviter les intoxications alimentaires.

comparaison poulet cru transforme ultratransformés

Aliments ultra-transformés et risques de maladies chroniques :

Réduire par deux les apports en produits ultra-transformé pourrait aider à éviter 22 055 morts par maladies cardiovasculaires au Royaume-Uni, soit 10-13% de morts par MCV (Moreira 2015).

Quelques études ont analyse les associations entre la consommation de ces produits et le risque de maladies chroniques :

  • Dans l’étude prospective espagnole SUN (Mendonca et al. 2016, 2017), une augmentation de la consommation d’aliments UPF était associée avec une augmentation du risque d’obésité de +26% (HR=1.26 [1.10,1.46], P-trend=0.001) et d’hypertension de 21% (HR=1.21 [1.06, 1.037], P-trend=0.004).

  • Une autre étude (Rauber et al. 2015) a mis en évident une association entre l’augmentation de produits ultra-transformés chez les enfants et l’augmentation du cholestérol total et LDL-cholestérol (« mauvais cholestérol »).

  • Les enquêtes sur le budget des ménages (EBM) sont des enquêtes nationales qui se concentrent principalement sur les dépenses de consommation. L’équipe de Monteiro a regardé la répartition des produits ultra-transformés dans les régimes de 19 pays européens basés sur des enquêtes nationales de consommation de budget des ménages. Ils ont également constaté une association positive entre la présence de produits ultra-transformés et la prévalence d’obésité.

  • Dans l’étude de NutriNet à laquelle j’ai eu la chance de participer. J’ai étudié les relations entre la part de produits ultra-transformés dans le régime alimentaire et le risque de cancer. Nous avons trouvé une association statistique : +10% de UPF pourraient augmenter le risque de +11% de cancer au global (Fiolet et al. 2018)
  • Dans la revue de la littérature scientifique de Caroline Santos Costa (2018), plusieurs études ont trouvé des associations positives entre la consommation de sodas et de boissons sucrées et la graisse corporelle chez les enfants et les adolescents.

Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer ces liens avec les maladies chroniques :

  • une baisse de la qualité nutritionnelle (des aliments ultra-transformés denses énergétiquement, riches en sucres…)

  • la présence d’additifs alimentaires controversés

  • la présence de contaminants : des composés néoformés ou les matériaux de contact.

Quelques recommandations

1. Baser son régime alimentaire sur des aliments du groupe 1 « unprocessed/raw », c’est-à-dire peu transformé ou frais/cru.

2. Pour les ingrédients culinaires, préférer les huiles végétales (et diversifier) au beurre. Ne pas rajouter de sel ni de sucre. Préférer les herbes aromatiques.

3. Manger des aliments transformés en quantité modérée. Éviter les aliments ultra-transformés et les sodas.

4. Préférer cuisiner à la maison que d’acheter des plats préparés. A l’extérieur, privilégier les aliments frais ou peu transformés au restaurant.

5. Se méfier de la publicité alimentaire qui porte principalement sur des aliments transformés, en particulier pour les enfants. Et oui, les légumes crus sont un peu moins sexy à la télévision…


Pour suivre les autres actualités du blog ou en apprendre plus sur les controverses alimentaires, santé et environnement, un petit like :

Source :

Fiolet et al. (2018). Consumption of ultra-processed foods and cancer risk: results from NutriNet-Santé prospective cohort. BMJ 2018;360:k322 | doi: 10.1136/bmj.k322

Popkin BM. The shift in stages of the nutrition transition in the developing world differs from past experiences! Public Health Nutr. 2002 Feb;5(1A):205-14.

Monteiro CA et al. Ultra-processed products are becoming dominant in the global food system. Obes Rev. 2013 Nov;14 Suppl 2:21-8.

Venn et al. Australia’s evolving food practices: a risky mix of continuity and change. Public Health Nutr. 2017 Oct;20(14):2549-2558

Luiten et al. Ultra-processed foods have the worst nutrient profile, yet they are the most available packaged products in a sample of New Zealand supermarkets. Public Health Nutr. 2016 Feb;19(3):530-8

Poti JM, Mendez MA, Ng SW, Popkin BM. Is the degree of food processing and convenience linked with the nutritional quality of foods purchased by US households? Am J Clin Nutr. 2015 Jun;101:1251-62.

Adams J, White M. Characterisation of UK diets according to degree of food processing and associations with socio-demographics and obesity: cross-sectional analysis of UK National Diet and Nutrition Survey (2008-12). Int J Behav Nutr Phys Act. 2015 Dec 18;12:160

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Traces de Bisphénol A retrouvées dans des urines d’adolescents : difficile d’éviter ce perturbateur endocrinien http://quoidansmonassiette.fr/traces-de-bisphenol-a-retrouvees-dans-urines-adolescents-eviter-perturbateur-endocrinien/ http://quoidansmonassiette.fr/traces-de-bisphenol-a-retrouvees-dans-urines-adolescents-eviter-perturbateur-endocrinien/#respond Thu, 08 Feb 2018 07:29:30 +0000 http://quoidansmonassiette.fr/?p=2711

Des résidus de Bisphénol A (BPA), un perturbateur endocrinien, ont été retrouvés dans 86% des prélèvements urinaires d’adolescents américains de 17-19 ans dans une étude d’intervention de l’Université d’Exeter publiée dans le BMJ Open.

Le bisphénol A, un perturbateur endocrinien dans les emballages

effet perturbateur endocriniens mécanismes

Le bisphénol A (le 4,4’-Isopropylidènediphénol) est identifié dans de nombreux emballages et plastiques alimentaires : boites de conserve, canettes, plats préparés, biberons, …) mais également dans le non-alimentaire tel que les lunettes de soleil, les DVD, les prises… Ce plastique a la particularité d’être résistant, rigide et transparent. La voie d’exposition principale serait l’alimentation par migration du BPA dans les contenus alimentaires.

Le bisphénol A est suspecté avoir un effet de perturbateur endocrinien, c’est-à-dire qu’il va brouiller les voies de communication hormonale en se fixant sur des récepteurs aux estrogènes (une hormone). Le BPA a en effet une structure moléculaire proche de cette hormone.

Moduler le régime alimentaire pour diminuer l’exposition au bisphénol A ?

bisphenol A molecule structure
Molécule de bisphénol A

94 étudiants âgés de 17 à 19 ans d’écoles du Sud-Ouest du Royaume-Uni ont été recrutés pour participer à cette étude d’intervention de l’Université de Exeter.

L’objectif de l’étude était de tester l’effet des changements d’un régime alimentaire « BPA-reduced » (qui cherche à diminuer la consommation d’aliments contaminés au Bisphénol A) sur les teneurs urinaires en BPA de ces jeunes adultes.

Les étudiants devaient diminuer leurs apports en bisphénol A en consommant moins d’aliments à risque de contamination de bisphénol A pendant les 7 jour d’intervention (d’après les lignes directrices de la littérature scientifique qui traite des aliments les plus à risque pour ce contaminant) : par exemple en évitant les emballages en BPA, les boites de conserve, les plats préparés qui se réchauffent au micro-onde (comme la température élevée favorise la migration de bisphénol A dans un produit). Ils leur étaient demandés de ne pas modifier leur apport calorique total avant et pendant l’intervention pour ne pas biaiser les résultats. L’exposition alimentaire au bisphénol A a été estimée à partir d’un « Score à risque BPA » : chaque produit alimentaire potentiellement contaminé au BPA ou ultra-transformés recevait un score de 1 (sinon 0). Le score final était une simple somme de tous les items alimentaires à risque sur les jours de consommation alimentaire. 7 jours de données de consommation alimentaire ont été enregistrés.

Deux prélèvements d’urine ont été effectués pour mesurer la teneur en BPA dans l’organisme par GC-MS lors de deux visites : un premier avant l’intervention et un second après l’intervention.  Les chercheurs ont demandé explicitement aux étudiants de ne pas modifier leur comportement alimentaire exprès avant l’étude (sinon on risque de ne pas détecter du tout d’effet éventuel d’un régime d’atténuation de l’exposition au BPA entre avant et après l’intervention).

protocole etude bisphenol A

Le bisphénol A, inévitable

  • Dans 86% des urines des participants, du bisphénol A a été détecté avec en moyenne 1.58 (SD : 1.64) ng/mL à la 1ère visite et 3.13 (7.36) ng/mL à la 2ème visite avec ajustement sur les niveaux en créatinine. Cette teneur est proche de l’exposition dans d’autres pays et elle reflète l’exposition environnement au BPA. La limite de quantification était à 0,07 ng/mL.

  • Pas de différence significative de concentration urinaire en BPA entre avant et après l’intervention alimentaire (P=0.25) donc cette modification de l’alimentation pendant 7 jours ne semble pas avoir eu d’effet significatif sur les teneurs en BPA dans l’organisme.

Cependant, un étudiant avec la teneur urinaire la plus élevée en BPA durant la 1ère visite  a eu une diminution significative de sa concentration urinaire en BPA (P=0.003). Le sexe, le temps de récolte des échantillons et l’IMC ont été pris en compte comme éventuels facteurs de confusion.

  • Pas de lien significatif n’a été retrouvé entre le score à risque BPA et des changements de concentration en BPA dans l’urine.
  • 50% des participants ont trouvé qu’adopter un régime pour réduire l’exposition au BPA coûtait plus cher et 78% ont rapporté que leurs courses duraient plus longtemps. 58% des participants ont eu le même apport calorique avant et pendant l’intervention.

Finalement, essayer de modifier son régime pour moins s’exposer au bisphénol A pourrait ne pas avoir d’effet puisque le bisphénol A serait trop ubiquitaire dans l’environnement. Les sources de bisphénol A ne sont pas qu’alimentaire mais multiples comme par contact cutané.

Les limites : le temps de demi-vie du BPA est de 6 heures, la collecte d’urine s’est faite sur 24h, il est possible que les mesures aient sous-estimé l’exposition. Une difficulté majeure pour les participants était l’identification des produits alimentaires avec ou sans bisphénol A. L’intervention comptait 94 participants, ce qui est déjà pas mal, mais peut-être pas assez pour détecter des changements (manque de puissance statistique). Cette étude n’a pas pris en compte non plus les différences génétiques entre les individus en terme de métabolisation du bisphénol A (c’est à dire qu’il est transformé dans le corps). Par ailleurs, la large variabilité (intra-individuelle) au sein d’un individu des teneurs urinaires en BPA à différents temps peut diminuer l’effet étudié.

Ce qui est à retenir de cette étude est qu’il est difficile d’éviter l’exposition au bisphénol A tellement il est présent dans notre environnement. Il faudrait encourager l’étiquetage de la présence ou non de BPA pour informer le consommateur.
Pour suivre les autres actualités du blog ou en apprendre plus sur les controverses alimentaires, santé et environnement, un petit like ou sur Twitter :

Source : Tamara S Galloway et al. An engaged research study to assess the effect of a ‘real-world’ dietary intervention on urinary bisphenol A (BPA) levels in teenagers. BMJ Open, 2018

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Pollution des Microplastiques dans notre Environnement : retrouvés dans les Océans et la Chaîne Alimentaire http://quoidansmonassiette.fr/pollution-des-microplastiques-dans-environnement-retrouves-dans-oceans-chaine-alimentaire/ http://quoidansmonassiette.fr/pollution-des-microplastiques-dans-environnement-retrouves-dans-oceans-chaine-alimentaire/#respond Mon, 29 Jan 2018 07:30:35 +0000 http://quoidansmonassiette.fr/?p=2695

La production mondiale de plastique a atteint environ 320 millions de tonnes par an (L. Wright 2017). Chaque année, une partie non négligeable de ce plastique est perdue et se retrouve dans l’environnement marin. En 2025, les océans pourraient regorger d’environ 250 millions de tonnes de déchets plastiques.

occurrence recherches microplastique pubmedLes microplastiques sont des particules microscopiques de plastiques qui polluent l’environnement. Ils sont principalement retrouvés dans les océans et les mers, ensuite ils sédimentent ou sont ré-ingérés par les animaux aquatiques. La problématique des micro- et nanoplastiques est en pleine essor dans la recherche scientifique.

Qu’est-ce qu’un plastique ?

Un plastique est un polymère, une répétition d’unités moléculaires simples appelées monomères. Voici quelques exemples de plastiques et leurs utilisations :

  • Polyéthylènes (PE) : emballages plastiques, sachets

  • Polypropylènes (PP) : équipements automobiles, mobilier de jardin, fibres de tapis

  • plastiques polymere molecules PET PVT polyethylenePolystyrènes (PS) : emballages anti-chocs, isolant thermique

  • Polychlorures de vinyle (PET) : fils textiles, films, bouteilles

  • Polychlorures de vinyle (PVC) : bouteilles plastiques, pots

  • Polyesthers, polyuréthanes : une fois moulés, plastiques très solides et durs pour les coques, carrosseries, tableau de bord, chaussures de ski

  • caoutchouc naturel (latex d’Hévéas)

Il existe des biopolymères (cellulose, lignine) fabriqués à partir d’organismes vivants. Leur avantage est d’être biodégradables et recyclables.

Les microplastiques de synthèse et issus de la dégradation

Les microplastiques sont définis par leur petite taille <5mm (la limite de taille est discutée selon les publications scientifiques). Ces particules peuvent être visible à l’œil, à une taille nano- ou microcospique. Il existe les

  • Microplastiques primaires qui sont synthétisés comme additifs (dans les détergents, la cosmétique et les dentifrices)

  • Microplastiques secondaires qui résultent de la dégradation de déchets plastiques (bouteilles, pneus, avec les lessives des vêtements en microfibres…). Cette dégradation a lieu par les UV ou les micro-organismes.

Les plastiques sous l’effet des rayons ultra-violet du soleil se photo-oxydent et s’effritent relarguant des monomères ou des oligomères de plastiques. Couplé à la dégradation par les micro-organismes, la fragmentation du plastique dans les fonds marins (froid + peu d’oxygène) est très lente. Le passage d’une particule de 1 mm à 100 nm pourrait prendre jusqu’300 ans (Galloway et al. 2017). Les particules de taille nanométrique ont tendance à s’agréger avec d’autres solides en suspensions. Elles peuvent interagir avec des protéines pour former une « écocorona ».

polyethylene microbilles microplastiques

Les fragments de plastiques peuvent également être colonisés par les micro-organismes, on parle de biofilm. Ces bactéries altèrent les propriétés physico-chimiques du polymère plastique (bio-détérioration), fragmentent le polymère en monomères (bio-fragmentation), assimilent certaines molécules et le minéralisent (production de métabolites oxydés CO2, CH4, H2O) grâce à leurs enzymes (Vinay Mohan Pathak 2017).

Ces microparticules ont une surface hydrophobe qui peut adsorber et concentrer divers contaminants tels que les hydrocarbures polycycliques aromatiques (PAHs), les pesticides organochlorés, les biphényles polychlorés, les métaux lourds (nickel, zinc, cadmium). Ces contaminants peuvent ensuite être transférés à la chaîne animale alimentaire si les animaux ingèrent ces microplastiques. Le transfert éventuel de ces polluants par les microplastiques soulève des interrogations. Le plastique renferme également des additifs (bisphénol a et phtalates).

Où sont retrouvés ces microplastiques ?

Ces particules sont détectées par spectroscopie infrarouge à transformée de Fourier (IRTF) ou par spectroscopie Raman.

Les microplastiques sont dispersés dans la nature. Une grande partie se déverse du continent vers les océans directement ou par les fleuves. Les gommages contiennent des microbilles de plastique pour exfolier la peau. Ils peuvent utilisés pour modifier la texture d’une crème ou d’un gel ou décorativement dans les produits pailletés/scintillants. Ces particules plastiques proviennent d’industrie de production mais également des usages domestiques à travers les eaux d’épuration ou les cosmétiques ou habits synthétiques. Des microfibres de vêtements peuvent également se détacher lors des lessives. Or les filtres des stations d’épuration ne retiennent pas ces microparticules.

Une part évitable vient également des déchets plastiques abandonnés dans la nature.

Les nanoplastiques sont également utilisés dans les peintures, les adhésifs, dans l’électronique ou comme vecteurs nanoparticulaires de médicaments. Les imprimantes 3D émettent également des nanoparticules plastiques.

map world plastiques microplastic oceans quantites
Un point blanc = 20 kg de plastique – Source : Sailing Seas of Plastic map

Du plastique dans les poissons, le sel de table ?!

Les produits de la mer

Les microplastiques sont également retrouvés dans l’alimentation. Les fruits de mer seraient une source de PCB et de dioxines, en particulier les crustacés. Les dioxines (organochlorés) sont des polluants toxiques résultant de réactions chimiques ou de combustions incomplètes dans l’industrie, les incendies et les éruptions volcaniques. Ces bivalves filtrent une grosse partie d’eau de mer et de nombreuses microparticules sont retenues dans leur branchies.

Une équipe de recherche anglaise (Lusher et al.) a mesuré le taux de microplastiques ingérés dans 10 espèces de poissons pêchés dans la Manche (504 poissons au total). Parmi ceux-ci, 184 poissons ont ingéré du plastique (soit 36,5%). En particulier, le merlan bleu et le grondin rouge ont un taux d’ingestion de plastiques de plus de 50%. Chaque poisson avait ingéré en moyenne 2 morceaux de microplastiques (surtout des polymères semi-synthétiques et des polyamides). Bien que les organes digestifs des poissons ne soient pas consommés par l’homme, cela soulève la question du transfert de ces microplastiques vers d’autres organes, potentiels vecteurs de contamination pour l’Homme.

mortalite cardiovasculaire relation omega 3 EPA DHALes poisons et les crustacés sont les principaux contributeurs de l’exposition alimentaire aux dioxines et PCB (EFSA 2012) bien que cette exposition aux polluants organiques persistants (POPs) entre 2002 et 2010 semble diminuer en Europe. Cependant, les poissons restent une bonne source d’apports en oméga-3 (nutriments indispensables à l’organisme) qui sont également liés à une réduction de mortalité cardiovasculaire. Les auteurs d’une autre étude dans la revue scientifique JAMA (Mozaffarian  et al. 2006) estiment que les effets bénéfiques de la consommation de poissons sont supérieurs aux risques de contamination au mercure, aux PCBs et aux dioxines. Ils conseillent d’en consommer 2 portions par semaine en choisissant les espèces de poissons les moins contaminés. Les femmes enceintes doivent être prudentes par contre.

particules polyethylene sel de tableLe sel de table

Le sel de table n’est pas épargné non plus pour les microplastiques. Le sel est récupéré par évaporation de l’eau de mer puis s’ensuit un processus de cristallisation et de concentration. Or l’éventuel transfert potentiel de contaminants de l’eau vers les cristaux de sel inquiète. L’équipe du chercheur Ali Karami (Nature, Scientific Report 2017) a analysé 17 marques de sel de table provenant de 8 pays différents. Toutes les marques sauf une contenaient des résidus de microplastiques dans leur sel : entre 1 à 10 microplastiques par kg de sel. Sur ces 72 microplastiques extraites, 41,6% étaient des polymères de plastiques. Cependant les auteurs concluent qu’il n’y a pas de danger pour la santé puisque la concentration de ces résidus plastiques est trop faible dans ces sels de table.

Après ingestion, les particules plastiques sont éliminés en partie dans l’organisme via l’urine,  le transport mucociliaire dans les voies aériennes et le lait chez l’Homme. Ces micro-plastiques soulèvent des inquiétude sur une exposition chronique (sur le long terme, journalière) de l’homme. S’ils sont ingérés ou inhalés, ils pourraient s’accumuler et induire de potentiels mécanismes de toxicité : inflammation (production de cytokines), stress oxydatif, induction d’une réponse immunitaire avec les macrophages ou apoptose (Wright SL et al. 2017).

Pollution environnementale

Entre 2011 et 2014, des chercheurs de plusieurs pays (Joleah Lamb et al.  2018) ont observé 159 récifs coralliens en Thaïlande, Indonésie et Australie. Ils ont constaté que les débris plastiques marins pourraient être un événement déclencheur de maladies coralliennes (+20 à 89% du risque) comme des infections au genre Vibrio, une bactérie qui colonise bien les débris de polypropylène.

La revue de Galloway et al. 2017 pointe également des changements comportementaux dans les relations prédateur-proie, la bioturbation et les perturbations du cycle du carbone. La bioturbation est phénomène de transfert d’éléments nutritifs ou chimiques par des êtres vivants au sein d’un compartiment d’un écosystème ou entre différents compartiments.

Microplastiques pollution environnement ecosysteme population

L’arrivée du plastique pourrait être un marqueur géologique de l’Anthropocène.

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Sources :

Lusher AL, McHugh M, Thompson RC. Occurrence of microplastics in the gastrointestinal tract of pelagic and demersal fish from the English Channel. Mar Poll Bull 2013; 67:94-9

EFSA Update of the Monitoring of Dioxins and PCBs in Food and Feed https://www.efsa.europa.eu/en/efsajournal/pub/2832

Dariush Mozaffarian and Eric B. Rimm. Fish Intake, Contaminants, and Human HealthEvaluating the Risks and the Benefits. JAMA. 2006;296(15):1885-1899

Ali Karami et al. The presence of microplastics in commercial salts from different countries. Scientific Reports volume 7, Article number: 46173 (2017)

Vinay Mohan Pathak. Review on the current status of polymer degradation: a microbial approach. Bioresources and Bioprocessing 2017 4:15  (23 Mars 2017)

Joleah Lamb et al. Plastic waste associated with disease on coral reefs. Science  26 Jan 2018: Vol. 359, Issue 6374, pp. 460-462

Wright SL, Kelly FJ. Plastic and Human Health: A Micro Issue? Environ Sci Technol. 2017 Jun 20;51(12):6634-6647

Karen Duis and Anja Coors. Microplastics in the aquatic and terrestrial environment: sources (with a specific focus on personal care products), fate and effects. Environ Sci Eur. 2016; 28(1): 2.

Tamara S. Galloway, Matthew Cole, Ceri Lewis. Interactions of microplastic debris throughout the marine ecosystem. Nature Ecology & Evolution volume 1, Article number: 0116 (2017)

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